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EDF F : Les Bleues s’en sortent très bien
EDF F : Les Bleues s’en sortent très bien
7 Juin 2015 | International > Mondial

C’est une équipe de France irrégulière en défense et brouillonne aux tirs qui a battu la Slovénie, à Brest, se gonflant un matelas de 7 buts (27-20) grâce à un beau finish. Les Bleues devraient s’offrir un nouveau Mondial en décembre, à condition de gommer les quelques erreurs de ce match aller.

Le Danemark, c’est pas encore tout près. Et sur la route pour la Scandinavie, Velenje et sa salle surchauffée de 2500 places apparaissent comme une étape obligatoire. Elle ne sera pas simple à négocier, pas plus que ce match aller en Bretagne, dont le score est trompeur par son écart, le plus gros du match, atteint grâce à un penalty de Lacrabère sur le gong (27-20). « Un score flatteur », avoue le sélectionneur Alain Portes, « carrément un hold-up » selon Nina Kanto, (Photo de tête) qui offre une grande bouffée d’oxygène aux Françaises à la mi-temps de cette double confrontation. Elle ne sera pas de trop quand il faudra se sortir à nouveau de ce faux-rythme imposé par les Slovènes, dont la base arrière Jericek-Gros-Lazovic a joué très reculée et a perturbé la défense homme à homme des Bleues. Ce dimanche, elles ont mis 50 minutes à s’en dépêtrer (20-19, 50e), avant de finir en boulet de canon grâce à une Cléopâtre Darleux bouillante dans le dernier quart d’heure. Conclusion heureuse d’une après-midi longtemps frustrante.

« Un manque de rythme, des tirs loupés, on se laisse endormir », souffle Alexandra Lacrabère (Photo de dessus) en guise d’explication d’un premier quart d’heure dominé par la Slovénie (5-6, 10e). Même les deux expulsions infligées à Krhlikar (4e, 7e) n’y faisaient rien. Les Bleues, pourtant entreprenantes, laissaient échapper une balle ou manquaient déjà des occasions face à Stefanisin (5 arrêts après 12 minutes). Il fallait une accélération de Niombla, dans la lignée de ses dernières performances de championne avec Fleury, pour creuser un premier écart (12-8, 20e). Zaadi et Ayglon, venues du banc, apportaient un peu de dynamisme pour marquer sur une belle entrée en second pivot ou sur un bras levé à 9 mètres (13-9, 23e).

Mais après ce quart d’heure intéressant, conclu par un but à l’énergie de Kanto en pivot avant la pause (15-11), la Slovénie remettait sa patte sur le ballon. Lazovic, curieusement transparente en première période, plantait trois fois de suite. Mavsar gardait son efficacité aux penaltys et Gros, d’une fléchette en appui, ramenait les siennes à deux unités (17-15, 36e). Et si Darleux signalait son entrée en jeu (37e) par 4 arrêts de suite avant de céder, Marincek se montrait tout aussi brillante en face. « Elle était immense, on ne s’y attendait pas et il fallait viser les coins, expliquait Kanto, encore impressionnée à la fin du match. De loin ça allait car elle n’était pas très mobile mais de près, c’était comme un écran noir ! » La lumière n’était d’ailleurs pas bien loin de s’éteindre pour les Bleues quand l’ancienne Dijonnaise Krhlikar marquait en pivot le but du -1 (20-19, 49e).

Le moment que choisit Darleux (Photo de dessous) pour recommencer son show. Derrière une défense rendue quasiment imperméable par le retour d’Edwige, l’ancienne Brestoise enchaînait les parades. Dont un pastis qui offrait à Houette un caviar en contre. Bulleux et Niombla sonnaient aussi la révolte et, d’un coup sur l’accélérateur, les Tricolores se détachaient (24-20, 52e). Darleux, toujours elle, arrêtait un penalty et c’est la Slovénie qui ne marquait plus. Houette, au bout du décalage cette fois, et Lacrabère donc, donnaient des airs de fête à cette rencontre, comme l’espéraient les 4000 spectateurs brestois. Une fin heureuse qui ne doit pas faire oublier le combat à mener, encore, dans six jours. « Cinq minutes de trou et les 7 buts seront envolés, prévient Nina Kanto. On doit rester bien en alerte et, surtout, se lâcher. Derrière, c’est les vacances, donc il n’y a plus besoin de calculer. Disons que c’est de bon augure. » Un dernier petit effort et la France figurera au rendez-vous du gratin mondial pour une 21e compétition de suite.

Barrage aller de qualification au Mondial 2015
FRANCE – SLOVENIE
27 – 20 (Mi-temps : 15 – 11)
A l’Arena de Brest. 4000 spectateurs environ. Arbitres : MM. Baumgart et Wild (ALL).
Evolution du score : 3-3 (5e), 5-5 (10e), 8-8 (15e), 12-8 (20e), 14-11 (25e), 15-11 (MT), 16-14 (35e), 18-16 (42e), 20-19 (49e), 24-20 (53e), 27-20 (FT).

France.- Gardiennes : Leynaud (37 min, 6 arrêts) et Darleux (23 min, 10 arrêts dt 2 pen). Joueuses de champ : Kanto (2/3), Ayglon (2/5), Pineau (0/3), Zaadi (1/2), Prouvensier (1/2), Houette (2/3), Niakaté, Dembélé (cap, 4/7), Bulleux (3/6), Goiorani, Edwige, Nze Minko (1/1), Niombla (5/8 dt 1/1 pen), Lacrabère (6/12 dt 3/3 pen). Entraîneur : A. Portes.

