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Mondial Fém.: Le Brésil s'invite au rendez-vous de la Serbie
Mondial Fém.: Le Brésil s'invite au rendez-vous de la Serbie
21 Décembre 2013 | International > Mondial

Organisatrice de l'épreuve, la Serbie avait mis tous les atouts de son côté et se retrouver en finale même si la demie face à la Pologne n'a pas été à la hauteur de toutes les espérances, est une juste récompense. Pour le Brésil qui a dégommé le Danemark, c'est le fruit d'un travail en profondeur mené depuis cinq ans. C'est aussi un vent de fraîcheur sur le hand international.

De notre envoyé spécial en Serbie, Yves Michel

Elles ont longtemps exulté, expulsé des larmes de joie et il a fallu presque appeler les forces de l'ordre pour leur faire quitter le terrain. Les joueuses du Brésil voulaient prolonger ce qu'elles venaient de vivre, encore et encore. On ne bat pas le Danemark tous les jours et surtout on ne se qualifie pas pour une finale d'un championnat du Monde, tous les deux ans, même quand la dernière fois, l'épreuve avait lieu à Sao Paulo. Ce sera d'ailleurs la 1ère fois. Pour les deux finalistes !


                 Face à la Pologne, la Serbie n'a pas eu à forcer son talent 

300 dinars locaux (2,6 euros), moitié prix, les Serbes rêvaient d'une Aréna presque pleine pour honorer les deux demi-finales mondiales mais surtout encourager l'équipe nationale qui devait se défaire de la Pologne, tombeur en quarts, de la France. Ils ont presque réussi leur pari puisque 18 200 spectateurs ont répondu à l'appel mais finalement, de ce soutien populaire, les joueuses des Balkans n'en ont pas eu besoin. Jamais, elles n'ont été en danger et leur progression a souvent frisé la démonstration. Les partenaires de la Fleuryssoise Karolina Siodmiak n'ont tenu que quatorze minutes (4-5) avant que l'adversaire ne mette en marche son rouleau-compresseur, infligeant jusqu'à la pause et même au-delà, un cinglant 2 à 12 (6-17 à la 36ème). Bizarrement, le public que l'on attendait dans l'excès va se montrer bon enfant, même si les sifflets accompagnant chaque montée de balle polonaise étaient mal venus.

Cette demi-finale dirigée sans grande difficulté par Julie et Charlotte Bonaventura sera donc à sens unique. Les quelques occasions franches en contre-attaque mais aussi dans le jeu placé, les Polonaises vont soit les cafouiller, soit tomber sur une prodigieuse Katarina Tomasevic. A 29 ans, celle qui est arrivée à Nantes cette saison, a prouvé encore une fois, qu'elle était une gardienne de grande classe (17 arrêts à 55%). C'est pourtant en seconde période que la Pologne va montrer son meilleur visage mais comme la cause était entendue depuis belle lurette, le "relâchement" serbe autour de la 45ème minute, ne va avoir aucune incidence (15-21 à la 53ème) sur le sort de cette demi-finale. Pour la 1ère fois de son histoire, la Serbie féminine se qualifie pour une finale de championnat du Monde. Tout un peuple attend l'apothéose. La pression va être sur les épaules des Popovic, Ognjenovic, Filipovic, Tomasevic, Stoiljkovic et Liscevic, les six joueuses de la sélection qui évoluent cette année, dans le championnat français.   


La réaction de Katarina Tomasevic (notre photo ci dessus): "Quelle soirée ! avec tout ces gens venus nous voir. Il ne fallait pas les décevoir. Je ne veux pas mettre en avant ma prestation, cela fait partie de ce que je dois faire. Je suis satisfaite de la prestation de l'équipe qui a fait un match très sérieux. Nous avons essayé de joué à ce rythme depuis le début du tournoi. Nous sommes au rendez-vous de la finale, beaucoup de monde nous félicite mais je dis, ce n'est pas terminé. C'est vrai, une médaille est acquise. Autant que ce soit la plus belle. C'est un grand jour pour le handball serbe et pour ses joueuses. Mais je le répète, il faut achever le travail. J'encourage les spectateurs à venir encore plus nombreux dimanche."


                                     Le Brésil fait fondre le glaçon danois

Danois contre danois. La même nationalité pour diriger un banc différent et ce vendredi, c'est l'exilé qui a eu son dernier mot. Morten Soubak est longtemps resté au pays pour savoir si un jour, la Fédération danoise lui ferait confiance au plus haut niveau. Il en a vu défiler des trains conduits par les Wilbeck ou autres Pytlick, son vis-à-vis du soir. En vain. Après avoir formé la fameuse gardienne brésilienne Chana Masson à Copenhague, il a décidé de traverser plusieurs mers et océans et se retrouver au pays de la samba. Voilà trois ans qu'il est en charge de l'équipe nationale féminine et à son contact, cette équipe n'a cessé de progresser (5ème en 2011, en finale cette année).

