Ce dimanche, l’équipe de France juniors joue face à l’Allemagne, son avenir dans le championnat d’Europe disputé en Ankara (Turquie). S’ils veulent avoir le droit de poursuivre la compétition parmi les huit meilleures équipes du tournoi, les Tricolores n’ont aucune autre alternative que la victoire sur leurs voisins européens.
Pour les Juniors français, évidemment que ce dimanche s’annonce particulier. On va enfin savoir si l’équipe est solide, si elle peut prétendre à passer le cap de ce tour préliminaire de l'Euro et si elle peut aller jouer dans la cour des grands. L’obstacle à franchir est de taille. Non pas parce que les Allemands sont surhumains ou dotés de pouvoirs surnaturels mais tout simplement parce que c’est une équipe blessée dans sa chair, humiliée il y a deux jours par une surprenante formation slovène. Et cette situation, Christian Schwarzer et ses joueurs ne peuvent l’accepter. Du moins, pas deux fois consécutives.
L’équipe de France est loin de partir favorite. Les statistiques ne plaident vraiment pas en sa faveur. Il faut remonter à février 2011 pour un partage des points (30-30) lors d’un tournoi outre-Rhin et à octobre 2010, pour un succès (32-31) en match de poule au challenge Pierre Tiby. « Les statistiques sont faites pour être contrariées, souffle Antoine Ferrandier, le demi-centre tricolore. On se prépare à un véritable combat. En revanche, si on les bat, je suis persuadé que cela peut créer une dynamique pour la suite et comme notre équipe marche à la confiance, on peut être sur de bons rails. Mais la marge d’erreur est étroite. Il faudra remettre la même intensité défensive que contre la Serbie et être encore plus ‘’ propre ‘’ en attaque. » Celui qui a hérité depuis le début de la préparation du brassard de capitaine pèse chacun de ses mots. Comme si l’instant était solennel. Les Français savent que ce qui les attend reste très délicat mais après tout, les Allemands ont montré des signes de faiblesse, même si c’était face à la Slovénie qui avec le recul, s’avère être la meilleure formation du groupe et peut-être (l’avenir nous le dira) bien plus encore.
Il y a deux jours, la machine s’est quel que peu grippée et Christian Schwarzer pourtant habitué lorsqu’il était joueur, à des situations critiques a donné à certains moments des signes d’approximation dans son coaching. « Je pense que le côté un petit peu imprévisible des Français, se persuade Frédéric Pérez,peut surprendre l’Allemagne. Il faut non seulement arriver sur le parquet avec des qualités mentales hors norme mais aussi ne pas hésiter à les faire déjouer. Si nous jouons classique, on sera toujours inférieurs dans le rapport de force. En revanche, l’Allemand n’apprécie jamais lorsqu’un grain de sable est capable d’enrayer la mécanique. Leur jeu offensif et défensif peut être mis à mal. » L’entraîneur des gardiens tricolores sait de quoi il parle, tout comme d’ailleurs un certain Nikola Portner, de 32 ans son cadet et portier de l’équipe nationale suisse. Depuis 2009, le fils de l’ancien arrière de Vénissieux a rencontré six fois les Allemands, tout match et catégorie confondus. Il n’a gagné qu’une seule fois, en août 2010, lors du tour principal de l’Euro au Monténégro. « Les Français ne sont pas favoris mais ils peuvent remporter le match. Comme elle l’a démontré à plusieurs reprises, si la défense joue avec son gardien, tout est possible. Moi, je n’oublie pas que l’an passé, la France a disputé les demi-finales du Mondial et c’est une référence. Les Allemands sont capables du meilleur comme du pire. En qualif de l’Euro, ils ont failli perdre contre la modeste équipe des Pays-Bas. Les Français pour qui j’ai une réelle affection doivent se dire : si on veut, on peut !». En prévision du choc, le staff tricolore n'est pas resté les bras croisés, quelques changements sont à attendre concernant le repositionnement de certains joueurs face à l’Allemagne.
Le plus significatif concerne le capitaine de l’équipe Antoine Ferrandier (sur notre photo) qui n’a eu que très peu de temps de jeu depuis le début de la compétition et qui devrait avoir plus de responsabilités au poste de demi-centre. « Je n’ai jamais perdu la motivation, assure le Cristolien et je ne suis pas du genre à faire la tête parce que je ne joue pas. Là, je suis prêt et dans mon esprit, déjà concentré sur la mission qui nous attend. Je pense que je peux apporter un plus. La saison dernière à Créteil, j’ai disputé quelques matches de D.1 et j’ai donc emmagasiné de l’expérience. » Avec l’incorporation à la mène d’Antoine Ferrandier, Benjamin Bataille, excellent dans le combat vendredi face à la Serbie, se verra ainsi confier un rôle plus défensif. Avec Jérémy Toto au poste 3, le néo tremblaysien aura un rôle prépondérant pour fermer la porte à Dennis Backhaus, le pivot ou contrer la puissance de feu de la base arrière allemande.
