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Tremblay va tout droit dans le mur
Tremblay va tout droit dans le mur
15 Octobre 2015 | France > LSL

Tremblay qui dispute cette année, sa onzième saison parmi l’élite ne parvient plus à décoller des profondeurs du classement. Le championnat ne fait que commencer mais la situation pourrait devenir catastrophique car l’équipe ne s'impose même plus face à des adversaires qui sur le papier paraissent à sa portée.

par Yves MICHEL

Où va Tremblay après six journées de championnat ? Pourquoi s’interroger de la sorte à même pas un quart de l’épreuve écoulée ? Tout simplement parce que l’édifice qui aurait pu paraître solide fin juillet, lorsque tout le monde s’est donné rendez-vous pour le début de la préparation, se craquèle du sommet aux fondations. Depuis trois étés, la grande lessive a eu lieu. Programme radical calé sur la fonction "essorage". A Tremblay, on ne regarde pas à la dépense. Les agents et avocats en tout genre se frottent les mains, la poule aux œufs d’or est en Seine-Saint Denis. Les arrivées massives de joueurs se substituent aux départs  et le classement est désastreux d’année en année. Un électrochoc est plus que nécessaire. Ne devait-il pas avoir lieu avec deux changements d'entraîneur en deux saisons ?

Depuis le début de l’année 2015 (après la trêve internationale), sur vingt matches officiels (toutes compétitions confondues), Tremblay n’en a remporté que… cinq. Triste bilan pour une équipe qui aligne une masse salariale assez élevée.

Ce mercredi, la sixième journée de championnat et le déplacement à Créteil pouvaient-ils infléchir la tendance ? Autrement dit, mettre fin à cette spirale infernale qui a plongé comme la saison passée, le groupe dans les profondeurs du classement.



D’entrée, le ton sera donné. Le contraste est saisissant entre une équipe (Créteil) qui joue sans complexe, sûre de ses intentions et avec l’envie d’aller vers l’avant et un adversaire (Tremblay) emprunté, maladroit, comme si une certaine légitimité d’être parmi l’élite du hand français ne s’imposait pas. Le démarrage est catastrophique et cinq longues minutes seront nécessaires pour ouvrir le compteur (3-1). Au quart d’heure, par les seuls rushes de Dika Mem (notre photo ci-dessus), un gamin de 18 ans qui a signé son 1er contrat pro juste avant l’été et qui émarge à 1500 euros mensuels, le rapport parait plus équilibré (7-6). Mais les apparences sont trompeuses. Le ballon pèse toujours aussi lourd et le cadre du but gardé par l’excellent Mate Sunjic est de plus en plus difficile à trouver. Et pourtant, le capitaine Rémi Salou se démène comme il peut dans les griffes des Grosas et autre Mokrani, Audray Tuzolana retrouve ses jambes d’aspirant, Rezar quelques parades mais c’est à peu près tout. Bilan à la pause, l’addition commence à être salée (15-9) et dans le camp où tout va mal, personne ne semble avoir les solutions pour changer une ligne au scénario. La seconde période sera la copie-conforme des trente premières minutes. Créteil va avoir au plus fort, jusqu’à sept buts d’avance mais se faire une frayeur avant d’entrer dans les vingt dernières minutes (21-18). Tremblay ne profitera jamais de cette baisse de régime. Par manque de clairvoyance, de sang-froid et d’adresse. Par peur de mal faire aussi, sans doute. En cinq minutes, les Cristoliens vont passer un 4-0  rédhibitoire et gérer un confortable matelas qu’ils garderont jusqu’au coup de sifflet final (30-24).

