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Floriane André en plein « rêve éveillé »

LBE

vendredi 9 avril 2021 - © Laurent Hoppe

 5 min 32 de lecture

Les bonnes nouvelles se succèdent pour la jeune gardienne du Nantes Atlantique HB : déjà demi-finaliste de la Coupe de France et de la Coupe EHF, en attendant mieux, elle découvrira la grande équipe de France lors du stage organisé la semaine prochaine. La Ligérienne espère aussi se hisser sur le podium du championnat, ce qui requiert d'abord de performer à Bourg-de-Péage, ce samedi.

Si les petits ruisseaux font les grandes rivières, et par extension les grandes carrières, alors celle de Floriane André ne cesse de se gonfler d'affluents. En quelques jours, la troisième saison nantaise de la gardienne de 20 ans a pris une tournure savoureuse. Elle a vécu successivement la qualification inédite du club pour le carré final de la Coupe EHF, en dominant Zvenigorod à deux reprises (29-33 en Russie, 30-28 à Mangin), puis celle en demi-finales de la Coupe de France (succès 19-25 à Fleury-les-Aubrais, mercredi).

Entretemps, Olivier Krumbholz a convoqué la native de Saint-Chamond (Loire) pour le stage printanier à venir de l'équipe de France, au sein du groupe de six dit « Projet Horizon 2024 ». « Tout va pour le mieux, pour l'instant », salive l'internationale juniors, qui passera professionnelle la saison prochaine, depuis un bus des TAN, les transports en commun nantais...

Floriane, vous avez joué les cinq dernières minutes du quart de finale de Coupe, mercredi soir. Êtes-vous satisfaite de la manière dont Nantes a éliminé Fleury ?

« Ce n'était pas notre match-référence de l'année, mais on a fait un match assez complet, en étant ensemble tout le temps. Il fallait rester dans la continuité de la victoire en Coupe d'Europe, essayer d'en reproduire le schéma. »


En demi-finale, vous rencontrerez Nice, avec la perspective d'une finale contre Brest ou Metz. La coupe nationale devient-elle une priorité ?

« C'était un objectif dès le début de saison, peu importe qui on pouvait croiser en quart ou en demie. Jouer une finale à Bercy, c'est un objectif. Clairement, on a envie d'aller chercher ce titre. »

 

 


Passons à l'Europe. Le NAHB qui sort Zvenigorod pour rallier le Final Four de l'EHF, est-ce un exploit ?

« C'est historique pour le club (*), alors on peut considérer que c'est en un. Après, on a été très rigoureuses au match aller, comme au retour. On a prouvé qu'on était une équipe dure à jouer. On se battra jusqu'au bout pour aller chercher la coupe. »


Quelles émotions vous ont procuré cette performance ?

« Dans ma petite carrière, c'est ce que j'ai de plus gros pour l'instant. Je n'aurais jamais pu imaginer, quelques années auparavant, que j'allais jouer des demi-finales de Coupe d'Europe et de Coupe de France à 20 ans. C'est un rêve éveillé que je suis en train de vivre. »

 

Atteindre le dernier carré de la C2 (les 8 et 9 mai prochains, avec Siofok, Baia Mare et Ikast-Herning), dans ce contexte pandémique si complexe (**), est-ce finalement cela le plus fort ?

« Tout à fait. Ne pas avoir de public aux matches, de gens qui nous poussent même si on se donne à fond, c'est compliqué. Ca ne fait que nous renforcer, nous rapprocher dans l'équipe, nous souder sur et en dehors du terrain. »

 

« Prouver qu'on ne m'a pas sélectionnée pour rien »

 

En championnat, Nantes a rétrogradé au sixième rang, avec deux matches de moins que les équipes qui vous précèdent. Vous n'avez pas renoncé à la troisième place ?

« C'est encore un objectif. On a mal démarré ces play-offs (défaites 26-28 contre Chambray, 24-21 à Besançon), mais je pense que les matches contre Zvenigorod nous ont redonné confiance. On avait peut-être besoin de montrer qu'on pouvait faire de belles choses, toutes ensemble. La victoire contre Fleury nous a encore prouvées qu'on pouvait se faire confiance. On veut vraiment cette troisième place, on va aller la chercher. On va se battre dans chaque match qu'il nous reste. »

 

Du coup, le droit à l'erreur sera interdit ce samedi à Bourg-de-Péage (8ème)...

