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Guigou: "Jouer jusqu'à 40 ans devient normal"

LSL

vendredi 13 novembre 2020 - © Yves Michel

 9 min 0 de lecture

La semaine passée, il n'y a pas eu plus belle reconnaissance pour Michaël Guigou que de lui confier le brassard de capitaine de l'équipe de France. Une attention presque naturelle pour un joueur exemplaire qui continue de rendre au handball tout ce que ce sport lui a apporté. L'aventure est loin d'être terminée car le presque quadra n'a pas dit son dernier mot.

Alors que la Starligue tente péniblement de combler son retard en casant ça et là des rencontres qui avaient dû être reportées, l'USAM Nîmes a entamé victorieusement face à Istres (30-25 pour la 6ème journée) un marathon qui lui fera disputer quatre matches en dix jours. Deux autres rendez-vous en championnat (au Parnasse, ce samedi face au PSG et à Ivry, le 21) et un en Ligue Européenne avec la réception des Suédois de Kristianstad le mardi 17 novembre. On pourrait même rajouter à la liste, un déplacement à Bucarest, trois jours plus tard.

Au terme d'une 1ère saison tronquée sous le maillot vert, un 1er confinement, une longue préparation et une reprise tardive, Michaël Guigou avait presque perdu l'habitude de ces cadences infernales. Frénésie qu'il avait connue dans une autre vie, sous d'autres cieux pas si lointains de la capitale gardoise. Pour l'enfant d'Apt, la semaine passée en compagnie des Bleus, anciens, plus jeunes et nouveaux lui a réservé un de ces moments qui marque forcément la vie de tout sportif de haut niveau. Après 283 sélections et 970 buts inscrits en équipe de France, il en est officiellement devenu le capitaine. Une reconnaissance tout à fait légitime pour l'ailier gauche qui à 38 ans, foisonne de projets. Ceux qui convoitent sa place devront encore patienter.

Ce brassard de capitaine, tu l'as accueilli comment ?
On rêve tous d'être un jour en équipe de France par contre, le fait d'être capitaine ne constitue pas une motivation. Mais forcément quand ça arrive, qui plus est dans un contexte compliqué avec un remaniement et des objectifs à courts termes très alléchants, c'est une fierté, un honneur de porter ce brassard.

Avec le recul, tu ne regrettes pas d'avoir changé d'air en 2019..
C'est clair que tout se passe très bien à Nîmes, j'y suis très heureux à la fois avec ce qu'on fait aujourd'hui et ce qu'on est en train de préparer pour demain. Je prends énormément du plaisir dans un club ambitieux, agréable, ma petite famille n'a pas changé, tout va dans le bon sens et je suis très satisfait d'avoir fait ce choix, oui.



As-tu changé quelques habitudes en cette période particulière ?
C'est vrai que je travaille beaucoup de mon côté, encore plus depuis le confinement pour me donner les moyens d'être performants et d'atteindre les objectifs fixés. On n'a jamais rien sans rien, on a ce qu'on mérite aussi, je pense faire tous les efforts qu'il faut pour ne décevoir personne.

Comment as-tu réagi quand tout s'est arrêté ?
Déjà, quand ça arrive, on pense avant tout aux gens autour de nous, notamment ceux qui sont susceptibles d'être touchés par la maladie. On est loin d'eux, on ne peut rien faire, on disait que les enfants étaient porteurs, finalement non, il y a eu beaucoup de contradictions. J'ai contracté le virus au début du 1er confinement, j'ai été très fatigué pendant 3 semaines, j'avais l'impression d'être dans un monde parallèle, très particulier et petit à petit, on découvre, on comprend et on s'adapte à la situation.

Du coup, tous les projets étaient remis en question..
J'avais l'ambition d'aller au TQO, de se qualifier pour les Jeux et de clôturer là-dessus et au final, les choses se sont un peu moins précipitées. J'ai analysé le contexte et tout fait pour me mettre dans les meilleures conditions physiques et morales pendant cette pause. Et ce, dans une période où on savait que rien n'allait être évident avec une préparation assez longue derrière et un calendrier perturbé.

