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Les épaules de Massy sont-elles assez solides pour l'élite ?
Les épaules de Massy sont-elles assez solides pour l'élite ?
9 Juin 2017 | France > LNH

Alors que Massy a gagné sportivement le droit d'accéder à la Lidl Star Ligue la saison prochaine, Créteil et Sélestat prennent l'ascenseur dans le sens inverse et retrouvent la Proligue. Mais le nouveau promu offre-t-il toutes les garanties nécessaires pour figurer parmi les 14 équipes de l'élite ? Un des deux relégués peut-il envisager un éventuel repêchage ? 

par Yves MICHEL


A l’issue de la saison, l’élite du handball français connait toujours la même histoire. C’est le principe de l’ascenseur. Un qui monte et un qui descend avec dans chaque cabine, deux occupants. Le mouvement est perpétuel depuis l’instauration des play-offs et même avant. La Ligue Nationale veille scrupuleusement à ce que tous les paramètres du cahier des charges imposé aux 14 clubs de D1 masculine soient remplis. Si ce n’est pas le cas, ceux qui ont raté le bon wagon ont l’espoir d’être repêchés. Mais souvent, c’est plus compliqué qu’il n’y parait. 
 
Jusque-là, l’équipe qui montait directement restait en 1ère division, celle issue des play-offs passait à la trappe. La tendance encore cette année est respectée avec le 1er (Saran) qui s'est maintenu sur le fil et son dauphin à l'issue des barrages (Sélestat) qui n'a pas tenu le choc.

Si pour Tremblay qui a survolé de la tête et des épaules le championnat de Proligue, tout s’est déroulé comme prévu, on peut se poser des questions sur l’avenir de Massy en Lidl Star Ligue. Les Essonniens  ont dominé Chartres en play-offs et acquis le droit de renouer avec un passé glorieux où les Olivier Girault, Denis Tristant et Philippe Médard, pour ne citer qu’eux parmi les anciens du club, animaient les soirées du centre omnisports. Mais une fois l’euphorie du résultat passée, la réalité est tout autre. Avec 960 000 euros avérés en fin d’exercice, le MEH pointait à l’avant-dernière place des budgets de 2ème division. Le droit d’entrée à l’élite est fixé à 1 ,6 million d’euros, soit un peu moins de 700 000 euros à trouver. La municipalité et les collectivités (notamment le département) ont promis qu’elles seraient plus généreuses que par le passé mais pourront-elles aller aussi loin que les dirigeants du handball le souhaitent ? D’autant qu’en même temps, le club de rugby de la localité de 46 000 habitants accède à la Pro D2 et a sollicité une aide conséquence. Autre aspect et non des moindres, la salle et les mouvements au sein de l’effectif. La jauge du Centre Omnisports Pierre de Coubertin ne dépasse pas les 800 places et encore, en poussant les murs. Il va falloir envisager des solutions alternatives pour accueillir décemment la télévision lorsque des affiches avec le PSG, Nantes ou Montpellier seront programmées. Un repli sur d’autres lieux est d’ores et déjà envisagé. Les dirigeants massicois ont donc engagé une course contre le temps. Pour booster leur budget, pour améliorer les infrastructures mais aussi présenter une équipe qui pourra tenir la route. Benjamin Braux, celui qui depuis 10 saisons avait forgé le jeu de l’équipe 1 tourne la page (il prend les commandes de Tremblay) et laisse l’héritage à Tarik Hayatoune qui n’a aucune expérience de l’élite si ce n’est comme adjoint à Billère en 2012-2013 (lorsque les Béarnais avaient établi le triste record de 26 défaites en autant de matches).  Concernant les joueurs, Massy perd entre autres son excellent gardien Vladimir Perisic (Toulouse) et l’attaquant Luc Steins (Tremblay). Pour l’heure, le recrutement est réalisé avec les faibles moyens du bord. 


            En partance pour Tremblay, Luc Steins devra être remplacé dans l'effectif de Massy

Gilles Desgroslard: "on devra envisager un repli pour accueillir les gros"

A Massy, Gilles Desgrolard est une figure incontournable du handball. Ancien joueur du club, il était déjà président (en 1985) alors qu’il évoluait encore sur les parquets. Depuis quelques jours, son téléphone n’arrête pas de sonner et il doit faire face à de multiples questions.

La course au financement a commencé...
Nous nous sommes mis au travail. Il nous faut trouver les fonds nécessaires pour prétendre à l’élite. Je dirai que cela s’enclenche plutôt bien surtout depuis la réunion que j’ai eue avec le maire de Massy en présence du directeur de la LNH. Le maire nous a exprimé sa volonté de nous accompagner dans cette aventure et comme il a fait un gros effort en faveur du rugby, il n’a pas trop le choix.
 
