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Mondial: Après l'hécatombe dominicale, la France n'a qu'à bien se tenir
Mondial: Après l'hécatombe dominicale, la France n'a qu'à bien se tenir
23 Janvier 2017 | International > Mondial

L’Espagne qui se qualifie face au Brésil dans le money-time, la Croatie qui se fait remuer par l’Egypte, l’Allemagne et le Danemark éliminés, les favoris ne sont pas à la fête dans ce 25ème championnat du Monde. La France attend sereinement son quart de finale face à la Suède. En espérant ne pas rejoindre prématurément la charrette des condamnés.

A Lille, notre envoyé spécial Yves MICHEL

Après une journée comme celle de dimanche, on doit se rendre à la raison. La hiérarchie du handball mondial est faite pour être bouleversée. L’obtention même récente d’un titre n’offre aucune garantie sur l’avenir. Qui aurait pu penser que le Danemark champion olympique et l’Allemagne championne d’Europe passeraient à la trappe ? Il n’y a que la Roumanie dans les années 60-70, la Russie ou la Suède dans les années 90 et la France, dix ans plus tard et au-delà pour confirmer une performance précédente. La double élimination dominicale reste un évènement et va valoir d’exemple. L’Allemagne et le Danemark ont beau avoir des joueurs de qualité, sans doute pour certains postes, les meilleurs de la planète mais lorsque la pression pèse lourd sur les épaules et que surtout, l’adversaire qatari (pour la Mannschaft) ou hongrois (pour les Nordiques) n’a rien à perdre, il suffit que le moindre détail parmi les plus infimes soit négligé pour que la bascule se fasse à l’opposé du pronostic.

Ces deux coups de semonce sont en fait un avertissement pour ceux qui vont suivre. Les plus "riches" en matière de palmarès sont donc exposés. L’Espagne qui s’était qualifiée la veille, a bien failli rentrer à la maison à cause de vaillants Brésiliens qui n’avaient rien à perdre. Que dire aussi des Croates qui ont mis longtemps à se défaire du joug égyptien ?

La France sur ses gardes ?

La France aura à faire à un adversaire qu’elle connait parfaitement bien. Avec des joueurs qui individuellement ont évolué ou évoluent encore côte-à-côte en club (Mahé / Gottfridsson à Flensburg – Nielsen et six Tricolores au PSG). Qu’est ce qui peut donc faire la différence ? Cette pression qui ne va aller qu’en augmentant pour les Bleus condamnés aller le plus loin possible parce que le championnat se déroule sur le sol national ? « Au contraire, tempère Nikola Karabatic, je vois plutôt le côté positif d’évoluer à la maison. Je sais qu’on est attendu, je sais que je suis attendu mais je n’ai rien à prouver aux autres, j’ai quand même de longues années derrière moi, des compétitions et des titres, la pression… c’est mon amie, elle est au quotidien avec moi donc je sais comment la maîtriser. » Pourtant, l’aîné de la fratrie aurait pu marquer le coup, lorsque son frère Luka a quitté le groupe après avoir disputé en tout et pour tout 45 minutes en deux matches. L’aspect fusionnel n’a pas pris le dessus. Enfin, Nikola n’a rien laissé entrevoir. « Ce genre de blessure peut arriver à n’importe quel moment et tomber sur n’importe qui. Cela m’a fait plus prendre conscience de la chance que j’avais et que nous avions de profiter des moments vécus. Plus la carrière déroule, plus on apprend à relativiser et voir plus loin. » Voilà deux ans que la France n’a plus gagné de titre. Deux ans où son statut a été écorné. L’exigence est telle que même une médaille d’argent olympique n’a pas été suffisante pour estomper la déception d’une finale perdue. « J’aurais aimé plus que tout, gagner cette finale mais si on pense aux autres qu’on a remportées et surtout aux autres équipes qu’on a battues, elles ont du ressentir la même chose que nous et elles sont passées à autre chose. Pourquoi nous n’aurions pas le droit de perdre une fois une finale ? Maintenant, on sait que cela peut arriver, chacun fait ce qu’il veut avec ça, je pense qu’il vaut mieux passer à autre chose. » Le bleu de chauffe, c’est la panoplie que les Français vont devoir enfiler face à des Suédois totalement décomplexés.



La Suède conquérante et sans complexe

Alors si leur 8ème face à la Biélorussie a plus pris des allures de séance de démonstration ou d’entraînement avec opposition, les Nordiques qui depuis l’été ont perdu quelques-uns de leurs cadres (retraite internationale pour les deux Andersson Mattias et Kim, pour Karlsson , semi-retraite pour Kallman) ont su trouver les bons joueurs aux postes-clé. La colonne vertébrale de cette équipe a fière allure. Deux excellents gardiens (Appelgren et Palicka), un demi-centre très intuitif (Gottfridsson) et des pivots interchangeables et d’expérience comme Andreas Nilsson (Veszprém) et Jesper Nielsen (PSG - photo ci-dessus). Sans oublier des latéraux très adroits et très rapides (les deux ailiers Ekberg et Tollbring ne sont pas les meilleurs buteurs de l’équipe par hasard).

Par presse interposée, les Suédois ont pointé du doigt la répartition des rencontres sur ce Mondial et notamment le calendrier de l'Equipe de France. Comme l’avaient fait d’autres nations pendant la phase préliminaire, l’adversaire des Tricolores jouant souvent la veille du match. « Nous avons pris la Norvège alors qu’elle avait joué la veille et elle a livré un match très engagé, rétorque Didier Dinart. » L’argumentation suédoise n’ira pas plus loin que la simple remarque même si un doute persiste dans les têtes.  « Nous allons bien récupérer, assurait Lukas Nilsson, l’arrière gauche de la Suède au sortir de son 8ème. Nous allons faire en sorte de les battre. Il y a une telle attente dans le pays que la pression du public peut se retourner contre eux et nous, on peut en tirer bénéfice. En tout cas, ce sera un grand match.»  Avant d’arriver en France avec une équipe très rajeunie (moyenne d’âge : 24 ans et demi), l’entraîneur Kristjan Andresson avait fixé l’objectif d'une qualification en quarts de finale. Maintenant qu’il est atteint, il est fort peu probable que ses joueurs veuillent s’arrêter en chemin et rentrer à la maison. L’exemple d’une équipe allemande que personne n’attendait, il y a un an à l’Euro, a donné des idées à bon nombre. Sauf que l’Allemagne et même le Danemark ont disparu dès le 1er match couperet. L’hécatombe des favoris avant le carré final n’est peut-être pas terminée. Aux Français de tout mettre en œuvre pour que la Suède n'ait pas de nouvelles idées en tête.



Yanis Lenne suit le mouvement et apprend

On finirait par l’oublier mais il y a bien un 17ème homme de cette équipe de France et depuis le début du Mondial, c’est Yanis Lenne qui assume ce rôle ingrat même s’il répète à l’envie qu’il ne changerait pour rien au monde, sa situation. Le Sélestadien accompagne les Bleus jusqu’aux limites du terrain, participe aux entraînements, à la vie de groupe mais prend place dans les tribunes peu avant le coup d’envoi. «Forcément, rester sur le côté, je ne supporte pas ça. