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Les Bleues au décryptage – dernière partie

Euro

mercredi 30 décembre 2020 - © François Dasriaux

 5 min 6 de lecture

Après toutes les joueuses, normal que l’on finisse par le maître de tout cela. Un certain Olivier Krumbholz qui semble de plus en plus en totale maîtrise du jeu de son équipe. Longtemps vilipendé par les techniciens de gradins, mais plus les choses avancent, plus on s’aperçoit que ce que l’on appelait de la frilosité n’était en fait que de l’adaptation. Faire beaucoup quand on a peu, c’est l’apanage des très grands coaches. Et là, depuis son retour, il a beaucoup et il arrive à faire bien plus.

 

La base de tout
Bien sûr, il semble évident que jamais Olivier Krumbholz ne reniera son précepte de base. Une solidité défensive est le gage de la réussite dans les grands championnats. Les grands entraîneurs français masculins que sont Daniel Costantini puis Claude Onesta n’ont pas construit leurs énormes succès sur un autre point. Et les Bleues restent le mètre étalon international dans le domaine. Comme avait si bien su le faire les masculins à leur très grande période, la défense française fait peur à tout le monde. Et l’architecte de tout cela, c’est ce messin têtu qui est toujours resté droit dans ses bottes sur le sujet. Alors certes, on pourra toujours plisser le nez en disant que la Norvège a un jeu plus flamboyant et millimétré. On fera juste remarquer que depuis 2017, la Norvège s’est cassé les dents pour la victoire finale pendant que les Bleues montaient 2 fois sur le toit du podium. Alors, oui, les superbes nordiques ont emporté la mise sur cet Euro. Mais clairement, tout cela s’est joué sur des détails infimes. Et c’est encore le bloc défensif qui a su remettre les Bleues sur le chemin d’un victoire possible. Un vrai jeu d’échec pour Olivier Krumbholz ! Et face à un maître zen comme Thorir Hergeirsson, il y avait un sacré défi à relever. 6-0 à plat, 6-0 à tiroir, 5-1 haute, basse, décalée, et encore on n’a pas revu la 4-2 des saisons précédentes, un peu kamikaze mais payante dans les matches plus que compliqués. La France a des options qui déstabilisent les attaques adverses et les font douter, ce qui est le pire dans les matches couperets. Tout cela c’est le travail d’Olivier Krumbholz et de son staff, il le fait depuis 1997 et ça continue de payer encore et encore.



Quand on a les bons outils
C’est offensivement que le coach des Bleues s’est fait, par moment, tailler en pièce. Certes, on a été aussi parmi ceux qui plissaient le nez devant les prestations de l’équipe de France dans le domaine. On avait peut-être oublié que ce sont d’abord les joueuses qui font l’animation offensive et que ce domaine est très dépendant, plus que la défense peut-être, du savoir faire individuel. On a oublié aussi les passes d’armes entre les entraîneurs le D1F à l’époque et Olivier Krumbholz au début des années 2000. Le Messin déclarant haut et fort que la formation initiale des joueuses n’était pas bonne. Depuis, son adjoint de toujours Eric Baradat a pris son bâton de pèlerin et la filière de formation féminine en même temps. Quand on voit les Foppa, Sercien Ugolin, Flippes, Kanor, Nocandy arriver, et on en oublie, et que se profile des joueuses comme Lena Grandveau ou Cassidy Chambonnier, on se dit que les choses ont fini par bien changer. Alors, plus de possibilités a rimé avec plus de diversité. Bien sûr on est encore un peu loin du jeu totalement enchanteur que peut produire la Norvège dans ses grands jours. Mais cette attaque ressemble de plus en plus souvent à une attaque cohérente, dangereuse par bien des aspects et capable de mettre une rouste à toute équipe qui la prendrai par-dessus la jambe, certaines en ont fait les frais.