Le rugby ne vous fait-il pas quand même un peu d’ombre ?
On ne peut pas dire le contraire car si le rugby n’était pas à ce niveau, on serait sans doute, le sport phare de la ville.

Vous ne ciblez que les collectivités pour trouver la rallonge financière ?
Oui et non mais il va nous manquer du temps puisque la commission de gestion se réunit dans les prochains jours. La ville peut nous faciliter les contacts avec des partenaires ou abonder les aides des partenaires actuels. On ne peut pas compter sur la billetterie pour booster notre budget car il est très difficile de faire déplacer le public en région parisienne.

Justement, ceux qui viendront se déplaceront dans quelle salle ?
Celle où nous évoluons est homologuée (elle est sur un modèle à 43x24) mais on devra envisager un repli pour accueillir les gros. C’est ce que nous a indiqué la Ligue. De toute façon, ce n’est pas notre intérêt économique de rester là où nous sommes pour ces matches-là.

Où pourriez-vous vous délocaliser ?
On peut imaginer l'implantation d'une structure temporaire sur le stade de Massy (de 1500 à 2000 places à côté des terrains engazonnés), il y a aussi une salle de 4400 places à Villebon-sur-Yvette (à 6 km de Massy) créée en 1994 pour les Jeux de la Francophonie mais qui ne se sont pas déroulés. Le club local de volley (D1F) a évolué dans cette salle pendant quelques années et en 1996, il y a même eu là-bas une finale de coupe de France de hand.

Et le Palais des Sports de Plaisir, homologué pour le Mondial féminin en 2007 ?
Je n'y ai pas pensé mais vous me donnez une très bonne idée (rires).

Côté recrutement, pour le moment, on ne peut pas dire que vous ayez fait des folies. C’est loin du niveau de la Lidl Star Ligue….
Et je rajouterai de la Proligue ! On sait très bien où on met les pieds et quelle peut être l’issue de la saison. Pour le moment, ce qui est fait est fait, on ne va pas dire à ces joueurs qu’on ne veut plus d’eux mais si on trouve les 600 000 euros qui nous manquent, on s’en servira quand même pour renforcer l’équipe au niveau du gardien et de la base arrière.   

Benjamin Braux s’en va et vous le remplacez par Tarik Hayatoune qui manque d’expérience au niveau de l’élite.
Il va falloir qu’on travaille mais cela ne m’inquiète pas. J’ai recruté Benjamin qui n’avait jamais entraîné et en six ans, il est devenu un des meilleurs de France. Hayatoune correspondait à ce qu’on recherchait, quelqu’un qui s’intéresse aux jeunes aussi, on s’intéresse rarement aux produits finis, la formation est importante.

En conclusion, est-ce que Massy sera sur la ligne de départ de l’élite à la mi-septembre ?
Je dirai tout simplement qu’on a de bonnes chances de nous retrouver en Lidl Star Ligue, la saison prochaine.

Même si Créteil ou d’autres font des pieds et des mains en vue d’un repêchage ?
Si la CNACG valide nos garanties et nous donne son feu vert, je pense que les clubs qui n’ont pas pu se maintenir ou monter sportivement devront se résigner.
     

                           Créteil et Boïba Sissoko peuvent-ils espérer un éventuel repêchage ?

Un repêchage ? oui mais...

Si sportivement Créteil est donc condamné à la relégation, seul le tapis vert peut désormais changer la donne et épargner les Val-de-Marnais. Atteindre l’élite a un coût et la somme d’1,6 million d’euros n’est qu’un plancher d’où sont exclus les droits marketing et télévisuels qui accompagnent une saison en LSL. Avec 2,3 pour Sélestat, prévoir plus large n’est pas une garantie. « Le critère sportif prime, insiste Etienne Capon mais il y a étude des dossiers et on vérifie que tous les critères soient remplis. Cela passe par le budget, la structure du club, les obligations en termes de recrutement des joueurs, de diplômes d’entraîneurs, de conformité de salle, tout cela est passé à la loupe. Si le club sportivement en passe de monter ne souscrit pas à ce cahier des charges, il ne pourra pas le faire. » D’où un espoir pour Créteil et même d’autres clubs qui pourraient prétendre à l’élite en présentant un dossier en béton. « Le repêchage éventuel n’est pas limité aux clubs qui doivent descendre ni à ceux qui ont disputé les play-offs, précise le directeur général de la LNH. Il est ouvert à toutes les autres équipes qui se maintiennent en Proligue ou qui y accèdent (Vernon par exemple, peut être concerné).» Depuis la création de la LNH il y a treize ans, les cas de repêchages ont été peu nombreux. En 2011, c’est après dépôt de bilan de St Cyr-sur-Loire que Cesson (13ème) a pu sauver sa tête. Créteil ou un autre sera fixé d’ici une quinzaine.

© Yves Michel
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