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2003-2013: On s'était dit rendez-vous dans dix ans...

Mondial

vendredi 29 novembre 2013 - © Yves Michel

 4 min 2 de lecture

Le chiffre 10 devrait porter bonheur. A l'occasion de la 10ème édition du tournoi de Paris à Coubertin, le public célèbrera le... 10ème anniversaire du titre de championne du Monde des joueuses de l'équipe de France. Les Wendling, Pecqueux-Rolland, Nicolas et autre Cano vont se retrouver pour une après-midi où le souvenir de cette finale contre la Hongrie refera surface.  

« On s’était dit rendez-vous dans dix ans, même jour, même heure, même pomme…» Dimanche, les retrouvailles à Coubertin seront riches en émotion car aucune n’aurait voulu rater ce rendez-vous. 2003-2013, il y a une décennie, à quelques jours près, l’équipe de France féminine devenait pour la 1ère fois de son histoire, championne du Monde en Croatie.

Au nez et aux couettes de la Hongrie, au terme d’une finale épique qui reste encore gravée dans les mémoires. « Comme si c’était hier, se souvient Amandine Leynaud (l’actuelle gardienne de buts des Bleues avait 17 ans). J’étais dans le train pour aller en sports-études à Chambéry et c’est mon père qui au téléphone me tenait informée de l’évolution du score. La communication n’arrêtait pas de couper et comme les Hongroises menaient de sept buts vers la fin, je me suis fait une raison et déçue, j’ai raccroché. Je suis arrivée à la gare et j’ai rappelé pour connaître le résultat et là j’ai entendu mon père crier "dépêche-toi d’aller à l’internat, jette toi sur la télé, elles sont en prolongations". J’ai couru et je suis arrivée juste à temps pour profiter des dernières minutes. » Car ce jour-là, ce n’est pas qu’une finale que les filles d’Olivier Krumbholz ont remporté, c’est un véritable exploit qu’elles ont réalisé. Menées de sept buts (18-25) à huit minutes du terme, elles vont grignoter petit à petit leur retard. Dans ses cages, Valérie Nicolas va multiplier les parades, Leila Lejeune, Myriam Korfanty, Véronique Pecqueux-Rolland (notre photo de tête) et autre Sandrine Delerce vont transpercer la défense magyare pourtant sécurisée par une Katalin Palinger au sommet de son art. A la 59ème minute, la France n’avait plus qu’un but à rattraper (27-28). Ces dernières soixante secondes vont être décisives comme en témoigne ce document de France 3 avec les commentaires de notre ami André Garcia et son consultant, le DTN Philippe Bana.



Les Hongroises sont en infériorité numérique et cafouillent ce qui est leur ultime attaque placée. "Mimi" Korfanty récupère la balle, Véronique Pecqueux-Rolland s’engouffre dans l’intervalle et se fait balancer par Anita Gorbicz qui sur cet acte délibéré prend un rouge. Pénalty. Le buzzer retentit. Leila Lejeune se retrouve aux 7 mètres. Le bras de la Bisontine ne tremble pas et arrache la prolongation. Le vent a tourné et les Françaises en état de grâce réussissent tout ce qu’elles entreprennent. Un 4-1 sans appel et inespéré dans cet extra-time, les propulse sur la 1ère marche du podium. « Devant l’écran, j’étais très excitée, renchérit Amandine Leynaud. Tu rêves d’y être et tu essaies de te projeter même si tu ne sais pas si tu pourras le vivre. J’ai disputé les deux dernières finales, on a failli y arriver mais on ne l’a pas fait. J’espère qu’un jour, ça sera notre tour. » Depuis dix ans en effet, l’exploit de Stéphanie Cano et de ses quinze copines n’a pas été renouvelé. Comme le Mondial débute dans une semaine en Serbie, on se dit que cela pourrait donner des idées à la nouvelle génération.

Les filles en or du Mondial 2003...

Nom

Prénom

Club

Age

Taille

Sél.