Le roi du turn over
Plus de qualités individuelles, on l’a dit, cela veut mécaniquement dire plus de potentiel dans un groupe de 16 joueuses. A tel point que donner un 7 majeur tricolore est bien compliqué ! Quelle gardienne ? Quelle ailière gauche, quelle ailière droite, quelle arrière gauche et droite. A ce petit jeu de comptoir de café, tout le monde peut avoir son idée et aucun 7 proposé ne sera en mesure de dominer l’autre de façon certaine. Olivier Krumbholz a parfaitement intégré tout cela, et encore il y a à la porte des 16, des joueuses qui pourraient aussi intégrer le groupe sans que cela ne change quoi que ce soit. Alors 16 joueuses au niveau international, cela fait 16 joueuses à utiliser et le coach tricolore en use vraiment. Dès le premier match, les rotations se sont faites, et quasi méthodiques. Tout le monde joue, tout le monde souffle, et personne n’est carbonisé complet à la fin de la course. La gestion du potentiel physique est métronomique et cela paye ! On ne veut pas refaire le match, mais sans ce sacré 2 minutes sur mauvais changement, on se demande encore comment la chanson de geste se serait joué à Herning. Les Bleues étaient en train quand même de ramasser à la petite cuillère une équipe de Norvège un peu « bouillie – cramée » après tous les efforts consentis. On ne peut pas réécrire l’histoire mais le sentiment que physiquement les Françaises étaient encore pleines de ressources sur cette fin de match, est bel et bien là, et cela on le doit à la gestion plus que fine d’Olivier Krumbholz pendant les 17 jours de compétition.



Et la suite maintenant
On ne voudrait pas être à la place du sélectionneur quand celui-ci va devoir cocher 14 noms plus une remplaçante pour aller à la quête du Graal olympique en juillet prochain. Certes, la saison de fou qui se profile pourrait bien faire des choix à sa place, mais ce serait plus que dommageable pour les espoirs tricolores de sacre olympique. Qui sortir parmi les 18 joueuses utilisées au Danemark, sachant que d’autres, comme Manon Houette, peuvent largement toquer à la porte entre temps. 14 joueuses cela fait 2 par poste point barre… Donc 1 arrière droite en moins et une arrière gauche en moins si on reste très pragmatique, mais est-ce vraiment la bonne question… Lesquelles ? On laisse ça à Olivier Krumbholz, mais à l’évidence les choix pourraient être cornéliens.

Les Bleues au décryptage – dernière partie 

Euro

mercredi 30 décembre 2020 - © François Dasriaux

 5 min 6 de lecture

Après toutes les joueuses, normal que l’on finisse par le maître de tout cela. Un certain Olivier Krumbholz qui semble de plus en plus en totale maîtrise du jeu de son équipe. Longtemps vilipendé par les techniciens de gradins, mais plus les choses avancent, plus on s’aperçoit que ce que l’on appelait de la frilosité n’était en fait que de l’adaptation. Faire beaucoup quand on a peu, c’est l’apanage des très grands coaches. Et là, depuis son retour, il a beaucoup et il arrive à faire bien plus.

 

La base de tout
Bien sûr, il semble évident que jamais Olivier Krumbholz ne reniera son précepte de base. Une solidité défensive est le gage de la réussite dans les grands championnats. Les grands entraîneurs français masculins que sont Daniel Costantini puis Claude Onesta n’ont pas construit leurs énormes succès sur un autre point. Et les Bleues restent le mètre étalon international dans le domaine. Comme avait si bien su le faire les masculins à leur très grande période, la défense française fait peur à tout le monde. Et l’architecte de tout cela, c’est ce messin têtu qui est toujours resté droit dans ses bottes sur le sujet. Alors certes, on pourra toujours plisser le nez en disant que la Norvège a un jeu plus flamboyant et millimétré. On fera juste remarquer que depuis 2017, la Norvège s’est cassé les dents pour la victoire finale pendant que les Bleues montaient 2 fois sur le toit du podium. Alors, oui, les superbes nordiques ont emporté la mise sur cet Euro. Mais clairement, tout cela s’est joué sur des détails infimes. Et c’est encore le bloc défensif qui a su remettre les Bleues sur le chemin d’un victoire possible. Un vrai jeu d’échec pour Olivier Krumbholz ! Et face à un maître zen comme Thorir Hergeirsson, il y avait un sacré défi à relever. 6-0 à plat, 6-0 à tiroir, 5-1 haute, basse, décalée, et encore on n’a pas revu la 4-2 des saisons précédentes, un peu kamikaze mais payante dans les matches plus que compliqués. La France a des options qui déstabilisent les attaques adverses et les font douter, ce qui est le pire dans les matches couperets. Tout cela c’est le travail d’Olivier Krumbholz et de son staff, il le fait depuis 1997 et ça continue de payer encore et encore.