Slovénie.- Gardiennes : Stefanisin (30 min, 5 arrêts), Marincek (30 min, 9 arrêts) et Pandzic. Joueuses de champ : Zrnec, Krhlikar (2/3), Gros (3/8), Beganovic, Jericek (2/8), Hrncic (0/1), Mavsar (5/5 dt 3/3 pen), Lazovic (4/6), Turnsek (0/1), Irman (4/5), Gregorc, Petrinja (0/2). Entraîneur : M. Bon.

Les réactions

Alain Portes, sélectionneur de l’équipe de France : « Physiquement, les Slovènes ont un peu plongé et on a eu un peu de réussite aussi. Mais notre défense les a usées, on a monté tous les ballons aussi et elles ont manqué un peu d’oxygène. On savait qu’on ne pourrait pas jouer ce match à 7 et je suis très content du banc, chaque joueuses qui est entrée a apporté. On a bien joué en attaque mais on s’est montré trop maladroit, avec plus d’agressivité en défense au début et plus d’efficacité, ça aurait été le match parfait. »

Siraba Dembélé, capitaine de l’équipe de France : « C’est normal ce début de match compliqué, ça faisait longtemps qu’on n’avait pas joué ensemble, c’est la fin de saison et c’est toujours compliqué. Mais on n’a pas paniqué et on a fait l’écart quand il fallait. Et Cléo (Darleux), je suis contente pour elle. C’est certain que c’est mieux +7 que +1 mais j’ai vu tellement de scénarios que rien n’est fait. On ne peut pas refaire les mêmes erreurs en défense et manquer autant de tirs. On a les moyens de faire beaucoup mieux. »

Cléopâtre Darleux, reine en son jardin
A l’applaudimètre, elle l’a remporté haut la main devant un public acquis à sa cause et qu’elle devrait retrouver dès l’an prochain, si Brest remonte en LFH comme c’est prévu. En Bretagne, Cléopâtre Darleux est un peu chez elle, depuis son titre de championne de France avec Arvor en 2012. Tout aurait pu être rose pour elle… si elle n’avait pas été mise sous pression par son sélectionneur, lors du stage des Bleues ici-même en avril. « Je lui avais dit de se concentrer un peu plus sur le hand, de moins se disperser, a expliqué Alain Portes après le match. Elle a été souvent blessée, ce n’est pas un hasard. » Le message avait aussi été passé dans la presse locale avant le match. Il a été visiblement reçu cinq sur cinq.

Entrée après 37 minutes de jeu au relais d’Amandine Leynaud, Darleux a été impressionnante. Quatre arrêts pour commencer, quelques parades bien senties en pivot ou sur penalty (par deux fois), un véritable festival pour finir. Tout juste peut-on lui reprocher de ne pas avoir « bâché » la gauchère Irman sur son second poteau à mi-hauteur, où elle tirait toujours. Au final, une fiche à 10 arrêts à 62,5% très, très propre. « Elle nous a fait du bien », souligne Alexandra Lacrabère, sa coéquipière à Nice. « Je suis contente d’avoir pu aider les filles, disait simplement la gardienne à l’inaltérable sourire. Je m’en suis pris un peu plein la gueule, j’ai lu des choses qui ne font pas toujours plaisir, alors c’est sûr que ça fait du bien de réussir ce match à ce moment, et encore plus ici. »

Le sélectionneur a apprécié lui aussi. S’il n’est pas du genre à critiquer en public, Portes aime que ses joueuses lui rendent sa confiance et a demandé à toutes un investissement maximal jusqu’à Rio. Alors le Nîmois a relevé la performance, sans sauter au plafond non plus. « Elle a bien travaillé à Nice depuis la fin de saison et je remercie son coach, Sébastien Gardillou, pour cela. Elle est bien depuis le début du stage et elle a apporté un vrai plus aujourd’hui (dimanche). Mais c’est le niveau qu’elle doit avoir tout le temps. » Puisque Leynaud n’est pas vraiment du genre à enchaîner deux matchs moyens de suite, Darleux n’aura pas forcément une heure de jeu samedi prochain à Velenje. Mais désormais, ses coéquipières le savent : elles ont sur le banc une « Cléo » prête à jeter toute son énergie et son talent dans ce barrage.

Les autres barrages : la Serbie et l’Allemagne proches de l'élimination
La Serbie, vice-championne du monde en titre, va-t-elle manquer le prochain Mondial ? C’est ce qui semble se dessiner puisque Kristina Liscevic et les siennes ont perdu à domicile face à la Roumanie, 32 à 26, et vont devoir créer l’exploit à Cluj dans une semaine, toujours sans leurs meilleures joueuses (Cvijic, Lekic, Damnjanovic et Tomasevic) qui boycottent la sélection. Décevante à l’Euro (14e sur 16), la Russie a réussi une belle performance en s’imposant en Allemagne (22-20). Les autres résultats n’ont laissé la place à aucune surprise.

Les résultats :
Allemagne – Russie, 20-22 (1 buts Smits)
Serbie – Roumanie, 26-32 (4 buts Liscevic, 1 but Bandelier)
Pays-Bas – République tchèque, 33-23 (4 buts Broch, 2 Van Olphen / 4 Sterbova)
Ukraine – Pologne, 18-24
Monténégro – Islande, 28-19 (5 buts Pekarskyte, 3 Palsdottir)
Autriche – Hongrie, 20-33 (1 but Hornyak)
Espagne – Slovaquie, 25-19 (6 buts Barbosa, 6 Fernandez, 1 Chavez, 1 Mangué / 3 buts Skolkova)
Croatie – Suède, 23-24 (4 buts Basic)


© Pierre Menjot
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