Les Français peuvent encore écrire l'histoire. L'été dernier, partis de rien et traînant une cohorte de blessés, ils s'étaient hissés parmi les meilleurs du Mondial argentin des moins de 18 ans. Pourquoi donc, un an après, ne pas y croire !
Et puis, pour vivre dans l'intimité des Bleus et dans les coulisses de cet Euro, le blog juniors 2012 est également dédié à la compétition. Avec à lire notamment ce dimanche, le message d'encouragement de Théophile Caussé, le capitaine de cette équipe juniors mais qui a du malheureusement déclarer forfait après une grave blessure au genou.
Sur ce blog, vous pouvez laisser tous vos messages d'encouragement à l'équipe de France juniors.
Les enjeux avant cette dernière journée
Dans le groupe A qui n’était pas très homogène, les deux qualifiés sont connus. Il s’agit de l’Espagne (notre photo) et de la Norvège. Tout reste à savoir qui empochera les deux points vers le tour principal puisque les deux équipes se rencontrent ce dimanche. En cas d’égalité, c’est l’Espagne qui sortira en tête. Dans les autres cas de figure, c’est le vainqueur qui démarrera dès mardi avec le bonus des 2 points.
Dans le groupe B, le Portugal a assuré sa qualification dès vendredi. Les joueurs de Rolando Freitas ont les armes pour réaliser le parcours qu’avaient emprunté leurs condisciples de la précédente génération en 2010 en Slovaquie, n’échouant qu’en finale face au Danemark. Derrière les Lusitaniens, ça s’agite mais les Croates, champions d’Europe en titre des moins de 18 ans, ont toutes les cartes en main pour basculer du bon côté. Ils doivent avant tout battre la Pologne. A noter que même en cas de défaite face aux Russes de moins de neuf buts, le Portugal sera 1er de son groupe.
Dans le groupe C, la Suède (notre photo) est assurée d’aller au tour principal. Reste à savoir avec qui ? Les calculs sont simples : le match entre suédois et danois est décisif pour le bonus des deux points. Pour passer, le Danemark, champion du Monde en titre chez les moins de 18 (l’été dernier en Argentine) doit s’imposer et ne pas miser sur un revers ou un nul des Suisses face à l’Islande qui est d’ores et déjà éliminée. Les Danois risquent donc de passer à la trappe et laisser le champ libre aux Helvètes qui devront pour leur part, se débarrasser des Islandais. La situation du Danemark est symptomatique d’une relation qui s’est dégradée entre une fédération et les clubs qui emploient les joueurs. Par rapport au groupe qui l’an passé était en or au Mondial, huit éléments manquent à l’appel dont par exemple, les deux pivots titulaires. D’autres nations pourraient être confrontées au même problème, les clubs n’hésitant pas à produire des certificats médicaux à la moindre alerte physique affectant un de leurs jeunes. A ce jeu-là, le climat peut devenir très tendu.
Dans le groupe D, la surprenante Slovénie a fait un carton plein en étrillant ses deux (prétendus) plus dangereux rivaux, la France et l’Allemagne. Comme la Serbie est hors course depuis vendredi, c’est donc entre ces deux pays que se jouera le 2ème billet. La France n’est pas en bonne posture puisque même un nul, ne suffirait pas, les Allemands possédant une meilleure différence de buts. Donc pas d’alternative,pour la France, c’est vaincre en prenant du plaisir ou sombrer les armes à la main car le plus frustrant dans l'affaire serait de quitter le parquet avec le sentiment de n'avoir pas défendu ses chances à fond.
Demandez le programme (moins 1h en France) !
Gr.A17hEspagne-Norvège
19hTurquie-Rép. Tchèque
Gr.B13hCroatie-Pologne
15hPortugal-Russie
Gr.C13hDanemark-Suède
15hSuisse-Islande
Gr.D17hFrance-Allemagne
19hSerbie-Slovénie
Si elle passe l’obstacle allemand, la France sera conviée à la table des rois, derrière la Slovénie, sans point de bonus et avec de fortes chances de tomber sur la Suède mais également plus infimes, sur le Danemark. Pour mieux faire connaissance avec les autres équipes des groupes C et D, nous vous offrons le 3ème album photo de la semaine européenne en Turquie.