« Vu qu'on est sur une bonne dynamique, ce serait vraiment dommage de chuter. Pour l'instant, on est sixièmes, donc maintenant, seule la victoire nous importe. »

 

Comment avez-vous réagi à votre première convocation en équipe de France A ?

« J'ai beaucoup de pression, j'avoue... Je ne m'attendais pas à avoir une convocation. J'étais très surprise, très contente aussi. C'est extraordinaire de participer à un stage à mon si jeune âge. Forcément, j'ai hâte d'y être pour prendre l'expérience de toutes les filles, et revenir plus forte en club. Je veux aussi prouver qu'on ne m'a pas sélectionnée pour rien. »

 

Vous apparaissez dans le groupe « Projet horizon 2024 », avec des camarades de votre génération (E. Jacques, Mairot, Ouattara, Vautier) et Tamara Horacek en « grande sœur ». Vous n'imaginez pas pour autant travailler à l'écart du collectif vice-champion d'Europe ?

« Pour l'instant, je n'ai pas eu d'informations. Quoi qu'il en soit, on va croiser les filles. Ce sera forcément un échange d'expérience. Je vais beaucoup apprendre, même des filles sélectionnées. J'en connais certaines qui sont de ma génération, et il y en a que je ne connais pas. Ce sera un apport de connaissances énorme pour moi. Ce ne sera que bénéfique. »

 

En raison des restrictions sanitaires, les deux amicaux France – Norvège ont été substitués par des oppositions internes. Manquera-t-il, quelque part, le frisson d'une première sélection, d'une première Marseillaise en A ?

« C'est dommage de ne pas pouvoir chanter la Marseillaise. Mais être prise en stage, avec l'équipe de France A, c'est déjà énorme. Je n'ai pas à me plaindre. »

 

 

(*) en 2018-19 et 2019-20, Nantes avait été éliminé de la Coupe EHF aux tours préliminaires. En 2016-17, l'équipe coachée à l'époque par Jan Basny avait atteint les quarts de finale.

(**) premier de son groupe (4 victoires, 1 défaite sur le terrain), le NAHB a perdu sur tapis vert une rencontre contre les Russes de Togliatti.

Floriane André en plein « rêve éveillé » 

LBE

vendredi 9 avril 2021 - © Laurent Hoppe

 5 min 32 de lecture

Les bonnes nouvelles se succèdent pour la jeune gardienne du Nantes Atlantique HB : déjà demi-finaliste de la Coupe de France et de la Coupe EHF, en attendant mieux, elle découvrira la grande équipe de France lors du stage organisé la semaine prochaine. La Ligérienne espère aussi se hisser sur le podium du championnat, ce qui requiert d'abord de performer à Bourg-de-Péage, ce samedi.

Si les petits ruisseaux font les grandes rivières, et par extension les grandes carrières, alors celle de Floriane André ne cesse de se gonfler d'affluents. En quelques jours, la troisième saison nantaise de la gardienne de 20 ans a pris une tournure savoureuse. Elle a vécu successivement la qualification inédite du club pour le carré final de la Coupe EHF, en dominant Zvenigorod à deux reprises (29-33 en Russie, 30-28 à Mangin), puis celle en demi-finales de la Coupe de France (succès 19-25 à Fleury-les-Aubrais, mercredi).

Entretemps, Olivier Krumbholz a convoqué la native de Saint-Chamond (Loire) pour le stage printanier à venir de l'équipe de France, au sein du groupe de six dit « Projet Horizon 2024 ». « Tout va pour le mieux, pour l'instant », salive l'internationale juniors, qui passera professionnelle la saison prochaine, depuis un bus des TAN, les transports en commun nantais...

Floriane, vous avez joué les cinq dernières minutes du quart de finale de Coupe, mercredi soir. Êtes-vous satisfaite de la manière dont Nantes a éliminé Fleury ?

« Ce n'était pas notre match-référence de l'année, mais on a fait un match assez complet, en étant ensemble tout le temps. Il fallait rester dans la continuité de la victoire en Coupe d'Europe, essayer d'en reproduire le schéma. »


En demi-finale, vous rencontrerez Nice, avec la perspective d'une finale contre Brest ou Metz. La coupe nationale devient-elle une priorité ?