On a alors la sensation que le sportif est relégué au second plan..
C'est un peu vrai avec notamment l'impact que cela peut avoir sur le partenariat et les conséquences économiques que cela pourrait entraîner. Et puis, on en parle peu mais depuis le début de la saison, on a assisté à une belle hécatombe en terme de blessures. Il y a aussi des situations Covid qui posent problème dans la pérennité des entraînements. Sans dire qu'il est faussé, c'est un championnat assez particulier qu'on vit. A Nîmes par exemple, on s'est parfois retrouvé à 7 ou 8 sur une séance d'entraînement. Il faut aussi savoir se montrer patient.

As-tu l'impression que le virus a pris la main ?
Des fois j'ai l'impression que c'est le virus, des fois j'ai la sensation que ce sont les autorités. On le voit, tout ce qui imposé, n'est pas nécessairement accepté.



Le Mondial en janvier va-t-il avoir lieu ?
Je pense que l'Egypte veut se donner les moyens d'organiser un Mondial en installant un système de bulle. Peut-être que si on était dans un autre pays, le raisonnement serait tout autre. On verra bien.

Être privé du public, c'est une punition pour le joueur ? 
C'est difficile de parler de punition par rapport à la situation actuelle mais c'est vrai que c'est triste de faire des derbys qui ne sont pas pleins, là on joue Paris, en temps normal, on aurait été à guichets fermés. On est à l'inverse de ce pourquoi on pratique notre profession. C'est frustrant de ne pas pouvoir vivre tous ces moments intenses avec le public. L'adrénaline monte moins vite.

Abalo, Guigou, Niko Karabatic, ce sont les derniers d'une certaine époque ?
Ah... cette question... c'est comme si on dit à un gamin de talent qu'il est trop jeune pour accéder à tel ou tel niveau. Aujourd'hui, il faut s'arrêter de s'étonner que des joueurs veuillent poursuivre leur activité jusqu'à 40 ans. Si tu avais vu le niveau de Luc Abalo pendant la semaine internationale, si on ne connaissait pas son âge, la question ne serait même pas posée. Même chose quand il s'agit de Lazarov à Nantes,  Alexander Petersson à Rhein Neckar ou il n'y a pas si longtemps Sigurdsson. Jouer jusqu'à 40 ans devient normal.

Tu reconnaîtras que je n'ai jamais parlé de ton âge !
Oui, c'est vrai mais je reste lucide. Je n'imagine pas continuer encore 5 ans en équipe de France. En revanche, j'ai deux missions à remplir: aller chercher quelque chose au prochain Mondial et la qualif pour les J.O. Et la 3ème mission, y participer.

Et avec Nîmes ?
On verra... je suis en fin de contrat en juin mais il y a une saison à terminer. La nouveauté, c'est cette Ligue Européenne et c'est difficile de se projeter dans cette compétition. L'équipe n'a pas une grande expérience européenne et donc il faut voir comment on est capable de gérer les deux compétitions dans lesquelles nous sommes engagés. Surtout dans le contexte sanitaire actuel. On a les moyens de sortir de la phase de poules et ensuite d'embêter tout le monde.

Une telle volonté est très encourageante...
Moi, je n'ai peur de personne même si certains adversaires sont plus armés parce qu'ils ont l'habitude de l'Europe mais en terme de talents et même de jeu proposé, Nîmes n'a rien à leur envier. Une fois qu'on aura récupéré tous les blessés, on verra bien comment cela va progresser. L'essentiel aussi, c'est de bien se comporter en championnat car on a perdu quelques points et si on veut connaître à nouveau l'Europe, c'est aussi par là que ça passe. 



                 Malgré le festival Nédim Rémili (11 buts), Paris a tremblé !

Journée 6
Equipe ReceveuseEquipe VisiteuseDatescore
NîmesIstres 11/1130-25 
TremblayParis 11/1130-33
MontpellierSt Raphaël 12/11à 19h00 

                 Et dès vendredi, une 8ème journée partout à guichets fermés 

Journée 8
Equipe ReceveuseEquipe VisiteuseDatehoraire
Aix en ProvenceDunkerque reporté 
ChartresIvry 13/1120h00 
LimogesToulouse 13/1120h00 
MontpellierCesson 14/1117h00 
NîmesParis 14/1117h00 
CréteilIstres 15/1116h00 
TremblaySt Raphael 15/1116h00 
ChambéryNantes 15/1117h00 


Guigou: "Jouer jusqu'à 40 ans devient normal" 

LSL

vendredi 13 novembre 2020 - © Yves Michel

 9 min 0 de lecture

La semaine passée, il n'y a pas eu plus belle reconnaissance pour Michaël Guigou que de lui confier le brassard de capitaine de l'équipe de France. Une attention presque naturelle pour un joueur exemplaire qui continue de rendre au handball tout ce que ce sport lui a apporté. L'aventure est loin d'être terminée car le presque quadra n'a pas dit son dernier mot.

