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EDF M: Une grenouille porte-bonheur face au Brésil
EDF M: Une grenouille porte-bonheur face au Brésil
10 Janvier 2017 | International > Mondial

Voilà des mois que la France attendait cet instant. Le 3ème Mondial organisé sur le sol national débute ce mercredi soir avec un match inaugural entre les Bleus et le Brésil. Quinze joueurs tricolores (puisque Lenne et surtout N'Guessan sont laissés dans les tribunes) affronteront une équipe qui leur avait posé quelques problèmes cet été aux Jeux Olympiques. Impression avec Yanis, le bizut chez les Experts et décryptage avec le gardien de la dernière équipe qui a affronté les "Auriverde", le Suisse de Montpellier, Nikola Portner.

Depuis Paris, Yves MICHEL


C’était l’ultime rendez-vous donné aux journalistes avant le grand saut. Une conférence de presse organisée dans un établissement de Bercy, appelé "The Frog" et qui se revendique comme le rendez-vous des supporters des Bleus. La nourriture servie sur place est plutôt calorique, les boissons aussi. Mais choisir un espace avec un nom anglais pour rallier des supporters… français, il y a de quoi être déboussolé. Selon le comité d’organisation, 1000 journalistes sont accrédités pour la compétition, la moitié est française. Heureusement que ce mardi soir, tout le monde n’est pas venu car cela aurait très vite tourné à la cohue au royaume de la grenouille, symbole de résurrection et de chance. Et face au Brésil ce mercredi à quelques sauts du "pub", les Français en auront peut-être besoin. A moins que le match tourne rapidement en leur faveur et que battre les "Auriverde" soit moins compliqué que celui lors des derniers Jeux. « Je garde l'image d'une équipe qui peut battre tout le monde, met en garde Luc Abalo. C'est vrai, elle était chez elle mais elle a des super joueurs à tous les postes. Tout ça nous permet avec le match de ce mercredi de rester concentrés et se dire... attention les gars on peut perdre le match. Et ça justement, cela va nous permettre d'être bons.  » Et si les Français excellent dans leur art, le cocon de Bercy leur rendra cette énergie au centuple. Depuis quelques heures et la publication de la liste des 16 qui en fait seront 17 (voir par ailleurs), le groupe tricolore est passé en mode guerrier même si l’état d’esprit face aux attentes n’a pas changé. « Non, le mot n’est pas trop fort, martèle Cédric Sorhaindo  car on part à la guerre. On joue à la maison, on va être attendu partout et il va falloir se battre sur tous les matches. On est monté en puissance grâce aux matches du week-end, ceux qui jouaient moins ont pu s’exprimer, ça y est on y est, on ne peut plus reculer. » A plus de 170 sélections chez les Bleus, le pivot barcelonais met sa légitimité et son expérience au service des plus jeunes, ceux qui n’ont pas encore son vécu et qui ont besoin de repères supplémentaires au milieu de ce barnum.



Lenne n'a aucune raison de se mettre en pelote

Yanis Lenne
lui, vivra un Mondial un peu particulier. Le dernier appelé de la troupe aurait très bien pu refaire sa valise et rentrer à Sélestat. Il restera en tant que 17ème homme dans les tribunes. Sans doute dans une position inconfortable mais à 20 ans, le minot vit un rêve éveillé. «Il y a encore trois mois si on m'avait dit que j'allais faire partie des championnats du Monde en France, je n'y aurais pas cru. J'ai fait la préparation totalement relâché, sans pression particulière, j'ai donné le maximum, aujourd'hui je suis au contact du groupe, je suis le 17ème homme, je vais essayer de rester concentré, prêt à toutes éventualités.» On se rappelle qu'au Qatar, Samuel Honrubia s'était retrouvé dans la même situation et parfois, les journées lui avaient semblé bien longues et le supplice du joueur sevré de terrain, contraint d'assister aux exploits ou aux souffrances des siens sans rien pouvoir faire, avait été très dure à vivre. «Forcément, j'adorerai dès le 1er match participer à l'échauffement, d'être sur la feuille mais il faut que je prenne tout ce qui arrive comme du bonus en profitant de chaque moment.» Yanis Lenne est entré dans un nouveau costume et indiscutablement, depuis fin décembre et son arrivée à Capbreton, il a gagné en maturité. Il ne le dira qu'à demi-mots mais ne pas retrouver plus tôt ses partenaires de Sélestat ne l'affectera pas trop. Il s'en remettra car il est en train de vivre son histoire et même si c'est de l'éphémère, elle lui appartient.  « Cela fait du bien moralement d'être ici. J'ai vécu un début de saison difficile à Sélestat, j'adore mes coéquipiers mais il n'y a pas photo, je suis pleinement heureux d'être là et pour rien au monde, je ne changerai ma place avec quelqu'un. D'habitude, j'ai horreur d'être mis de côté et ne pas jouer mais à ce niveau-là, c'est une situation que j'accepte sans problème (sourire épanoui). » L'Alsacien ne sera pas seul dans les tribunes puisqu'il y retrouvera Timothey N'Guessan. Touché sans trop de gravité au niveau du talon lors du match contre la Slovénie à Montpellier, le Barcelonais sera donc préservé et le staff n'alignera contre le Brésil que 15 éléments sur la feuille « pour ne pas, aux dires de Didier Dinart, entamer un joker dès le début de la compétition. » Ce mercredi, la grenouille porte-bonheur sortira de son bocal et ira coasser du côté de Bercy. De concert avec les 15 700 spectateurs présents dans les tribunes. Et cela risque de faire du bruit !
 


