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Malgré l'exil, Noah Gaudin est partout chez lui

International

vendredi 6 novembre 2020 - © Yves Michel

 5 min 47 de lecture

A 21 ans, après un retour à Aix marqué par un arrêt brutal de la saison, Noah Gaudin a choisi de migrer au Danemark et carrément changer de vie. Le champion du monde avec les U21 tricolores découvre un nouvel environnement, une nouvelle culture, une nouvelle façon de travailler. Ses objectifs sont intacts. Après tout, l'Allemagne et cette Bundesliga qui depuis tout petit, attisent sa convoitise, ne sont pas si loin !

Le cadre: Sønderborg (prononcez Séneborg) une agglo danoise de 35 000 âmes, située dans le sud Jutland, à cheval sur la mer Baltique, une partie sur une île, l'autre sur le continent. A 40 km de la frontière allemande, à moins de 50 km de Flensburg, à moins de 140 de Kiel. La ville accueillera l'arrivée de la 3ème étape du "Tour de France" cycliste 2022. 

Lorsqu'en juillet-août dernier, Noah Gaudin a débarqué dans le sud du Danemark, il s'est vite rendu compte que le choc thermique avec la Côte d'Azur serait brutal. Peu importe, il n'avait pas signé 3 ans (2+1) au "SønderjyskE Herrer" pour jouer les touristes mais tout simplement pour s'acclimater à un autre handball, parfaire son expérience au contact d'un entraîneur, Jan Pytlick aux méthodes atypiques. Une sommité dans le milieu puisqu'au début des années 2000, le quinquagénaire a conduit les Danoises sur la plus haute marche de deux podiums des J.O (Sydney et Athènes) et de l'Euro (Danemark 2002). 


                          A Sønderborg, Noah a retrouvé l'ancien Aixois Morten Bjørnshauge

Hello Noah, comment se passe ton acclimatation chez les Vikings ?
Plutôt bien même si le climat n'a rien à voir avec ce que j'ai connu auparavant. Ce qui m'a aussi frappé, c'est qu'ici à 20h, tout est déjà fermé. Et cela n'a rien à voir avec le Covid ! Je me suis remis à l'allemand et j'ai des cours particuliers de danois. Je commence même à parler la langue et je comprends quasiment tout ce qui se dit. 

Qu'est ce qu'il te manque le plus là-bas ?
La proximité avec ma famille, les amis.. le soleil (rires) et quelques trucs au niveau de la nourriture. Les bons morceaux de viande, ici, ils font comme les Allemands, ils mangent beaucoup de porc.

Ton intégration dans le club a-t-elle posé des problèmes ?
Non car je suis arrivé en même temps que Bjørnshauge, l'ancien pivot d'Aix et je connaissais quelques Danois de ma génération. Il y a eu un sacré changement car l'entraîneur qui m'avait recruté est parti et a été remplacé par Jan Pytlick. Au début, j'étais un peu perplexe car je ne connaissais pas ses intentions. Il a dissipé les doutes et compte totalement sur moi. 

Ce n'est en tout cas, pas n'importe qui et il ne passe pas inaperçu
Ça, c'est sûr ! Avec lui, les entraînements sont moins nombreux mais quand tu y es, il te faut être à 200%. C'est millimétré, ça court beaucoup, il y a des duels, de l'intensité, ça envoie quoi ! Pendant les matches, ça lui arrive de se mettre en colère, j'en ai d'ailleurs fait les frais sur un ballon mal défendu qui nous a coûté le nul à Skanderborg. Je me suis bien fait engueuler mais dix minutes après, il me faisait un câlin ! (sourires) Finalement, je préfère ce genre de gars qui te dit en face ce qu'il a à te reprocher. 



Quel bilan perso, fais-tu de ce début de saison ?
C'est assez contrasté. Je suis arrivé ici alors qu'en France, le championnat s'était arrêté en mars. J'ai eu un souci au pec' droit. J'étais gêné dans le tir et ça a influencé ma performance. Là, je sens que ça va mieux. 

As-tu toujours 10 kg à prendre ?
Jérôme (Fernandez, alors coach de Pays d'Aix) m'a souvent chambré avec ça. Moi-même, j'en suis conscient. Après, cela ne m'obsède pas non plus. Je me sens bien physiquement et je ne rate aucune séance de muscu. Je rassure tout le monde, je n'ai rien perdu en rapidité, c'est ce qui fait aussi un peu ma force.  

Tu es proche de l'Allemagne, la Bundesliga est toujours dans tes objectifs ?
Évidemment, c'est d'ailleurs pour ça qu'il me faudra prendre du muscle (rires) ! C'est toujours dans mes rêves et évoluer au Danemark peut être un avantage car c'est un championnat qui est beaucoup regardé par les Allemands. C'est aussi un jeu très proche de la Bundesliga. J'y penserai si ça se présente. 

