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Ajaccio retrouve une seconde jeunesse
Ajaccio retrouve une seconde jeunesse
27 Décembre 2012 | National > Nationale 1M

6ème à seulement 3 points du leader de N1, qui aurait pu imaginer début de saison plus idyllique pour le promu Corse ? Le GFCA Ajaccio a en effet pris le bon rythme pour valider sereinement son maintien au sein de l'élite amateur. Le début d'année 2013 s'annonce toutefois piégeux avec un calendrier très chargé en perspective.

A l'ombre d'un football Insulaire aujourd'hui tout puissant, le handball Corse tente de se faire une place dans le sillage de son club phare, le GFCA. Bien sûr, les nostalgiques se souviendront des années dorées du Gazélec et des glorieux aînés... Kucerka et Vitek en premier. De cette époque, il ne reste plus que les vétérans Dimitri Provornikov et Laurent Cancellieri ainsi que le duo d'entraîneurs Jan Basny - Pierre Pietri. Mais depuis cette formidable épopée, le club de Paule Martinetti a tourné la page, plus que jamais ancré dans son quotidien. Fort d'une remontée au plus haut niveau amateur après une petite traversée du désert, le "Forza Aiacciu" revient aujourd'hui à la mode. Une équipe avec aucun nom clinquant sur la feuille de match mais dotée d'une combativité et d'une solidarité de tous les instants. Et la recette fonctionne... avec 7 succès au compteur sur 11 matchs disputés, le bilan comptable est pour l'heure excellent. Les Ajacciens oublieront très vite les quelques déceptions dont ce voyage raté à Chambéry où le capitaine Laurent Cancellieri s'étonnait de ne pas transpirer dans la fraîcheur Savoyarde... lui qui a si souvent l'habitude de mouiller le maillot. Comme aux plus belles heures du handball Ajaccien, l'heure est évidemment à l'union sacrée pour accrocher le maintien en N1, et plus spécifiquement dans la citadelle jusqu'alors imprenable du Rossini. « Una squadra senza spiritu pare un focu senza tizzone (*) » comme l'indique Pierre Pietri. Une parole Corse particulièrement adaptée à cette période de Noel. L'alter-égo de Jan Basny, le plus Corse de tous les Tchèques, revient avec nous sur ce début de saison prometteur.

Pierre... Retour sur ce dernier match à domicile contre Cernay. Comme d'habitude, le GFCA a du batailler ferme ?
Pour nous, comme pour toutes les équipes qui recevaient lors de cette 11ème journée, il fallait l'emporter avant de partir en vacances. Cernay était handicapé par l'absence de certains joueurs « cadres ». Pour notre part, 2 joueurs étaient absents et Zemanek ne pouvait que jouer qu'en défense. Cela a donné un match serré qui s'est joué dans les 5 dernières minutes. J'ai suffisamment perdu de match de peu pour comprendre les regrets de l'équipe Alsacienne. Il n'y a rien de pire que de tout donner et de rater l'objectif de si peu.



A quoi est-du ce parcours irréprochable au Rossini selon toi ?
Au hasard du calendrier, car à part Nanterre nous n'avons reçu personne du top 5. Ni Villeurbanne, ni Belfort, ni Chambéry, ni Nice. Nous avons fait un bon nul contre Nanterre, mais je pense que la forte chaleur (plus de 40°) qui régnait dans le gymnase début septembre a fortement handicapé notre adversaire.

Beaucoup avait une appréhension il y a quelques années à l'idée de se déplacer en Corse... Les choses sont en train de changer à ce sujet, n'est ce pas ?
Notre club n'a aucun problème de cet ordre là. Il est vrai qu'il y a une vieille réputation que nous n'arrivons pas à gommer. D'ailleurs quelque soit le commentaire que je vais faire, je n'arriverai pas à convaincre qui que se soit et c'est ça qui est terriblement triste.  C’est ancré dans la mémoire collective des gens. Pour le moment, rien ne pourra changer. Je vais répondre avec toute la franchise possible mais je vois déjà les sourires de certains de vos lecteurs. C’est comme cela les réputations. Elles sont quasiment indélébiles (voire débiles ?). Vous savez je pourrais faire une thèse sur ce sujet en me basant sur les nombreux témoignages de joueurs pensant sincèrement qu’en Corse il est  dangereux de venir jouer, puis quand ces mêmes joueurs portent nos couleurs... ils pensent radicalement le contraire. Citant même de nombreux endroits où les choses se passent vraiment mal.

