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Rétro : Léa Terzi, des jours et une vie
Rétro : Léa Terzi, des jours et une vie
7 Juillet 2020 | France

En douze années de professionnalisme, l'ailière gauche n'a connu qu'un seul club, qui s'appelait encore le Cercle Dijon Bourgogne. Avec le recul conféré par sa vie présente de chargée d'affaires dans une banque et de mère, l'ex-capitaine côte-d'orienne (32 ans) évoque longuement les dates et moments-clés d'une carrière... temporairement relancée en début de saison dernière, avec la relève de la JDA.


Le jour où... vous avez décidé de vivre du handball

« Après le sacre des Costauds en 2001. Ce Mondial, c'était la première compétition que j'avais suivi. Je me suis rendue compte que le handball était une passion, me faisait vibrer. J'avais des posters de Bertrand Gille tapissés partout dans ma chambre, de toutes les tailles ! J'avais aussi un poster dédicacé de Valérie Nicolas. A cette époque, j'ai réalisé que ce n'était pas que le sport de mon père (Pierre, actuel préparateur physique des Bleues et de la JDA Dijon), que ça allait devenir le mien. Mais quand j'évoquais l'idée de devenir joueuse professionnelle, il me rappelait que ce n'était pas un métier chez les filles, à part quelques internationales. »

Le jour où... vous avez débuté en Première division

« Le 14 janvier 2006. Un Nîmes – Dijon (28-25, en championnat), à Pablo-Neruda à l'époque. J'ai dû rentrer vingt secondes dans ce match... C'était d'autant plus symbolique que ma famille est de Nîmes, et que mon père y avait joué son premier match en D1. J'avais profité de la trêve de décembre, quand les internationales partaient en sélection, et où la réserve s'entraînait souvent avec l'équipe 1. On faisait de petites oppositions, j'avais su me mettre en évidence par la défense, et je suis partie avec le groupe au tournoi de Saint-Gall, en Suisse, entre Noël et jour de l'An. Ca s'était plutôt bien passé, et du coup, j'ai été sélectionnée dans l'équipe qui partait à Nîmes. C'était plus qu'un rêve, que je ne pensais pas du tout atteignable à cet âge-là. J'étais ravie de pouvoir appeler mes grands-parents et de leur dire que je venais le lendemain. »

Le jour où... vous étiez sur un petit nuage

« Dijon – Chambray, pendant la phase de play-offs en 2017 (le 31 mai, match aller pour la cinquième place, 23-25). C'est l'un des seuls matches où j'ai mis six buts (sur six tirs). Ce n'était pas dans mes habitudes, parce que je me mettais plutôt en évidence par la défense. »

Le jour où... vous avez piqué votre plus grosse colère

« Le premier match de la saison de D2, à Cannes (7 septembre 2013, victoire 29-30). Céline Murigneux venant de prendre sa retraite, c'était le premier où j'étais l'ailière numéro 1. J'étais co-capitaine avec Béatrice Edwige, je me suis mise une pression psychologique monstrueuse... et rien ne rentrait. J'ai déchanté, j'étais énervée contre moi-même. »

« Je ne voulais pas aller à Bercy... »

Le jour où... vous avez joué à Bercy devant 15 000 spectateurs

Dijon – Metz, affiche de la finale de la Coupe de France, le 25 mai 2013. « Il y avait beaucoup de paradoxes. Dix jours avant, on descendait pour un but, suite à une défaite contre Mios à la maison. Ce jour-là, je ne voulais pas aller à Bercy. Je trouvais que c'était la honte d'aller jouer une finale, faire une fête avec nos supporters, alors qu'on descendait... Les coaches nous ont laissé une semaine de pause pour digérer. On est allées à Bercy à reculons, puis en allant dans la salle pour l'entraînement matinal, on prend la mesure des choses. On est dans le temple du handball français, il y a une place européenne à la clé, certaines filles jouent leur dernier match, alors on va positiver, prendre ce qu'il y a à prendre... Même si on n'a pas gagné (29-37), on a fait une super première mi-temps. On était en mode ''plus rien à perdre'', on était devant à la pause (15-14). Dans le vestiaire, on se rend compte qu'on peut peut-être gagner, et on perd nos moyens ensuite. »

Le jour où... vous avez découvert la Coupe d'Europe

Le 17 février 2007, pour un huitième de finale aller de Challenge Cup. « Je m'étais d'ailleurs fait faire un passeport... sauf qu'on est tombées contre Fleury-les-Aubrais (*) ! Il y a un affect particulier pour la Coupe d'Europe. A l'époque, c'était l'objectif de Dijon, le leitmotiv de mon père. On avait en tête la finale perdue de 2005 (toujours en Challenge Cup, contre le Bayer Leverkusen), où j'étais la fan et la spectatrice déçue du titre qui nous passait sous le nez. J'adorais l'ambiance de la préparation des matches, je sentais beaucoup l'implication et la volonté de mon père de ramener une Coupe d'Europe à Dijon. Plus tard, on a été en Slovaquie (Bratislava, mars 2008) dans un bus-couchette, au Danemark (Odense, novembre 2013) dans un train-couchette... Les conditions de déplacement n'étaient pas les meilleures pour des sportives de haut niveau qui disputent un match important, mais pour la vie de groupe et les souvenirs, ça a quand même son charme ! »

