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Un dimanche de m.... pour le handball français !
Un dimanche de m.... pour le handball français !
1 Octobre 2012 | France
Ce dimanche, le Paris Saint Germain handball a battu Montpellier de quatorze buts. La fête s'annonçait belle à Coubertin avant que les policiers s'invitent à proximité du cocktail où étaient conviés des VIP bon teint. Le champagne parisien a très rapidement pris le goût d'eau de vaisselle et des joueurs de handball dont les frères Karabatic ont été arrêtés comme de vulgaires criminels. 

L’autocar qui ramenait l’équipe montpelliéraine vers l’aéroport où elle devait prendre un avion aux alentours de 21h00 a du sembler bien vide à ceux qui y avaient pris place. Quelques minutes plus tôt le vestiaire héraultais avait reçu la visite d’un comité d’accueil quel que peu inhabituel. Des policiers ont attendu la fin de la rencontre entre le PSG handball et Montpellier pour interpeller cinq joueurs du MAHB (Mickael Robin, Primoz Prost, Nikola Karabatic, Dragan Gajic et Wissem Hmam) et Yann Montiège, le kiné de l’équipe. Sirènes hurlantes et gyrophares allumés, ils ont été conduits à Nanterre pour y être interrogés par les hommes de la brigade des courses et des jeux sur l’affaire des paris douteux liés à la rencontre Cesson-Montpellier du 12 mai dernier. Ils ont été rejoints quelques minutes plus tard, par Luka Karabatic et Vid Kavticnik (actuellement en convalescence après une rupture des ligaments croisés mais qui apparemment se trouvait à Paris) et par Mladen Bojinovic et Samuel Honrubia, tous deux joueurs du PSG handball et qui, jusqu’à l’année dernière portaient les couleurs du club montpelliérain. 

Dès lors, le handball a été relégué au second plan. La plupart des journalistes présents autour et dans Coubertin assistant médusés, à ce grand déploiement policier. L'onde de choc est terrible pour une discipline pratiquée par plus de 400 000 licenciés. Comme s'ils avaient pris un coup imparable, les quelques témoins privilégiés de cette après midi dominicale, étaient bien embarrassés pour nous livrer leur sentiment. 


Robert Molines (à gauche sur la photo, co-fondateur avec Jean-Paul Lacombe, du club de Montpellier en 1982 et président pendant 14 ans jusqu’en juin 2011 où Rémy Lévy, à droite sur la photo, lui a succédé) avait la voix grave lorsque nous l’avons joint dans la soirée à son domicile héraultais. « Même si je ne suis plus aux affaires, je peux vous assurer que tout ce qui arrive me fait mal au cœur. L’important c’est le club et sa pérennité. Il faut attendre les résultats de l’enquête, savoir si des gens ont fauté et si c’est le cas, ils devront payer pour ce qu’ils ont fait. Ce qui est terrible c’est que l’image du club en a pris un coup, le mal est fait, quoi qu’il arrive. » Parmi les joueurs incriminés, les frères Karabatic et notamment Nikola dont l’ancien président avait encouragé le retour au bercail en 2009. « Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ? Je pense à leur maman, ce soir. Elle doit vraiment être dans une très grande peine. Mais très sincèrement, savoir si ils sont coupables ou pas, pour ma part, je n’ai aucune déclaration à faire. Pour tous les gens qui aiment le sport, qui aiment Montpellier, qui aiment le handball, le préjudice est d’ores et déjà considérable, on verra quelle suite prendra l’affaire mais pour l’instant, ce sont des dégâts que l’on constate. » Membre du bureau directeur du MAHB, président d’honneur chargé des relations internationales, Robert Molines s’emploiera à faire tout ce qui est en son pouvoir pour sauver le club si celui-ci est en péril. « Quand on est dans la tourmente de cette façon, je me sens fortement concerné. Je me rappellerai longtemps de ce dimanche avec tout d’abord cette lourde défaite face à Paris, j’ai très mal vécu la 2ème mi-temps car j’ai vite compris qu’on était "à côté de nos pompes" (sic) et que quelque chose n’était pas normal et ensuite, quand j’ai appris qu’il y avait des interpellations, ça m’a fait très mal. » Des propos qui corroborent l’information que les joueurs incriminés étaient sans doute informés qu’une descente de police aurait lieu à l’issue de la rencontre. 

