Le coup a été rude à encaisser. La nuit n’a même pas été réparatrice et ce lundi matin, le réveil a été difficile. Le match contre l’Allemagne, perdu dimanche dans le money-time, certains l’ont fait défiler cent fois en accéléré dans leur tête. Avec le sentiment d’avoir tenu quelque chose de précieux et de fragile dans les mains et de l’avoir laissé tomber au plus mauvais moment qui soit. Il va pourtant falloir se relever pour terminer le boulot et montrer que l’équipe de France sait faire front en toutes occasions.
Ce mardi, les Français rencontrent le Danemark, champion du Monde en titre de la génération. On pourrait croire à un gag mais il faut se rendre à l’évidence. Il ne s’agira pas d’un match en vue de jouer le titre ou une quelconque place d’honneur mais tout simplement, le début de la phase de classement entre le 9ème et le 16ème rang. Les Scandinaves (en partie sur la photo de tête) sont arrivés en Turquie avec une équipe sacrément remaniée, huit joueurs présents lors du Mondial argentin sont absents et Ole Norgaard, l’entraîneur ne décolère pas. Enfin, une espèce de colère froide à la sauce nordique. Le technicien danois assure ouvertement que dans son pays, les clubs ne veulent plus jouer le jeu vis-à-vis de la sélection juniors et n’hésitent pas à dissuader leurs jeunes joueurs à répondre présents. Les certificats médicaux de complaisance sont apparemment très faciles à obtenir. La France n’est pas encore touchée ( ?) par ce phénomène mais on apprend çà et là que des clubs commencent à se poser légitimement des questions sur la pertinence d’envoyer leurs meilleurs jeunes sur une compétition qui commence à être dévaluée et surtout qui n’intéresse personne (à Ankara par exemple, dans une salle de plus de 10 000 places, on entend les mouches turques voler), si ce n’est quelques officiels locaux en mal de notoriété ou des sergent-recruteurs venus faire leur petit marché.
Donc, pour revenir à ce match de classement intermédiaire entre Danois et Français, c’est l’équipe qui aura digéré le plus vite le contrecoup de l’élimination du Top 8, qui sera la plus en mesure de l’emporter. Désireux de ne pas brusquer les joueurs, le staff tricolore leur a concocté un programme très léger ce lundi matin, à base de petits jeux, il a été aussi question de débriefing du match de la veille, épisode ô combien douloureux qu’il a bien fallu exorciser. « La nuit a été courte, c'est vrai, assure Rémi Desbonnet (sur la photo au 1er plan), un des leaders de cette équipe, on est resté entre nous et on a beaucoup parlé. On a été au bout avec nos propres armes, il faut savoir accepter ce type de situation et se remettre dans ce qui nous reste à accomplir même si ce n’est pas forcément acceptable. » Face à l’Allemagne, les Français sont rentrés sur le terrain sans se poser de questions et surtout sans être complexés par un adversaire contre qui ils avaient si souvent perdu. « En fait, poursuit le gardien de buts de la réserve montpelliéraine, c’est qu’on ne sait pas mener. C’est un premier point. Ensuite, pas mal de joueurs-cadres n’étaient pas là. Certains ont déjà de l’expérience en D1. Sur le groupe qui est en Turquie, il y a quatre ou cinq joueurs et moi le premier, qui n’avaient jamais joué de matches de ce niveau et avec une telle intensité émotionnelle et physique. On est tous vidés, on n’a plus rien, on a tout lâché. » Il reste encore quatre matches à disputer d’ici le 14 juillet et pourtant, personne n’aura le cœur à la fête nationale. « Il faut garder coûte que coûte une certaine pression car il reste des matches et ni les Danois, ni les Islandais ne vont nous faire de cadeaux. A la limite, ce que j’aimerais c’est que soit les Slovènes, soit les Allemands soient champions d’Europe ou qu’ils se retrouvent en finale et que nous, on termine 9ème. On pourra au moins dire qu’on était dans la poule de la mort et que l’an prochain, au Mondial, on arrivera mieux armé qu'on ne l'était, on pourra montrer à tout le monde qu’on avait notre place dans ce Top 8. » Il a manqué en effet quelques détails pour que la machine puisse rouler correctement. Des joueurs qui débutent la préparation et qui blessés, n’ont pas pu continuer, sans parler de ceux qui ont fait des aller-retour avec le baccalauréat à préparer. L’an prochain en effet, en Bosnie Herzégovine, sous la conduite d’un nouveau staff (Jacky Bertholet – Yohann Delattre et Patrick "Maya" Teyssier, l’ancien demi-centre nîmois dans les années 80-90), les Français s'ils se qualifient, auront une réelle carte à jouer. Dans l’immédiat, ce sont les affaires courantes qu’il faudra traiter.