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Ils jouent en Proligue et alors ?
Ils jouent en Proligue et alors ?
15 Septembre 2017 | France > ProLigue

Il n’y a pas si longtemps, une descente en 2ème division était ressentie par certains comme une punition et par d’autres comme le passage nécessaire et salvateur par un purgatoire, mais de l’avis unanime, autant ne pas y rester trop longtemps et même l’éviter !

par Yves MICHEL

Mai 2014, après 57 ans de présence parmi l’élite du hand national, l’US Ivry disparait des écrans radars de la D1 masculine. Depuis trois saisons, le club val-de-marnais flirtait avec la zone rouge, jouait avec des flammes qui ont fini par se rapprocher et brûler. « C’est un chapitre douloureux qu’on voulait éviter, affirmait l’entraîneur de l’époque Pascal Léandri, devenu depuis directeur général du club. On va être un moment abattu, on ne va pas bien dormir mais être revanchard. » Et cette revanche, les Franciliens la prendront un an plus tard, au terme d’une saison quasi exemplaire avec 19 victoires, 4 nuls et seulement 1 défaite et une accession directe à l’étage supérieur. Si le club a continué à flirter par la suite avec la zone dangereuse, il s’en est sorti, de justesse terminant à la 11ème place en 2016 et 9ème, en juin dernier. L’équilibre est donc difficile à maintenir. Autre exemple, Billère.

Dans l’euphorie la plus totale et des play-offs remportés de haute lutte, les Béarnais ont le droit d’accéder à l’élite dès 2012. La bonne humeur disparait très vite et se transforme en calvaire puisqu’aucune rencontre ne sera remportée et l’équipe du président Christian Laffitte redescendra aussi vite qu’elle était montée. « On s’est rendu compte qu’on ne jouait pas dans la même cour que les autres» analysera même Benjamin Massot-Pellet, l’ailier droit qui désormais évolue à Istres. Un an plus tard, avec un effectif renforcé mais plus taillé pour la Pro D2, Billère malgré quelques soucis financiers arrive en finale des play-offs mais perd face à Istres. Les Provençaux pour leur part ne resteront qu’une saison parmi les grands sans y retourner, les Béarnais eux ne disputeront plus les barrages et glisseront entre la 6ème et la 8ème place. 

"Tout est question d'intendance" répétait à l'envie un maréchal de France à l'époque napoléonienne. A Pontault-Combault par exemple, voilà dix ans que les locataires et spectateurs de l'Espace Roger-Boisramé attendent de renouer avec l'élite. En multipliant les tentatives avortées au début et en flirtant avec les barrages seulement depuis la saison dernière (écarté par Chartres en demie). « C'est sûr que notre budget est étriqué (le 11ème de Proligue et la 9ème masse salariale*) et que si un jour on réalise quelque chose de grand, cela ne dépendra plus de nous mais de la volonté des collectivités et de nos partenaires, analyse Sébastien Quintallet le coach du PCHB. On a une envie folle de revivre les mêmes sensations que l'année dernière. Quand tu joues les play-offs, l'enjeu est énorme mais tu ressens quelque chose de fort. Il faut déjà réaliser une bonne saison avec un effectif qui n'a pas trop bougé, ensuite, on verra. » Il y a donc les "accros" aux matches couperets de fin de saison et ceux qui voudraient les éviter.  

Cette année, Sélestat a connu un sort identique à toutes les équipes qui sont montées après avoir disputé le dernier carré. Les Alsaciens ont très vite perdu pied parmi l'élite et à la trêve, le retard accumulé était déjà trop important à combler. « On n’en était pas à notre 1ère expérience à faire l’ascenseur, constate Christian Omeyer, le directeur général du SAHB. Maintenant notre objectif, est de retrouver la D1 mais comme le championnat de Proligue s’est lui aussi densifié et les équipes se sont renforcées, cela devient de plus en plus difficile d’année en année. La saison passée, on pensait qu’on avait un groupe qui allait bien vivre et que ça suffirait. Cela n’a pas été le cas. Je pense qu’on a tiré les leçons de cela et en gardant quelques anciens et des jeunes, on a recruté des joueurs d’expérience. Maintenant ce qu’il faut espérer, c’est que l’amalgame parvienne à fonctionner. » Avec une masse salariale en augmentation (+ 300 000 euros*) d’une année sur l’autre, Sélestat a pourtant recruté avec méthode et n’a même pas compensé tous les (nombreux) départs dont le plus remarqué, celui de Yanis Lenne pour le FC Barcelone. Parmi les nouveaux visages, Christophe Viennet (photo de tête) a remplacé Christian Gaudin au poste d’entraîneur, Yohan Herbulot (Massy), Arthur Anquetil (Montpellier) et Tiago Pereira (Lisbonne).



