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Le Mondial s’invite dans la "prépa" olympique
Le Mondial s’invite dans la "prépa" olympique
24 Juin 2016 | International

Quand les calendriers se bousculent. Le staff de l'équipe tricolore a du composer le même jour, avec le tirage au sort du tour préliminaire du Mondial organisé en France en janvier 2017 et le coup d'envoi de la prépa olympique pour Rio. Dans leurs rôles respectifs, Nikola Karabatic et Claude Onesta ont assumé cette double mission.

par Yves MICHEL

L’équipe de France ne change pas ses bonnes habitudes et après 2008 (pour les Jeux de Pékin) et 2012 (pour ceux de Londres), Claude Onesta a convié vingt joueurs sur un 1er stage dans la station savoyarde de La Toussuire.

Mais ce jeudi 23 juin, les joueurs mobilisés pour ce rassemblement ont connu une journée particulière. A peine rentrés de vacances et avant de grimper en altitude (via Chambéry où ils ont atterri dans la soirée), ils ont assisté à Paris au tirage au sort des groupes du Mondial qui sera organisé en janvier 2017 en France (voir la présentation complète).

Avant de penser donc à leur quotidien en Savoie et de se rapprocher peu à peu du Brésil et des Jeux de Rio, la grande majorité d’entre eux a pu s’intéresser à ce qui allait les attendre dans un peu plus de 200 jours, cette fois à domicile.

Sur les cinq championnats du Monde que la France a gagnés (1995, 2001, 2009, 2011, 2015), Thierry  Omeyer (toujours fidèle au poste) et Jérôme Fernandez ont établi un record absolu de quatre succès. Ils sont sept à trois victoires: Didier Dinart (passé de l’autre côté de la barrière comme adjoint de Claude Onesta), Daniel Narcisse, Xavier Barachet, Guillaume Joli, Michael Guigou, Cédric Sorhaindo et… Nikola Karabatic.

Le stratège du PSG peut encore voir venir. A 32 ans, son appétit est intact et l’ambition toujours présente.  Surtout pour une épreuve mondiale qui va se dérouler à la maison.

Niko, pensais-tu que Claude Onesta allait prendre le groupe A ?
Non, pas forcément… J’ai même rigolé quand je les (avec Didier Dinart) ai vus partir (pour prendre la décision) en me disant que je n’aimerais pas être à leur place. Choisir en si peu de temps, ce n’est vraiment pas facile. Ils ont opté pour un groupe difficile mais en même temps, cela me satisfait car on va retrouver des équipes qui nous ont battus lors du dernier Euro, la Pologne et la Norvège, on pourra prendre une petite revanche face à elles.

Les joueurs avaient-ils été consultés sur un choix éventuel ?
Non, pas du tout. C’est complexe car il faut voir comment cela croise en 8èmes puis en quarts. On en avait discuté comme ça entre nous, à titre informatif, pas vraiment consultatif.

Ce groupe te convient-il ?
Oui. Il y a bien-sûr des équipes dont il faudra se méfier. Je suis impatient de jouer ce France-Brésil, une super affiche pour commencer le Mondial à Bercy et même si ce n’est pas un groupe évident, cela peut bien nous lancer et créer une véritable dynamique si on négocie bien ces matches.

On a parlé d’équilibre sur l’ensemble des groupes…
Plus ou moins. Quand on voit le groupe D (avec entre autres, le Qatar, le Danemark, la Suède et l’Egypte) et peut-être le nôtre (le "A"), on peut dire que les deux autres sont plus abordables. Ces deux là sont un peu plus denses. Même s’il y a de bonnes équipes dans tous les groupes. De toute façon, il n’y a pas de vérité, on le voit à l’Euro de football, en phase préliminaire, les équipes réputées plus faibles arrivent à créer des exploits. L’histoire nous dira si nous avons eu raison de ce choix.

En janvier 2001, tu n’avais pas encore 17 ans, quel souvenir gardes-tu du Mondial organisé en France ?
Il m’arrive d’en parler avec Bruno (Martini, manager du PSG et à l’époque gardien de buts des Bleus). Je ne ratais aucun match à la télé et je vibrais à chaque fois que je voyais la France jouer. J’en garde des images très précises. Le quart de finale contre l’Allemagne avec ce but dans les toutes dernières secondes de Jackson (qui amène les Tricolores en prolongations), et puis la demi, et puis la finale... Ça m’a véritablement donné envie de faire tout ce que j’ai fait par la suite. Mais je n’ai jamais eu la chance de jouer un championnat du Monde ou d’Europe à la maison, j’en rêvais et on le touche presque du doigt, je suis très heureux.

Depuis 2006, on trouve normal que la France remporte les compétitions auxquelles elle participe. La pression va-t-elle  être plus importante puisque cette fois c’est à domicile ?
Oui, il y aura plus de pression mais sur toutes les autres compétitions, il y avait cette obligation de gagner mais en plus, n’étant pas chez nous, le public ne nous soutenait pas. Toutes les salles voulaient nous voir perdre. Là, on va nous mettre le statut de favoris sur le dos, la France sera derrière nous donc je pense que cela sera plus facile.

