mèl :
passe :
s'abonner | oubli de passe
spécifiez l'adresse concernée
mèl :
retour
cliquez pour revenir
Nodjialem Myaro : « C'est dramatique »
Nodjialem Myaro : « C'est dramatique »
12 Novembre 2015 | France > LFH

Dépôt de bilan de l'UBBMB, joueuses sur le carreau et avenir de la LFH : l'actualité est chargée pour la présidente de la Ligue féminine, Nodjialem Myaro. La championne du monde revient sur les dossiers brûlants et évoque les axes de travail pour accompagner davantage les clubs dans leur développement.

Pourquoi ne vous êtes-vous pas exprimée sur le cas de l'UBB-MB ?
Il y a eu un communiqué, dont je suis aussi à l'origine. On s'est concerté avec la fédération, avec son président ainsi que Jean-Pierre Feuillan (vice-président) et Francis Serex (président de la CNCG) ,qui étaient à Bordeaux pour la réunion avec l'ensemble des acteurs, j'étais impliquée dans la réflexion. On a plutôt choisi cette voie-là : parler d'une seule voix.

Que pensez-vous de ce dépôt de bilan ?
C'est dramatique d'en arriver là en cours de saison ; nous attendons désormais la décision du tribunal de commerce. Le club existe depuis plusieurs années à haut niveau et la fédération l'a toujours soutenu autant qu'elle le pouvait. Le pire, c'est humainement, pour l'entraîneur, les joueuses, qui attendent leurs salaires et le paiement de leur loyer. Nous devons les protéger, les accompagner pour leur permettre de poursuivre leur activité professionnelle. Accompagner aussi la filière de formation en Aquitaine, pour qu'elle perdure en lien avec le pôle Espoir. Et il y a une deuxième vision : cela peut impacter l'image du hand féminin.


La CNCG (gendarme financier de la FFHB) avait demandé la rétrogradation en D2 l'été dernier, puis le CNOSF (comité olympique) avait dit le contraire et avait été suivi. N'y a-t-il pas erreur ?
Le problème est que les documents présentés au CNOSF ne représentaient pas du tout la réalité. Dans ces cas-là, comment peut-on faire ? Le problème ne vient pas de la FFHB ou du CNOSF, qui ont été trompés. Quand le commissaire aux comptes a révélé la vraie situation financière, on était tous abasourdis et la CNCG a réagi sans délai.

Mais la CNCG, par son suivi tout au long de l'année, n'est-elle pas plus légitime ?
Il ne m'appartient pas de commenter les décisions de contrôle de gestion. Je constate simplement que la commission avait pris la décision de reléguer le club dès le mois de mai. Mais je répète : le problème est que le dossier présenté devant le CNOSF, au terme des procédures fin juillet, ne reflétait pas la réalité financière du club. Si la vraie situation avait été présentée au comité olympique, je ne suis pas sûre que Mios aurait été maintenu en LFH.

N'y a-t-il plus de place pour les clubs familiaux, comme Mios, au plus haut niveau ?
D'abord, si le club pouvait être qualifié de "familial", il ne faut pas se tromper : il était devenu une société sportive (SAS) depuis l'été 2013 avec une nouvelle gouvernance. Ensuite, il ne faut pas faire d'amalgame. Familial ne veut pas dire pas bien structuré. Mios a prouvé pendant des années qu'il pouvait fonctionner avec une histoire familiale tout en respectant le cahier des charges fixé. Je pense qu'il y a eu des erreurs humaines avant tout. Tous les clubs doivent continuer à se structurer, trouver des personnes compétentes dans le domaine administratif, la recherche de partenaires, etc. Certains disposent d'un partenaire principal qui assure une majorité des recettes de sponsoring, d'autres cumulent une multitude de petits partenariats. Chaque club a ses particularités et la conjoncture actuelle peut mettre les plus fragiles en difficulté. L'enjeu pour la LFH est d'accompagner les clubs dans leur développement économique.

On a l'impression que les clubs de Pro D2 masculine, qui ont un cahier des charges proche de celui de la LFH, sont plus stables…
Le sport féminin en général est en difficulté pour trouver des partenariats, se faire une image. Mon objectif principal, c'est la recherche de partenaires. C'est quelque chose de très compliqué. Il faut montrer qu'on existe. Le handball féminin est connu auprès des éventuels partenaires, mais la bascule, la mise en pratique ne se fait pas. Pourquoi ? Je n'ai pas la réponse à ça.

C'est justement l'un des reproches actuels : la LFH ne rapporte rien aux clubs…
N'oublions pas que la LNH a mis du temps, entre 3 et 4 ans, pour trouver un premier partenaire, et c'est encore plus complexe pour les filles (la LFH existe depuis 2008, ndlr). On a signé depuis un an et demi un partenariat avec une agence, nous avons eu beaucoup de rendez-vous, pas encore fructueux. On a du mal. C'est vrai que l'attente majeure des clubs est que la LFH ait un partenaire et qu'ils bénéficient de retombées financières. Après, il ne faut pas s'attendre à de grosses sommes, mais ça les accompagnerait, ça valoriserait leur travail. C'est ma priorité, mais ce n'est pas simple.

"Il ne faut pas que ça parte dans tous les sens"

Le contrat avec beIN Sports, qui ne paie pas de droits de diffusion, prend fin en juin 2017...
Il sera à revoir, oui. On a été mis un peu devant le fait accompli avec l'arrêt de Sport +, on a dû réagir, dans des conditions particulières. Maintenant, il faut réfléchir sur quel axe on peut aller pour développer notre sport. Les clubs ont toujours existé, le Championnat de première division existerait sans la LFH, mais elle a été créée pour passer un cap supérieur donc les clubs ont des attentes, c'est normal. On fait le maximum pour y répondre. Ce n'est pas un dossier simple, comme pour tous les sports féminins.

Le passage à 12 équipes la saison prochaine est-il menacé ?
Potentiellement, une LFH à 12 équipes est possible. Maintenant, la réalité… On va s'assurer de bien accompagner les clubs pour ne pas renouveler d'expériences douloureuses comme avec Mios. Si ce n'est pas possible, on va réfléchir. Aujourd'hui, toutes les commissions de la fédération sont mobilisées, on réfléchit, concerte les présidents de club, les entraîneurs, tout le monde réfléchit et échange pour trouver des solutions.

Quand aura-t-on une réponse définitive ?
Assez rapidement. Il y a une assemblée de la LFH pendant le tournoi Razel-Bec (28 et 29 novembre à Paris) où on en parlera. Ce serait dramatique d'attendre et de laisser les choses couler. Il faut qu'on se réapproprie notre Championnat, il ne faut pas que ça parte dans tous les sens. On doit essayer de sortir la tête haute de tout ça.

© Pierre Menjot
Partager
Identification nécessaire pour ajouter une réaction
Qui sommes nous | Mentions légales | Devenir annonceur
(C) Copyright 1999-2012 EURL 2ICS - Tous droits réservés.
joueurs | équipe | actualités