Le jour où... vous avez été championne de France de D2

« On était début avril (2014), on jouait contre Lomme. Si on gagnait, plus personne ne pouvait nous rejoindre. On avait cet objectif de faire mieux que Besançon l'année d'avant, qui était remonté assez tôt. Sauf qu'à partir du moment où on se met la pression, on déjoue... La première mi-temps était catastrophique. La seule fois où je me suis engueulée avec Noura Ben Slama (gardienne dijonnaise entre 2013 et 2019), c'était à la mi-temps de ce match-là... On a mis beaucoup de temps à arracher cette victoire (25-28). On sait qu'on monte en LFH, pas encore qu'on est championnes. Sur la photo que j'ai en tête, on a l'air très très festives sur le terrain. Mais comme on n'était pas à la maison, ce n'était pas la même fête. On a refait une célébration avec nos supporters et partenaires au Palais des sports. J'ai pu secouer la bouteille de champagne et arroser mes coéquipières (rires) ! Grâce à cette année en D2, j'ai une petite ligne à mon palmarès. »

Avec l'équipe de France jeunes, « j'ai touché l'équipement ! »

Le jour... de votre première sélection en bleu

« Un tournoi à Chaumont, avec l'équipe de France jeunes. Ce n'était pas forcément attendu, je ne me permettais pas d'en rêver. Je n'avais pas de poste prédéfini à l'époque, je jouais autant pivot qu'ailière, et je n'étais pas appelée régulièrement. Je n'ai pas fait de championnat du monde ou d'Europe, uniquement des qualifications. Mais grâce à ces stages, j'ai eu la chance d'être dans une génération dorée (1988-89), avec Audrey Deroin, Marie-Paule Gnabouyou, Cléopâtre Darleux, Alisson Pineau, Julie Goïorani qui était la capitaine, Julie Dazet que j'ai retrouvée à Dijon... Comme disait Lilian Thuram dans ''Les yeux dans les Bleus'', j'ai au moins touché l'équipement et quelques petits souvenirs bleu-blanc-rouge ! »

Le jour où... vous avez pris la décision d'arrêter

En cours de saison 2017-2018. « Quand j'ai su que j'étais enceinte, je pensais que je n'aurais pas l'énergie de faire une année supplémentaire. Avant même de savoir que j'allais devenir maman, j'étais déjà dans l'optique de la dernière saison, parce que j'avais déjà anticipé ma reconversion. Les dirigeants, et notamment Christophe Maréchal, m'ont dit de ne pas me positionner tout de suite. D'octobre à avril, je me suis rendu compte que le handball ne me manquait pas autant que je l'aurais pensé. Une fois que ma fille est née, je n'avais pas la volonté de faire tous les sacrifices qui vont avec la carrière d'une sportive de haut niveau, de m'entraîner deux fois par jour. La force de caractère, la motivation qui m'ont menée à cette carrière étaient en train de s'éteindre. Le contexte compliqué de Dijon (retards de salaires, rachat par la JDA en fin de saison...) a aussi beaucoup joué. »

Le jour où... vous êtes réapparue en Nationale 1

C'était le 21 septembre dernier, pour un derby Dijon B - Chevigny (30-31). « Le hasard a bien fait les choses... J'ai acheté une maison en travaux avec mon mari, qui était handballeur en N1 à Semur-en-Auxois. Pendant quatre-cinq mois, je suis retournée habiter chez mes parents... à cinq minutes du gymnase où s'entraîne la N1 de Dijon. J'ai appelé l'entraîneur de la réserve, Anthony Favier, que je connais très bien. Du coup, j'ai fait garder ma fille deux soirs par semaine, et j'y suis allée pour m'amuser et courir. J'y ai découvert un groupe de jeunes hyper sympas, hyper impliquées, hyper sérieuses. Reprendre une licence m'a trotté dans la tête, pour dépanner, apporter une rotation supplémentaire. J'ai appris à l'automne que j'étais enceinte, ma saison s'est donc arrêtée assez rapidement (4 matches joués). Je n'ai pas connu de victoire, les filles ont commencé à prendre le rythme de la N1 et à gagner après. »

Le jour où... vous auriez pu quitter Dijon

« J'ai envisagé de partir en 2012. J'ai été en contact avec Bègles, qui était en D2 et qui m'a contactée pour remplacer Marion Maubon, qui partait à Mios. J'ai été plus ou moins séduite par ce projet, ça faisait quelques années que j'étais derrière Céline Murigneux, à juste titre. Je n'arrivais pas forcément à percer, je stagnais. Mon père m'a parlé des bruits de fusion entre Bègles et Mios, qui pouvaient faire des dégâts pour les joueuses déjà en place. Ca m'a un peu dissuadé, entre autres choses. Je n'y suis pas allée, et au final tant mieux. J'ai apprécié la suite de ma carrière à Dijon, et la fusion Bègles/Mios ne s'est pas très bien passée. »


© Laurent Hoppe
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