Justement quels sont les clichés véhiculés à ce sujet ?
Venir en Corse c'est, pour certains, l’aventure ultime. On entend parler de public chauffée à blanc, de joueurs se permettant des choses illicites avant, pendant et après les matchs. Souvent cela suffit à expliquer ainsi une défaite. On parle du traditionnel « contexte particulier », deux mots vides de sens dans la réalité mais qui pour un entraineur sert quelques fois de justificatif incontournable. Mais en ce qui concerne notre club, les retours sont bons. Depuis le début de la saison les arbitres soulignent deux choses : notre fond de jeu et la facilité à nous arbitrer. Certains reconnaissent qu’ils avaient des a-priori avant de venir. Peut être que gagner en Corse est plus difficile parce que la chose identitaire et la fierté de porter  la tête de Maure sur son maillot transcendent  l’esprit et le corps ? Peut être que dans la mentalité d’un insulaire, doublé de latinité, les mots « défaite à domicile » sont plus insupportables qu’ailleurs ? Je ne sais pas.



Le GFCA est l'invité surprise de N1 cette saison... Bénéficiez-vous de l'effet de surprise ?
Les entraineurs sont suffisamment intelligents pour ne sous estimer personne. Ils mettent  en garde leurs joueurs contre un excès de facilité. Les écarts sont si faibles entre les équipes sur un match, qu’il serait suicidaire de penser qu’un promu serait une proie facile. Maintenant, si c’est sous l’angle de la méconnaissance cela est possible. La plupart de nos joueurs sont inconnus... donc cela est peut être une explication.

Entre douceur slave et caractère corse, dis-nous quelle est la recette d'une si belle homogénéité ?
J'ai un slogan : « l’allant corse et le talent tchèque ».  Je pense que se sont les deux ingrédients majeurs de la cohésion de notre équipe. Maintenant, d’autres joueurs ne font partis, ni d’un groupe ni d’un autre. Prenons par exemple l’Alsacien Frik ou le vieux grognard Ukrainien Provornikov. Leurs rôles dans nos prestations sont aussi très importants. Donc, le travail reste la vraie raison dans le moindre de nos résultats. Mais il y a aussi des détails qui comptent. Ainsi la qualité de vie est importante pour le moral des joueurs qui viennent de l’extérieur. Leur rendement est de suite efficace. Il y a très peu ou pas de période d’adaptation. Et là, la beauté de notre île et son climat... aident énormément à se sentir bien.



Comment vous partagez-vous les rôles avec Jan Basny ?
Jan est un très grand entraîneur. Tout ce qu’il fait est d’une logique et d’une cohérence implacable. Il est arrivé au club en 1990 comme joueur et dès 1991, il est devenu entraîneur-joueur. Depuis cette date, je suis à ses côtés. A l’époque, il était sur le terrain et j’étais le manager pendant le match. Notre complicité  est en place depuis une vingtaine d’années. La confiance l’un envers l’autre est totale. Depuis l’année dernière il est devenu le sélectionneur de l’équipe nationale féminine Tchèque. Comme adjoint, je le remplace pendant ses stages ou les compétitions internationales. D’ailleurs la performance de sa sélection à l’Euro en général et contre la France en particulier a été saluée comme il se doit. Jan nous a mené en D1 en 2000. Il reste la « référence ». C’est le boss, moi j’essaye d’être son clone.

Comment vois-tu le redémarrage du GFCA début 2013 ?
Très difficile, car nous allons à Nice et Nanterre et nous recevrons Villeurbanne. Ce mois de janvier sera un cap très rude à passer. Mais en même temps pour un promu, jouer de telles rencontres représente un réel plaisir.

Avez-vous définitivement fait un trait sur le handball professionnel ?
Il est évident que nous n’avons pas les moyens financiers pour cela. Nous avons passé 8 saisons en D2 et 2 en D1 (de la fin des années 90 au milieu des années 2000). A cette époque, les collectivités ne nous ont pas soutenus de la même manière que d’autres sport co. C’est pour ma part un regret persistant car en tant que militant du handball je pense qu’il y avait la possibilité de maintenir un club pro en Corse. Chez nous, comme dans beaucoup d’autres régions, le secteur privé est en crise. Donc sans ce soutien il n’y a pas d’avenir. La barre financière est trop haute pour nous. Dommage, car dans quelques mois nous allons disposer d'une toute nouvelle salle.



Justement, le GFCA a t'il les moyens de s'installer durablement en N1 ?
Commençons par nous maintenir cette saison avant d’essayer de bâtir un projet plus solide. Rappelons que nous ne sommes montés en N1 qu’en raison de circonstances favorables. 4ème de notre poule, nous  nous sommes retrouvés à cet échelon suite au refus d’accession des centres de formation de Toulouse et d'Istres. L’objectif du début de saison de N2, suite au décès le 5 juillet 2011 de notre très regretté président et ami Michel Nicolai, était clairement le  maintien. Michel avait fixé la montée en N1  pour 2015 car cela correspondrait au 50ème anniversaire de la création du club. Pour honorer sa mémoire nous nous devons d’être à ce niveau à cette date, quitte à faire la quête dans la rue pour avoir les moyens financiers de le réaliser.

(*) Une équipe sans esprit de corps est comme un feu sans bûche

Retrouvez toutes les actualités du GFCA sur son site internet :
http://www.gfca-hand.com

© Davy Bodiguel
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