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Issy-Paris, c’est fou !
Issy-Paris, c’est fou !
21 Mai 2015 | France > LFH

Un but de Camara dans les dernières secondes envoie les Parisiennes, exemples de courage, en finale du Championnat grâce à leur victoire face à Metz (27-21). Pour les (ex)championnes de France en titre, la déception est terrible. Mais pas illogique.

L’exploit est, par définition, d’une rareté extrême. Dire que plus jamais Issy-Paris ne réussira une telle performance serait pourtant mentir, tant cette jeune équipe trouve des ressources insoupçonnées. Mais l’exploit tient aussi du mémorable. Et celle-là, on peut l’affirmer, le club parisien s’en souviendra longtemps. « Elle est importante pour l’histoire de cette équipe », sait Pablo Morel, l'entraîneur. Importante par son résultat, bien sûr, car en s’imposant de six buts face aux Messines (27-21), championnes de France en titre, les Isséennes se qualifient en finale du Championnat pour la deuxième année de suite. Mais elle est d’autant plus marquante par la manière puisque, en seconde période, ce sont les filles formées au club (Lassource, énorme et anormalement libre sur l'aile gauche, Niakaté, déterminante en défense, Briémant, précieuse, Fehri, sans peur et sans reproche) qui ont porté l’édifice à bout de bras, pendant que Stine Oftedal était prise en stricte. Et l'ultime but, marqué par Camara dans les cinq dernières secondes, est l’illustration parfaite de la politique du club parisien. « Une fille formée au club, qui est de la région parisienne, ça donne du sens, de la crédibilité à notre projet », savoure son coach.

Voilà donc la naissance d’une équipe à Issy-Paris, qui a abordé l’événement parfaitement. « On l’avait bien préparé, on savait quoi faire face à chaque adversaire, confie Doungou Camara. Et on a serré les fesses mais on a donné notre vie sur ce match. » Après 10 minutes équilibrées (5-5), les Mosellanes ont ainsi lâché, butant sur une Armelle Attingré qui a vite rattrapé son entame moyenne (14 arrêts dt 2 pen). Sans rythme en attaque, Metz prenait un but sur chaque défense ou presque, malgré les différentes options tentées (étagée, plus basse, avec une fille avancée sur Stine Oftedal). Après 25 minutes à peine, l’écart était comblé (14-8). « Issy-Paris fait un très bon match, et nous sommes trop fébriles », déplore Jérémy Roussel.

Une défense plus resserrée autour du duo Mendy-Kanto, plus Luciano en chien de garde de la MVP norvégienne, portait cependant ses fruits. Zaadi, parfaite dans ses choix au retour des vestiaires (4/4 au tir, passes au pivot, lancements pour Gros) puis Baudouin, excellente de bout en bout (9/10 dont un qui a rasé l’oreille gauche d’Attingré dans un angle fermé…) ramenaient les leurs à trois buts (17-14, 38e). Une interception de Luciano sur un ballon bêtement perdu s’annonçait même comme un tournant, alors qu’Issy se reconstituait un écart (22-19, 50e). Puis « la deuxième période courageuse » s’est transformée « en cafouillage », souffle le coach lorrain. Et l’insouciance locale a pris le dessus.

Niakaté envoyait une fléchette pour le +5 (26-21, 26e), puis manquait le +6 sur l’action suivante. Le score n’avait pas bougé à 32 secondes de la fin, Jérémy Roussel prenait son temps-mort pour annoncer une combinaison. Complètement manquée « alors qu’on l’a travaillée toute l’année à l’entraînement ». Face à une défense messine replacée, les Parisiennes se passaient la balle sans oser y aller. Jusqu’à ce que Camara, chasuble sur le dos, ne se lance de son poste d’arrière droit et lâche, en appui, un tir à rebond qui finissait petit filet opposé. Celle qui est d’un naturel rieur ne pouvait alors plus quitter son large sourire. « Je suis sur un petit nuage… un grand nuage. Je suis très contente de ce dernier but, l’équipe en avait besoin. La chasuble, ce n’est pas trop mon  fort d’habitude, mais là je n’ai pas réfléchi, je prends la balle et je tire en appui à rebond, je savais que j’allais faire ça en prenant la balle. » Et l’arrière, 20 ans et première année comme professionnelle, d’exploser dans les bras de ses coéquipières. Oui, Issy-Paris est en finale, sans doute face à Fleury, et a déjà réussi une grande saison. « Si on nous avait dit ça en début d'année, on ne l’aurait pas cru, admet Pablo Morel. Mais on avait confiance en nous et on le sait, on a une équipe jeune et talentueuse. »