Barrages à éviter, tel est également le souhait de Créteil, l'autre relégué de l'année et Chartres qui a goûté à la D1 en 2015-2016. Après le coup derrière la nuque de la descente, les Cristoliens sont passés à autre chose. Avec un budget en diminution mais une masse salariale en augmentation (de 1013 K€ la saison passée, à 2016 K€ cette année*). Et surtout en espérant avoir eu la main heureuse dans le recrutement. L'apport par exemple, d'Issam Tej va dans ce sens. A Chartres, une nouvelle salle se fait toujours attendre et le pas à (re)franchir vers l'étage supérieur parait encore énorme. «Pour l’instant, Chartres est un club qui a des ambitions mais qui tarde à les assumer, qui a des rêves d’élite mais qui a du mal à les transformer en réalité, reconnaît Jérémy Roussel (photo ci-dessus) » 
Arrivé en décembre 2015 alors que tout allait mal, l’entraîneur n’avait pu redresser la barre et avait été contraint d’accompagner ses joueurs dans leur déchéance. Un an plus tard, l’objectif est le même. «La volonté de monter est accrue par le dénouement fatal de la saison dernière où on ne s’est réveillé qu’à deux mois de la fin. La bagarre va encore être serrée avec de multiples prétendants. Le championnat s’annonce piègeux, difficile et va demander une grosse force mentale. » Pour multiplier ses chances, le club (plus gros budget avec 3178 K€ et masse salariale avec 2265 K€ de Proligue*) a soigné son recrutement en lorgnant notamment sur des équipes de l’élite qui avaient décidé de dégraisser leur effectif et des éléments qui avaient une revanche à prendre. D’où l’arrivée de Basic, Detrez et Feutrier de Chambéry. « Ce recrutement a été fait pour amener un peu plus de tempérament, plus de leadership pour pousser le groupe à prendre conscience de son réel potentiel. Evidemment, ceux qui arrivent ne sont pas là pour vivre une retraite dorée mais pour montrer qu’ils avaient encore à apporter à un très haut niveau. » Chartres sera vite fixé sur ses capacités à dominer ses adversaires directs dès la 1ère journée avec un déplacement à Sélestat puis la réception de Billère et de Nice, le promu. Le 1er bilan comptable sera effectué à la trêve le 20 décembre puis surtout en mai. Avec une épée de Damoclès qui pèsera constamment sur la tête du coach et de ses joueurs. « Je ne suis pas au stade de me poser ces questions là mais évidemment qu’on va nous rappeler nos devoirs tout au long de la saison. Quand on est partenaire ou élu d’une ville, on est en droit d’attendre un retour sur investissement. » Jérémy Roussel pour sa part, arrivera en juin, au terme de son contrat et des résultats, dépendra sa prolongation... ou pas.

Créteil, Billère, Sélestat, Istres mais aussi Chartres, Pontault-Combault voire Dijon (descendu en 2014) ont tous connu l’élite et aimeraient y retourner. En attendant, il faudra négocier ce passage à plus ou moins long terme dans une Proligue qui devra encore trouver sa place dans le paysage handballistique français.

* sources LNH
 

                   A Créteil, "Mickey" Robin partagera le poste de gardien avec le jeune Dylan Soyez

A Créteil, Mickaël Robin a mis longtemps à s'en remettre. Pour lui qui avait connu les sommets de l'élite avec Chambéry et Montpellier, la ligue des Champions avec ces mêmes clubs et son passage au prestigieux FC Barcelone, la descente au niveau inférieur est inédite. A la reprise, le gardien de buts est revenu encore plus motivé, avec l'ambition de retrouver la lumière le plus rapidement possible.

C'est effectivement la 1ère expérience de ta carrière en 2ème division...
Oui et je m'en serais bien passé.  A la fin de la saison dernière, j’ai pris un bon coup derrière la tête et j’ai passé tout l’été à m’en remettre et dès la reprise, de retrouver le groupe, de me fixer un nouveau challenge, cela m’a fait vraiment du bien. Jouer en D2, cela ne me dérange pas, à condition qu’on ne s’y attarde pas trop.

As-tu l'impression d'être encore plus investi dans une mission de montrer l'exemple ?
L’an dernier, j’ai essayé mais cela a été une saison très compliquée et cela n'a pas bien fonctionné mais on a évolué et surtout ceux qui sont restés ont du beaucoup prendre sur ceux. Entre temps, un gars comme Issam Tej nous a rejoints. Je le connais bien (les deux hommes ont évolué ensemble à Sélestat et Montpellier) il a une vraie culture de la gagne et c’est de ça que le groupe doit s’imprégner. On a des jeunes de talent issus du club mais ils doivent comprendre que quand on met les pieds sur le terrain, c’est pour se battre et gagner.

Tu es d'ailleurs le seul gardien pro de l'équipe avec pour binôme un jeune en formation...*
Franchement, je ne réfléchis pas à cela et il n’y a pas de différence. Dylan (Soyez) est un très bon élément, il a vraiment des qualités sur ce poste, sur toute la prépa, il s’est montré très rassurant et je sais que s'il entre, il répondra présent. Donc vraiment, cela ne me fait pas cogiter.

Tu es sous contrat avec Créteil jusqu'en 2019....
...Et j'entends passer cette dernière saison en D1 ! Là, on va essayer de tout gagner et éviter les play-offs car on ne sait jamais où on va. S’il faut en passer par là, on le fera mais on a les moyens et l’équipe pour retrouver directement le haut niveau.

* deux autres clubs associent un gardien pro à un membre du centre de formation. Il s'agit de Sélestat avec Bart Ravensbergen en binôme avec le récent champion du Monde des moins de 19 ans Valentin Kieffer et Cherbourg avec le tandem Leonardo Vial Tercariol et le jeune Jordy Jacoby.

© Yves Michel
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