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Nîmes: autopsie d'un incroyable gâchis
Nîmes: autopsie d'un incroyable gâchis
20 Mai 2012 | France > LNH
Cette fois, ça y est, onze ans après être remonté en D.1, Nîmes fera le chemin inverse et goutera une nouvelle fois à la D.2. La dernière descente, les Nîmois l’avaient très mal vécue puisque le passage par le purgatoire avait duré sept saisons.

Il y a un an, après bien des tourments, l’Usam avait sauvé sa tête parmi l’élite. En septembre dernier, avec les retours de Guillaume Saurina et Yassine Idrissi, l’arrivée de Jérémy Vergely et d’Irfan Kovac, et l’apport des Haon, Scaccianoce et autre Junillon, on pouvait penser que l’ensemble dirigé par Jérôme Chauvet tiendrait largement la route. D’ailleurs dans leur présentation de début de saison, nos confrères de Handaction avaient situé l’équipe aux alentours de la 8ème place. Potentiel trompeur, évaluation erronée, surcôte des joueurs ? Toujours est-il qu’après des débuts mitigés avec toutefois des succès à Cesson, Ivry ou face à Toulouse, l’arrivée de l’hiver a coïncidé avec la descente aux enfers. Au rayon du positif et des sensations fortes, l’histoire ne retiendra que les deux prestations face à Montpellier. Un match aller dans l’Arena héraultaise perdu de justesse et la revanche au retour dans un Parnasse bondé, où pour la première fois de la saison, les champions de France vont mettre genou à terre. 


Tout ça pour ça et pour déboucher sur une relégation. « Bien-sûr que c’est une immense déception souffle l’ailier gauche Jean Philippe Haon (notre photo), une sensation de grand gâchis car on avait une équipe bien plus forte que l’an passé. Je suis désabusé et j’ai besoin de m’aérer la tête. » Déchu du brassard de capitaine à trois journées de la fin, celui qui a signé sa 1ère licence usamiste, il y a 21 ans, ne s’étendra pas sur le climat pesant qui a accompagné l’environnement nîmois durant les dernières semaines. « J’ai défendu le maintien avec tous les joueurs. Le retrait du brassard, c’est vrai que c’était difficile à vivre car je ne suis pas un tricheur et j’ai toujours essayé de montrer l’exemple. Mais je ne m’arrête pas à cela. » Encore sous contrat pour un an, Jean Philippe Haon se projette déjà sur la saison prochaine. « Pour remonter, il ne suffit pas d’avoir des noms, il faut un groupe solide. Je parle en connaissance de cause. Tu ne peux pas monter uniquement avec du handball. Il faut du handball et un état d’esprit. » Repartir quasiment de zéro, avec de nouvelles intentions, un projet bien défini et un changement de mentalités, c’est le nouveau pari que se fixe l’Usam. 


Avec quel timonier ? Revenu sur le devant de la scène l’été dernier, Jérôme Chauvet (notre photo) avait mis toute son envie, son savoir-faire de formateur et ses convictions dans l’aventure. Pour le successeur de Laurent Puigségur au poste d’entraîneur, cela n’a pas suffi. « Après deux saisons très compliquées où le maintien avait été obtenu de justesse, la corde a cassé. Je ne veux pas me dédouaner, l’équipe n’a pas rempli ses objectifs et j’ai donc ma responsabilité dans cet échec. » Avec le 12ème budget de LNH, soumise à une gestion draconienne, conséquence des errements du passé, Nîmes n’a pas pu prendre de risques et recruter de nouveaux éléments lorsque l’infirmerie commençait à se remplir. « Quelle équipe de D1 perdant des joueurs sur une longue durée (Massard, Gallego, Idrissi) ne les a pas remplacés ? interpelle Jérôme Chauvet. Je ne veux pas jeter la pierre à mes dirigeants mais je me suis retrouvé entre le marteau et l’enclume. On ne pouvait pas faire des folies mais recruter aurait été une bouffée d’oxygène. J’ai souvent eu l’impression d’être à l’intérieur d’un coucou à hélices et n’avoir autour de moi, que des avions de chasse. » Le Nîmois est en colère, contre lui-même, contre les éléments et contre cette incapacité à mener à bien un projet qu’il pensait abordable. Désormais, il veut se donner le temps de la réflexion. « Je ne prendrai aucune décision à chaud, il faut qu’il y ait une discussion avec les dirigeants mais je peux aussi continuer à œuvrer pour le club, sur d’autres missions, pour le développer etc… Mais à mon sens, il faut se baser sur les jeunes présents et utiliser des compétences extérieures, des gens qui ont connu d’autres choses, qui ont connu d’autres types de handball. Il faut donner du mouvement au projet. C’est le prix à payer pour que l’Usam retrouve l’élite. » L’élite que les Nîmois quitteront officiellement le 30 mai prochain, au soir de la rencontre face à Sélestat. 


A la tête de l’Usam  depuis 2008, Jean Pierre Vernier a vécu quatre saisons mouvementées, héritant d’un passif accumulé par un prédécesseur qui depuis, a été condamné par la justice. Les deux pieds désormais en Pro D2, le président nîmois veut faire table rase du passé. 

Dans quel état d’esprit, vous vous trouvez ? 
Je suis très déçu parce que je pensais qu’on avait une équipe capable de se maintenir. Il n’y a pas eu de miracle. On n’a pas su gagner contre la plupart de nos adversaires directs, c’était donc prévisible que ça se termine ainsi.

Qu’est ce qui a manqué ?
Les absences sur blessure en cours de saison nous ont été préjudiciables mais en raison de notre situation comptable, on ne pouvait pas recruter. Ensuite, on a fait confiance à un coach qui avait l’expérience de la 1ère division mais en tant qu’adjoint, il a été rapidement confronté à la réalité. Je ne suis pas sûr que ce groupe ait toujours bien vécu ensemble. Le manque de leader s’est fait aussi sentir. On a confié le capitanat à Jean Philippe Haon mais ce n'était pas un meneur d'hommes.

Inévitablement en D2, le budget va être revu à la baisse
Cela va tourner autour d’1,5 millions euros. Il faut qu’on remette tout à plat, qu’on réfléchisse, comment on reconstruit dans un contexte économique qui n’est pas évident. Tous les joueurs sont sous contrat mis à part Franck Junillon. Contre Sélestat, ce sera son dernier match avec nous, après, il fera ce qu’il voudra. Pour les autres, je veux des joueurs totalement investis. Si ce n’est pas le cas, on laissera la porte ouverte.

Vous repartirez avec le même entraîneur ?
Il faut voir si économiquement on peut faire autrement mais je ne le cache pas, je pense qu’on a besoin d’avoir quelqu’un qui soit externe au club. L’entraîneur ne doit plus avoir tout le poids du passé de l’Usam sur les épaules. Il faut qu’enfin, on regarde devant. L’erreur qu’on a peut-être faite, c’est de dire "on va mettre de l’argent sur des joueurs et non pas sur l’entraîneur".

La D2, ça sera un autre univers
Oui, mais une dynamique de victoires n’est-elle pas meilleure ? On ne peut pas vivre pendant 4-5 ans en ne jouant que le maintien ! A un moment, ça craque forcément ! Là, ceux qui vont rester, vont devoir apprendre à être « favoris » et à jouer comme tel. Moralement, cela ne peut que faire du bien car actuellement, tout le monde est un peu usé.
© Yves Michel
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