Ce sera encore mieux de se présenter en champion olympique ?
(rires). Ah ouais, ça… je n’ose même pas en rêver !

Si certains vont arrêter au Mondial 2017, qu’en est-il de ton côté ?
Je ne me suis même pas posé la question… pour l’instant. Tant que je suis en forme, tant que je prends du plaisir à jouer et que j’aide mon équipe en étant performant sur le terrain, je ne me vois pas encore m’arrêter.

Se projeter sur un championnat du Monde, à six mois et demi de l’échéance et alors qu’il y a un tournoi olympique à disputer, une saison de championnat, de coupe et de Ligue des Champions à débuter, Nikola Karabatic comme la plupart de ses coéquipiers, aura largement le temps de le faire.


                             Didier Dinart et Claude Onesta... la tête désormais à la prépa olympique

Prépa olympique: avant l'heure du choix des 15, stage à La Toussuire

Dans les deux mois qui arrivent, Claude Onesta aura lui, d'autres préoccupations à satisfaire. Même s'il garde une certain plaisir, une fierté même... à voir le prochain Mondial organisé à la maison, le patron des handballeurs français s'est mis depuis quelques jours en mode "préparation olympique". Avec un programme très précis pour les vingt joueurs qu'il a décidé de rassembler (voir la liste ICI). Dès ce vendredi et jusqu'à dimanche 3 juillet, les Bleus sont en stage à La Toussuire. A 1700 m d'altitude. « Ce stage sera axé sur le physique, confirme le technicien. Les joueurs sortent d’une période de vacances, il faudra gérer tout ça et Alain Quintallet a établi un programme adapté. Il n’y aura pratiquement pas de jeu avec ballon. » Ce stage ponctué également de balades en VTT, de traversées en tyrolienne et via ferrata (itinéraire sportif sur une paroi rocheuse) durera donc dix jours. Le temps de passer à la maison, de voir rapidement la famille et les proches, les Bleus, toujours à 20 dans le groupe, se retrouveront ensuite à Rodez. Le chef lieu de l’Aveyron avait accueilli la sélection nationale en 2004 avant les Jeux d’Athènes. Espérons toutefois que l’issue olympique sera plus favorable qu’en Grèce.

Cette étape plus "tactique" sera très importante pour l'entraîneur national qui devra livrer l’identité des 14 joueurs et du remplaçant appelés à s’envoler pour les Jeux de Rio. « Le tout est de savoir qui rentrera à la maison. On sait tous que cinq seront concernés. Ce n’est pas évident car tu fais des déçus, des gens meurtris… Mais ce que je vais chercher à avoir c’est le maximum de solutions et parfois, on ne choisit pas poste pour poste. Donc ce n’est pas la valeur absolue qui va peut-être compter, mais plutôt la polyvalence, l’équilibre dans le jeu… après c’est vrai, j’ai déjà une idée sur l’équipe à 70%. Si la question est de savoir si Omeyer y sera… il va falloir qu’il s’applique mais je pense qu’il devrait y être (sourires). » Il y a 4 ans, Bingo, Dumoulin, Mahé, Kévynn Nyokas et Detrez avaient été les recalés de Londres. Claude Onesta n’est pas du genre à s’appesantir individuellement sur les raisons de son choix. Ni à se reposer sur tel ou tel avis. La décision tombe. Implacable. « De toute manière, je sais que lorsque je vais l’annoncer, quelle que soit la formule, celui qui sera laissé, va me haïr. Donc, il n’y a pas d’ambiguïté, je comprends bien que c’est un rêve qui s’écroule. Non seulement je l’annonce en commun mais globalement, je le décide seul. Au moment où je descends, les gens du staff ne connaissent pas le choix définitif. Parce que justement, je ne dois pas leur faire porter ce choix là. Il faut qu’ils gardent une certaine proximité avec les joueurs et qu’ils ne soient pas considérés comme faisant partie des coupeurs de têtes. C’est douloureux à la fois pour ceux qui nous quittent mais également pour ceux qui restent. Il faut que cela arrive parce que sinon, les gens vont se sauter dessus.» Avec le temps, les éléments vont apparaître de plus en plus évidents comme le fait, par exemple, de ne partir qu’avec deux des quatre gardiens présents. Trois joueurs de champ devront donc être éliminés. Le stage à Rodez se poursuivra jusqu’au vendredi 15 juillet, avant d’entamer la dernière phase à Strasbourg (du 18 au 25).

En Alsace, les Bleus pourront enfin se jauger face à des adversaires largement à la hauteur puisqu’ils participeront au célèbre et très relevé Eurotournoi. Le vendredi 22, ils se frotteront à l’Egypte, championne d’Afrique, le dimanche 24, soit à l’Allemagne (championne d’Europe) soit au Danemark de Mikkel Hansen. Le départ pour le Brésil est programmé le 2 août. Juste avant, les 15 heureux élus seront passés par Enghien-les-Bains où il sera encore temps de procéder aux derniers réglages. 

© Yves Michel
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