Une image qui tranche avec celle de Metz. C’est la tête basse que les championnes de France ont abandonné leur titre, incapables de se mettre au niveau montré ces dernières semaines. « Les six buts d’avance nous ont totalement anesthésié, on n’a pas su se défaire de cette crainte », avance Roussel. L’expérience a failli faire tomber la pièce du bon côté une fois encore, comme souvent cette saison, les derniers exemples en date étant la finale de la Coupe de France (gagnée aux tirs au but) et les quarts de finale (qualification pour un but). Cette fois, c’est la fin ou presque d’un collectif qui, après le match pour la 3e place, va changer largement à l’intersaison (7 à 8 départs), conclusion d’une année éreintante où les relations entre les joueuses et le coach, et entre les joueuses elles-mêmes, furent souvent compliquées. « La déception est énorme, il nous faudra du temps pour nous en remettre », lâche le coach mosellan. Comme en 2012, comme en 2010, Metz, neuf fois champion de France ces onze dernières années, ne sera pas le roi de France, renversé cette saison par une bande isséenne un peu dingo.

Niakaté : « Maintenant, le titre ! »

Kalidiatou Niakaté, arrière d’Issy-Paris : « Je n’explique pas vraiment notre deuxième mi-temps, si ce n’est qu’on a eu un peu la pression en voulant garder le score, et on a eu un peu peur. Mais l’essentiel est de se qualifier, on n’a rien lâché pour ne rien avoir regretté et on l’a fait, c’est génial. Maintenant, bien sûr qu’on veut le titre, on ne peut pas faire comme l’an dernier ! (défaite en finale face à Metz, ndlr)»

Pablo Morel, entraîneur d’Issy-Paris : « On nous aurait dit ça il y a une semaine, je n’aurai pas dit que c’était impossible, mais… Cette équipe est capable du meilleur comme du pire. Ce n’est pas un superbe match mais on a eu beaucoup de cœur. On a eu un peu de réussite offensive d’entrée et puis on a paniqué un peu devant la défense étagée de Metz, il faut comprendre qu’il y avait Stine prise en stricte et, autour d’elle, des gamines qui n’ont pas toutes encore 20 ans. Maintenant, on doit montrer qu’on peut réussir deux matchs pleins. La finale, si elle est face à Fleury, sera très déséquilibrée. Elles sont impressionnantes, ont montré de la constance, et c’est une équipe qui arrive à maturité et veut maintenant gagner des titres. »

Grace Zaadi, demi-centre de Metz : « C’est très, très difficile, je suis très déçue de ne pas être en finale. Forcément, c’est une énorme déception. On savait que ce serait très dur, on avait déjà réussi nous à renverser ce genre de situations, donc on était prévenues. La première mi-temps nous fait beaucoup de mal. On ne trouvait pas notre rythme, ni en défense ni en attaque et c’est difficile quand on ne trouve pas le bon tempo. »

Saison terminée pour Marija Jovanovic
Présente sur le banc, l’arrière monténégrine est restée en civil ce mercredi pour la demi-finale retour, après son entorse de la cheville survenue avant le match à Metz. Elle le restera jusqu’à la fin de saison, puisque sa guérison nécessite six semaines sans jouer, donc pas de finale (aller le 27 mai, retour le 31). C’est sur le banc, d’où elle donne énormément de conseils à ses coéquipières, qu’elle suivra la fin de sa première saison en France. Spincer, Niakaté (un peu blessée à l’épaule droite) voire Camara se partageront le poste d’arrière gauche.

Demi-finale retour de LFH

ISSY-PARIS HAND - METZ HANDBALL
27 - 21 (Mi-temps : 14-9)

Statistiques du match

Match aller : 27-33. Issy-Paris qualifié au nombre de buts marqués à l'extérieur.

© Pierre Menjot
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