Quand on a les bons outils
C’est offensivement que le coach des Bleues s’est fait, par moment, tailler en pièce. Certes, on a été aussi parmi ceux qui plissaient le nez devant les prestations de l’équipe de France dans le domaine. On avait peut-être oublié que ce sont d’abord les joueuses qui font l’animation offensive et que ce domaine est très dépendant, plus que la défense peut-être, du savoir faire individuel. On a oublié aussi les passes d’armes entre les entraîneurs le D1F à l’époque et Olivier Krumbholz au début des années 2000. Le Messin déclarant haut et fort que la formation initiale des joueuses n’était pas bonne. Depuis, son adjoint de toujours Eric Baradat a pris son bâton de pèlerin et la filière de formation féminine en même temps. Quand on voit les Foppa, Sercien Ugolin, Flippes, Kanor, Nocandy arriver, et on en oublie, et que se profile des joueuses comme Lena Grandveau ou Cassidy Chambonnier, on se dit que les choses ont fini par bien changer. Alors, plus de possibilités a rimé avec plus de diversité. Bien sûr on est encore un peu loin du jeu totalement enchanteur que peut produire la Norvège dans ses grands jours. Mais cette attaque ressemble de plus en plus souvent à une attaque cohérente, dangereuse par bien des aspects et capable de mettre une rouste à toute équipe qui la prendrai par-dessus la jambe, certaines en ont fait les frais.



Le roi du turn over
Plus de qualités individuelles, on l’a dit, cela veut mécaniquement dire plus de potentiel dans un groupe de 16 joueuses. A tel point que donner un 7 majeur tricolore est bien compliqué ! Quelle gardienne ? Quelle ailière gauche, quelle ailière droite, quelle arrière gauche et droite. A ce petit jeu de comptoir de café, tout le monde peut avoir son idée et aucun 7 proposé ne sera en mesure de dominer l’autre de façon certaine. Olivier Krumbholz a parfaitement intégré tout cela, et encore il y a à la porte des 16, des joueuses qui pourraient aussi intégrer le groupe sans que cela ne change quoi que ce soit. Alors 16 joueuses au niveau international, cela fait 16 joueuses à utiliser et le coach tricolore en use vraiment. Dès le premier match, les rotations se sont faites, et quasi méthodiques. Tout le monde joue, tout le monde souffle, et personne n’est carbonisé complet à la fin de la course. La gestion du potentiel physique est métronomique et cela paye ! On ne veut pas refaire le match, mais sans ce sacré 2 minutes sur mauvais changement, on se demande encore comment la chanson de geste se serait joué à Herning. Les Bleues étaient en train quand même de ramasser à la petite cuillère une équipe de Norvège un peu « bouillie – cramée » après tous les efforts consentis. On ne peut pas réécrire l’histoire mais le sentiment que physiquement les Françaises étaient encore pleines de ressources sur cette fin de match, est bel et bien là, et cela on le doit à la gestion plus que fine d’Olivier Krumbholz pendant les 17 jours de compétition.



Et la suite maintenant
On ne voudrait pas être à la place du sélectionneur quand celui-ci va devoir cocher 14 noms plus une remplaçante pour aller à la quête du Graal olympique en juillet prochain. Certes, la saison de fou qui se profile pourrait bien faire des choix à sa place, mais ce serait plus que dommageable pour les espoirs tricolores de sacre olympique. Qui sortir parmi les 18 joueuses utilisées au Danemark, sachant que d’autres, comme Manon Houette, peuvent largement toquer à la porte entre temps. 14 joueuses cela fait 2 par poste point barre… Donc 1 arrière droite en moins et une arrière gauche en moins si on reste très pragmatique, mais est-ce vraiment la bonne question… Lesquelles ? On laisse ça à Olivier Krumbholz, mais à l’évidence les choix pourraient être cornéliens.

Résultats de la dernière journée

Jour.  Equ Rec  Equ Vis  Score  Stats  Date 
#2 France F Norvège F 20 22 20/12/2020 18:00
#2 Croatie F Danemark F 25 19 20/12/2020 15:30

Prochaine journée

Journée  Equ Rec  Equ Vis  Date 
Aucune journée supplémentaire

Classement

Place Journée  Equipe  MJ  Vic  Nul  Déf 
1 Norvège F 4 2 2 0 0
2 France F 2 2 1 0 1
3 Croatie F 2 2 1 0 1
4 Russie F 2 1 1 0 0
5 Danemark F 0 2 0 0 2
6 Pays Bas F 0 1 0 0 1