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Interview de l'entraineur du PEC/JC D2 Féminine
Interview de l'entraineur du PEC/JC D2 Féminine
17 Mai 2001 | France > LBE

Sébastien Gardillou, qui, a 25 ans est un des plus jeunes entraîneurs de France au haut niveau à bien voulu nous accorder un entretien pour revenir sur son club, ses envies, et son analyse du Hand.

François Dasriaux : Nom etc...
SG :
Sébastien Gardillou, 25 ans, né à Périgueux donc aquitain de cœur et de raison.
Je suis enseignant en EPS, je suis actuellement en poste à 40 Km de Poitiers à Saint Savin.

FD : Cursus personnel :
SG :
6, 7 saisons en tant que joueur en N3 à l'ASPTT Limoges puis 1 année au CAPO Limoges, Sportivement je suis originaire du Limousin.
Comme entraîneur, j'ai eu en charge l'ASPTT Limoges pendant 2 ans, puis, je suis arrivé au PEC/JC l'année dernière pour prendre en charge l'équipe qui évoluait en Nationale I.
On m'avait donné comme objectif le maintien en N1.

FD : L'éducation nationale te donne t'elle des facilités ?
SG :
J'ai un statut d'entraîneur de haut niveau au Rectorat, ce qui me permet d'avoir un aménagement du temps de travail, donc je suis relativement serein au niveau de mon emploi du temps, ce qui me permet d'avoir une approche plus professionnelle des choses.

FD : Le PEC/JC club à part, un des rares à miser à la fois sur les filles et les garçons, avantage ou inconvénient ?
SG :
Je ne sais pas si on peut parler d'inconvénient, je pense que c'est important dans le département d'avoir un club masculin qui puisse servir de relais au pole de formation masculine mise en place.
Les garçons sont en phase d'accession à la Nationale 1, et nous ont fait une saison honorable, bonne même, nous arrivons à concilier les impératifs du semi-professionnalisme avec l'emploi du temps des filles.
On est en milieu de tableau, je ne pense pas qu'on est les moyens de mettre en doute l'accession de D1 d'Issy les Moulineaux.
Maintenant, on peut jouer les troubles fête, surtout ce qui m'intéresse c'est de jouer un véritable rôle d'arbitre.
Pour revenir à la gestion Garçons/Filles se sont les dirigeants qui on a cœur d'avoir une section bicéphale, mais on est entrain de voir si une restructuration s'impose.

FD : Séparer les deux entités ?
SG :
Non, faire deux sections un petit plus autonomes simplement, car le budget commence à amplifier et les exigences des uns ne sont pas celles des autres, mais il reste intéressant pour le club d'avoir chaque année une des équipes qui puisse postuler à la montée.
Mais il va falloir se donner les moyens d'assumer la volonté d'avoir les garçons et les filles a ce niveau de compétition.

FD : Et L'année prochaine, le PEC/JC peut-il se permettre une équipe en D1 F et une en N1 M un choix ne doit-il pas être fait ?
SG :
C'est vrai que l'on doit toujours faire des choix dans la vie, mais on me demande d'être entraîneur, donc je me contente de jouer dans ma cour, on me donne des directives, je les appliquent, mais c'est vrai que si les garçons montent ça peut être très intéressant, car ils ont largement le niveau National I, en ce qui concerne les filles, le plus important pour nous est de stabiliser notre niveau et c'est cela mon objectif.
Les dirigeants dirigent et les entraîneurs entraînent, et je crois que chacun doit rester à sa place.

FD : Avantage de coacher des filles / aux garçons
SG :
Déjà au niveau des garçons le jeu s'oriente vers une forte dynamique physique, alors qu'au niveau féminin on en voit juste les prémices, en fait les deux sont valorisant, maintenant personnellement j'ai plus d'affinités à travailler avec des filles qu'avec des garçons.
Déjà de part mon age, parce qu'il est parfois difficile s'imposer ses vues à des joueurs qui la plupart du temps sont plus âgés, il faut imposer ses choix aux garçons, alors que les filles ont plus tendance à écouter, à essayer et ensuite à discuter.
Mais chaque entraîneur à sa propre personnalité, je ne dis pas que c'est plus facile de gérer des filles, mais personnellement, j'ai plus de facilité à gérer un groupe de filles.

FD : La D2 filles super Nationale ou véritable marche pieds vers l'élite
SG :
Je pense que c'est le passage obligé vers le semi-professionnalisme, tous les clubs qui se structurent en Division 2 ont un pied dans le monde du professionnalisme, de part les contraintes de temps et d'investissement personnel que demande la D2, la plupart des clubs optent pour une structure semi-professionnelle.
En ce qui concerne le niveau de jeu, la D2 est à la fois une super Nationale et aussi un marchepied vers l'élite.
La question est de savoir dans quel milieu de tableau on évolue.
Je pense en fait que dans les années à venir la D2 fera vraiment partie du secteur élite du fait du resserrement de la Nationale 1 en deux poules au lieu de trois, le niveau devrait augmenter tant en terme de qualité de jeu qu'en termes de structures de club.
Il faut que les jeunes qui intègrent les centres de formation puissent évoluer à un niveau de jeu plus en relations avec leur potentiel, à l'heure actuelle les jeunes filles du groupe France espoirs jouent toutes dans des clubs de D1, mais elles n'ont pas assez de temps de jeu pour la plupart pour véritablement s'aguerrir.
Donc elle jouent le plus en réserve en N1 ou en N2, et c'est la que la D2 pourrait jouer un véritable rôle de vivier pour la D1 française.
En permettant à ces jeunes de s'exprimer à un niveau plus en rapport avec leur talent.

