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EDF M: Mettre les pendules à l'heure, malgré le décalage
EDF M: Mettre les pendules à l'heure, malgré le décalage
31 Janvier 2015 | International > Mondial

Retrouver la France en finale d'un championnat du Monde n'étonnera personne mais face à un adversaire comme le Qatar peut surprendre. La sélection du pays hôte est parvenue à réaliser ce tour de force avec son bataillon de joueurs venus d'horizons divers et surtout les dollars d'un émir plus amusé que connaisseur de la discipline.

De notre envoyé spécial à Doha, Yves Michel

Chez certains, on se console comme on peut. Vendredi, lorsque l'affiche de la finale a été connue, une journaliste algérienne s'est esclaffée: « Dimanche, ce sera la France contre le reste du monde ! » Non madame, avait on envie de lui répondre, ce sera un match de handball entre une équipe qui continue à marquer son époque et une autre qui a certes travaillé mais qui bénéficie des règles internationales avec un "petit" coup de pouce d'un émir qui a largement les moyens de le faire. Car tout le monde ne s'appelle pas Youssef Benali ou Bertrand Roiné. Le pivot tunisien a constamment été recalé parce que certains dirigeants et joueurs influents de son pays d'origine ne le trouvaient pas (certainement à tort) assez à niveau pour l'incorporer en sélection. Pour l'arrière originaire de Sainte-Gemmes-d'Andigné (Maine-et-Loire), le cheminement est différent. En 2011, il avait été champion du Monde avec la France pour 41 minutes de temps de jeu effectif mais un an et demi plus tard, Chambéry décidait de ne pas renouveler son contrat. Le Qatar a sauté sur l'occasion et hop ! les deux ont commencé à intégrer un club du championnat local avant d'être naturalisés. Pour Bertrand Roiné (photo ci-dessous), cette finale face à la France aura un goût particulier. Entendre retentir la Marseillaise sans pouvoir la chanter... « cela fait quelque chose comme je l'ai vécu à la Golden League (à Bercy il y a un an), mais maintenant je joue avec le Qatar, je prends beaucoup de plaisir et je ne suis pas juste un mercenaire. Les critiques on ne les fera jamais taire, qu'importe, je vis ce moment à fond, avec des gens géniaux.» Issus donc d'horizons aussi divers que tortueux pour 80% d'entre eux puisque seuls trois joueurs sont qataris de souche.



Et c'est cette formation qui après avoir terminé 2ème de son groupe derrière l'Espagne puis écarté l'Autriche, l'Allemagne et la Pologne dans les matches couperets, se retrouve en finale contre la France. « Je m’attends à un véritable combat nous confiait Xavier Barachet, car le Qatar joue sur le ressort de ses derniers matches. Son jeu est cohérent et très collectif car les joueurs sont ensemble depuis longtemps. Ils mettent beaucoup d’impacts en défense et en attaque, ils savent très bien s’en sortir. Il va falloir aussi tenir compte de l'environnement.» Une salle où les cadets de l'armée qatarie ont reçu l'ordre de venir faire la claque et du bruit et où même des Espagnols compatriotes de l'entraîneur Valero Rivera, ont été invités (tous frais payés) pour animer quelques travées. Ce n'est pourtant pas une salle hostile qui va intimider les Français.



Toutefois, la leçon de 2007 de la demi-finale volée face aux Allemands et le nom de Mrs Hakansson et Nilsson, funestes arbitres suédois au sifflet déréglé sont pourtant encore dans toutes les têtes de ceux qui y étaient. Michaël Guigou en faisait partie. « Il y a le risque d’avoir un arbitrage à la maison, on a conscience de tout cela mais on sait aussi que si on fait le match qu’il faut, peu importe ce qui se passera autour.» Et c'est sur ce paramètre que les plus anciens de la sélection française, coaches en premier, vont insister dans leur mise en garde d'avant-match. «Toutes les victoires qu’on a pu engranger dès 2008, ont été dues à la frustration qu’on a surtout vécu au Mondial 2007 où on a compris que des fois, on avait beau être meilleurs que les autres, on n’était pas assurés d’être champions à la fin, témoigne Jérôme Fernandez. C’est à nous de faire en sorte d’être bien au dessus de cette équipe du Qatar pour qu’on arrive à la fin du match avec 3-4 buts d’avance minimum et qu’il n’y ait pas matière à polémiquer.» Au-delà d'une 5ème étoile à broder sur le maillot tricolore, terminer sur la plus haute marche du podium confère un luxe que les hommes de Claude Onesta voudraient bien s'offrir: obtenir leur billet direct pour les Jeux de Rio en 2016. Voilà donc une très bonne raison pour ramener notre consœur du désert à de plus sages proportions.