Pour Tremblay, ce nouveau revers (le 6ème officiel depuis le début de la saison, le 16ème en 21 matches depuis février) plonge encore un peu plus le groupe dans le doute. « On a fait un début de match assez bizarre, lâchera le jeune Dika Mem (un des rares à venir s’exprimer dans le camp séquanodionysien). On était crispé, c’est incompréhensible car sincèrement, on avait fait une bonne semaine de préparation, les entraînements s’étaient bien passés et ce soir, on n’a pas su mettre tout cela en pratique. La seule chose qu’il nous reste à faire, c’est se remettre au boulot. Cela va finir par tourner. » Lorsqu’il est entré, le champion du Monde jeunes a apporté toute sa fraîcheur, toute son envie. Son comportement a souvent tranché avec l’implication de certains de ses aînés. «C’est vrai qu’individuellement, je me sentais bien au début du match. Je me suis lâché et les tirs sont rentrés. Par la suite, le fait de défendre en 3 haut m’a un peu freiné, la fatigue s’est faite sentir. » Dos au mur, la position occupée par Tremblay est des plus inconfortables. La suite n’est pas encourageante puisque le calendrier est compliqué: réception de Chambéry, déplacement à Nantes et Paris, réception de Montpellier. Que des adversaires du Top 6 du championnat passé ! « Si on prend un maximum de points sur ces quatre matches, nous a lancé Pascal Papillon, je suis prêt à aller en pèlerinage à Lourdes. »  La marge de manœuvre du président tremblaysien apparait bien étroite. Très rapidement, il devrait réunir son groupe pour une énième mise en garde. Comme la saison passée... et le résultat n’avait pas été si probant. Enfin si, la relégation avait été évitée.



Teddy Prat: "Tremblay est un arbre qui a perdu ses racines"

Teddy Prat connait le département de Seine-Saint Denis dans ses moindres recoins. Après avoir porté les couleurs de Villepinte, l’arrière reconverti défenseur a passé dix saisons à Tremblay où il a tout vécu. L’accession à l’élite,  les sommets du classement, une finale de coupe d’Europe et la descente aux enfers évitée de justesse. Ce mercredi soir, l’imposant Guadeloupéen a suivi la rencontre depuis la tribune de presse du palais des sports Robert Oubron. Intenable et incapable de rester sur son siège, il n’a eu de cesse d’encourager ses anciens partenaires (il a arrêté sa carrière professionnelle en 2014) et par moments même, leur prodiguer quelques conseils, offrant bien malgré lui, quelques mimiques aux photographes présents. 

Teddy, quel est ton sentiment après un tel match ?
Je souffre car je suis tremblaysien au plus profond de mon cœur et pour la vie. Ce qui est le plus rageant, c’est ce manque d’agressivité défensive et je parle en connaissance de cause. On a une équipe qui n’a jamais fait douter l’adversaire. Lorsqu’on revient un peu au score, on n’en profite pas. Ce n’est pas normal.

La situation t’inquiète-t-elle ?
Ce qui est édifiant, c’est que ce soit un gamin (Dika Mem) qui essaie de tirer les autres vers le haut. Où sont les autres ? A Tremblay, on change beaucoup de joueurs chaque année, il y a, c’est vrai, un temps d’adaptation mais ensuite, certains donnent l’impression de ne pas vouloir s’engager. Je crois tout simplement qu’ils manquent de couilles ! Je veux rester confiant pour la suite même si je suis vraiment inquiet.

En plus, Créteil n’était pas au complet…
Oui et on se dit : heureusement ! car sinon on prenait une grosse valise.

Chaque année, Tremblay semble commettre les mêmes erreurs…
C'est vrai, on a l’impression que le discours est le même. Mais à force d’espérer, de croire en l’impossible, tu te casses les dents, le moral en prend un coup et ça devient de plus en plus dur.

Qu’est-ce qu’il manque alors ?
Tous les clubs ont besoin de sang neuf. Tremblay aussi mais on a peut-être voulu changer trop de choses. Se séparer de Drouhin ou de Sall par exemple, n’est pas la meilleure chose qui soit arrivée. J’ai de plus en plus la sensation que Tremblay est un arbre qui a perdu ses racines. Et ça me touche profondément.  

© Yves Michel
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