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Finale du mondial féminin: L'hymne à la joie !
Finale du mondial féminin: L'hymne à la joie !
23 Décembre 2013 | International > Mondial

Un grand coup de chapeau au Brésil pour son titre mondial, un grand coup de chapeau à la Serbie pour avoir pleinement joué le jeu, un grand coup de chapeau au public, venu déjà très nombreux (près de 20 000 personnes) et surtout qui a su accompagner la fête qu’a été cette finale de handball. Le scénario a été poignant et comme souvent dans un match de hand, c'est une gardienne qui a eu le dernier mot. Comme elle l’avait été en match de poule contre ces mêmes Serbes, Mayssa Pessoa a été déterminante en fin de rencontre.

De notre envoyé spécial en Serbie, Yves Michel 

A la rentrée, au mois de janvier, il y aura au moins une championne du Monde en Ligue Féminine de handball. L’Union Mios Biganos-Bègles peut préparer les petits fours et le champagne pour accueillir comme il se doit, Samira Pereira da Silva Rocha. Avec la sélection du Brésil et face à la Serbie, pays hôte de cette 21ème levée du Mondial féminin, elle a conquis une médaille d’or bien méritée. « Je suis très timide et je n’ai pas l’habitude de parler aux médias, même ceux de mon pays, nous a-t-elle confié presque gênée de cette gloire naissante. Mais c’est évident que je suis très contente de ce titre. » Même si elle n’était pas titulaire sur le poste, l’ailière gauche à la coiffure stylée a contribué a apporté sa vivacité en attaque et son aplomb défensif, chaque fois que Morten Soubak, l’entraîneur auriverde a eu besoin de laisser souffler, Fernanda Da Silva. Si Samira s’est vite éclipsée dans le vestiaire et n’a pas cherché à être happée par la meute des journalistes, les deux gardiennes de la "Seleçao" en revanche, ont été assaillies de toute part. En pleurs, submergée par le bonheur, Barbara Arenhart, la blonde aux cheveux bouclés, avait du mal à trouver les superlatifs. «Ce qui vient de se passer est très important, je ressens des sensations incroyables. En plus, je me retrouve meilleure gardienne du tournoi (voir plus bas). C’est bien mais le plus important, c’est qu’avec l’équipe nous soyons parvenues à monter sur la 1ère marche du podium. Jouer dans une ambiance comme celle de cette finale, je ne l’avais jamais vécu et c’était juste impensable. Les Serbes ont supporté leur équipe, c’est normal, ils n’ont pas été agressifs à notre égard. A la fin, certains nous ont félicitées. » Barbara Arenhart, héroïne de la demie contre le Danemark a eu cette fois moins de réussite avec sept petits arrêts mais jamais, elle n’a véritablement senti son équipe en danger. « Je pense que ce qui est important, c’est d’avoir eu une bonne entame et un bon final. Nous avons fait quelques erreurs, je n’ai pas aidé mes coéquipières à ce moment-là mais nous avons maîtrisé nos nerfs. Le public faisait un tel bruit que nous arrivions à peine à nous entendre. Ce titre va faire du bien à notre sport. On l’attendait et beaucoup de petites brésiliennes vont s’intéresser au handball. C’est un beau cadeau de Noël qu’on s’est offert. » Il y avait déjà pas mal de boucan dans ce minuscule couloir où s’étaient entassés les journalistes à l’affût de la moindre réaction.



Du bruit certes mais rien de comparable lorsque le tsunami Mayssa Pessoa est enfin apparue, esquissant encore quelques pas de samba. « Tu as vu, fanfaronnait-elle, je l’ai cette médaille. L’entraîneur m’a dit, tu rentreras au cours de cette finale et ce soir, j’ai joué "o bombeiro"  au pompier (rires). La confiance était en nous et je ne peux pas dévoiler ce que nous a dit le coach avant le match, il a été énorme. Quand on est sorti du vestiaire, les joueuses serbes chantaient. Nous, on a avancé en silence. Quand je suis entrée dans cette arène pleine, cela m’a plus boosté qu’impressionné. On ne comprenait pas ce que les gens criaient mais peu importe.» Mayssa a fait son apparition en début de seconde période sur un jet à 7 mètres réussi par Lekic, puis dans le dernier quart d’heure quand la Serbie était dans une bonne phase avec seulement un but de retard. Et en 14 minutes, l’ancienne Isséenne va stopper quatre tirs parmi les plus importants de cette fin de match. «Je savais que c’était MON moment, quand je suis entrée, j’étais déjà transcendée. Là, je ne sais pas comment on va terminer la nuit mais je peux te dire qu’on va mettre le feu. Je vais en profiter au maximum. Je ne pense pas rester en Russie, si en France, un club a besoin de moi, je reviens ! J’ai 29 ans, c’est le bon âge pour une gardienne. » Et c’est par un grand éclat de rire que Mayssa s’en est allée.



