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« La CNCG est là pour maintenir une équité entre les clubs »
« La CNCG est là pour maintenir une équité entre les clubs »
25 Août 2014 | France

La CNCG, tous les clubs y ont droit durant l'été. Mais c'est bien toute l'année que cette commission de contrôle travaille pour conseiller les dirigeants avant d'éventuelles sanctions. Pédagogue et garant d'une réglementation fédérale à faire respecter, le président Francis Serex explique le rôle de son équipe. Et n'esquive aucun des dossiers chauds de l'été.

CNCG. Quatre lettres, acronyme de Commission nationale de contrôle et de gestion, connues de tous les clubs qui aspirent au secteur élite. Chaque année, tous ces bénévoles, experts-comptables, commissaires aux comptes, responsables financiers ou juridiques, auditionnent les clubs de D2 et N1 masculine masculine, ainsi que D2 féminine et LFH, pour juger si, oui ou non, ceux-ci respectent les cahiers des charges fixés par les clubs eux-mêmes. Un travail nécessaire pour éviter une dérégulation totale alors que les premières divisions françaises ont vocation à devenir, ou s'autoproclament parfois déjà, les meilleures du monde.

Mais la CNCG, c'est surtout le méchant, celui que l'on met en cause quand on est interdit de recrutement ou, carrément, d'accession. Longtemps, le Cercle Dijon Bourgogne a cru ne pas pouvoir monter en D1 filles, avant d'y parvenir grâce à un apport conséquent des collectivités territoriales. Chez les hommes, Pau-Nousty, champion de France de N1, n'a pas pu monter à l'échelon supérieur, puisque son budget est insuffisant, comme Villeurbanne un an plus tôt, tandis que Bordeaux a déposé le bilan à cause d'un déficit qui aura eu raison de ses ambitions sportives.

Autant de questions expliquées par Francis Serex, le président de cette commission.

Les Girondins de Bordeaux, Pau-Nousty, Issy-Paris, Dijon... vous avez eu du travail cet été !
C'est tous les étés que l'on en a. Cette année peut-être un peu plus, à cause de la crise économique et des restrictions budgétaires des collectivités territoriales… L’année dernière, on a empêché Villeurbanne de monter et on a eu des dossiers chauds.

Comment en arrive-t-on à ces situations?
D'abord, tous les clubs que l'on gère sont obligés de se soumettre à un suivi régulier devant la CNCG, avec production de documents mensuels. Très tôt, nous leur demandons des bilans certifiés par des commissaires aux comptes pour les autoriser, ou non, à évoluer dans le secteur professionnel. Ceux qui sont plus tangents sont convoqués en mai, on leur demande des éclaircissements et on peut envoyer alors le club devant la commission contentieuse.

En quoi consiste-t-elle?
Trois membres de la CNCG reçoivent les représentants des clubs, pour un débat contradictoire plus poussé. Comme pour Bordeaux cette année. Et la commission contentieuse peut aller jusqu'à prononcer une rétrogradation, retirer un titre de champion de France… Si elle suit la demande de sanctions de la CNCG, comme avec Bordeaux, il y a possibilité d’appel pour le club, devant une nouvelle commission indépendante. Puis, encore après, devant le CNOSF, qui regarde si les procédures ont bien été respectées.

Vous passez pour le Père Fouettard de la fédération...
Une fédération a le pouvoir d'édicter ses propres règlements ! Les associations doivent les respecter. Et la CNCG est là pour assurer la régularité de la compétition et maintenir une équité entre les clubs. Donc on tient compte des risques susceptibles de peser sur la situation financière de chacun. Mais on n'est pas un organisme de sanction. On envoie des lettres, on conseille. L'accompagnement, tout au long de la saison, est un pan majeur de notre mission.

Ce n'est pourtant pas ainsi que vous êtes présenté par les clubs...
Vous savez, quand on lit un bilan financier, on peut comprendre qu'un club a des problèmes momentanés. Un partenaire qui s’en va, une subvention qui descend…  On peut établir des plans d’apurement pour résorber une situation négative. Mais les clubs, on les connaît depuis de nombreuses années. Quand il y a de la mauvaise volonté face à nous, ou de la mauvaise gestion... Le facteur confiance est également très important.

