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Mondial F : Et maintenant ?
Mondial F : Et maintenant ?
23 Décembre 2017 | International > Mondial

Le handball français est en pleine lumière ! Entre les masculins qui possèdent les titres mondiaux U19 et senior et les féminines qui détiennent le titre mondial senior depuis dimanche et le titre européen en U20, on peut dire que la France règne sur le monde du Handball en 2017.

Si pour les hommes, on en arrive presque à se dire que c’est la norme, côté féminin, c’est moins attendu et peut-être plus flamboyant tant ce sont leurs adversaires en finale qui semblaient être les grandes favorites ! L’impressionnante Norvège pour la bande d’Olivier Krumbholz et la grande Russie pour celle d’Éric Baradat. De quoi vous aiguiser bien des appétits et se demander ce que tout cela peut devenir dans les années prochaines. Petite analyse des Bleues durant ce Mondial avec bien évidemment une projection vers cet Euro féminin 2018 qui aura lieu en France.

La gestion du groupe et du physique. : Sans doute une des très grandes réussites d’Olivier Krumbholz ! Alors que côté Norvège 5 des taulières ont accumulé 5 heures de jeu ou plus, 6h10 pour Stine Oftedal et 6h00 pour Véronika Christiansen, chez les Françaises, seule Siraba Dembele dépasse les 5 heures de jeu et Grace Zaadi, Alexandra Lacrabère, Camille Ayglon et Béatrice Edwige sont toutes au-dessous de ce seuil de 5 heures de jeu en 9 matches. Des cadres qui gagnent plus d’une heure de jeu en 12 jours sur celles d’en face. Peut-être que l’on peut trouver là, la raison d’une fin de match en boulet de canon des Bleues dimanche. Mais on peut aussi relever que dans ce money time, 2 joueuses auront été prépondérantes ! Allison Pineau, que le coach français avait pris le risque d’emmener alors qu’elle n’avait pas une seule minute de jeu cette saison et qui aussi bien en demie qu’en finale aura été l’élément fort des Françaises sur les fins de matches. Mais aussi, on pense à Orlane Kanor, mise en situation petit à petit pour un doublé magistral en finale lorsque tout commençait à coincer en attaque pour les Tricolores. 

Autre point d’orgue de gestion des joueuses par Olivier Krumbholz, la façon dont les deux gardiennes ont été gérées… Amandine Leynaud a été énorme sur les deux derniers matches, mais Cléopâtre Darleux a toujours su rester à disposition et très performante, notamment sur ces 9 minutes de jeu en finale qui auront permis à Amandine Leynaud de surpasser un petit passage à vide pour finir son match en héroïne du jour.

Les ailières droites : La bonne surprise du Mondial. Le duo Dancette - Flippes a été très solide et surtout complémentaire. Laura Flippes avec ses plus de 80% de réussite au shoot a prouvé qu’elle avait réellement passé un cap sur ce poste, elle qui avait fait toute sa formation plutôt sur le poste d’arrière. Blandine Dancette est, elle, revenu au niveau de ses glorieuses années nîmoises avec une finale de tout premier ordre. Si le duo n’a pas eu autant de balles de jeu rapide qu’à gauche, c’est beaucoup plus dû aux habitudes de jeu en équipe de France, mais aussi au fait que pour une gardienne droitière la relance à gauche est plus naturelle qu’à droite.

Les ailières gauches : Sans doute deux des stars de ce Mondial pour les Bleues. Siraba Dembele a été élue meilleure ailière gauche du Mondial, et aussi bien défensivement sur des poste 1 ou 2 et parfois en mission sur les infériorités numériques, la capitaine des Bleues a aussi amené toute sa vitesse et sa détermination, le tout à 76% d’efficacité ce qui est très bon pour un ailier. Concernant Manon Houette, elle a été elle aussi majestueuse. Réinventant un mouvement un peu disparu des terrains, le fameux 1x1 interne - externe des ailiers de légende. Une vitesse d’exécution dans ce mouvement et une précision diabolique au shoot derrière ont permis à la France de se sortir de moments offensifs compliqués. Meilleure buteuse des Françaises, tout simplement a minima, à la même hauteur que Siraba Dembele dans le jeu tricolore.

