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EDF FEM: Les Françaises deviennent de plus en plus gourmandes
EDF FEM: Les Françaises deviennent de plus en plus gourmandes
12 Décembre 2013 | International > Mondial

Il ne leur manquait qu’une première pour forger encore un peu plus la solidarité qui les caractérise. Ça y est, c’est fait. Pour la 1ère fois depuis la création de ce petit état de 661 000 habitants, en bordure de la mer Adriatique et dont l’équipe féminine sait si bien jouer au handball. C’est le Monténégro qui avait sorti les Bleues des J.O de Londres. Le contentieux est soldé. Elles peuvent désormais passer à autre chose.

De notre envoyé spécial à Belgrade, Yves Michel

L’occasion était trop belle. Elles ont exulté au coup de sifflet final mais n’ont pas insisté outre mesure. La blessure de Katarina Bulatovic évacuée sur civière incitait à la retenue. Elles ont tout simplement fait quelques pas pour aller remercier la dizaine de supporters qui est à Belgrade depuis le week-end dernier. A leur intention, elles ont même improvisé une "ola" de circonstance. Le sourire radieux qui barrait le visage de toutes les Françaises en disait long sur la satisfaction et le sacré coup qu’elles venaient de réaliser. Cette victoire, comme elles savent si bien le faire, elles l’ont obtenue avec le cœur, les tripes, la hargne et une Amandine Leynaud majuscule. Si la défense a fait la différence, le jeu d’attaque lui, a péché par manque de fluidité, les enclenchements et autres croisées, par manque de préparation mais le résultat est là, probant. Il suffisait d’un but pour battre les championnes d’Europe et vice-championnes olympiques. Un but qui fait tout basculer et qui laisse chez les perdantes, des mines incrédules. Un but, comme celui qui tombe du mauvais côté pendant l’été 2012 et qui prive la France d’un véritable destin olympique. Cette différence que les filles de Portes sont allées chercher n’était pas uniquement l’affaire des déçues de Londres, mais celle de tout un groupe. Il y a un an et demi, les Zaadi, Cissé, Niombla mais aussi Goudjo, Tounkara, Goiorani et Lévêque regardaient les J.O devant leur poste de télévision. A Belgrade, ce mercredi soir, ce groupe hétéroclite composé de filles d’horizons divers et de différentes générations, a vieilli d’un seul coup. Le chemin est encore piègeux. Dans l’immédiat, les joueuses vont profiter de la journée de repos pour s’oxygéner la tête, penser à autre chose. Mais la réalité va très vite les rattraper. Il faudra préparer avec sérieux, le dernier match de poule contre la Corée du sud. Le boulot est loin d’être terminé. Il n’empêche que ces flingueuses-là veulent toucher au grisbi et ne pas attendre l’échéance de Rio ! Alain Portes n’avait certainement pas prévu que le positif de reconstruction arrive si vite. Les faits plaident en sa faveur. Il faut en profiter.



Les réactions d’après-match

Alain Portes (entraîneur national) : « Psychologiquement dans l’histoire d’une jeune équipe, c’est très important pour avoir la confiance et aller chercher d’autres résultats plus tard. Alors, certains vont trouver des symboles dans ce succès, pour ma part, je ne voulais pas en mettre trop. Cela a basculé de notre côté, cela aurait très bien pu pencher du leur. Le dernier but est très chanceux, elles mettent un pénalty au-dessus…. Il y avait de la crispation  de part et d’autre et le spectacle en a pâti. Les filles ont fait fi de l’ambiance qui était « limite » (comme souvent dans les Balkans, les spectateurs balancent tout ce qu’ils trouvent dans leur poche, comme de la monnaie, des briquets et une bouteille d’eau n’est pas passée loin d’Amandine Leynaud). Avant le match contre la Corée, on ne sait toujours pas quel va être notre adversaire en 8èmes. On a envie de continuer et gagner des matches, moi je n’en ai pas perdu un depuis que je suis en place. Si ça continue comme cela jusqu’à la fin de l’année, cela va être beau, non ? (rires) On peut aller chercher cette 1ère place... de poule. »

Grâce Zaadi (demi-centre / club : Metz HB) : « On vient de me dire qu’on avait battu le Monténégro ! C'est vrai ?? (rires), je ne réalise pas. Ça fait trop plaisir de jouer un match comme cela. On a du s’arracher pour arriver à ce résultat. On l’a obtenu en restant solidaires, jusqu’à la mort. On s’attendait à ce combat de tranchées. C’est le genre de matches que j’adore, il y avait une certaine pression, le stress au début, la joie à la fin, c’est trop bien ! »

Gnonsiane Niombla (arrière gauche, demi-centre / club : Fleury Loiret Handball) : « Ce n’est qu’un match de poule, c’est bien d’avoir battu un des favoris, ça influe sur le moral et cela nous apporte plein de positif. Il y a eu beaucoup d’engagement physique, 16 buts pris, 17 marqués, les télespectateurs ont du se demander ce qu’il se passait. On a pris énormément de coups mais lorsqu’on revient à 14 partout (à dix minutes de la fin), on a senti qu’elles n’avaient plus la même fraîcheur. Dans leur regard, il y avait un peu plus de fébrilité. Nous n’avons rien lâché, on est allé « à la guerre » ensemble, on se prend des gifles ensemble et on gagne ensemble. J’ai la lèvre un peu abimée, je n’ai pas encore de copain donc personne à embrasser (rires).


L'œil avisé de l'expert...

Pendant la durée du Mondial féminin, Frédéric Bougeant, l’entraîneur de Fleury Loiret HB nous apporte son expertise et son ressenti sur ce qu’il vit en direct de Serbie.

« Ce mercredi, subitement, la température déjà élevée, est montée d’un cran dans cette Arena. Ce match, je l’ai vécu intensément et debout dans les gradins durant les dix dernières minutes. Cela ne m’était jamais arrivé. Ces matches-là valent le coup ! Ce sont des matches différents, il y a un scénario, une évolution, des renversements de situation et la délivrance à la fin. Ne tenant plus en place, j’ai même grillé la politesse au service de sécurité, je me suis faufilé, pour partager des sourires, des accolades, du côté où on se tape dans les mains, du côté où tout le monde est heureux. Maintenant, il faut savoir ce que l’on doit tirer d’un tel succès. Tout n’a pas été parfait, loin de là et je sais que le sélectionneur en place, en est parfaitement conscient. Si on veut continuer à rêver un petit peu, il faut purifier ce qui est brouillon dans notre jeu. Il y a trop de déchet. On se complique trop la vie et ça nous bouffe de l’énergie. Il y a une montée en régime mais il va falloir évacuer tout ce qui nous a procuré beaucoup de joie. Alain leur a laissé ce jeudi libre jusqu’en fin d’après-midi, cela va leur faire du bien car depuis le rassemblement, elles ont enchaîné et n’ont pas eu de répit. Je les connais, il y a celles qui vont traîner à l’hôtel et celles qui vont vouloir aller faire du shopping. Pour moi, pas de shopping, je continue ma quête de handball. J’ai prévu de pousser jusqu’à Novi Sad pour assister à deux matches du groupe D. L’Allemagne a l’air très solide, elle joue contre la Tunisie que nous Français, connaissons parfaitement et je terminerai sur un Roumanie-Hongrie, prometteur. Je vous en parlerai au prochain numéro mais je dois vous avouer que ce matin, je suis encore sur la belle satisfaction suscitée par l’équipe de France. »

© Yves Michel
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