Le Brésil fait son entrée dans l’histoire comme première nation du continent américain à inscrire son nom au palmarès d’un championnat du Monde. On pourra aussi tirer un coup de chapeau à l’adversaire serbe. Dès le coup de sifflet final, le temps de la déception d’avoir perdu cette rencontre devant leur public, les coéquipières de Svetlana Ognjenovic ont retrouvé le sourire, se contentant largement de la médaille d’argent. En ajoutant le Danemark (qui refait sa réapparition dans le trio de tête, seize ans après son titre acquis en Allemagne), le podium de ce 21ème Mondial est plein de fraîcheur et de renouveau. Et pour le handball féminin, c’est une excellente nouvelle. 


                                                  L'œil avisé de l'expert...

Pendant la durée du Mondial féminin, Frédéric Bougeant, l’entraîneur de Fleury Loiret HB nous a apporté son expertise et son ressenti sur ce qu’il a vécu en direct de Serbie.

« Je m’attendais à un public omniprésent, il l’a été, donnant de la voix du début jusqu’à la fin mais ce qui m’a le plus impressionné, c’est une fois le match terminé, ce quasi silence de cathédrale. Un public de connaisseurs qui comme moi, a du se régaler. Le sacre du Brésil, c’est tout d’abord la consécration d’une fabuleuse génération. Les Diniz, Nascimento, Cavaleiro, Piedade, Amorim, auxquelles je rajouterai Chana Masson, la gardienne de Viborg qui a montré la voie. Depuis le Mondial de 2005 en Russie, on l’attendait, huit ans plus tard, elle est au rendez-vous. Cette finale a été plaisante à suivre avec un jeu plein de mouvement et de puissance. Les Brésiliennes ont aussi évolué sur ce qui était un peu leur point faible auparavant, l’aspect mental. Elles ont fait preuve de beaucoup de maîtrise surtout lorsque la Serbie est revenue et qu’on pensait qu’elle allait tout dévorer sur son passage. Il n’y a pas eu d’affolement et Pessoa a mis tout le monde d’accord. En même temps, en face, Tomasevic n’a pas été en reste. On a eu droit à un duel de gardiennes au niveau d’une grande finale mondiale. La finale de deux équipes joyeuses et joueuses. Le Brésil avait soif d’un résultat depuis quelques années, pour la Serbie, se qualifier en finale et attirer autant de monde dans une salle, c’était en quelque sorte un accomplissement.  Dans les prises d’initiative, des deux côtés, on a vu des joueuses libérées mais que cette équipe sud-américaine respire le bonheur ! Si on doit faire un mini bilan, on peut dire que les trois équipes qui sont sur le podium, sont celles qui ont pris le plus de risques et qui ont exprimé le plus d’émotion sur le terrain. Les dernières joueuses qui étaient sur le pont vont rentrer dans leur famille et surtout profiter de leurs proches car la séparation a été assez longue. Tout le monde reprendra en début d’année, je l’espère en très bonne santé. On gardera le souvenir d’un Mondial qui se termine très bien. Ce qu’on peut aussi souhaiter, c’est que dans nos clubs respectifs, à l’image de la Serbie et du Brésil, on donne du plaisir aux gens. »


All Star Team  (avec quelques surprises comme l’absence des Polonaises)

Meilleure gardienne : Barbara Arenhart (Brésil)
Meilleure ailière gauche : Maria Fisker (Danemark)
Meilleure arrière gauche : Sanja Damnjanovic (Serbie)
Meilleure demi-centre : ?? Anita Görbicz (Hongrie)
Meilleure arrière droite : ?? Susann Müller (Allemagne)
Meilleure ailière droite : ?? Sun Lee Woo (Corée du S.)
Meilleure pivot : Dragana Cvijic  (Serbie - notre photo)
MVP : Eduarda Amorim  (Brésil)

Classement par équipes
1er/Brésil  2/Serbie  3/Danemark  4/Pologne  5/Norvège  6/France  7/Allemagne  8/Hongrie  9/Espagne  10/Roumanie  11/Monténégro  12/Corée du S.  13/Pays-Bas  14/Japon  15/Rép. Tchèque  16/Angola  17/Tunisie  18/Chine  19/Argentine  20/Côte d’Ivoire  21/Paraguay  22/Algérie  23/Rép. Dominicaine  24/Australie



© Yves Michel
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