Dans ton esprit, qu'est-ce qui reste du Mondial U21 en 2019 et même de ce parcours sur 5 ans avec les 98-99 ?
Que des bons trucs ! Comment pourrait-il en être autrement ? Je t'avoue que la saison dernière, les habitudes que j'avais prises avec les stages et surtout, la compét pendant l'été, ça m'a manqué. Je suis vraiment fier d'avoir fait ce parcours et surtout avec ces mecs-là. 

Tu as fait suivre tes médailles au Danemark ?
Non, non. Elles sont bien rangées dans ma chambre, chez mes parents dans le Var.


                 Le 1er cercle des potes génération 98-99, Noah avec Jo' Mapu et Val' Kieffer

Arrives-tu à avoir des contacts avec justement quelques 98-99 ?
Bien-sûr, le lien reste fort. Notamment avec Jo (Mapu), Val (Kieffer), Tom (Poyet), Gaël (Tribillon), Dylan (Nahi) et Elohim (Prandi).

Elohim s'installe petit à petit chez les A...
A vrai dire, je ne me suis jamais fait de soucis à son sujet. Ses capacités d'adaptation à toutes les situations sont phénoménales et j'espère que c'est bien parti pour lui. 

La transition est toute trouvée, gardes-tu un œil sur le championnat français ?
Bien-sûr et je regarde tout ce que je peux même si ces derniers temps, il y a eu pas mal de reports. Je communique beaucoup avec les potes de ma génération mais aussi avec ceux d'Aix comme Bonnefond, Claire ou Pardin qui sont d'ailleurs assez impactés. Vu d'ici, on a l'impression que c'est une sacrée galère. Je suis de tout cœur avec les Aixois qui sur le peu que j'ai vu, tournent bien. Ça doit être frustrant car ils s'entraînent au quotidien pour finalement ne pas jouer. En plus, les matches sans spectateur, c'est moyen ! 

Au Danemark, on a l'impression que le virus a moins fait de ravages ?
Il est moins présent, c'est vrai. Du coup, il y a moins de restrictions, les matches se déroulent devant 500 spectateurs en moyenne et il y a eu vraiment très peu de reports.  

En résumé, tu ne regrettes pas ton choix d'expatriation ?
Certainement pas. Les résultats pourraient être meilleurs, l'équipe est assez jeune et on s'entend très bien. Tous les lundis et jeudis, on mange ensemble à la salle ou aux abords, les familles peuvent venir, c'est très convivial. 


                  Au club de SønderjyskE, il faut savoir tout faire. Notamment préparer un barbecue.

Malgré l'exil, Noah Gaudin est partout chez lui 

International

vendredi 6 novembre 2020 - © Yves Michel

 5 min 47 de lecture

A 21 ans, après un retour à Aix marqué par un arrêt brutal de la saison, Noah Gaudin a choisi de migrer au Danemark et carrément changer de vie. Le champion du monde avec les U21 tricolores découvre un nouvel environnement, une nouvelle culture, une nouvelle façon de travailler. Ses objectifs sont intacts. Après tout, l'Allemagne et cette Bundesliga qui depuis tout petit, attisent sa convoitise, ne sont pas si loin !

Le cadre: Sønderborg (prononcez Séneborg) une agglo danoise de 35 000 âmes, située dans le sud Jutland, à cheval sur la mer Baltique, une partie sur une île, l'autre sur le continent. A 40 km de la frontière allemande, à moins de 50 km de Flensburg, à moins de 140 de Kiel. La ville accueillera l'arrivée de la 3ème étape du "Tour de France" cycliste 2022. 

Lorsqu'en juillet-août dernier, Noah Gaudin a débarqué dans le sud du Danemark, il s'est vite rendu compte que le choc thermique avec la Côte d'Azur serait brutal. Peu importe, il n'avait pas signé 3 ans (2+1) au "SønderjyskE Herrer" pour jouer les touristes mais tout simplement pour s'acclimater à un autre handball, parfaire son expérience au contact d'un entraîneur, Jan Pytlick aux méthodes atypiques. Une sommité dans le milieu puisqu'au début des années 2000, le quinquagénaire a conduit les Danoises sur la plus haute marche de deux podiums des J.O (Sydney et Athènes) et de l'Euro (Danemark 2002). 


                          A Sønderborg, Noah a retrouvé l'ancien Aixois Morten Bjørnshauge

Hello Noah, comment se passe ton acclimatation chez les Vikings ?
Plutôt bien même si le climat n'a rien à voir avec ce que j'ai connu auparavant. Ce qui m'a aussi frappé, c'est qu'ici à 20h, tout est déjà fermé. Et cela n'a rien à voir avec le Covid ! Je me suis remis à l'allemand et j'ai des cours particuliers de danois. Je commence même à parler la langue et je comprends quasiment tout ce qui se dit. 

Qu'est ce qu'il te manque le plus là-bas ?
La proximité avec ma famille, les amis.. le soleil (rires) et quelques trucs au niveau de la nourriture. Les bons morceaux de viande, ici, ils font comme les Allemands, ils mangent beaucoup de porc.

