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Geoffroy Krantz, un handballeur en sursis
Geoffroy Krantz, un handballeur en sursis
20 Août 2014 | France > LNH

En janvier dernier, tout s’est écroulé pour Geoffroy Krantz. Suite à un contrôle inopiné, les analyses ont révélé la présence d’une substance interdite dans ses urines.  La suspension ne s’est pas fait attendre. Le joueur de St Raphaël que tout son entourage présente comme quelqu’un d’irréprochable vient à peine de retrouver ses partenaires. Il n’est pourtant pas sorti de ses démêlés avec le pouvoir sportif qui pourrait à nouveau le sanctionner.

Voilà un mois que Saint Raphaël a démarré sa préparation sous la direction d’un nouvel entraîneur. Joël Da Silva a quitté Toulouse pour remplacer Christian Gaudin, invité à aller voir ailleurs. Plus précisément du côté d'Hambourg. La reprise varoise a réuni un effectif de dix-sept pros, beaucoup de têtes familières puisque seul l’ancien montpelliérain Wissem Hmam a été recruté alors que Kévin Bonnefoi et Xavier Barachet ont changé de zone géographique.

Depuis la fin juillet, le nouveau coach peut également compter sur Geoffroy Krantz. L’ancien international a du purger une suspension de six mois suite à un contrôle positif à la nandrolone. En janvier dernier, un dépistage inopiné révélait la présence de ce stéroïde anabolisant dans ses urines. Dès lors, tout s’est enchaîné et le joueur a été pris dans un véritable engrenage.  «Tout s’effondre, on se retrouve dans l’incompréhension la plus totale. Ce qui est reproché est tellement grave qu’on ne s’imagine pas que ça puisse arriver.» En avril, une contre-expertise s’avère elle aussi positive. La sanction est imparable et même si l'intéressé clame son innocence, le pouvoir sportif ne se base que sur les faits et le résultat des analyses. «C’est assez difficile de s’en sortir. Les résultats sont pris comme une référence et il faut se battre pour tenter de minimiser la casse.» Une suspension d’un an est prononcée et Geoffroy Krantz se voit interdire de matches officiels jusqu’en février 2015. Mais à l’amorce de l’été et après qu'il ait fait appel de la punition, la peine est réduite à six mois. «Je ne vais pas dire que je suis content car comme je n’ai rien pris, il n’y aurait rien du y avoir. Mais voilà, les résultats des analyses sont connus et je suis positif. J’ai refait le film de mes journées, j’ai tout imaginé, cherché très loin, j’ai été voir mon dentiste, j’ai même appelé Christophe Zuniga qui s’est retrouvé dans la même situation que moi en 1997 et qui n’a toujours pas compris ce qui lui était arrivé.» Sali dans son honneur et affirmant qu’il n’a jamais consommé de produits illicites, ni touché à la moindre boisson énergisante, le joueur qui entre temps a porté plainte contre X, a encaissé les coups, ceux qui font le plus mal. «Le plus insupportable à vivre c’est la suspicion. Et il ne faut pas en parler au passé, c’est quelque chose qui dure encore car même si je parviens à démontrer ma bonne foi, certaines personnes auront toujours un doute à mon égard.»  A Saint-Raphaël, le climat est dépassionné. La préparation se poursuit tout à fait normalement et l'arrière varois s’est fondu dans le groupe. Pourtant, le champion d’Europe 2006 sait que tout peut être remis en cause à tout moment. L’Agence Française de Lutte contre le Dopage n’a pas accepté la réduction de la durée de son passage au purgatoire et a décidé de faire appel. «Je sais que cela peut être alourdi. A l’origine, j’avais pris deux ans avec six mois ferme. Il y avait donc dix-huit mois avec sursis. Donc, (NDLR : en sursis) je le suis quoi qu’il arrive. Mon objectif est d’en profiter au maximum sans faire n’importe quoi. Il ne faut pas oublier que c’est un sport collectif, que ce n’est pas mon plaisir personnel et que l’équipe doit passer avant. Pour l'instant, il n’y a rien qui m'empêche de jouer. Il faut que je donne tout. » A presque 33 ans (il les aura en décembre), il reste lucide et sait qu’il va jouer la suite de sa carrière en quelques semaines. Une suspension plus longue signifierait la fin pure et simple de son aventure au plus haut niveau. «Qui voudrait prendre un joueur qui a été suspendu même un an ? De mon côté, je pense pouvoir m’entretenir mais après, il faudra convaincre un club. Et ça, ce ne sera pas évident. » En attendant, celui qui a été formé à Gien puis porté les couleurs de Montpellier, Gummersbach et St Raphaël, qui a décroché une Ligue des Champions, deux Coupes des Coupes, une de l’EHF et soulevé à cinq reprises le trophée de champion de France, préfère positiver et se consacrer au quotidien, sans faire de plans à long terme. «Le handball fait partie de ma vie. Je sais qu’à un moment il faudra que je prenne ma retraite, mais pas maintenant et surtout pas dans ces conditions. » En octobre ou peut-être avant, lorsque le pouvoir sportif se manifestera à nouveau, le cauchemar peut refaire surface ou à jamais s’évaporer. Geoffroy Krantz lui, continuera toujours à rechercher la vérité.
 

Son regard sur le Saint-Raphaël cru 2014-2015 :

« L’entraîneur a changé. Les dirigeants n’étaient pas contents du dernier classement et ils ont décidé de passer à autre chose. » Après sa belle 3ème place en 2012 au terme de sa 5ème saison consécutive en LNH, St Raphaël n’est plus remonté sur le podium et surtout n’a plus décroché de billet européen. « Les objectifs n’ont pas été atteints, reconnait Geoffroy Krantz. Deux ans en arrière, on avait mis cela sur le compte d’une période de transition avec le départ des "anciens" comme Juricek ou Megannem, l’an dernier, on a parlé de nouvelle vague donc il fallait un temps d’adaptation. Cette fois, on ne peut plus se cacher. Le groupe doit faire ses preuves et donc au moins, se qualifier pour l’Europe. » Ce qui signifie, terminer sur le podium de la Division 1 ou remporter une des deux coupes. « D’un côté, on sait qu’on peut faire quelque chose de bien et de l’autre, on a une certaine pression car on sait qu’on doit le faire vite. Il y a une bonne ambiance de travail au sein du groupe, après il faudra voir lors des 1ers matches officiels. »  Et cette entrée en matière s’annonce compliquée lors des deux premiers mois avec par exemple un déplacement à Nantes, les réceptions de Paris, Toulouse et Montpellier, soit quatre européens à affronter lors des six premières journées.

© Yves Michel
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