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Gnabouyou : « Chez nous, il y a une vraie culture de la gagne »
Gnabouyou : « Chez nous, il y a une vraie culture de la gagne »
13 Novembre 2015 | Europe

C'était une affiche de Ligue des Champions féminine l'hiver dernier. A présent, il ne s'agit plus que d'un 16e de finale de Coupe des Coupes. La double confrontation Metz – Viborg, avec match aller aux Arènes, n'en demeure pas moins très attendue. Autant pour jauger les aptitudes continentales des Dragonnes que pour le retour en France de Marie-Paule Gnabouyou, partie l'été dernier au Danemark.

La question à cent mille couronnes : quel est le club danois le plus francophile ? Viborg, évidemment. De 2003, et jusqu'en 2007, Valérie Nicolas fut la pionnière. La première Bleue, aussi, à remporter une Ligue des Champions (2006, contre Ljubljana). La terre du Jutland défrichée, une autre gardienne de l'équipe de France y a séjourné, quelques saisons plus tard : Cléopâtre Darleux, artisane du doublé Championnat-Coupe EHF lors de sa seconde année (2013-14). Cette saison, c'est au tour de Marie-Paule Gnabouyou (arrière droit, 27 ans, 75 sélections) d'intégrer l'institution verte, à la tête du plus beau palmarès du royaume. Quatorze Championnats en vingt ans, dix coupes nationales, sept trophées européens, dont les C1 2006, 2009 et 2010.

Vénérable, populaire (trois matches diffusés, en clair, depuis la reprise), le VHK semble surtout vulnérable. Après un exercice 2014-2015 blanc, marqué par un limogeage d'entraîneur l'avant-veille d'un match de Ligue des Champions à... Metz, il est aujourd'hui plus proche des barragistes que des play-offs en Handboldliga. Un remède anti-crise existe : mardi dernier, à Holstebro, Viborg s'est qualifié pour la finale de la Coupe du Danemark (24-27). Gnabouyou y a inscrit trois buts. Une performance individuelle et collective qui tombe à pic pour se rassurer, à l'appel de l'Europe. A la veille de son premier match sur le sol français depuis son départ de Toulon, où elle a passé sept riches années, MP ouvre pour nous son carnet de voyage. Déjà très rempli.

Marie-Paule, vous avez rejoint Viborg au mois de juillet, pour au moins une saison (la seconde est optionnelle). Comment se passe votre vie d'expatriée ?
« Bien. Après sept ans dans le même club (Toulon/Saint-Cyr), dans lequel j'avais mes repères, c'était un vrai challenge pour moi de partir. Je m'étais imaginé le pire pour ne pas être surprise, mais la vie se passe le plus simplement possible. Je commence à bien me faire à la vie danoise. Viborg est une vieille petite ville cosy. On y fait vite le tour. Ca ne me dérange pas trop, car je suis plutot casanière ! Le plus dur, pour une sudiste comme moi, reste le temps et l'éloignement famillial. Mais on s'y fait... »

Avez-vous été briefée par celles qui vous ont précédé au Danemark : Nicolas, Darleux, mais aussi Julie Goïorani et Mariama Signaté (une saison commune à Aalborg, en 2010-11) ?
« J'ai bien sûr pris conseil aupres de Cléo, car elle a joué ici meme dans le club, ma blonde adorée Goio, Maya... Des personnes avec qui je m'entends bien, qui sont toujours de bon conseil. Je suis bien entourée, soutenue par mon ancien club. Je pense aux joueuses, a Thierry (Vincent, le coach), aux supporters toulonnais qui font d'ailleurs le deplacement à Metz pour me soutenir, à ma famille. »

Qu'en est-il de l'accueil au sein de votre nouveau club ?
« L'intégration s'est bien passée. Sachant que je suis la seule étrangere dans l'équipe (*), on a pris soin de me chouchouter. Ce n'est pas toujours facile, surtout avec la barrière de la langue, mais c'est une expérience enrichissante pour moi. J'apprends beaucoup. »