C'est grâce aussi à une défense où Eduarda Amorim s'est véritablement baladée, aux arrêts d'une exceptionnelle "Babi" Arenhart, à l'énergie d'Ana Rodrigues et surtout grâce à sa princesse, son diamant de l'aile droite, Alexandra Nascimento, que le Brésil a toujours eu la maîtrise de la rencontre. Le tableau d'affichage qui a vite pris des proportions inquiétantes pour le Danemark (5-10 après 18') a toujours été en faveur des sud-américaines.Même lorsque la formation auriverde s'est retrouvée en infériorité numérique, elle a su gérer la situation et même faire déjouer le Danemark, étonnament maladroit. Pourtant en fin de 1ère période, profitant d'une meilleure occupation de l'espace, d'un bloc défensif plus haut et d'un manque de fluidité brésilien, les Danoises vont revenir mais pas suffisamment pour prendre les commandes (10-8 à la 24ème). Aphone pendant près de 8 minutes, le Brésil va se remettre en ordre de bataille et se donner encore un peu plus d'air (20-13 à la 38ème). C'est à peu près à ce moment-là que le Danemark va retrouver un peu de vivacité pour refaire surface mais échouer à trois buts à six minutes du terme (23-20). Tout était encore possible mais c'était sans compter sur l'insolence des Brésiliennes qui durant ce money-time ne vont rien laisser passer ou presque mais surtout avoir les ballons pour capitaliser. Six buts d'écart, c'est le tarif final. Le Danemark tombe de haut. Le Brésil peut esquisser une samba qui pourrait bien se transformer en carnaval, dimanche même si face à la Serbie et son public, la tâche s'annonce compliquée.


La réaction d'Alexandra Nascimento: "Quelle sensation ! Les filles sont presque toutes en train de pleurer dans le vestiaire. Certaines ne réalisent pas encore ce qu'on vient de faire. Il se passe vraiment quelque chose au Brésil. Les familles, les amis nous ont appelées avant le match. Ils voulaient savoir comment le regarder. Il n'y a qu'avec le football, chez nous, qu'on assiste à un tel engouement. Maintenant que nous sommes sûres d'avoir le podium, on va jouer plus libérées mais avec comme objectif de monter le plus haut. Contre la Serbie, on ne sera pas favorite. Mais on jouera à fond. Comme on l'a fait aujourd'hui contre le Danemark. Je suis vraiment fière de ce qu'on a fait, c'est le plus beau jour de ma vie."  

A Belgrade, Kombank Arena
Le vendredi 20 décembre 2013 à 18h00
Demi-finale mondial féminin
Pologne - Serbie : 16 - 24 (Mi-temps : 6-14)

18 100 spectateurs
Arbitres :
Melles Julie et Charlotte Bonnaventura (France)

A Belgrade, Kombank Arena
Le vendredi 20 décembre 2013 à 20h45
Demi-finale mondial féminin
Brésil - Danemark : 21 - 21 (Mi-temps : 14-10)

7 000 spectateurs
Arbitres :
MM LAH Bojan et SOK David (Slovénie)

Demi-finales
Equipe ReceveuseEquipe VisiteuseScoreDateStats
Pologne FSerbie F182420/12>>
Brésil FDanemark F272120/12>>
Finale
Equipe ReceveuseEquipe VisiteuseScoreDateStats
Danemark FPologne F 22/12 
Serbie FBrésil F 22/12 


                                                  L'œil avisé de l'expert...

Pendant la durée du Mondial féminin, Frédéric Bougeant, l’entraîneur de Fleury Loiret HB nous apporte son expertise et son ressenti sur ce qu’il vit en direct de Serbie.
 

"Brasil, muito bom ! On va retenir que le Brésil s'est hissé en finale et que la Serbie est au rendez-vous. Chez elle, là où l'attendaient ses supporters. Je remarque que ce sont les deux équipes qui ont eu de gros quarts de finale, qui ont su dominer les demies. Le Brésil, la Serbie et le Danemark étaient dans le même groupe (le B), c'était donc le plus costaud et d'avoir d'entrée des oppositions de caractère, ça leur a servi pour monter en régime. Plus particulièrement donc au deux qui se retrouvent en finale. Il n'y a pas eu de match lors de la 1ère demi-finale. On pouvait s'en douter un peu car la France était au niveau de la Pologne sans avoir joué. Cela donne d'ailleurs encore plus de regrets après notre élimination. Dans la 2ème demi-finale, le Brésil a maîtrisé la situation. Même en infériorité numérique, les Nascimento et compagnie ont su être efficaces. La défense brésilienne a été monstrueuse avec notamment Amorim dans le secteur central. Il y a un climat, une ambiance aujourd'hui dans cette équipe qu'on ne retrouve pas ailleurs. Avant de dire un mot sur la finale, je voudrais tirer un coup de chapeau aux Serbes qui ont su attirer (enfin !) dans l'Arena, 19 000 personnes. Pour du hand féminin, cela mérite d'être souligné. La finale opposera donc la Serbie au Brésil. On attend les Sud-américaines et elles se préparent à cela, depuis 4 ou 5 ans. Elles sont dans une dynamique et leur talent est reconnu puisque les plus en vue, les 2/3 de la sélection, évoluent en Europe. Le Brésil a désormais son destin entre les mains. Mais attention, en face, il y a la Serbie qui va jouer à domicile. La dose émotionnelle va être considérable. Depuis qu'elle est arrivée à Belgrade (en provenance de Nis), elle n'a plus le même visage. La Serbie sera très dure à battre. Mais cette finale s'annonce grande. Avec deux équipes pleines de joie. Je m'impatiente déjà. Adeus !"

© Yves Michel
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