Les pivots : Elles n’étaient que 2 sur la liste, Astride N’Gouan ayant fait son apparition pour les deux rencontres où il y avait un doute sur la participation de Laurisa Landre, mais sans jamais faire son entrée sur le terrain. Les rôles étaient assez bien répartis… Si Laurisa Landre a fait quelques passages défensifs et Béatrice Edwige a participé à des attaques, la taulière en défense était Béatrice Edwige, celle d’attaque Laurisa Landre. Défensivement, même si elle a été la Bleue la plus sanctionnée, avec seulement 6 exclusions temporaires en 9 matches, Béatrice Edwige a été un monument au milieu d'un bloc tricolore majestueux, avec, notamment, la bagatelle de 15 contres dans le Mondial. 

Pour Laurisa Landre, elle a été très souvent la solution ultime de l’attaque tricolore, il faut dire que les relations avec Grâce Zaadi sont si fluides et millimétrées que ce serait pécher que de s’en priver. Preuve de son importance, dans les derniers matches, les équipes adverses en venaient à mettre en place un plan anti Landre… Vitesse d'exécution, prise de balle impeccable et shoot efficace, la panoplie d'un pivot de grande classe mondiale en attaque.

Les demi-centres : Le poste où beaucoup de joueuses ont fait leur apparition, mais le poste où il y a eu une Française qui a la plus bluffé le monde du handball au point de l’élire meilleure demi-centre du Mondial. A 24 ans, Grâce Zaadi est devenue en l’espace de 9 matches de compétition, la patronne du jeu français. Le costume elle le connaît sur le bout des doigts à Metz, mais le porter en équipe de France, là c’est un autre palier ! Efficace en attaque avec 20 buts marqués, elle est aussi, et de loin, la meilleure passeuse sur le Mondial avec 23 passes décisives. Elle a de plus pris le jeu placé en main pour en faire quelque chose de beaucoup plus convaincant que les saisons précédentes. D’autres joueuses se sont succédé à ce poste en fonction des choix tactiques d’Olivier Krumbholz. D’Allison Pineau, qui a été le couteau suisse de la base arrière, à Estelle Nze Minko en passant par Gnonsiane Niombla ou même Alexandra Lacrabère par instants, elles ont eu par moments leur importance, sans éclipser l’aura d’une Grâce Zaadi devenue sans doute incontournable.

Les arrières droites : Un duo plus que complémentaire avec Alexandra Lacrabère et Camille Ayglon Saurina. Capables aussi de « piger » sur l’aile droite, les 2 ont fourni un travail assez différent. Camille Ayglon Saurina a été une des poutres défensives. Un peu plus à la peine en début de compétition, elle a fini en boulet de canon et y a ajouté une belle production offensive, ce que l’on n’avait plus trop vu depuis bien longtemps. Alexandra Lacrabère n’a pas fait, de son aveu, que des bons matches. Elle-même fait un Mondial assez bizarre. En difficulté au shoot (3/10 à 6 mètres, 8/18 à 9 mètres et 10/17 aux 7 mètres) voilà un bilan chiffré qui pourrait ne pas être trop flatteur. Mais elle a été aussi l’élément déclencheur de beaucoup de temps forts, de mise en action des mouvements et des enclenchements, avec en plus une hargne pour « aller chercher » quelques buts décisifs ! En bref, elle a été beaucoup plus constructrice que finisseuse. Un rôle qui en fait lui va à ravir même si son impact de loin serait aussi très utile par moments.

Les arrières gauches : Le poste qui a sans doute posé le plus de soucis au sélectionneur tricolore ! Pour faire des essais et des tentatives, il en a fait pour au final trouver une solution en faisant beaucoup tourner sur le poste pour un peu désorienter les défenses adverses qui devaient en permanence s’adapter. La puissance d’une Kalidiatou Niakate. La vitesse et les changements de secteurs d’Estelle Nze Minko. La science du jeu, la hargne et la détermination d’une Allison Pineau sur les moments clefs, la revenante brestoise aura d’ailleurs fait ses prestations les plus convaincantes et abouties sur ce poste un peu à la peine... Ou la vitesse et les 1x1 de Gnonsiane Niombla mais qui elle aura été en difficulté tout le Mondial et pourrait bien avoir perdu pas mal de crédit dans l’affaire. 

