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Jérôme Fernandez: "Les Français sont un ton au dessus"
Jérôme Fernandez: "Les Français sont un ton au dessus"
16 Août 2016 | International > Jeux Olympiques

Dans la dynamique des filles qui se sont qualifiées pour les demi-finales, les hommes de Claude Onesta n'ont plus qu'à les imiter. Pour cela, il leur faut venir à bout du Brésil ce mercredi à 15h00 (H.F). Un adversaire largement à la portée des Bleus qui pour Jérôme Fernandez, leur ancien capitaine, sont les grands favoris du tournoi olympique.

par Yves MICHEL

Jérôme Fernandez s'est fait une raison. A 39 ans, son compteur chez les Bleus s'est définitivement arrêté à 387 sélections et 1456 buts inscrits, ce qui en fait toujours le recordman des réalisateurs. Si l'ancien capitaine tricolore est encore en activité dans le championnat sous les couleurs d'Aix comme entraîneur-joueur, il est présent à Rio depuis le début de l'aventure olympique. Il assiste à toutes les rencontres de l'équipe de France et de ses adversaires puisqu'il les commente pour le groupe France Télévisions. Une expérience supplémentaire à son parcours étoilé et une légitimité pour donner son avis sur la compétition et sur les chances de ses anciens partenaires.

Jérôme, ces quarts... c'est le coup d'envoi des Jeux ? 
Oui, tous les compteurs sont remis à zéro. Ceux qui étaient dans le dur jusque-là, n’ont plus rien à perdre et souvent ils se lâchent et cela donne des beaux matches et ceux qui ont fait 1ers, ils arrivent avec le plein de confiance mais peuvent se faire surprendre. On se souvient tous d’Athènes qui a été la plus cruelle désillusion pour les joueurs de ma génération.

Qu’as-tu retenu du parcours des Bleus ?
Très sincèrement, par rapport à ce que j’ai vu, dans les bons moments bien-sûr et il y en a eu plus que les mauvais, les Français sont un ton au-dessus du reste. Alors, on peut voir la Croatie ou l’Allemagne capables de lutter sur 60 minutes mais les battre sur une demie ou une finale, je ne pense pas. La France ici a plus de marge qu’elle en avait à Londres. Cela ressemble beaucoup plus à Pékin.

Surtout que la gestion du groupe est bonne…
C’est sûr que quand tu vois qui était sur le banc lundi contre le Danemark et que ceux qui sont entrés ont fait leur part du boulot, le message était clair. En plus, Daniel nous a sorti une prestation stratosphérique et ça, c’est important pour la suite.

Doit-on craindre le Brésil ?
C’est vrai qu’ils n’ont rien à perdre et encore moins contre la France mais je pense qu’ils ont brûlé beaucoup d’énergie pour se qualifier, ils sont cramés. En plus je n’ai pas compris pourquoi Ribeira a utilisé ses cadres pour finalement perdre le match contre la Suède. J’aurais gardé des forces pour le quart de finale. C’est bizarre, je ne les vois pas tenir plus de 30 minutes contre les Français.

Le match est à 10h du matin (heure locale)…
Quand je me remémore le match de la France contre le Qatar à 9h30, je ne suis pas inquiet. Je ne vois pas quels facteurs externes peuvent pénaliser les Français.

Peut-être le public, qui a joué des tours à Lavillenie et aux volleyeurs ?
Ce n’est pas le même contexte et puis Renaud ou les volleyeurs n’avaient pas l’habitude de ce type d’ambiance. Nous, (clin d’œil) on est rodés !

Quel est ton regard sur les trois autres quarts de finale * ?
On peut dire que la logique est respectée par contre, pour moi il y a vraiment quatre équipes qui se détachent du lot : la France, la Croatie, l’Allemagne et la Slovénie. Une surprise est toujours possible mais je suis convaincu que le podium est parmi ces 4.

Tu oublies sciemment le Danemark…
Oui car ils ne sont pas bien. Ils ont eu des soucis sur les défenses étagées et leur plus gros problème, ce sont leurs gardiens. Le niveau de Landin et de Green est très inquiétant.