C'est à dire?
Il y a des cas où on ne peut rien faire, car la passion d’un président a dépassé la chose. Nous sommes là pour préserver nos clubs, mais il y a parfois des comportements inimaginables dans la gestion. Que les clubs regardent ce qu’ils font pour en arriver à des situations impossibles ! C'est un grand déchirement quand un club dépose le bilan. Mais ce n'est pas faute d’avoir prévenu les intéressés. Nous rendons des comptes aux autres équipes, qui se font peut-être devancer par une autre qui avait un effectif qu'elle n'avait pas les moyens de rémunérer.

Vous pensez à Bordeaux?
Dans ce cas, le président du club (Joël Guegan) est un expert comptable, donc il connaît les problématiques de gestion. Et dans sa dernière lettre ouverte, il écrit qu'il faut 700 000 euros à son club pour s'en sortir. Nous avons vu très tôt la situation, nous avons averti le club. Bordeaux a eu de très bons résultats sur le terrain, mais est-ce vraiment équitable face aux autres, qui respectent les règles ?

Comment peut-on en venir à déposer le bilan malgré le contrôle étroit?
Car cela peut être masqué, à nous comme aux joueurs… Les clubs espèrent aller plus vite que la situation ne le permet réellement. Penser qu’une municipalité, dans la situation économique actuelle, va combler un déficit important, c’est prendre des risques. Parfois, les joueurs s'interrogent : « qu'a fait la CNCG ? » Mais nous contrôlons le paiement des salaires avec un mois et demi de décalage. Et lorsqu'on s'aperçoit que les joueurs ne sont pas payés, on demande des documents au club, cela prend du temps. Au final, ce sont des familles qui trinquent, les joueuses qui ont l'huissier à la porte quand le loyer n'est pas payé...

Reste la question de ce seuil fixé à 830 000 euros en D2 et 700 000 euros en D1 filles. En quoi amène-t-il l'équité?
Ce sont les présidents de clubs qui font leurs règlements particuliers ! Moi, j’avais prévenu ceux de D2 masculine, quand ils ont augmenté le budget minimum, que certains ne pourraient pas suivre. Ils m’ont répondu qu'ils ne voulaient pas laisser l'écart se creuser avec la LNH. En Pro D2, il y a les 830 000 euros mais aussi neuf contrats pro obligatoires, un entraîneur pro, deux emplois à temps complet dans le secteur administratif ou technique... Donc un club de N1 ne peut pas tout d'un coup découvrir qu'il devra doubler son budget et signer tous les contrats pro nécessaires pour présenter son dossier Pro D2.

Pourquoi un club ne pourrait-il pas s'en sortir avec moins ?
C'est quand même calculé. En D2 et D1 filles, avec tous les contrats obligatoires, les déplacements, l'arbitrage, les engagements des clubs, etc, on sait qu'avec 800 000 euros, un club est limite. En Pro D2, la majorité des clubs est bien au-dessus. En LFH aussi. Cela correspond simplement aux budgets nécessaires pour un Championnat professionnel. Sinon, cela signifie qu'il y a des versements « au black ».

Cela ne va-t-il pas créer des Championnats réservés aux grandes agglomérations?
C'est certain, on a le même problème avec le fossé entre D2 en LNH, qui est énorme (de 830 000 à 1,6 million). On peut craindre des ligues fermées. En filles, Dijon a réussi à « se bouger », la municipalité a fait un bel effort, sinon Besançon avait le budget et aurait sans doute été repêché. Disons qu'en filles, il y a de bons clubs qui arrivent en D2, avec le statut VAP qui propose un cahier des charges intermédiaire.

Tous les clubs qui évoluent dans les divisions professionnelles sont-ils, aujourd'hui, en bonne santé?
Certains ont des plans d’apurement, et sont plus surveillés, avec un passage tous les trois mois. On a remis l'USAM Nîmes d’aplomb comme ça, quand ils sont descendus en D2 avant de remonter avec une situation plus saine. Mais si le club ne fait pas d'efforts, on l'envoie directement au contentieux, qui peut sanctionner. Aujourd'hui, certains contrats ne sont pas encore validés pour 2014-2015 car il manque des documents. On a encore pas mal de travail.

© Pierre Menjot
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