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EDF Jun: Julien Meyer attaché à son état civil
EDF Jun: Julien Meyer attaché à son état civil
4 Août 2015 | International > Mondial

Les juniors français sont enfin rentrés de leur escapade brésilienne conclue de la plus belle des façons qui soit avec un titre de champion du Monde. Le Nantais Florian Delecroix a été consacré MVP du tournoi, Julien Meyer lui, tout en "O" de l'affiche des gardiens. Le nom du Sélestadien a rapidement fait le tour de toutes les rédactions et les comparaisons n'ont pas tardé à fuser.

Ce lundi soir, en gare de Sélestat flanqué de sa médaille d'or et de son trophée de meilleur gardien du Mondial Juniors, Julien Meyer a retrouvé ses proches et les plus fidèles du SAHB. Depuis quelques jours, le longiligne blondinet n'en finit pas de répondre aux messages de félicitations. Surclassé et invité (comme le Dunkerquois Florian Billant) à rejoindre la catégorie supérieure, ce pur produit de l'école sélestadienne a parfaitement relevé le défi. Depuis un an, ses étés sont dorés. L'intéressé s'amuserait presque de la situation. Il n'a pas encore vingt ans mais déjà certains et non des moindres lui prédisent un avenir prometteur. D'autres le comparent au modèle. Un certain Titi. Alsacien comme lui, gardien comme lui et avec la même consonance dans le patronyme. Sauf que Julien lui revendique son propre état civil, ses propres qualités, ses propres convictions.

Avant de faire un break de deux jours dans la campagne bas-rhinoise, pour "récupérer et ne pas s'éparpiller comme l'an passé après le titre à l'Euro", dans le TGV qui le ramenait de Paris vers son Alsace natale, Julien Meyer nous a consacré un peu de son si précieux temps.

Tu as l'air de savourer ce retour en France...
Très content de rentrer oui… trois semaines coupé de tout, c'est un peu long. Mais cet isolement a permis au groupe de plus se souder et au fil des jours, on a construit une véritable équipe. On a vécu des moments très intenses mais ma joie de rentrer s'est transformée en tristesse quand on a tous pris conscience que c'était notre dernière ensemble.

L'engouement est allé crescendo, vous en avez été informé ?
On l'a senti sur les réseaux sociaux et la mobilisation nous a vraiment poussés à donner le meilleur de nous-mêmes.

Quand Delattre t'a attribué une large part du succès de l'équipe, comment as-tu réagi?
Cela m'a un peu gêné vis-à-vis de mes coéquipiers mais en même temps si c'est ce qu'il pense vraiment, cela fait plaisir et c'est bon à prendre. Cela m'a aussi touché car cela venait d'un ancien gardien.

Dans le même ordre d'idée, beaucoup t'ont comparé à Titi Omeyer…
Ah oui, j'ai entendu même dire que j'étais "Omeyer mais sans le O"… Sincèrement, tout ça me passe au-dessus, je ne me prends pas la tête avec. Quelque part c'est flatteur mais on a chacun notre style de jeu, chacun sa personnalité et la comparaison ne m'intéresse pas beaucoup.

Ce qu'on ne peut pas nier, c'est que tu es un leader naturel...
Cela fait partie de ma personnalité puisque depuis tout petit, je suis quelqu'un qui aime bien prendre les choses en main, dans un travail de groupe, j'aime bien diriger, être chef de la bande, et c'est aussi pour cela que je vais faire des études d'ingénieur à la rentrée. 

Le hand n'est donc pas une fin en soi…
Le hand c'est bien et même si j'en fais mon métier à la rentrée (il a signé un 1er contrat pro de 2 saisons en faveur du SAHB), ça restera une passion.  Je pense aussi à préparer l'avenir. Peut-être que dans cinq ans, je ne prendrai plus de plaisir, le monde professionnel ne m'intéressera plus et j'aurai envie d'arrêter.

