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Typiquement Messin
Typiquement Messin
1 Juin 2014 | France > LFH

Le champion de France féminin se succède à lui-même. Sacré pour la dix-neuvième fois en un quart de siècle, Metz a conservé son bien en gagnant la finale retour (26-25) quatre jours après l'aller (26-22). Dans la difficulté, tant Issy/Paris s'est démené pour éviter un troisième échec en trois finales cette saison. En vain.

Lorsqu'on annonce « Metz Handball champion de LFH pour la dix-neuvième fois », il faut le comprendre au sens large du terme. Extra, extra-large. Dans la marée humaine de l'après-protocole, à peu près chacun de quelques 4500 supporters venus aux Arènes (moins le coin de virage réservé aux Parisiens) a touché, posé, pris un selfie avec l'objet du désir, façonné par le sculpteur Daniel Souanin. Ce joyeux attroupement, que ne renieraient pas les œuvres du centre Pompidou voisin, fut la seule digression dans le déroulement ultra convenu de la finale retour.

Oui, les Dragonnes ont eu mille fois raison de remettre mentalement leurs compteurs à zéro. A deux reprises, le +4 du match aller (22-26) s'est changé en -5, selon la volonté commune de Mariama Signaté et de Stine Oftedal (9-14, 28' puis 11-16, 34'). Le trophée a été virtuellement propriété d'Issy/Paris pendant soixante-quinze secondes. Oui, Armelle Attingré était dans le vrai en affirmant qu'une grosse défense, plus solide que mercredi dernier, serait la meilleure arme des Franciliennes dans la quête du Graal. Ressemblant davantage à une fortification Vauban qu'au périph en heures creuses (si tant est qu'il y en ait...), le bloc de l'IPH a effectivement été rugueux, étouffant pour Gonzalez Ortega, déstabilisant pour les transmissions entre arrières messines (8 pertes de balle à 2 en première période). Comme en prime, Oftedal (5 passes décisives lors de la première demi-heure, en plus de ses trois buts) n'était pas la seule à scintiller, à l'image d'une Astride N'Gouan percutante à 6 m (et servie sur un plateau par la MVP norvégienne), il y avait un parfum de putsch dans l'air lorrain...

Mais il était écrit que l'IPH serait maudit jusqu'au bout dans les finales en matches aller-retour. Pour la quatrième fois consécutive, la troisième en moins d'un mois, les filles d'Arnaud Gandais ont craqué. Car, et c'était aussi à prévoir, Metz s'entête à mieux terminer ses fins de matches à domicile qu'à les entamer. A la faveur d'un changement de gardienne, Dangueuger à la place d'une Pierson en difficulté (3/19 arrêts), de deux prises d'intervalle d'Ana Gros et de l'impassibilité de Kristina « Wilkinson » Liscevic (5/5 penaltys), les tenantes du titre ont exprimé tout leur désamour du suspense (14-18, 39' puis 18-18, 44'). Typiquement messine, cette remontée au score... « On a joué avec le feu, avoue une Déborah Dangueuger déterminante dans les vingt-six dernières minutes (9 parades à 50 %), très émue au-delà. Sachant qu'on perdait de quatre buts, il fallait tenir le score jusqu'à la fin, gérer le money time. On l'a fait. Jouer une finale dans une arène pleine, face à de grandes joueuses, ça n'arrive pas tous les jours. On doit la jouer à fond, pas à deux à l'heure. Voilà le résultat... »

Pour le rendre encore indiscutable, les Jaune et Bleu se devaient de reprendre l'avantage, perdu dès la septième minute (2-3). Malgré le jusqu'au-boutisme de Coralie Lassource, Yvette Broch a consenti l'ultime effort en contre-attaque (25-24, 58'). Un sprint à la Van Poppel qui plonge Metz, ce champion à réaction, dans un océan de cotillons dorés, et Issy/Paris dans le désarroi infini. Adieu, Europe, Coupe nationale, et maintenant championnat... « C'est triste de perdre une finale » sanglote Armelle Attingré. « On était présentes physiquement, mais on passe encore à côté. Le cœur est très lourd » susurre l'ailière internationale Lesly Briémant, les yeux humides... « C'est une déception, bien sûr, mais je pense que nous avons fait une grande saison, malgré tout » veut retenir Stine Oftedal.

Celle des Messines, qui n'aura pas été vierge en couacs (élimination au premier tour de la Ligue des Champions, reversement en Coupe des Coupes sans lendemain, défaite à domicile en quart de finale de la Coupe de France), s'achève, elle, en apothéose. Sur un nouveau doublé LFH-Coupe de la Ligue, sur la certitude de repartir en C1 à l'automne prochain. Les seuls cadeaux de départ qui vaillent pour Sandor Rac, cinq titres hexagonaux en cinq saisons sur le banc lorrain (2006-2009, puis 2012-14). Pour la néo-Cannoise Barbora Ranikova, distributeur vivant de photos dédicacées à son effigie. Et pour Marie Prudhomme, « très contente d'avoir fini en beauté » une aventure de trois saisons. « On n'a rien lâché, sourit la future arrière de Nantes. Les rotations ont été la force de notre équipe. Elles ont permis à certaines de se reposer pour repartir, à d'autres de se montrer beaucoup. C'était vraiment une victoire collective ». Gagner à quatorze, pour s'enivrer à 4500 : du Metz tout craché.

A Metz, Les Arènes
Le dimanche 1 juin à 17h30
Finale retour du championnat de LFH
Metz HB - Issy Paris HB : 26-25 (Mi-temps : 10-14)

Match aller 22-26
4 726 spectateurs
Arbitres :
MM Thierry Dentz et Denis Reibel

Statistiques du match

 

 

© Laurent Hoppe
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