Ton intégration dans le club a-t-elle posé des problèmes ?
Non car je suis arrivé en même temps que Bjørnshauge, l'ancien pivot d'Aix et je connaissais quelques Danois de ma génération. Il y a eu un sacré changement car l'entraîneur qui m'avait recruté est parti et a été remplacé par Jan Pytlick. Au début, j'étais un peu perplexe car je ne connaissais pas ses intentions. Il a dissipé les doutes et compte totalement sur moi. 

Ce n'est en tout cas, pas n'importe qui et il ne passe pas inaperçu
Ça, c'est sûr ! Avec lui, les entraînements sont moins nombreux mais quand tu y es, il te faut être à 200%. C'est millimétré, ça court beaucoup, il y a des duels, de l'intensité, ça envoie quoi ! Pendant les matches, ça lui arrive de se mettre en colère, j'en ai d'ailleurs fait les frais sur un ballon mal défendu qui nous a coûté le nul à Skanderborg. Je me suis bien fait engueuler mais dix minutes après, il me faisait un câlin ! (sourires) Finalement, je préfère ce genre de gars qui te dit en face ce qu'il a à te reprocher. 



Quel bilan perso, fais-tu de ce début de saison ?
C'est assez contrasté. Je suis arrivé ici alors qu'en France, le championnat s'était arrêté en mars. J'ai eu un souci au pec' droit. J'étais gêné dans le tir et ça a influencé ma performance. Là, je sens que ça va mieux. 

As-tu toujours 10 kg à prendre ?
Jérôme (Fernandez, alors coach de Pays d'Aix) m'a souvent chambré avec ça. Moi-même, j'en suis conscient. Après, cela ne m'obsède pas non plus. Je me sens bien physiquement et je ne rate aucune séance de muscu. Je rassure tout le monde, je n'ai rien perdu en rapidité, c'est ce qui fait aussi un peu ma force.  

Tu es proche de l'Allemagne, la Bundesliga est toujours dans tes objectifs ?
Évidemment, c'est d'ailleurs pour ça qu'il me faudra prendre du muscle (rires) ! C'est toujours dans mes rêves et évoluer au Danemark peut être un avantage car c'est un championnat qui est beaucoup regardé par les Allemands. C'est aussi un jeu très proche de la Bundesliga. J'y penserai si ça se présente. 

Dans ton esprit, qu'est-ce qui reste du Mondial U21 en 2019 et même de ce parcours sur 5 ans avec les 98-99 ?
Que des bons trucs ! Comment pourrait-il en être autrement ? Je t'avoue que la saison dernière, les habitudes que j'avais prises avec les stages et surtout, la compét pendant l'été, ça m'a manqué. Je suis vraiment fier d'avoir fait ce parcours et surtout avec ces mecs-là. 

Tu as fait suivre tes médailles au Danemark ?
Non, non. Elles sont bien rangées dans ma chambre, chez mes parents dans le Var.


                 Le 1er cercle des potes génération 98-99, Noah avec Jo' Mapu et Val' Kieffer

Arrives-tu à avoir des contacts avec justement quelques 98-99 ?
Bien-sûr, le lien reste fort. Notamment avec Jo (Mapu), Val (Kieffer), Tom (Poyet), Gaël (Tribillon), Dylan (Nahi) et Elohim (Prandi).

Elohim s'installe petit à petit chez les A...
A vrai dire, je ne me suis jamais fait de soucis à son sujet. Ses capacités d'adaptation à toutes les situations sont phénoménales et j'espère que c'est bien parti pour lui. 

La transition est toute trouvée, gardes-tu un œil sur le championnat français ?
Bien-sûr et je regarde tout ce que je peux même si ces derniers temps, il y a eu pas mal de reports. Je communique beaucoup avec les potes de ma génération mais aussi avec ceux d'Aix comme Bonnefond, Claire ou Pardin qui sont d'ailleurs assez impactés. Vu d'ici, on a l'impression que c'est une sacrée galère. Je suis de tout cœur avec les Aixois qui sur le peu que j'ai vu, tournent bien. Ça doit être frustrant car ils s'entraînent au quotidien pour finalement ne pas jouer. En plus, les matches sans spectateur, c'est moyen ! 

Au Danemark, on a l'impression que le virus a moins fait de ravages ?
Il est moins présent, c'est vrai. Du coup, il y a moins de restrictions, les matches se déroulent devant 500 spectateurs en moyenne et il y a eu vraiment très peu de reports.  

En résumé, tu ne regrettes pas ton choix d'expatriation ?
Certainement pas. Les résultats pourraient être meilleurs, l'équipe est assez jeune et on s'entend très bien. Tous les lundis et jeudis, on mange ensemble à la salle ou aux abords, les familles peuvent venir, c'est très convivial. 


                  Au club de SønderjyskE, il faut savoir tout faire. Notamment préparer un barbecue.

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