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Euro F : et maintenant, confirmer pour rêver
Euro F : et maintenant, confirmer pour rêver
11 Décembre 2014 | International > Euro

Un large succès, deux points garantis pour le tour principal et une prestation pleine : face à la Serbie, les Françaises ont beaucoup gagné. Gagné, aussi, le droit viser plus haut. A condition de reproduire ce genre de partition. Les espoirs sont permis : la culture de la victoire, ces Bleues-là commencent à l’apprivoiser.

De notre envoyé spécial à Osijek (Croatie)

Difficile de dire si c’est un moment fondateur. Trop tôt. Mais il se pourrait bien que ce match référence de l’équipe de France face à la Serbie mercredi (27-16, 11-3 à la pause) marque un tournant pour les filles d’Alain Portes. « C’est un soulagement, admet Alexandra Lacrabère, car on voulait vite remettre les pendules à l’heure et montrer à nos adversaires que ce ne serait pas facile de jouer la France. » L’aboutissement, aussi, d’une préparation minutieuse durant laquelle les options tactiques proposées par le staff ont été validées, voire adaptées par les joueuses. « On s’investit à fond. Soit on se lance à corps perdu dans le projet, soit on ne se lance pas du tout », résume Gnonsiane Niombla. Alors pas question de parler d’exploit que les Bleues ne pourraient reproduire. Cette fois, la leçon semble apprise.

« Tout est possible, on reste l’équipe de France et les montagnes russes, ça nous connaît, sourit (à moitié) Nina Kanto, l’une des mamans du groupe avec plus de 200 sélections. Maintenant, on en a assez de stagner et c’est le meilleur moment de prouver qu’on a gagné en maturité. » Si les paroles sont un début, les actes prouvent que les joueuses ont intégré le message. Rentré un peu plus tard à l’hôtel que la délégation mercredi soir, Alain Portes a été « tout étonné » de voir que ses protégées étaient déjà dans leur chambre « et pensaient à la suite ». « L’expérience accumulée fait qu’on ne va plus tomber dans le piège de croire que ce sera facile, poursuit le sélectionneur. Il n’y a qu’à voir l’attention des filles lors de la réunion ce (jeudi) matin. Il y a une culture de la gagne qui s’apprend. » Lacrabère : « On a vécu tellement de défaites inattendues, même au dernier Mondial (face à la Pologne en quart de finale) qu’on ne se projette plus. Là, on ne pense qu’au Monténégro. »

Quand les jeunes réconfortent Nina Kanto

Dans leur jeu aussi, les Françaises affichent des garanties qui leur offrent de séduisantes perspectives. Notamment leur défense, face à laquelle Slovaques et surtout Serbes ont buté. Si cet élément est une constante depuis une décennie au moins, il a été modifié par Alain Portes à son arrivée. Et semble mieux maîtrisé aujourd’hui. « On avait un système défensif très ancré et très performant avant avec un gros bloc, explique Nina Kanto, experte dans le domaine. C’est difficile de changer les habitudes mais avec un an de plus, on commence à comprendre et on a aussi pu se rassurer sur ce mode de fonctionnement. » Désormais, chacune sait où et quand elle doit glisser, avec qui changer. Le tout en communiquant énormément. Un an après le Mondial, ce système qui permet de presser plus haut l’adversaire n’a qu’à être un peu ajusté selon l’adversaire. « Défensivement, ça envoie, sourit Estelle Nze Minko. Je le vois à l’entraînement, où pour marquer un but, il faut vraiment y aller. Alors je n’aimerais pas attaquer contre nous en match en ce moment… »

La Nantaise a pu, en revanche, le faire contre la Serbie pendant 5 minutes, comme Gnabouyou ou Landre, qui ont toutes réussi leur entrée, alors que Lévêque et Glauser, alignées d’entrée, ont carrément brillé. « Mais que celles qui ne rentrent un jour jouent bien le lendemain, c’est la moindre des choses, juge Alexandra Lacrabère. L’excuse de la jeunesse, je ne veux plus l’entendre, il faut arrêter de les protéger. Elles doivent se mettre dans le bain et apporter tout de suite. » Efficaces sur le terrain, les moins expérimentées communiquent en plus leur joie, leur fraîcheur en dehors du terrain. « J’imagine que ça fait du bien aux ‘’vieilles’’ de voir le plaisir qu’on prend », dit Nze Minko. Nina Kanto raconte : « Hier (mercredi) j’étais en difficulté au niveau du shoot et dans ces cas-là, je me concentre sur le négatif, je m’énerve. Et les jeunes sont venues me chercher, elles m’ont dit : ‘’mais arrête Nina, tu ne te rends pas compte tout ce que tu nous apportes, continue.’’ Elles m’ont ouvert les yeux, ça m’a énormément touché. Ça prouve qu’on a un collectif fort. Et au-delà du résultat, ce sont ces expériences extraordinaires que je retiendrai plus tard. » Les concrétiser par une médaille serait une belle façon de les rendre encore plus inoubliables.

Le Monténégro pour faire le plein

Assurées d’aborder le tour principal avec 2 points, les Françaises peuvent doubler leur pécule ce vendredi. Il faudra pour cela battre le Monténégro, comme lors du Mondial 2013 (17-16). Grosse défense, bonne gardienne, arrières puissantes : le champion d’Europe en titre ne sera pas facile à écarter. « Ce sont des gagneuses », prévient Alain Portes, qui avait déjà souligné la malice du sélectionneur Dragan Adzic. « Et il commence à y avoir une histoire entre les deux pays, reprend le Nîmois : les Jeux olympiques (victoire du Monténégro en quart de finale à Londres), le Mondial… Il y a de la rivalité mais surtout du respect. » Le vainqueur de la rencontre fera un premier pas vers le dernier carré de la compétition avant de retrouver l’Allemagne, la Suède et les Pays-Bas au prochain tour.

Euro 2014.- Troisième journée de la poule D
A Osijek (Croatie)
FRANCE - MONTENEGRO
Vendredi 12 décembre à 18 heures
En direct sur Sport +

Suivi de Slovaquie - Serbie (le vainqueur sera qualifié pour le tour principal)

© Pierre Menjot
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