Alors que la Starligue tente péniblement de combler son retard en casant ça et là des rencontres qui avaient dû être reportées, l'USAM Nîmes a entamé victorieusement face à Istres (30-25 pour la 6ème journée) un marathon qui lui fera disputer quatre matches en dix jours. Deux autres rendez-vous en championnat (au Parnasse, ce samedi face au PSG et à Ivry, le 21) et un en Ligue Européenne avec la réception des Suédois de Kristianstad le mardi 17 novembre. On pourrait même rajouter à la liste, un déplacement à Bucarest, trois jours plus tard.

Au terme d'une 1ère saison tronquée sous le maillot vert, un 1er confinement, une longue préparation et une reprise tardive, Michaël Guigou avait presque perdu l'habitude de ces cadences infernales. Frénésie qu'il avait connue dans une autre vie, sous d'autres cieux pas si lointains de la capitale gardoise. Pour l'enfant d'Apt, la semaine passée en compagnie des Bleus, anciens, plus jeunes et nouveaux lui a réservé un de ces moments qui marque forcément la vie de tout sportif de haut niveau. Après 283 sélections et 970 buts inscrits en équipe de France, il en est officiellement devenu le capitaine. Une reconnaissance tout à fait légitime pour l'ailier gauche qui à 38 ans, foisonne de projets. Ceux qui convoitent sa place devront encore patienter.

Ce brassard de capitaine, tu l'as accueilli comment ?
On rêve tous d'être un jour en équipe de France par contre, le fait d'être capitaine ne constitue pas une motivation. Mais forcément quand ça arrive, qui plus est dans un contexte compliqué avec un remaniement et des objectifs à courts termes très alléchants, c'est une fierté, un honneur de porter ce brassard.

Avec le recul, tu ne regrettes pas d'avoir changé d'air en 2019..
C'est clair que tout se passe très bien à Nîmes, j'y suis très heureux à la fois avec ce qu'on fait aujourd'hui et ce qu'on est en train de préparer pour demain. Je prends énormément du plaisir dans un club ambitieux, agréable, ma petite famille n'a pas changé, tout va dans le bon sens et je suis très satisfait d'avoir fait ce choix, oui.



As-tu changé quelques habitudes en cette période particulière ?
C'est vrai que je travaille beaucoup de mon côté, encore plus depuis le confinement pour me donner les moyens d'être performants et d'atteindre les objectifs fixés. On n'a jamais rien sans rien, on a ce qu'on mérite aussi, je pense faire tous les efforts qu'il faut pour ne décevoir personne.

Comment as-tu réagi quand tout s'est arrêté ?
Déjà, quand ça arrive, on pense avant tout aux gens autour de nous, notamment ceux qui sont susceptibles d'être touchés par la maladie. On est loin d'eux, on ne peut rien faire, on disait que les enfants étaient porteurs, finalement non, il y a eu beaucoup de contradictions. J'ai contracté le virus au début du 1er confinement, j'ai été très fatigué pendant 3 semaines, j'avais l'impression d'être dans un monde parallèle, très particulier et petit à petit, on découvre, on comprend et on s'adapte à la situation.

Du coup, tous les projets étaient remis en question..
J'avais l'ambition d'aller au TQO, de se qualifier pour les Jeux et de clôturer là-dessus et au final, les choses se sont un peu moins précipitées. J'ai analysé le contexte et tout fait pour me mettre dans les meilleures conditions physiques et morales pendant cette pause. Et ce, dans une période où on savait que rien n'allait être évident avec une préparation assez longue derrière et un calendrier perturbé.