Les infrastructures sont-elles sans commune mesure avec ce que vous connaissiez auparavant ?
« Je n'ai pas pour habitude de faire des comparaisons. Ce que je peux dire, c'est que tout est mis en place ici pour nous permettre d'être concentré sur le hand. Viborg est un club expérimenté, titré, qui connaît bien la méthode. J'ai été surprise par la charge de travail physique. On court énormément. C'est très positif. »

Pourquoi Viborg, neuvième sur douze en Championnat (trois victoires, deux nuls, quatre défaites), est-il autant en difficuté ?
« On est sept nouvelles joueuses, il y a un nouveau coach (Allan Heine) et un nouveau président. Tout ça fait que la mayonnaise met du temps à prendre. Je pense être à l'image de l'équipe en ce moment. Malgré un bon départ, on accuse un peu le coup. On a beaucoup travaillé cet été, il faut du temps pour que tout ça puisse ressortir positivement et enfin avoir un match-référence. Je ne suis pas inquiète, car le talent et le potentiel sont là. On est toutes en forme physique, on se remet beaucoup en question et on bosse. On a aussi joué beaucoup de matches à l'extérieur. En deuxieme phase, ce sera sûrement un avantage de les jouer chez nous. La route est encore longue... »

La Coupe des Coupes révélera-t-elle le vrai visage de Viborg ?
« Chez nous, il y a une vraie culture de la gagne. Alors l'objectif est de tout donner pour gagner chaque match, toutes compétitions confondues. Maintenant, on sait que ce genre de match (aller-retour) se joue sur 120 minutes. Ce sera très disputé, il y aura du combat. Les deux équipes auront à cœur de gagner. Maintenant, avec un peu plus d'expérience, je sais qu'à ce niveau, ce n'est pas l'équipe qui en aura le plus envie qui gagnera. Il faudra plus que ça... J'ai envie de dire : le meilleur gagnera... »

Même dans ce contexte, même sans le label Ligue des Champions, Metz – Viborg reste-t-il un duel de prestige ?
« Effectivement, le match ne se disputera pas dans la même compétition, mais je pense que les deux équipes auraient pu aussi être en Ligue des Champions. Viborg et Metz restent deux très grands clubs. »

Comment sont perçues les Messines au Danemark ?
« C'est une équipe redoutée, qui a très bonne réputation. On ne cite plus ses titres... Cette année encore, elle est talentueuse. Je la connais un peu plus pour avoir perdu beaucoup de fois à Metz (rires), et dans mes meilleurs souvenirs handballistiques, il y a les rares victoires à Metz (qualification pour la finale de LFH 2010, quart de finale de la Coupe de France 2011). »

Comment abordez-vous, personnellement, ce retour au France sous un maillot étranger ?
« Je n'ai aucune appréhension. Bien sûr je suis contente de revenir en France, de revoir Nina Kanto, une de mes meilleures amies. C'est aussi pour ce genre de matchs qu'on s'entraine dur tous les jours. C'est un honneur pour moi de rejouer une Coupe d'Europe et aux Arènes. »

(*) l'effectif de Viborg comporte aussi une Norvégienne (Siri Seglem, demi-centre) et une Hongroise (Barbara Bognar, au même poste).

Metz avec « enthousiasme »... et Maubon

72 heures après s'être relancé dans la course à la première place de LFH (32-28 face à Fleury-les-Aubrais), le Metz HB retrouve Viborg. Un adversaire « toujours redoutable », d'après Jérémy Roussel, contre qui il avait perdu l'essentiel de ses illusions d'accès aux quarts de finale de la Ligue des Champions, l'hiver dernier (défaites 27-26 au Danemark, 23-24 aux Arènes). « L'enthousiasme et la confiance sont là, observe l'entraîneur mosellan, Jérémy Roussel. On espère vivre un gros match comme celui de mercredi. On a envie d'aller loin dans cette compétition. » Les quatorze Dragonnes alignées au dernier match de championnat sont reconduites. L'ailière gauche Marion Maubon (photo ci-dessus), touchée au genou contre Fleury, a pu s'entraîner normalement ce vendredi.