Le grand témoin... Philippe Gardent, pionnier des années 90

"Boule" est à Doha depuis jeudi. Il commente pour le groupe TF1, les exploits des Bleus. Ils sont d’ailleurs plusieurs de cette génération des pionniers du handball national comme Alain Portes, Thierry Perreux et Jackson Richardson à être présents au Qatar.  Ils ont eux aussi fait partie des Bronzés (3ème place aux Jeux de Barcelone 92) puis des Barjots  (médaille d’argent au Mondial 93 puis succès à celui de 95). Ils sont un peu les précurseurs de ce que les Tricolores d’aujourd’hui sont en train de réaliser. A l’époque, leur style déjanté par opposition à la mécanique de précision de la Suède, avait été mis en valeur. Pour le pivot emblématique de l’équipe dirigée par Daniel Costantini, si les générations ont changé, le message reste le même.

Est-ce qu’il y a une part des Barjots dans la réussite actuelle des Bleus d’aujourd’hui ?
On est vraiment à l’orée de quelque chose qui peut être exceptionnel pour le hand mais aussi pour le sport en général avec une équipe qui domine autant sa discipline. Il y a peut-être eu les Brésiliens au foot à une époque. On ne peut pas s’empêcher, sans être orgueilleux, d'avoir contribué un peu à tout cela puisqu’on était au début de l’histoire. Mais on est plus maintenant sur ce côté admiratif et supporter qu’autre chose.

Vous avez souffert de la suprématie de la Suède qui tenait le rôle de la France maintenant…
A l’époque, on n’avait aucune sympathie pour les Suédois, non seulement parce qu’ils nous battaient tout le temps mais en plus ils étaient assez hautains. Et je me mets aussi un petit peu à la place des Espagnols, des Danois et des Croates qui ont de très belles générations et qui sont systématiquement freinés par cette équipe de France. Je sais ce que c’est parce que les Suédois pendant dix ans, nous ont fait subir un tel traitement, on a eu de la chance quand on a été champions du Monde, de ne pas les rencontrer.

Des histoires les plus folles circulent autour du Qatar. Faut-il en rire ou s'en méfier ? 
Au-delà de toutes les critiques qu’on peut entendre, il y a ce résultat sportif. C’est quand même la seule équipe nationale qui a pu bosser pendant un an, ce n’est pas rien. On est plus sur un club que sur une sélection. Mais il faut l’avoir fait. Il y a eu un gros travail en profondeur de Valero Rivera avec des joueurs qu’on connait tous et un que je connais en particulier pour l’avoir entraîné Bertrand Roiné  (à Chambéry entre 2006 et 2012).

On dit que leur parcours a été soigneusement "préparé"...
C'est vrai, ils n’ont pas rencontré de gros cadors. Le seul gros qu’ils ont eu à affronter c’est l’Espagne en match de poule et ils ont perdu (25-28). Ils ont produit de bonnes prestations, il faut les prendre en considération même si la France est au-dessus. Peu importe qui est favori mais effectivement, si la France joue comme elle a joué depuis les 8èmes, il n’y aura aucun souci. Et elle pourra accrocher la 5ème étoile à son maillot. 




                                                      Tableau de bord


Qatar - France      17h15    sur TF1 et  sur beIN sports 3

Quelques chiffres....


0. Le nombre d'équipes non-européennes ayant décroché une médaille mondiale dans le handball masculin. Quel que soit le résultat de la finale, le Qatar entre dans l'histoire.

1. Comme le nombre de finales olympiques, mondiales, ou européennes perdues par la France en dix tentatives. Ce seul échec a eu lieu au Mondial 1993 face à la Russie.

4. Le nombre de titres mondiaux (après 2001, 2009 et 2011) que compteront Jérôme Fernandez et Thierry Omeyer en cas de victoire de la France.

6. Le nombre de titres olympiques, mondiaux et européens gagnés par la France en huit compétitions depuis les JO-2008.

7. Le nombre de joueurs de l'équipe de France qui n'ont pas encore remporté de titre mondial : Cyril Dumoulin, Igor Anic, Kévynn Nyokas, Kentin Mahé, Mathieu Grébille, Luka Karabatic et Valentin Porte.

15. Le nombre de médailles, tous métaux confondus, ramenées par la France depuis la première en bronze aux JO-1992 à Barcelone.

33. Le nombre de buts marqués en huit matches par Michaël Guigou, l'actuel meilleur buteur français du Mondial. Guillaume Joli est juste derrière avec 30.

34. Le nombre de deux-minutes infligées à l'Equipe de France (en 8 matches)

36. Le nombre de minutes passées sur le parquet par Igor Anic (joueur le moins utilisé)

38. Le pourcentage d'arrêts de Thierry Omeyer depuis le début du tournoi, à égalité avec l'Allemand Lichtlein et l'Espagnol Perez de Vargas.

42. Le nombre de buts marqués depuis le début du Mondial par l'arrière qatari d'origine cubaine Rafael Capote qui, blessé en demi-finale, est très incertain pour cet après-midi.

96. Le nombre d'arrêts de Thierry Omeyer depuis le début du Mondial, qui le place loin devant tous les autres gardiens.

1001. Le nombre de buts marqués en équipe de France par Nikola Karabatic depuis sa première sélection en novembre 2002, à l'âge de 18 ans. Jérôme Fernandez est le recordman absolu avec 1455 réalisations.

© Yves Michel
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