Buts

poste

CANO

Stéphanie

Slagelse (Dan)

29

164

176

306

AILD

CENDIER

Isabelle

Metz

26

175

81

123

ARRD

DELERCE

Sandrine

Besançon

28

173

155

373

DC

DUDZIAK

Joanne

Nîmes

31

170

143

1

GRD

HERBRECHT

Sophie

Besançon

21

174

47

81

DC

JACQUES

Mélinda

Metz

32

189

54

242

ARRD

KORFANTY

Myriam

Mios

25

186

114

157

DC

LEJEUNE

Leila

Viborg (Dan)

27

176

156

633

ARRG

LUDWIG

Stéphanie

Metz

31

171

153

320

AILG

MYARO

Nodjalem

Kölding (Dan)

27

182

141

490

ARRG

NICOLAS

Valérie

Viborg (Dan)

28

178

174

0

GRD

PECQUEUX-ROLLAND

Véronique

Besançon

31

172

217

644

PVT

SAID-MOHAMED

Myriam

Besançon

26

165

59

73

DC

TERVEL

Raphaëlle

Besançon

24

178

84

152

AILG

VOGEIN

Estelle

Metz

27

160

80

125

AILD

WENDLING

Isabelle

Metz

29

176

227

368

PVT

       Entraîneurs: Olivier KRUMBHOLZ - Eric BARADAT



Une grande équipe vaut aussi par une grande capitaine….

Dans le petit monde du handball, elle était et elle restera "Pépette". Stéphanie Cano a ce surnom qui lui colle à la peau. Comme ce sport qu'elle a découvert tardivement et ce titre remporté contre toute attente une après-midi de décembre 2003. La capitaine emblématique de l'équipe de France qui un an auparavant, avait été désignée meilleure ailière droite de l'Euro (médaille de bronze pour les Tricolores) a le visage qui s'illumine lorsqu'on l'arrête pour évoquer un souvenir plus que tenace.

Stéphanie, qu'est-ce qu'il te reste de ce titre ?
Tout d'abord, une photo. Pas n'importe laquelle, celle de filles hilares sur un podium avec une médaille d'or autour du cou. J'ai retrouvé ce cadre chez moi il n'y a pas longtemps et je l'ai accroché au mur. Sans réfléchir que cela faisait dix ans. Il reste surtout une aventure collective, des personnes qui sont liées quoi qu'il arrive.

Cette finale a été complètement folle...
Personne n'aurait pu imaginer le script de ce match.

A moins 7 à 8 minutes de la fin, il n'y a que vous, les joueuses qui y croyiez...
En fait, à moment donné, c'est de se dire qu'on n'y croit plus, qui nous pousse à nous lâcher. On n'avait plus rien à perdre et ce sursaut d'orgueil a tout changé. Les Hongroises étaient pétrifiées et ne s'en sont jamais remise.

Il y a surtout ce péno de Leila Lejeune pour aller en prolongations
On était toutes accrochées au bras de Leila !! On croisait les doigts bien-sûr pour qu'elle le mette mais en même temps, on ne lui en aurait jamais voulu si elle l'avait raté car il y avait une telle pression sur ce tir...

Dans cette équipe, il y avait de fichus caractères...
Il y avait surtout des personnes investies et qui n'avaient pas honte d'affirmer leurs ambitions. C'était ça la marque de fabrique de notre équipe. Il n'y avait aucune retenue. En faire toujours plus, était une vraie envie. C'est vrai qu'il y avait de sacrés caractères. Dans les moments difficiles, ça nous a permis de ne pas nous laisser marcher sur les pieds. Ni par les adversaires, ni même parfois par l'entraîneur ! (rires)

Dimanche, vous vous retrouvez en compagnie de la nouvelle génération
Oui, c'est vrai. Dix ans après, il y a une nouvelle génération et un nouveau staff qui est aux commandes. Je crois qu'avec ce nouvel entraîneur, c'est le moment de tourner une page. Il n'y a plus de filles de 2003 dans cet effectif et à celles qui sont là maintenant, je dirais "prenez du plaisir, profiter de ces moments qui vous appartiennent et à vous seules".

Après avoir fréquenté des clubs de renom (en France, en Espagne et au Danemark), remporté un titre mondial, la Ligue des champions en 2004, les Jeux Méditerranéens (2001), gagné le bronze à l'Euro (2002 et 2006) et l'argent au Mondial 1999, porté à 231 reprises le maillot tricolore, Stéphanie Cano, aujourd'hui kiné, a mis fin à sa carrière sportive en 2008 sous les couleurs du C.A. Béglais. Après avoir coupé pendant une période avec le handball, elle est depuis cette année, membre du conseil de surveillance de la toute nouvelle Union Mios Biganos-Bègles (LFH).