Issy-Paris face à du costaud

Le petit coup d'arrêt, avec ce nul la semaine dernière face à Nantes, a freiné la belle dynamique isséenne (4 victoires de rang avant ça). Mais peu importe. C'est avec beaucoup d'envie et une teinte d'ambition que les vice-championnes de France entament cette nouvelle campagne européenne. Avec le souvenir des belles épopées passées, elles qui ont atteint deux finales en deux ans (C2 en 2012-2013, C4 en 2013-2014). "La Coupe d'Europe, c'est autre chose. Une autre compétition, un autre contexte, une autre intensité, le public est chaud. C'est toujours des gros matchs, sait Coralie Lassource, l'une des meilleures Parisiennes cette saison. En plus, ce sera face à une grosse équipe." Buxtehuder, vice-champion la saison dernière en Allemagne, est en effet une vraie bonne équipe, dont une bonne demi-douzaine de joueuses fréquente ou a fréquenté la Mannschaft. Mais les Allemandes ne sont pas actuellement en pleine confiance, elles qui traînenet à la 6e place de Bundesliga (sur 14), avec 5 points de retard sur le leader.

Coupe EHF : Nantes, un bizuth expérimenté

Nantes est, pour ainsi dire, un faux néophyte sur la scène de l’EHF. Certes, le club ligérien dispute demain le premier match européen de son histoire. Ceci un peu plus de deux ans après sa promotion en LFH. Mais la plupart de ses sociétaires ont déjà goûté aux charmes continentaux. Comme Jovana Stoiljkovic, avec ses précédents clubs serbes et Le Havre, ou les ex-Messines Lovric, Ranikova et Marie Prudhomme.

« Pour le club, les supporters, les bénévoles, il nous tient à cœur de faire une belle prestation samedi, mais surtout d'avoir des buts d'avance, prodigue l’arrière droit aux deux campagnes de Ligue des Champions (2011-12 et 2013-14). Pour avoir déjà vécu la Coupe d’Europe à Metz, c’est vrai que chaque but va compter. On a eu une semaine pour préparer ce match aller, avec des séances vidéo et la réintégration de nos blessées. Le match nul à Issy (26-26 en LFH, vendredi passé) nous a rassuré pour les deux matches à venir. J’espère qu'on ira le plus loin possible. Cette équipe le mérite. »

Elle aura les honneurs de Beaulieu pour se mesurer à Höör, dauphines de Sävehof dans le championnat de Suède (6 victoires, 2 défaites). Depuis mai 2014, le H65 est connu en France pour avoir soufflé la Challenge Cup à Issy/Paris (21-19, 21-23). Six joueuses de l’époque sont toujours dans le collectif drivé par Niklas Harris.

Nîmes fait son retour

Seul club français à avoir remporté deux Coupes d'Europe, à savoir deux Challenge Cup (2011 et 2009), le HBC Nîmes retrouve la Coupe d'Europe trois ans après sa dernière aventure continentale, résultat d'une dernière saison très réussie pour les Gardoises (demi-finale de LFH, finale de Coupe de France). Comme les autres équipes françaises, elles aussi rêvent d'une épopée jusqu'au bout dans cette troisième Coupe d'Europe au niveau encore inégal. L'adversaire qui les attend pour ce 3e tour, les Belges d'Hasselt, n'est d'ailleurs pas un monstre européen. Aux filles de Christophe Chagnard (qui pourra compter sur Chloé Bulleux, déjà qualifiée) de passer ce tour pour s'offrir des rencontres plus prestigieuses encore.

Le programme des clubs français

Coupe des Coupes (C2), 3e tour (16es de finale).- Samedi 14 novembre, 20h15 : Metz - Viborg (DAN) ; Dimanche 15 novembre, 15h : Buxtehuder (ALL) - Issy-Paris. Retour les 21 et 22 novembre.
Coupe EHF (C3), 3e tour (16es de finale).- Samedi 14 novembre, 20h : Nîmes - Hasselt (BEL) ; 20h30 : Nantes - Höör (SUE). Retour le 21 novembre.

© Laurent Hoppe
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