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EURO: Quand Niklas va, le Danemark va !
EURO: Quand Niklas va, le Danemark va !
26 Janvier 2014 | International > Euro

Même si sur les affiches et dans les pubs qui défilent à la télé, Mikkel Hansen est LA star incontestée du handball danois, Niklas Landin Jacobsen est aussi dans le cœur du peuple viking. A 25 ans, le gardien figure parmi les meilleurs du monde. Histoire d'un garçon qui sans trop le vouloir est passé de l'ombre à la lumière.  

Champion d’Europe 2012 en Serbie, vice champion du Monde il y a un an en Espagne, le Danemark doit sa régularité naissante au génie d’un Mikkel Hansen dont la notoriété dépasse les contours de la Scandinavie mais aussi au culot et au talent d’un jeune homme de 25 ans, Niklas Landin Jacobsen, insolent de réussite dans ses buts. Le gardien danois est le capital-confiance de la formation dirigée par Ulrik Wilbek. Le portier de Rhein Neckar Löwen qui a pris la difficile succession du monument Kasper Hvidt en 2009 a toujours été déterminant dans les grandes occasions.

La seule exception est la finale du Mondial suédois 2011 contre la France: il sort 21 tirs à 40%, Mikkel Hansen marque 10 buts mais les Tricolores enlèvent la décision après prolongation. Euro serbe 2012: il passe au travers de la demi-finale contre l’Espagne mais se reprend pour la médaille d’or face à la Serbie avec 19 arrêts sur 38 tirs. Un an plus tard en Espagne, il qualifie son équipe quasiment à lui tout seul face à la Croatie (16 parades) mais à l’image de ses coéquipiers, il est emporté par la vague espagnole en finale (à peine 6 arrêts). Quand Niklas va, le Danemark va ! Vendredi soir à Herning, loin de Söborg, la localité où il est né, dans la banlieue de Copenhague, le longiligne portier a encore été présent, mettant en échec les assauts répétés des Croates.



Niklas Landin est un gardien à sang froid qui peut rester dans sa bulle une heure durant. Sans jamais exulter ou si peu, sans jamais brancher le moindre tireur. Véritablement adoubé il y a trois ans en Suède, celui qui jusque-là avait trusté les titres en jeunes et chez les juniors, est de l’avis général, incroyablement doué pour son âge. Du haut de ses 2 mètres, le garçon est doté d'une bonne détente et d'un bon placement. Son départ du Danemark pour l’Allemagne à Rhein Neckar en 2012, n’a fait qu’accélérer sa progression. Ce n’est pas un hasard si cette saison, il figure parmi les trois meilleurs de la Bundesliga. Le bonhomme est aussi dur au mal. Il y a une semaine contre l’Espagne, à dix minutes de la fin, il prend une balle en pleine face. Un temps sonné, après une courte interruption, le nez et la joue encore endoloris, il reprend sa place comme si de rien n’était et continue son festival.

Avant d’être un surdoué du handball, Niklas Landin est aussi un miraculé. A neuf mois, il est atteint d’une méningite virale qui lui fait perdre l’usage de l'oreille gauche. Et pour ne rien arranger, le gamin est plutôt renfermé sur lui-même. Sa vie d’étudiant en pâtit, il est sourd d’un côté et son manque de communication le fait passer pour un être froid et arrogant. L’apparence est trompeuse. Le déclic aura lieu à la majorité. Il décroche un stage puis un job dans un magasin de vêtements et pour aller à la rencontre du client, produit des efforts surhumains. Il se fait violence et parvient peu à peu à gommer sa timidité. La bataille est gagnée, d’autant qu’entre temps, le handball lui a ouvert de belles portes.

Au GOG Svendborg, où il signe son 1er contrat pro, il côtoie Thomas Mogensen et Lasse Svan Hansen, ses futurs partenaires en sélection et l’espace de deux saisons, un certain... Mikkel Hansen. L’été 2010, le club est en perte de vitesse et lâche bon nombre de ses bons éléments. Niklas lui, s’échappe un peu plus au nord, à Bjerringbro-Silkeborg où il partage les cages avec le Slovène passé ensuite par Montpellier, Primoz Prost. Il connait ses 1ères consécrations avec la sélection puisqu’il devient vice-champion du Monde en Suède et champion d’Europe, un an plus tard, en Serbie. Pourtant avec Silkeborg, l’horizon est bouché surtout s'il aspire à disputer la Ligue des Champions. Le Danemark forme d’excellents joueurs mais la crise économique ne permet pas aux clubs du royaume de les conserver.

Landin franchit le pas et se retrouve la même année à Rhein Neckar Löwen aux côtés des Gensheimer, Roggisch, Myrhol et autre Guardiola. Le Danois qui raconte souvent qu’à trois ans, un entraîneur qui ne savait que faire de lui, l’avait casé dans les buts et s’était ravisé estimant que son choix n’était pas le bon, n’est plus très loin de la perfection. Ulrik Wilbek qui est devenu depuis longtemps son père spirituel, lui confie le brassard de capitaine. A lui, l’ancien p’tit gars timide ! « J’ai eu beaucoup de doutes lorsque le coach m’a fait cet honneur, racontait-il la semaine dernière à nos confrères du "Jyllands-Posten". Mais j’ai appris petit à petit qu’il faut toujours aller au devant de ses incertitudes. Cela m’est souvent arrivé de m’engager sur des chemins tortueux. Je m’en suis toujours sorti. Donc, le capitanat ne doit pas être considéré comme une charge mais une chance. » Studieux et méthodique, Niklas Landin est un bourreau de travail. Depuis peu, il s'est attaché les services d'un psychologue du sport qui le pousse à se dépasser et à forcer sa nature. « Il a même corrigé ma façon de me tenir debout, rajoute l’intéressé. Grâce à lui, je suis plus en confiance. » Une confiance que les Français devront battre en brèche s’ils veulent avoir une chance de s'imposer et atteindre le même objectif que les Danois: monter sur la plus haute marche du podium. En se rappelant que quand Niklas va, le Danemark va !

                                           Ulrik Wilbek... dernière !

Véritable icône au Danemark, Ulrik Wilbek vivra cet après-midi à Herning, sa dernière finale à la tête de la sélection nationale. Né en Tunisie (!) en avril 1958, il laissera le poste au cours de l'été, à l'Islandais Gundmundur Gudmunsson, actuel entraîneur des Allemands de Rhein Neckar Löwen.  C'est avec l'équipe nationale féminine que Wilbek a connu ses 1ers succès (JO d'Atlanta en 1996, Euro 94 et 96 puis Mondial 97). Il prend ensuite en main la sélection masculine et obtient les plus hautes distinctions (Euro 2008 et 2012, argent au Mondial 2011 et 2013). Il est le seul entraîneur avec le Russe Vladimir Maksimov et Claude Onesta chez les hommes, à avoir remporté avec les Danoises, les trois compétitions majeures. Peu expansif, très cultivé, il suscite l'admiration de ses pairs. "Il a apporté de la confiance à cette équipe et bénéficié de l'éclosion d'une exceptionnelle génération de joueurs, commente le sélectionneur français." Dimanche, quoi qu'il arrive, les deux hommes se salueront après la rencontre. Chacun repartira ensuite de son côté, avec une médaille d'or pour l'un (une de plus) et une médaille d'argent pour l'autre.  

© Yves Michel
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