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Les vérités de Dragan Mladenovic
Les vérités de Dragan Mladenovic
21 Juin 2006 | France > LNH

Vingt-six ans après avoir découvert le sport de haut niveau au Bozur Gnjilane, club de la province du Kosovo, Dragan Mladenovic a toujours gardé la même motivation tout au long de sa carrière et a encore réalisé une grande saison avec Pontault-Combault au plus haut niveau. Troisième meilleur gardien de France au nombre d’arrêts, numéro un sur les penalties, Dragan est à 42 ans un monument du handball. Le type de joueurs qui assure le spectacle sur le terrain. Un homme de paroles qui, aussi bien à Dunkerque qu’à Pontault-Combault, a toujours défendu les couleurs de son Club avec passion. Celui que tout le monde appelle familièrement « Dragan » jouit d’un capital sympathie hors pair auprès des supporters tant il sait leur donner du plaisir sur le terrain.
Remercié par les dirigeants pontellois car jugé trop cher, Dragan Mladenovic espérait une autre sortie avec le Club seine-et-marnais, celle qu’il méritait tant. Avec sa gentillesse habituelle, Dragan revient pour Handzone sur les circonstances de son départ. Rencontre avec un homme qu’aucun supporter n’a oublié dans le Nord et qui était apprécié à sa juste valeur par ceux du PC-HB.

HZ : Dragan, Pontault a réussit l’une des plus belles saisons de son histoire en terminant huitième de D.1, demi-finaliste de la Coupe de France et quart de finaliste de la Coupe de la Ligue. Le professionnel que tu es a dû être satisfait par ces résultats ?
D. M. :
On a cartonné cette année avec toute l’équipe en réalisant véritablement une saison pleine. C’est une année historique pour le Club de Pontault-Combault qui n’avait jamais été aussi loin en Coupe de France et qui n’avait jamais participé à la Coupe de la Ligue. Nous avons eu la chance de recevoir Montpellier à deux reprises à Boisramé et de jouer plusieurs matchs à guichet fermé, notamment pour la réception de Chambéry. En agrandissant le gymnase, l’objectif était d’être capable de le remplir, ce qui fut le cas à plusieurs reprises. Pour en revenir au championnat, notre huitième place est satisfaisante mais je suis un peu déçu car je pense que l’on pouvait atteindre le sixième rang. Mais l’essentiel était de se qualifier pour la Coupe de la Ligue car avec mon expérience, cela m’intéressait de jouer cette compétition. En début de saison, j’avais défini cet objectif et j’ai tenu ma parole avec l’ensemble des joueurs.

HZ : Cette participation à la Coupe de la Ligue était pour toi l’objectif minimum cette saison ?
D. M. :
Oui, tout à fait car je pense que le Club et notre public le méritaient. Nous avons la chance d’avoir un public magnifique à Pontault-Combault, comme j’ai pu le connaître à Dunkerque. Les supporters n’hésitent pas à se déplacer en nombre pour nous suivre à Tremblay, Paris, Ivry ou Créteil par exemple. Il y a beaucoup de personnes qui sont derrière le Club et qui l’aiment véritablement. Mais que se passe-t-il maintenant ? Moi, j’ai toujours dit ce que je pensais aux dirigeants. Ces derniers m’ont fait savoir que j’étais trop cher et que par conséquent, d’un point de vue financier, ils ne pouvaient pas me garder. Mais le problème, c’est qu’ils n’ont même pas essayé de négocier avec moi, de voir si l’on pouvait trouver un terrain d’entente. J’étais pourtant prêt à réfléchir. Je tiens à préciser que ce n’est pas moi qui ai eu des exigences trop élevées, que ce n’est pas une question d’argent me concernant. Je suis très content d’avoir joué deux ans avec Pontault-Combault et d’avoir remporté un trophée, le Championnat de France de D.2 l’an passé. C’est un souvenir très fort, qui restera au fond de moi toute ma vie, d’autant plus qu’avec Dunkerque, j’ai disputé plusieurs finales sans jamais parvenir à en remporter une. Nous avons fait une bonne saison mais je crois que le PC-HB manque d’ambitions. C’est dommage car je pense que l’on peut encore faire beaucoup plus. Quand je suis arrivé à Pontault en D.2, j’ai diminué mon salaire pour que le Club puisse monter une équipe compétitive avec pour objectif d’atteindre trois ans plus tard une qualification en Coupe d’Europe. Et maintenant, les dirigeants me disent qu’ils n’ont pas assez d’argent pour me garder ! Je ne comprends pas cela : pourquoi casser une équipe qui marche bien ?