Joël Delplanque (président de la Fédération Française de Handball qui en août dernier, était aux anges lorsque les Experts avec Nikola Karabatic, ont remporté en une olympiade, leur 2ème finale olympique) était présent à Coubertin. « Sur la façon dont les joueurs ont été interpellés, je n’ai pas de commentaires à faire. Ce que je souhaite, c’est que cette affaire soit traitée sérieusement et le plus rapidement possible. Il faut qu’on sache qui est responsable de ces anomalies autour du match en question. Je viens d’assister à un match extraordinaire (entre le PSG et Montpellier), je n’aurai jamais imaginé  qu’il puisse se terminer ainsi. Des interpellations avaient été annoncées, je ne pouvais imaginer qu’elles aient lieu d’une façon si spectaculaire. C’est incontestablement une épreuve pour les joueurs, pour Montpellier, pour le handball tout entier. » Cette affaire éclabousse une discipline pourtant si souvent citée en exemple et si souvent présentée, du moins en France, sans dérives et travers. Tout le monde pensait que le hand était à l’abri de tout cela. « La preuve que non, répond sans concession Joël Delplanque. Nous sommes spectateurs de ce qui se passe. On l’appréhendait peut-être, on redoutait l’existence de ces paris et c’est désormais une réalité à laquelle je suis prêt à faire face. » Le président de la Fédération Française de Handball n’arrive pas à comprendre pour quelle raison Nikola Karabatic, l’icône du hand national est impliqué dans cette affaire. « C’est une épreuve qu’il traverse, il faut qu’il s’explique, qu’on sache réellement ce qui s’est passé. Ensuite, nous aviserons. Ou cela reste dans le cadre sportif ou alors ça déborde sur le domaine judiciaire. Il est clair que si on est dans un domaine de corruption sportive, la justice devra suivre son cours. Nous avons bâti nos succès sur la confiance donc aujourd’hui, tous ces joueurs gardent ma confiance, jusqu’à ce qu’on me prouve le contraire. »

Même gêne et surtout même incompréhension du côté de la LNH. La drôle d'après-midi qu’a vécu le handball français, personne ne l’oubliera. A commencer par Etienne Capon, le directeur général de la Ligue. « On ne s’attendait pas à une telle sortie après un match de cette envergure. On savait que l’enquête suivait son cours et que ça pourrait déboucher sur des gardes à vue. Mais pas aussi rapidement. C’est finalement tout à fait normal. Il valait mieux que ces gardes à vue aient lieu après, qu’avant le match. Cela ne véhicule pas de belles images mais on n’aurait pas fait autrement pour un autre justiciable. Le hand est sali mais si les faits sont avérés, ça ne reste que des actes isolés. Le handball n’a rien à voir avec ce type d’agissements. En tant qu’amoureux du sport, je suis atterré. Ma mission, c’est aussi de défendre ce qui se fait de bien, dans les clubs, au quotidien. »


Daouda Karaboué (gardien de l’équipe de France, ancien montpelliérain – de 2004 à 2010 - présent ce dimanche, à la rencontre entre le PSG handball et Montpellier) nous avouait sa circonspection face à la tournure des évènements. « J’ai joué dans ce club et je suis triste de lire tout ce qui est écrit dans la presse. On va laisser la justice faire son travail mais je ne peux qu’être solidaire de mes copains même si certains ont fauté. La faute est humaine. Ce qui arrive est un coup dur pour tous les sportifs en général et les handballeurs en particulier. On prend tout cela de plein fouet et difficilement car on n’a pas envie de ce genre de choses dans notre sport. Rien n’a été prouvé, donc il faut attendre les conclusions de l’enquête. » 