As-tu senti que la France inspirait toujours une certaine crainte ?
Ah oui… surtout Thierry ! dès qu’il entre en jeu, les tireurs se comportent différemment, ils essaient d’attendre la meilleure solution alors que sur Vincent, ils prennent plus de risques. Non, vraiment, les Français sont redoutés.

Derrière un micro de télévision, la vision du tournoi est-elle différente ?
Je le vis super bien et je pense que c’est la meilleure manière pour moi de suivre la compétition. Alors, c’est vrai je suis moins dans l’intimité des joueurs, je ne les vois qu’en zone mixte mais le fait d’être à Rio, de commenter les matches, c’est un immense plaisir.

Cela atténue une certaine frustration ?
Alors... pas du tout ! Je pensais sincèrement en avoir une mais comme j’ai fait le deuil de l’équipe de France depuis janvier et que je n’étais pas en avril sur le stage alors que j’étais parmi les 28 pour les Jeux, je me suis rendu à l’évidence.

Pour dépanner, avais-tu fait suivre un équipement complet ?
Pas du tout ! Je n’ai même pas pris de chaussures de hand. Je retrouverai tout ça dans une semaine à Aix avec mon équipe.

De la laisser pendant presqu’un mois avec tes responsabilités, était-ce bien raisonnable ?
La décision a été partagée avec les gens du club, tout a été planifié depuis mars, avec Didier De Samie, j’ai fait la 1ère semaine avec eux, ils ont ensuite attaqué le physique et puis le championnat, en raison des JO reprend un peu plus tard. En plus, même si je vais être dans l’effectif cette année, je ne serais que le 17ème ou le 18ème joueur.

Il parait que tu aurais recruté un (futur ex ?) nageur très connu ?
(rires)
Je ne vais pas revenir sur les déclarations de Florent (Manaudou) mais je savais qu’il avait fait du handball étant plus jeune et Guillaume Gille qui l’a vu à l’œuvre m’en a dit le plus grand bien. En plus, il habite Marseille, nous, on est à Aix, donc je vais l’inviter à venir s’entraîner avec nous. S’il veut commencer le hand de haut niveau, il vaut mieux qu’il débute à Aix plutôt qu’à Montpellier ou au PSG. Après, est ce qu’il a le niveau pour la Nationale 1 ou 2 ou plus haut ? Il faut qu’il vienne se tester.

Le Brésil couleur très européenne

Les succès dans la phase préliminaire face au champion d’Europe allemand et la Pologne ont galvanisé le Brésil qui a déjà rempli son contrat en se qualifiant pour la 1ère fois de son histoire en quarts de finale des Jeux Olympiques. Mais comme les « Auriverde » ont un moral à toute épreuve, qu’ils n’ont rien à perdre face aux Français et qu’ils savent qu’ils seront soutenus par une foule en délire, pas souvent avertie et très chauvine, tout leur est permis. Le seul véritable accroc outre celui face à la Slovénie, c’est ce dernier match contre la Suède qui n’avait plus rien à espérer du tournoi olympique et qui a profité d’une certaine démobilisation des Brésiliens.  Mais en homme avisé, l’Espagnol Jordi Ribeira qui a conscience d’avoir un groupe jeune (26 ans de moyenne d’âge) sait que ses joueurs seront prêts au bon moment. La France qui n’a jamais perdu face à cet adversaire devra se méfier de joueurs qui à l’exception de quatre d’entre eux, évoluent en Liga Asobal (7) dont le meilleur buteur de l'équipe, l'ailier droit de Guadalajara Fabio Chiuffa (photo ci-dessus), en Pologne (1), Hongrie (1) et en France pour le Chambérien Joao da Silva. De l’expérience donc mais aussi de l’immaturité mais sur leur sol, ils se sentent pousser des ailes.

* la présentation des quarts de finale et tous les horaires, c'est ICI.

© Yves Michel
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