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EDF F: Siraba Dembélé:  "le rêve peut devenir réalité"
EDF F: Siraba Dembélé: "le rêve peut devenir réalité"
17 Décembre 2013 | International > Mondial

Ça se rapproche. Ce mercredi sur le coup de 19h30 ou peut-être plus, on saura… si les joueuses d’Alain Portes entrent dans le carré final du championnat du Monde. Avant cela, elles devront écarter la Pologne de cette course au podium. A l’image de toute l’équipe, la capitaine Siraba Dembélé est avide de sensations fortes et d’une consécration qui serait inattendue.

De notre envoyé spécial à Belgrade, Yves Michel

«Lorsque je leur ai dit qu’elles avaient quartier libre jusqu’à 17h, j’ai reçu une standing ovation. De toute façon, cette coupure était nécessaire. Autant pour les joueuses que pour le staff.» Alain Portes essaie de gérer au mieux le temps qui lui est donné. Après une journée complète de repos, les Tricolores sont entrées dans le vif du sujet ce mardi afin de préparer le quart de finale contre la Pologne. Décrassage et réveil musculaire dans la matinée pour remettre la machine sur les rails, un entraînement tactique étant prévu en fin d’après-midi dans un gymnase sur les hauteurs de Belgrade. Toutes les filles sont sur le pont et le technicien ne désespère pas récupérer Gnonsiane Niombla dont la blessure au pied est moins handicapante. Le Nîmois a jusqu’à ce mercredi 9h, pour prendre sa décision. Il apparait que si la Fleuryssoise devait faire son retour, Dounia Abdourahim resterait dans le groupe. Qui en sortira ? Alain Portes a sa petite idée sur la question.

Ce France-Pologne sera le 13ème match disputé par les Françaises depuis le 24 octobre, le onzième en moins de vingt jours. Les organismes ont été copieusement sollicités, certaines défenses n’ont pas été tendres mais la volonté d’aller désormais jusqu’au bout efface les quelques bobos ou signes de fatigue qui pourraient surgir çà et là. Au sein du groupe, l’ambiance est au beau fixe. Alain Portes a trouvé plusieurs relais pour faire passer son message et dans ce domaine, l’entraîneur national n’a vraiment pas à se plaindre. De par son statut de capitaine de la sélection, Siraba Dembélé s'affirme comme le relais naturel de l'entraîneur.

"Sira", comment conçois-tu ce rôle de capitaine ?
Sincèrement, les filles me rendent la tâche très facile. Je reste moi-même, je ne fais pas une fixation. Dans cette équipe, plusieurs d’entre nous sont des capitaines potentielles, Nina (Kanto) par exemple, est un vrai leader.

Qu’est ce qui caractérise ce groupe ?
C’est une équipe qui est très solidaire. Même si quelquefois, vu de l’extérieur, l’adversaire paraissait plus faible, on s’est vraiment battu pour obtenir toutes les victoires qu’on a alignées. Nous n’avons rien volé. Je vais être honnête, je suis impatiente d’être à la fin et de voir jusqu’où on peut aller.

Il y a un peu de lassitude ?
Non, ce n’est pas cela même si on vit ensemble depuis un bon bout de temps. Mais je rassure tout le monde, j’ai très envie qu’on aille le plus loin possible. Plus on s’approche du dénouement, plus on prend conscience que le rêve peut devenir réalité.

Un nouvel adversaire, plutôt inattendu, la Pologne, vous est proposé…
C’est vrai que c’est une équipe qu’on n’a pas vu depuis longtemps à ce niveau-là. Elle a quand même éliminé la Suède en barrages pour être ici, les joueuses qui la composent sont de grande qualité, elle est à mon avis à sa place. Il faudra s’en méfier, il y a du gabarit sur la base arrière, ça joue au près, elles ont de sérieux atouts.

Il faudra que la France soit plus vive en attaque…
C’est sûr. Il faudra pousser notre montée de balle jusqu’au bout, il faut s’améliorer dans ce secteur, il faudra mettre à profit toutes les occasions qui nous seront données et ne rien gâcher.