2003-2013: On s'était dit rendez-vous dans dix ans... 

Mondial

vendredi 29 novembre 2013 - © Yves Michel

 4 min 2 de lecture

Le chiffre 10 devrait porter bonheur. A l'occasion de la 10ème édition du tournoi de Paris à Coubertin, le public célèbrera le... 10ème anniversaire du titre de championne du Monde des joueuses de l'équipe de France. Les Wendling, Pecqueux-Rolland, Nicolas et autre Cano vont se retrouver pour une après-midi où le souvenir de cette finale contre la Hongrie refera surface.  

« On s’était dit rendez-vous dans dix ans, même jour, même heure, même pomme…» Dimanche, les retrouvailles à Coubertin seront riches en émotion car aucune n’aurait voulu rater ce rendez-vous. 2003-2013, il y a une décennie, à quelques jours près, l’équipe de France féminine devenait pour la 1ère fois de son histoire, championne du Monde en Croatie.

Au nez et aux couettes de la Hongrie, au terme d’une finale épique qui reste encore gravée dans les mémoires. « Comme si c’était hier, se souvient Amandine Leynaud (l’actuelle gardienne de buts des Bleues avait 17 ans). J’étais dans le train pour aller en sports-études à Chambéry et c’est mon père qui au téléphone me tenait informée de l’évolution du score. La communication n’arrêtait pas de couper et comme les Hongroises menaient de sept buts vers la fin, je me suis fait une raison et déçue, j’ai raccroché. Je suis arrivée à la gare et j’ai rappelé pour connaître le résultat et là j’ai entendu mon père crier "dépêche-toi d’aller à l’internat, jette toi sur la télé, elles sont en prolongations". J’ai couru et je suis arrivée juste à temps pour profiter des dernières minutes. » Car ce jour-là, ce n’est pas qu’une finale que les filles d’Olivier Krumbholz ont remporté, c’est un véritable exploit qu’elles ont réalisé. Menées de sept buts (18-25) à huit minutes du terme, elles vont grignoter petit à petit leur retard. Dans ses cages, Valérie Nicolas va multiplier les parades, Leila Lejeune, Myriam Korfanty, Véronique Pecqueux-Rolland (notre photo de tête) et autre Sandrine Delerce vont transpercer la défense magyare pourtant sécurisée par une Katalin Palinger au sommet de son art. A la 59ème minute, la France n’avait plus qu’un but à rattraper (27-28). Ces dernières soixante secondes vont être décisives comme en témoigne ce document de France 3 avec les commentaires de notre ami André Garcia et son consultant, le DTN Philippe Bana.



Les Hongroises sont en infériorité numérique et cafouillent ce qui est leur ultime attaque placée. "Mimi" Korfanty récupère la balle, Véronique Pecqueux-Rolland s’engouffre dans l’intervalle et se fait balancer par Anita Gorbicz qui sur cet acte délibéré prend un rouge. Pénalty. Le buzzer retentit. Leila Lejeune se retrouve aux 7 mètres. Le bras de la Bisontine ne tremble pas et arrache la prolongation. Le vent a tourné et les Françaises en état de grâce réussissent tout ce qu’elles entreprennent. Un 4-1 sans appel et inespéré dans cet extra-time, les propulse sur la 1ère marche du podium. « Devant l’écran, j’étais très excitée, renchérit Amandine Leynaud. Tu rêves d’y être et tu essaies de te projeter même si tu ne sais pas si tu pourras le vivre. J’ai disputé les deux dernières finales, on a failli y arriver mais on ne l’a pas fait. J’espère qu’un jour, ça sera notre tour. » Depuis dix ans en effet, l’exploit de Stéphanie Cano et de ses quinze copines n’a pas été renouvelé. Comme le Mondial débute dans une semaine en Serbie, on se dit que cela pourrait donner des idées à la nouvelle génération.

Les filles en or du Mondial 2003...

Nom

Prénom

Club

Age

Taille

Sél.