HZ : Les dirigeants de Pontault ne t’ont donc pas proposé de baisser ton salaire ?
D. M. :
Non mais peut être en avaient-ils l’intention… Ils ne l’ont peut être pas fait pour ne pas que je prenne un coup au moral.

HZ : On te sent très déçu par la manière dont ton départ s’est passé.
D. M. :
Je suis venu à Pontault-Combault avec pour idée d’y finir ma carrière mais avant de faire quelque chose pour la Ville et le Club. Nous avons déjà fait cette année une grande progression mais moi, je sais que je suis encore capable d’en faire plus. Le problème est que je ne sais pas si c’est le cas des dirigeants. Je sens un manque d’ambition voire même de professionnalisme. On ne peut pas toujours se reposer uniquement sur des bénévoles. En se donnant les moyens d’aller encore plus haut, tout le monde en sortirait vainqueur, le Club comme la Ville.

HZ : Quel est ton meilleur souvenir de ces deux années passées à Pontault ?
D. M. :
La saison passée, alors que nous étions en D.2, battre Dunkerque en seizièmes de finale de la Coupe de France avec 11 buts d’écart (32-21) était fabuleux, d’autant plus devant notre public et face au troisième de D.1. Cette année, pour la venue de Chambéry, le match s’est joué à guichets fermés. C’était une première à Pontault-Combault. La meilleure chose reste quand même de gagner un titre et celui de Champion de France de D.2 occupe une place importante dans mon cœur. J’ai une photo avec le trophée et cela restera pour toujours gravé en moi. Je ne peux pas oublier tout ce que j’ai pu faire avec l’équipe pendant deux ans. C’est vraiment dommage que l’histoire se termine ainsi car avec mon expérience, je pouvais encore amener quelque chose et le groupe pouvait faire plus. Même à 42 ans, un âge que certain peuvent considérer comme élevé, je suis encore capable de faire des bons matchs. Je souhaite bonne chance au Club pour la suite.

HZ : Tu souhaites jouer encore plusieurs années au plus haut niveau ?
D. M. :
Je n’ai pas fixé un nombre précis d’années. Si un jour, je suis moins bon, je me dirais alors : « Dragan, c’est fini ! Tu n’es plus comme avant, tu as perdu tes qualités, les joueurs s’amusent avec toi ». Mais, pour le moment, ce n’est pas le cas. J’ai prouvé que je pouvais encore jouer au plus haut niveau. Peut être ai-je baissé un peu mon niveau depuis deux mois au vue de ce qui s’est passé dans le Club. J’entendais certaines choses par derrière que l’on ne voulait pas me dire les yeux dans les yeux. Je sais quelle est la vraie raison de mon départ : cela dérange quand on dit la vérité en face. Moi, je suis un professionnel et je ne peux accepter des critiques que si elles sont fondées par rapport au handball. C’est donc mieux pour le PC-HB de me dire que l’on ne me garde pas et de conserver peut être certaines personnes qui ne disent rien afin d’être tranquille. Je suis venu à Pontault non pas pour faire plaisir aux dirigeants mais pour gagner. C’est dommage que Pontault perde un personnage qui représente le Club. Par exemple, en étant nominé pour être le meilleur gardien de la saison, c’est aussi l’image du PC-HB qui s’en trouve bonifiée. Je n’ai pas la grosse tête mais je sais que l’on parlait aussi de Pontault-Combault parce que j’y étais. William Holder est l’un des seuls à rester qui possède une grande expérience et qui puisse être associé, grâce à sa réputation partout en France au PC-HB.

Photos :
J.Y. Lhors et S. Lebègue

Propos recueillis par

Handzone
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