Nikola Portner, dernier adversaire du Brésil : "Pour la France, ça va passer !"

Lorsque le 23 juin dernier, le tirage au sort du Mondial a désigné le Brésil comme 1er adversaire des Français, beaucoup de joueurs n’ont pas pu s’empêcher d’y voir là un symbole, eux qui partaient quelques semaines après aux JO de Rio. Moins de deux mois plus tard, ils étaient donc face à ces « Auriverde » soutenus fort logiquement par tout un peuple amassé dans les gradins de la halle olympique. Les Français vont longtemps se casser les dents sur une défense très bien articulée et en attaque, Pozzer et Thiagus vont leur causer d’énormes soucis, à tel point que Dunkerque signera le 1er cité pour la saison prochaine. C’est à l’usure que les partenaires d’un grand Michaël Guigou ce jour-là (8/11) vont s’imposer après avoir sué à grosses gouttes (27-34). Ce week end, les Brésiliens qui ne sont plus dirigés par l’Espagnol Jordi Ribera (rentré au pays pour prendre en mains la Roja) mais par son adjoint de l’époque (Washington Nunes) ont disputé un tournoi sur trois jours en Suisse. Ils ont remporté leurs deux 1ers matches face à la Roumanie (25-24) et plus largement face à la Slovaquie (30-20) avant de s’incliner en finale face à la Suisse (27-25).

Qui de mieux placé que Nikola Portner, le gardien helvète de Montpellier (notre photo) pour décortiquer le jeu de cette équipe brésilienne qui depuis l'été a entrepris une cure progressive de rajeunissement en incorporant dans ses rangs des éléments nés entre 1994 et… 1999 ?

Quelle a été la valeur du Brésil sur les trois jours de ce tournoi ?
Il faut replacer ces matches dans le contexte d’un tournoi amical. Pour chacun, c’était intéressant de s’évaluer et peut-être plus pour le Brésil avec le Mondial qui approche.

Il y a encore un peu plus de jeunesse dans ce groupe…
Oui mais ce qui m’a frappé, c’est que contre nous en finale, ils n’ont pratiquement pas fait tourner. Langaro (l’arrière gauche de Logrono), De Toledo (l’arrière droit de Plock)  et Novais (l’ailier gauche) ont tenu tout le match. Mais en début de 2ème mi-temps, ils avaient 4 buts d’avance. 

Qu’est ce qui a fait que vous les avez dépassés ?
Nos gars ont vraiment bien défendu, couru en contre-attaque et se sont créés des buts faciles.


                               Mondial 2015: De Toledo s'arrache sous le regard de Thiagus Petrus

Quelles sont leurs caractéristiques ?
C’est une équipe qui joue bien, qui court beaucoup et qui défend assez haut. Contre nous, ils ont même essayé la 3-3 ! Ils ont aussi un dispositif entre une 5-1 et une 3-2-1 avec un gars (Teixeira) très vif en pointe et des numéros 2 qui viennent, on ne sait jamais, soit dissuader, soit attaquer. Ils jouent peu en 0-6 et je pense que contre la France, ils mettront dès le début une 1-5. Ils exploitent à fond la relation demi centre – pivot et possèdent des gardiens vifs et agiles. Le souci c’est qu’ils ont chacun les mêmes caractéristiques !

Ont-ils des failles ?
Bien-sûr. Sur le tournoi, ce week-end, ils ont commis d’énormes fautes techniques en jetant des ballons n’importe où et n’importe comment et en multipliant les passages en force. Ils ont encore beaucoup de choses à régler. En revanche, quand ils sont en bonne position de shooter de loin, ils ratent rarement la cible.

Et avec la règle du 7 contre 6 sans gardien ?
Quand ils viennent de prendre un 2’, ils jouent systématiquement à 6 contre 6 sans gardien. Ils se sont servis de la règle de 7 contre 6. Ils sortent le gardien, ramènent le ballon de l’autre côté du banc et passent au joueur qui vient de rentrer, généralement l’arrière droit. C’est sensé être leur effet de surprise mais ils le font systématiquement !

Ton sentiment face à la France ?
Sans les sous-estimer, ils ne referont pas le début de match des J.O. Les Bleus n’ont qu’à défendre fort, taper (sic) et courir en contre-attaque et ça passera aisément. Surtout avec les Montpelliérains de l’équipe (rires) !

© Yves Michel
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