« C'était un objectif dès le début de saison, peu importe qui on pouvait croiser en quart ou en demie. Jouer une finale à Bercy, c'est un objectif. Clairement, on a envie d'aller chercher ce titre. »

 

 


Passons à l'Europe. Le NAHB qui sort Zvenigorod pour rallier le Final Four de l'EHF, est-ce un exploit ?

« C'est historique pour le club (*), alors on peut considérer que c'est en un. Après, on a été très rigoureuses au match aller, comme au retour. On a prouvé qu'on était une équipe dure à jouer. On se battra jusqu'au bout pour aller chercher la coupe. »


Quelles émotions vous ont procuré cette performance ?

« Dans ma petite carrière, c'est ce que j'ai de plus gros pour l'instant. Je n'aurais jamais pu imaginer, quelques années auparavant, que j'allais jouer des demi-finales de Coupe d'Europe et de Coupe de France à 20 ans. C'est un rêve éveillé que je suis en train de vivre. »

 

Atteindre le dernier carré de la C2 (les 8 et 9 mai prochains, avec Siofok, Baia Mare et Ikast-Herning), dans ce contexte pandémique si complexe (**), est-ce finalement cela le plus fort ?

« Tout à fait. Ne pas avoir de public aux matches, de gens qui nous poussent même si on se donne à fond, c'est compliqué. Ca ne fait que nous renforcer, nous rapprocher dans l'équipe, nous souder sur et en dehors du terrain. »

 

« Prouver qu'on ne m'a pas sélectionnée pour rien »

 

En championnat, Nantes a rétrogradé au sixième rang, avec deux matches de moins que les équipes qui vous précèdent. Vous n'avez pas renoncé à la troisième place ?

« C'est encore un objectif. On a mal démarré ces play-offs (défaites 26-28 contre Chambray, 24-21 à Besançon), mais je pense que les matches contre Zvenigorod nous ont redonné confiance. On avait peut-être besoin de montrer qu'on pouvait faire de belles choses, toutes ensemble. La victoire contre Fleury nous a encore prouvées qu'on pouvait se faire confiance. On veut vraiment cette troisième place, on va aller la chercher. On va se battre dans chaque match qu'il nous reste. »

 

Du coup, le droit à l'erreur sera interdit ce samedi à Bourg-de-Péage (8ème)...

« Vu qu'on est sur une bonne dynamique, ce serait vraiment dommage de chuter. Pour l'instant, on est sixièmes, donc maintenant, seule la victoire nous importe. »

 

Comment avez-vous réagi à votre première convocation en équipe de France A ?

« J'ai beaucoup de pression, j'avoue... Je ne m'attendais pas à avoir une convocation. J'étais très surprise, très contente aussi. C'est extraordinaire de participer à un stage à mon si jeune âge. Forcément, j'ai hâte d'y être pour prendre l'expérience de toutes les filles, et revenir plus forte en club. Je veux aussi prouver qu'on ne m'a pas sélectionnée pour rien. »

 

Vous apparaissez dans le groupe « Projet horizon 2024 », avec des camarades de votre génération (E. Jacques, Mairot, Ouattara, Vautier) et Tamara Horacek en « grande sœur ». Vous n'imaginez pas pour autant travailler à l'écart du collectif vice-champion d'Europe ?

« Pour l'instant, je n'ai pas eu d'informations. Quoi qu'il en soit, on va croiser les filles. Ce sera forcément un échange d'expérience. Je vais beaucoup apprendre, même des filles sélectionnées. J'en connais certaines qui sont de ma génération, et il y en a que je ne connais pas. Ce sera un apport de connaissances énorme pour moi. Ce ne sera que bénéfique. »

 

En raison des restrictions sanitaires, les deux amicaux France – Norvège ont été substitués par des oppositions internes. Manquera-t-il, quelque part, le frisson d'une première sélection, d'une première Marseillaise en A ?

« C'est dommage de ne pas pouvoir chanter la Marseillaise. Mais être prise en stage, avec l'équipe de France A, c'est déjà énorme. Je n'ai pas à me plaindre. »

 

 

(*) en 2018-19 et 2019-20, Nantes avait été éliminé de la Coupe EHF aux tours préliminaires. En 2016-17, l'équipe coachée à l'époque par Jan Basny avait atteint les quarts de finale.

(**) premier de son groupe (4 victoires, 1 défaite sur le terrain), le NAHB a perdu sur tapis vert une rencontre contre les Russes de Togliatti.

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