On a alors la sensation que le sportif est relégué au second plan..
C'est un peu vrai avec notamment l'impact que cela peut avoir sur le partenariat et les conséquences économiques que cela pourrait entraîner. Et puis, on en parle peu mais depuis le début de la saison, on a assisté à une belle hécatombe en terme de blessures. Il y a aussi des situations Covid qui posent problème dans la pérennité des entraînements. Sans dire qu'il est faussé, c'est un championnat assez particulier qu'on vit. A Nîmes par exemple, on s'est parfois retrouvé à 7 ou 8 sur une séance d'entraînement. Il faut aussi savoir se montrer patient.

As-tu l'impression que le virus a pris la main ?
Des fois j'ai l'impression que c'est le virus, des fois j'ai la sensation que ce sont les autorités. On le voit, tout ce qui imposé, n'est pas nécessairement accepté.



Le Mondial en janvier va-t-il avoir lieu ?
Je pense que l'Egypte veut se donner les moyens d'organiser un Mondial en installant un système de bulle. Peut-être que si on était dans un autre pays, le raisonnement serait tout autre. On verra bien.

Être privé du public, c'est une punition pour le joueur ? 
C'est difficile de parler de punition par rapport à la situation actuelle mais c'est vrai que c'est triste de faire des derbys qui ne sont pas pleins, là on joue Paris, en temps normal, on aurait été à guichets fermés. On est à l'inverse de ce pourquoi on pratique notre profession. C'est frustrant de ne pas pouvoir vivre tous ces moments intenses avec le public. L'adrénaline monte moins vite.

Abalo, Guigou, Niko Karabatic, ce sont les derniers d'une certaine époque ?
Ah... cette question... c'est comme si on dit à un gamin de talent qu'il est trop jeune pour accéder à tel ou tel niveau. Aujourd'hui, il faut s'arrêter de s'étonner que des joueurs veuillent poursuivre leur activité jusqu'à 40 ans. Si tu avais vu le niveau de Luc Abalo pendant la semaine internationale, si on ne connaissait pas son âge, la question ne serait même pas posée. Même chose quand il s'agit de Lazarov à Nantes,  Alexander Petersson à Rhein Neckar ou il n'y a pas si longtemps Sigurdsson. Jouer jusqu'à 40 ans devient normal.

Tu reconnaîtras que je n'ai jamais parlé de ton âge !
Oui, c'est vrai mais je reste lucide. Je n'imagine pas continuer encore 5 ans en équipe de France. En revanche, j'ai deux missions à remplir: aller chercher quelque chose au prochain Mondial et la qualif pour les J.O. Et la 3ème mission, y participer.

Et avec Nîmes ?
On verra... je suis en fin de contrat en juin mais il y a une saison à terminer. La nouveauté, c'est cette Ligue Européenne et c'est difficile de se projeter dans cette compétition. L'équipe n'a pas une grande expérience européenne et donc il faut voir comment on est capable de gérer les deux compétitions dans lesquelles nous sommes engagés. Surtout dans le contexte sanitaire actuel. On a les moyens de sortir de la phase de poules et ensuite d'embêter tout le monde.

Une telle volonté est très encourageante...
Moi, je n'ai peur de personne même si certains adversaires sont plus armés parce qu'ils ont l'habitude de l'Europe mais en terme de talents et même de jeu proposé, Nîmes n'a rien à leur envier. Une fois qu'on aura récupéré tous les blessés, on verra bien comment cela va progresser. L'essentiel aussi, c'est de bien se comporter en championnat car on a perdu quelques points et si on veut connaître à nouveau l'Europe, c'est aussi par là que ça passe. 



                 Malgré le festival Nédim Rémili (11 buts), Paris a tremblé !

Journée 6
Equipe ReceveuseEquipe VisiteuseDatescore
NîmesIstres 11/1130-25 
TremblayParis 11/1130-33
MontpellierSt Raphaël 12/11à 19h00 

                 Et dès vendredi, une 8ème journée partout à guichets fermés 

Journée 8
Equipe ReceveuseEquipe VisiteuseDatehoraire
Aix en ProvenceDunkerque reporté 
ChartresIvry 13/1120h00 
LimogesToulouse 13/1120h00 
MontpellierCesson 14/1117h00 
NîmesParis 14/1117h00 
CréteilIstres 15/1116h00 
TremblaySt Raphael 15/1116h00 
ChambéryNantes 15/1117h00 


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