Depuis Toulon, tu en as fait des kilomètres. Du Danemark (Randers) à la Macédoine (Vardar Skopjé). Qu’as-tu appris en même pas deux saisons ?
Tout d’abord, partir à l’étranger forge le caractère. Se retrouver toute seule dans un environnement et avec des gens qui parlent une langue que tu ne connais pas, ce n’est pas évident. On est vraiment livrée à soi-même. Au niveau de la maturité, tu prends dix ans d’un coup ! Et en plus tu n’as pas le choix car tu dois t’en sortir.

En quoi ton jeu a progressé en deux ans ?
Sans aucun doute, le tir. Je suis plus sereine et je dois avouer que je suis beaucoup moins stressée depuis que je suis à l’étranger. Au départ, j’avais une certaine pression car je ne voulais pas décevoir les gens qui m’avaient appelé. Et puis avec le temps, tout est rentré dans l’ordre.

Tu ne regrettes donc rien ?
Certainement pas. Même si c’est sûr que je reviendrai un jour, jouer en France. Le challenge sportif que propose Vardar est super excitant et la découverte de ce club, de ce pays, est une belle surprise. J’ai vécu deux expériences à l’étranger aussi différentes l’une que l’autre. A Randers, je n’avais pas de vie sociale, ce n’est pas le cas à Skopjé, il y a une autre mentalité, plus de convivialité entre les filles.

Qu’est ce qui te manque pour être totalement heureuse ?
Te dire une médaille sur ce Mondial serait banal, non ? Même si cela me ferait plaisir. Honnêtement, je suis comblée, je m’éclate dans ce groupe. Si on doit gagner une médaille à moment donné, c’est qu’on le mérite. On verra bien. 


                     Après les derniers 8èmes, l'œil avisé de l'expert...

Pendant la durée du Mondial féminin, Frédéric Bougeant, l’entraîneur de Fleury Loiret HB nous apporte son expertise et son ressenti sur ce qu’il vit en direct de Serbie.

«Ce lundi, nous avons eu notre lot d’émotions. Contre toute attente, l’Espagne, le pays de ma maman et où évoluent trois joueuses de Fleury, s’est faite sortir de la compétition. Coup de tonnerre car on les voyait passer ce tour. Avec le Monténégro, c’est le 2ème médaillé olympique qui est éjecté. Sur ce que j’ai vu, elles n’avaient pas les ingrédients pour jouer ce type de match-couperet. Trop de cadres de cette équipe sont passées au travers. Le Brésil malgré une entame difficile a saisi l’occasion de poursuivre l’aventure. Puissance, Equilibre, Vitesse, c’est le tryptique qui place les copines de Mayssa Pessoa dans une position enviable. La Hollande a été séduisante sur le plan des intentions tactiques mais a été fragile dans les moments où elle aurait pu revenir. Peut-être d’ailleurs par manque de maturité et d’habitude à ce niveau-là. Il n’y a pas eu trop d’opposition pour la Norvège qui monte en charge et qui a déroulé face aux Tchèques. Sur la fin de l’épreuve, elle sera très compliquée à jouer. Et puis en fin de soirée, dans une Arena de Belgrade très bien garnie, on a eu le match qu’on attendait. Un match coup de dés avec ce final électrique entre la Corée et surtout la Serbie et ses supporters chauds bouillants. Un match aussi coup de cœur pour les Asiatiques car dans des conditions difficiles avec un public hostile supporter de la Serbie et un arbitrage en dessous notamment dans le dernier quart d’heure, elles ont su proposer une opposition de grande qualité. Respect pour l’entraîneur coréen qui a trouvé la justesse des mots et surtout la tactique pour remettre son équipe en selle lorsque cela ne se passait pas bien pour elle. Elles ont refait leur handicap et surtout égalisé à 5 contre 6 à dix secondes de la fin. Le dernier shoot serbe gagnant est cruel car pour la Corée qui avait livré toutes ses forces dans la bagarre. Et je revois toujours, cet entraîneur coréen, calme, digne qui va féliciter une à une ses joueuses. C’est un moment qui ne m’a pas laissé insensible. La sensibilité sera également mise à rude épreuve ce mercredi. Vous savez pourquoi... la France entre en piste ! »

© Yves Michel
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