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Odile Dubus: "Il y a de quoi être profondément meurtrie"
Odile Dubus: "Il y a de quoi être profondément meurtrie"
23 Février 2016 | France

Odile Dubus n’a toujours pas accepté la manière dont elle a été remerciée de son action auprès de l’équipe de France féminine A. Elle fait les frais du changement de staff technique mais aussi du mauvais climat qui régnait depuis de longs mois autour de la sélection.

propos recueillis par Yves MICHEL

Odile Dubus, ancienne arbitre internationale, médaille d’or et membre du conseil d’administration de la Fédération Française de Handball n’est plus chef de délégation de l’Equipe de France A féminine. Elle n’a pas été évincée comme l’ont été Alain Portes et ses adjoints mais tout simplement, sa fonction a été supprimée. Elle ne l’a appris qu’au dernier moment, sans avoir eu la moindre explication tangible. Une attitude peu courtoise envers une personne dévouée depuis des années à la cause du handball. Il y a quelques jours, elle a rendu publique une lettre assez véhémente adressée à Joël Delplanque, le président de la FFHB. Elle ne s’était pas exprimée dans les médias notamment sur les turpitudes qui ont secoué pendant plusieurs jours, l’équipe de France féminine et son entourage. Elle a accepté de le faire sur Handzone.  

Quelques jours après avoir appris la suppression du poste de chef de délégation, dans quel état d’esprit vous trouvez-vous ?
L’argument qui m’a été donné est qu’il y avait la volonté de resserrer l’équipe autour d’un noyau technique et médical indispensable au fonctionnement d’une équipe. Je n’ai même pas été concertée. On ne m’enlèvera pas l’idée qu’on a vraiment voulu couper tous les liens avec le staff qui était en place et dont je faisais partie.

Une "chasse aux sorcières" en quelque sorte ?
J’étais là au début de la constitution de la délégation il y a deux ans et demi. Il y a eu, j’en suis convaincue, une pression de la part de certaines… joueuses.

Vous étiez donc trop identifiée à ceux qui ont été évincés ?
Je pense aussi que le nouveau staff n’avait pas envie de gérer une histoire liée au passé. Ce que je peux aussi comprendre comme point de vue.

Les relations avec les joueuses se sont-elles tendues au fil du temps ?
Ce que je constate c’est que lorsqu’elles avaient besoin de moi, elles savaient trouver mon numéro de téléphone et me parler. J’ai été sur les mêmes missions auprès des jeunes, ce n’était pas le même comportement. Sur France A, on a affaire à des adultes et c’est vrai, je ne suis pas spécialement "maternante". La relation dépendait des personnes. Elle était plus facile avec celles que j’avais eues en France jeunes qu’avec celles installées depuis dix ans.

Le Mondial au Danemark a été source de tourments, comment avez-vous vécu ce championnat ?
J’ai trouvé le temps très long… vraiment très long. Ça a été une souffrance de découvrir … (visiblement émue) ... une espèce d’affrontement perpétuel entre deux blocs et de voir que certaines joueuses étaient prises au milieu de tout cela. Elles voyaient, elles entendaient des choses que je n’aurais jamais imaginées dans une équipe qui vise l’excellence.

Tout est sorti sur la place publique, c’est ce que vous regrettez le plus ?
Cela n’aurait certainement rien changé mais je pense que tout ce déballage pendant le Mondial a été nuisible. Tout le monde s’est jeté sur la moindre déclaration. Que ce soit d’un côté, comme de l’autre.

L’éviction du staff technique était-elle écrite à l’avance ?
Je pense qu’il y a eu une opération de déstabilisation à la fois sur le plan handballistique et sur le plan personnel.

Donc, c’était écrit à l’avance…
On peut le penser...

Vous avez été l’objet de lettres calomnieuses et bien-sûr anonymes…
… Je ne souhaite pas m’exprimer sur le sujet. Mon seul étonnement c’est que plein de gens ont été mis au courant. Qui avait intérêt à ce que ce genre de calomnies soit déversé ?

Déjà en manque de visibilité, ces histoires n’arrangent certainement pas l’image du hand féminin…
C’est évident. Je me suis par exemple rapprochée des supporters qui avaient fait le déplacement au Danemark et qui étaient dépités d’apprendre tout ça. Ils m’ont fait part de leur intention de ne plus revenir. De la manière dont elle s’est présentée, l’équipe de France n’est certainement plus attachante.

Malgré tout, gardez-vous de bons souvenirs de ces deux ans et demi ?
Oui… la 1ère année avec les joueuses et le staff. Jusqu’à l’Euro 2014 (en décembre en Croatie et Hongrie), il n’y a jamais rien eu qui soit remonté. Et cela m’interpelle beaucoup. Pendant douze mois, tout allait bien et d’un coup, tout se détériore et l’ambiance n’est plus la même. Il n’y avait plus de complicité.

Que s’est-il passé ?
… le ver est entré dans le fruit…

C’est quelqu'un de l’encadrement que vous visez en particulier ?
… je n’en dirai pas plus.

Dans un courrier que vous avez rendu public, vous avez reproché son manque de courage à Joël Delplanque. Lui en voulez-vous toujours autant ?
J’ai été pratiquement la seule qu’il n’a pas invitée à témoigner sur ce que j’avais vécu en direct au même titre que tous les autres membres du staff et des joueuses alors qu’il était présent au Danemark. Ce qui m’a ensuite déplu, c’est d’apprendre 15 jours après, que le poste de chef de délégation était supprimé. Il y a de quoi être profondément meurtrie. C’est une mission sur laquelle je me suis pleinement investie, bénévolement, sur mes congés mais c’est vrai, vers la fin, j’y allais surtout par devoir.

Handzone
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