Ceci étant, Sélestat compte sur toi pour cette saison en pro D2…
Ils me connaissent assez pour savoir de quoi je suis capable et j'espère avoir une relation très proche avec Christian (Gaudin), une relation qui dépasse le professionnalisme. J'ai besoin de ça pour être ultra-performant.  Un peu comme ce que j'ai connu avec Pascal Person en cadets. Il me donnait carte blanche et cela me convenait parfaitement.

Tes potes de 96-97 partent au Mondial Jeunes, tu as un message à leur faire passer ?
J'ai juste envie de leur dire qu'ils s'éclatent et qu'il ne manque plus que leur titre de champions pour que toutes les équipes masculines françaises soient dorées cet été. Je leur souhaite le meilleur…

Et toi, qu'est-ce qu'on peut te souhaiter ? Arriver vite en France "A" ?
Bien-sûr que cela en fait rêver plus d'un… LE maillot à porter, c'est celui des "A" mais chaque chose en son temps. Si je dois y être à un moment, j'y serai et Claude Onesta saura trouver le bon moment.



Julien Meyer vu par...

Parmi ceux qui en parlent le mieux et qui n'ont pas attendu de le voir monter sur la 1ère marche du podium d'un Mondial Juniors, Daouda Karaboué (entraîneur des gardiens en France Jeunes - 151 sélections chez les Bleus) est quasiment en admiration. « Il est là où on pouvait l’attendre et je pense qu’il n’avait plus rien à prouver avec nous. Il s’est totalement épanoui avec les Juniors et il a franchi un nouveau palier. Je ne dis pas qu’on n’aurait pas aimé l’avoir avec nous mais si quelqu’un montre des capacités à évoluer à un niveau supérieur, cela ne sert à rien de le conserver. » Christian Gaudin (notre photo) lui, a bien anticipé. Arrivé à Sélestat en janvier dernier après la trêve, l'ancien portier double champion du Monde en 1995 et 2001 n'a pas eu à se laisser longtemps convaincre pour incorporer le jeune homme au groupe pro. En prévision de la prochaine saison, dans une équipe qui repartira en pro D2, il a tout fait pour faciliter l'intégration de son nouveau prodige. « J’ai recruté Jérémy Sargenton, un gardien que je connais très bien, avec un super état d’esprit et qui saura entourer Julien avec bienveillance en lui inculquant les bonnes valeurs. Il va y avoir je pense, une bonne émulation entre eux. Sur la fin du championnat, je n’ai pas hésité à responsabiliser Julien qui était meilleur que les deux titulaires en place, c’était déjà un message fort. »  Un message suffisant pour sombrer dans la démesure et le délire ? Certainement pas. La comparaison hâtive qui consiste à superposer le maître Omeyer à l'élève Meyer est un peu trop facile. « Ce n’est pas la peine de rajouter une lettre à son nom, peste le technicien sélestadien, cela ne sert à rien. Je suis même certain que cela finit par agacer Julien. Et puis même s’il garde la tête sur les épaules, il a forcément la fragilité de son âge sur un poste qui est particulier… Il ne faut pas minimiser ce qu’il a fait mais il faut rester vigilant. » En une année, le gamin est passé de l'ombre à la lumière. Comme un certain Ludovic Fabrégas, bébé jovial issu de la couveuse montpelliéraine. Le jeune pivot a même brûlé les étapes puisqu'en juin dernier, à pas tout à fait 19 ans, il étrennait ses deux sélections en France "A". De là imaginer le même destin pour Julien Meyer.... « Ayant de bonnes relations avec Claude Onesta et le connaissant bien,  glisse "Kiki" Gaudin, je pense qu’il n’est pas resté insensible à la performance de Julien sur ce Mondial et même s’il évolue en D2, je suis persuadé qu’il pourrait être appelé sur un stage très prochainement.» Si tel est le cas, Julien Meyer n'a pas fini d'alimenter les papiers des experts en fine titraille et filiations diverses. A ses heures perdues, le journaliste se prend parfois pour un officier d'état civil !

© Yves Michel
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