FD : Ta référence en Handball et pourquoi ? Que ça soit entraîneur joueur ou dirigeant !
SG :
Oui, j'ai une idole c'est Costantini, c'est pour moi une approche idyllique du métier d'entraîneur, à la fois avoir du recul sur ce que l'on fait, et en même temps avoir une connaissance parfaite des tenants et des aboutissants du métier d'entraîneur.
J'adore des entraîneurs comme Gardent ou Canayer, mais Costantini reste pour moi la référence
Il a commencé son métier comme formateur, il a ensuite su élever le niveau de jeu du Hand français, puis a eu à se séparer d'une génération dite " difficile à gérer ", et il a récupéré une jeune génération talentueuse et il en a fait des champions du Monde.

FD : Ce que tu déteste le plus sur un terrain
SG :
La suffisance !
Je n'aime pas la suffisance sur un terrain, ce besoin de défi permanent, ce que j'aime sur le terrain c'est la continuité dans le jeu, que l'on trouve dans le collectif la solution ultime qui est le duel avec le gardien sans personne devant.
Et c'est ce que je recherche en permanence à avoir au niveau de mon équipe, que le collectif supplante les individualités.
 
FD : La composition de l'équipe que tu reverrais d'entraîner
SG :
Je pense que la plus belle équipe c'est celle qu'on a réussie à construire, mon équipe de rêve c'est une équipe d'altruiste, ce n'est pas que je recherche que des joueurs capables que de jouer pour les autres, mais par exemple j'adore un joueur comme Demazoin qui ne joue pourtant qu'en Nationale 2, c'est quelqu'un qui est capable de se mettre totalement au service du collectif.
Mais il est vrai que les équipes de France aussi bien en garçons qu'en Filles sont des équipes de rêves, même si au niveau des filles l'effectif devrais être remaniée de fait d'absences.

FD : Effectivement, d'ailleurs Stéphanie Cano nous a parlé fort joliment des absences pour cause de maternité
SG :
Oui, c'est d'ailleurs pour moi un des principaux vecteurs de communication pour les filles, qu'elles ne soient pas que des athlètes de haut niveau mais aussi des femmes, c'est une des plus jolies choses qui peut arriver au sport féminin, qu'elle garde cette image de femmes capables de faire un sport de haut niveau mais aussi d'assumer leurs envies d'avoir des enfants.

FD : Quels avantages un entraîneur devrait pouvoir retirer du Web ?
SG :
Pour moi le Web devrais pouvoir permettre de mettre en relation les gens, et pour ma part établir des relations avec les autres entraîneurs, c'est principalement ce que je recherche dans le Web, car téléphoner à d'autres entraîneurs n'est pas toujours facile, on est jamais sur de ne pas les déranger, alors que sur le Web, cela nous permettrait de leur poser des questions, sans attendre des réponses mais au moins une idée directrice dans laquelle aller.
Pas forcement trouver des exercices car la plupart des entraîneurs sont capables de trouver des exercices, ce qui est le plus dur, c'est de trouver le bon découpage, la bonne façon d'imbriquer les choses, et c'est cela qui m'intéresse le plus.
La question n'est pas dans le contenu des séances c'est qu'est ce qu'on va apporter au joueur et comment va t'il le recevoir, et c'est la, la bonne question à se poser en tant qu'entraîneur.

FD : Quelle sont pour toi les raisons de la sous médiatisation du hand ?
SG :
On avait cru en 1995, que c'était un loupé, mais on s'aperçoit qu'on est entrain de recommencer la même chose, d'ailleurs Grégory Anquetil il y a quelques temps dans " L'Equipe " le faisait remarquer.
Avant et pendant le mondial une cellule de communication à été mise en place, et c'est peut être là aussi que la bas a blessé, car que ce soit au niveau de grands clubs ou au niveau des petits, l'information pré et post-mondial n'a pas été suffisante.
La performance des Français était prévisible, puisque qu'on visait le podium, alors médaille de Bronze, d'Argent ou d'Or, on n'a pas su assez faire parler du Hand par les médias
Quand on voit que France 2 se permet de faire couper le podium pour la remise du titre aux Français, Laurent Chambertin (Passeur du Stade Poitevin Volley et de l'équipe de France) étais à Bercy à coté de Bietry, et il a vu que Bietry insistait pour passer le podium, mais c'est la chaîne qui a décidé de couper la remise des médailles, ça montre bien le peu d'importance que les médias accorde au Hand.
Mais la médiatisation du Hand est l'affaire de tout le monde pas seulement de la fédération ou des médias, c'est par la base que l'on peut faire évoluer l'image du Hand.
Les filles, en premières, ont prouvé que le Hand était capable de faire de l'audience, et peut être que les chaînes vont se dire à un moment qu'il n'y a pas que le Foot à montrer, même si cela risque d'être dur.
Le souci aussi c'est les salles, il est impossible aux chaînes de venir faire des retransmissions dans les Gymnases français, hormis quelques salles en France, il est impossible techniquement de filmer dans les salles françaises.
Les règles aussi doivent évoluer, il y a quelques années on a mis en place la possibilité d'engager rapidement, et bien aujourd'hui, plus personne ne s'en sert.
Le Volley à lui su évoluer pour passer à la télé en aménageant ses règles à la télé, peut être au Hand de faire pareil.
Mais il faut que les clubs travaillent aussi à fond sur la médiatisation du hand, c'est par eux que le progrès va venir, avec des clubs comme Montpellier, Dunkerque, Sélestat, etc … qui misent sur la communication que le Hand arrivera à percer.

FD : Merci pour tout Sébastien, et bonne chance pour la fin de la saison

© François Dasriaux
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