En effet, l’enquête se poursuit mais on connait le ‘’timing’’ des interpellations. Les interrogatoires ont débuté directement dans les vestiaires de Coubertin, une fois le match terminé. Cinq joueurs montpelliérains (Nikola Karabatic, Wissem Hmam, Michaël Robin, Dragan Gajic et Primoz Prost) et le kiné de l'équipe, Yann Montiège ont été conduits dans les locaux du Service central des courses et des jeux (SCCJ) à Nanterre (Hauts-de-Seine). Pour une raison encore inconnue, deux autres joueurs de Montpellier ont été interpellés un peu plus tard, il s’agit de Luka Karabatic et Vid Kavticnik. Les enquêteurs ont également arrêté Samuel Honrubia et Mladen Bojinovic, néo parisiens et surtout anciens montpelliérains. La compagne de Luka Karabatic, Jeny Priez, présentatrice (suspendue depuis) sur la chaîne NRJ 12, avait elle aussi été interpellée, à son domicile, dimanche matin. France 3 Languedoc-Roussillon a indiqué de son côté que la compagne de Nikola Karabatic  avait été  également placée en garde à vue. Se rajoutent à cette liste déjà trop longue, des parieurs directement entendus par la police à Montpellier, ainsi que des distributeurs de la Française des Jeux.

 
L’aspect sportif est déjà loin puisque les gardes à vue pourraient être prolongées et certains interpellés parmi lesquels les joueurs du MAHB pourraient être transférés dans le chef lieu de l’Hérault dès mardi. Nikola Karabatic et ses coéquipiers incriminés pourraient être remis en liberté au plus tôt dans la nuit de mardi à mercredi. Le match qui doit opposer ce mercredi, Montpellier à Toulouse au palais des sports toulousain est dès lors, relégué à des années lumière de l’agitation policière et judiciaire ambiante mais la question (peut-être futile aux yeux de certains) se pose : avec quelle équipe Patrice Canayer va-t-il se rendre dans la ville rose ? 

Encore loin de ces considérations (et pour cause), le technicien s'était comme à son habitude montré très digne à l'issue de la rencontre. Pendant qu'il se présentait, le regard sombre, à la traditionnelle conférence de presse d'après-match, les policiers eux, procédaient aux 1ères auditions, à quelques mètres dans les vestiaires. « Les semaines qui vont suivre risquent d’être difficiles pour nous, on essaie d’assurer le présent, le moyen terme, le long terme. Depuis quelques jours, je redoute chaque heure qui arrive. Je ne sais pas si beaucoup d’entraîneurs ont eu a vivre ce type de situations. Cette semaine est la plus difficile que j’ai connue dans ma carrière.» D'habitude si serein, si sûr de lui, le Gardois d'origine est destabilisé, comme groggy. Il pense à ce club qui lui a tant donné depuis 18 ans et à ces joueurs qui font désormais la Une des faits divers. « Je suis depuis une semaine, dans l’inquiétude permanente et donc j’attends, par moment avec espérance, par moment avec grande appréhension. En plus nous avons perdu lourdement, cela n’incite pas à l’optimisme.» C'est la dernière interview que Patrice Canayer donnera, les policiers lui ayant demandé de respecter un devoir de réserve.

De leur côté, Les neuf joueurs entendus par la police, ont décidé de garder le silence. Interrogé par BFM-TV, Maître Jean Yves Liénard, avocat du gardien de buts montpelliérain Mickaël Robin, s’est déclaré confiant sur les suites de cette affaire. « Personne n’est content d’être en garde à vue. Je les ai senti embarrassés mais il y a deux volets dans cette affaire qui concerne les paris sportifs qui leur sont interdits, c’est une infraction au code du sport, réprimée par les instances sportives et puis ils sont présumés avoir commis une infraction à la loi pénale qui est une tricherie, qualifiée autrement, une escroquerie. Mais là, véritablement, nous irons vers une dénégation farouche. Ce n’est pas parce que l’on parie que l’on triche. »  

Les gardes à vue et surtout les interpellations telles qu’elles ont été pratiquées peuvent choquer. Il apparaîtrait que le procureur de la République de Montpellier n’ait pas été informé en temps réel que les policiers parisiens envisageaient d’inquiéter directement à l’issue du match de Coubertin, les handballeurs précédemment cités.

Pour suivre l'évolution de la situation, cliquer ici. 
© Yves Michel
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