Car celle qui a vraiment épaté est paradoxalement celle qui a le moins joué. Orlane Kanor, venue quasi pour découvrir le niveau et qui aura joué 1h18, a aussi été une joueuse clef de la finale. On connaissait son potentiel pour l’avoir vu prendre le relais en Ligue des champions à Metz quand Xenia Smits était sur le flanc. Le faire à ce niveau-là était sans doute possible mais a été une vraie belle satisfaction. A 20 ans, elle a tout devant elle et dans les jambes, le bras et la tête pour devenir une arme majeure du jeu français. Ses deux buts à la suite face à la Norvège resteront dans les têtes et lui donnent à coup sûr un petit statut à défendre maintenant dans les mois à venir. Mais avec son talent, il y a de quoi le faire haut la main.

Les gardiennes : Que dire sur ce duo infernal qui aura dégoûté pas mal d’escouades offensives ! Si Amandine Leynaud a été la taulière, notamment sur les 2 derniers matches, Cléopâtre Darleux a eu sa part et a élevé son pourcentage d’arrêt à près de 40%. On peut y ajouter ses 8 passes décisives, ce qui en fait la 5e passeuses des Bleues, pour une gardienne cela classe la performance ! Pour Amandine Leynaud, il suffit de voir la finale… Le moment où elle avait un duel à distance avec la reine Katerine Lunde. Inutile de comparer les 2 performances, ce serait très dur pour la Norvégienne pourtant élue meilleure gardienne du Mondial, mais c’était avant la finale...

Tactiquement : Peut-être la compétition référente dans le domaine ! Olivier Krumbholz a presque su transformer les faiblesses des Bleues en atouts majeur. La gestion qui pouvait paraître compliquée du poste d’arrière gauche en est un bel exemple. Les joueuses qui ont occupé le poste ont marqué 65 buts ! Presque 2 fois plus que le duo Kristiansen – Arntzen pourtant montré comme un des gros points forts de la Norvège. Après son intermède hors équipe de France, le Messin semble beaucoup plus apaisé, moins directif et même dur, ce qu’il a pu être dans sa première vie de sélectionneur. Les joueuses et le staff fonctionnent en osmose et les choix de jeu, les options tactiques, si elles sont du ressort final du boss, restent soumises à discussion. 

Point d’orgue de ce travail d’exception, la finale face à la Norvège bien sur… En emmenant la base arrière norvégienne là où elle ne souhaitait pas aller. Jouer de plus en plus vite pour échapper à la pression défensive. Tenter des choses de plus en compliquées pour éviter l’affrontement physique qu’elles abhorrent. Les Françaises ont fait exploser le jeu norvégien qui avait pourtant mis à mal tout le monde et dans les grandes largeurs. Bien sûr, on peut reprocher le fait que la défense reste le point d’ancrage du jeu français. Une force de destruction plutôt qu’une force de création, diront certains. Sauf que le faire à ce niveau-là relève de la vraie créativité et surtout un mental collectif à la limite de la norme. 

Offensivement, le jeu tricolore a aussi pris de l’épaisseur... Même si la réussite de loin sur la base arrière n’a pas été exceptionnelle avec un petit 40% d’efficacité dans le domaine, l’attaque s’est offerte une vraie diversité et de vraies options différentes de jeu, ce qu’elle ne possédait pas avant. Et encore, il semble, au dire du sélectionneur, que les Tricolores aient de la ressource dans le domaine, certaines phases travaillées n’ayant pas encore été trop présentes dans la compétition.

Et maintenant ? Dans 11 mois l’Euro en France débutera ! On se dit que bon an mal an, toutes les championnes du Monde ont un bel avantage sur la concurrence. Les cartes seront peut-être redistribuées un peu en interne, mais de là à voir une fille venir chafouiner la hiérarchie, il y a un pas… Il y en a c’est sûr ! Laura Glauser aura son mot à dire après sa grossesse et là le choix sera cornélien pour Olivier Krumbholz ! Jannela Blonbou a fait toute la compétition en réserviste et peut venir mettre le doute sur le poste d’arrière droit, mais les deux taulières actuelles ont réussi au mieux ce Mondial et les places ne sont pas forcément nombreuses. A voir si les Bleues peuvent continuer à jouer avec seulement 2 pivots, mais à part la jeune garde symbolisée par l’Isséenne Mabana-Ma Fofana, on a du mal à voir un nom émerger. Bref, les Bleues ont fait la compétition quasi parfaite. Sans dire que tous les matches ont été parfaitement aboutis, il n’en reste pas moins que la barque a été parfaitement menée et que le groupe de 18-19 filles présentes ont un vrai coup d’avance sur la concurrence et sauf blessure, on se doute qu’à minima 90% d’elles seront sur le plot de départ de l’Euro 2018.

© François Dasriaux
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