Buts

poste

CANO

Stéphanie

Slagelse (Dan)

29

164

176

306

AILD

CENDIER

Isabelle

Metz

26

175

81

123

ARRD

DELERCE

Sandrine

Besançon

28

173

155

373

DC

DUDZIAK

Joanne

Nîmes

31

170

143

1

GRD

HERBRECHT

Sophie

Besançon

21

174

47

81

DC

JACQUES

Mélinda

Metz

32

189

54

242

ARRD

KORFANTY

Myriam

Mios

25

186

114

157

DC

LEJEUNE

Leila

Viborg (Dan)

27

176

156

633

ARRG

LUDWIG

Stéphanie

Metz

31

171

153

320

AILG

MYARO

Nodjalem

Kölding (Dan)

27

182

141

490

ARRG

NICOLAS

Valérie

Viborg (Dan)

28

178

174

0

GRD

PECQUEUX-ROLLAND

Véronique

Besançon

31

172

217

644

PVT

SAID-MOHAMED

Myriam

Besançon

26

165

59

73

DC

TERVEL

Raphaëlle

Besançon

24

178

84

152

AILG

VOGEIN

Estelle

Metz

27

160

80

125

AILD

WENDLING

Isabelle

Metz

29

176

227

368

PVT

       Entraîneurs: Olivier KRUMBHOLZ - Eric BARADAT



Une grande équipe vaut aussi par une grande capitaine….

Dans le petit monde du handball, elle était et elle restera "Pépette". Stéphanie Cano a ce surnom qui lui colle à la peau. Comme ce sport qu'elle a découvert tardivement et ce titre remporté contre toute attente une après-midi de décembre 2003. La capitaine emblématique de l'équipe de France qui un an auparavant, avait été désignée meilleure ailière droite de l'Euro (médaille de bronze pour les Tricolores) a le visage qui s'illumine lorsqu'on l'arrête pour évoquer un souvenir plus que tenace.

Stéphanie, qu'est-ce qu'il te reste de ce titre ?
Tout d'abord, une photo. Pas n'importe laquelle, celle de filles hilares sur un podium avec une médaille d'or autour du cou. J'ai retrouvé ce cadre chez moi il n'y a pas longtemps et je l'ai accroché au mur. Sans réfléchir que cela faisait dix ans. Il reste surtout une aventure collective, des personnes qui sont liées quoi qu'il arrive.

Cette finale a été complètement folle...
Personne n'aurait pu imaginer le script de ce match.

A moins 7 à 8 minutes de la fin, il n'y a que vous, les joueuses qui y croyiez...
En fait, à moment donné, c'est de se dire qu'on n'y croit plus, qui nous pousse à nous lâcher. On n'avait plus rien à perdre et ce sursaut d'orgueil a tout changé. Les Hongroises étaient pétrifiées et ne s'en sont jamais remise.

Il y a surtout ce péno de Leila Lejeune pour aller en prolongations
On était toutes accrochées au bras de Leila !! On croisait les doigts bien-sûr pour qu'elle le mette mais en même temps, on ne lui en aurait jamais voulu si elle l'avait raté car il y avait une telle pression sur ce tir...

Dans cette équipe, il y avait de fichus caractères...
Il y avait surtout des personnes investies et qui n'avaient pas honte d'affirmer leurs ambitions. C'était ça la marque de fabrique de notre équipe. Il n'y avait aucune retenue. En faire toujours plus, était une vraie envie. C'est vrai qu'il y avait de sacrés caractères. Dans les moments difficiles, ça nous a permis de ne pas nous laisser marcher sur les pieds. Ni par les adversaires, ni même parfois par l'entraîneur ! (rires)

Dimanche, vous vous retrouvez en compagnie de la nouvelle génération
Oui, c'est vrai. Dix ans après, il y a une nouvelle génération et un nouveau staff qui est aux commandes. Je crois qu'avec ce nouvel entraîneur, c'est le moment de tourner une page. Il n'y a plus de filles de 2003 dans cet effectif et à celles qui sont là maintenant, je dirais "prenez du plaisir, profiter de ces moments qui vous appartiennent et à vous seules".

Après avoir fréquenté des clubs de renom (en France, en Espagne et au Danemark), remporté un titre mondial, la Ligue des champions en 2004, les Jeux Méditerranéens (2001), gagné le bronze à l'Euro (2002 et 2006) et l'argent au Mondial 1999, porté à 231 reprises le maillot tricolore, Stéphanie Cano, aujourd'hui kiné, a mis fin à sa carrière sportive en 2008 sous les couleurs du C.A. Béglais. Après avoir coupé pendant une période avec le handball, elle est depuis cette année, membre du conseil de surveillance de la toute nouvelle Union Mios Biganos-Bègles (LFH).

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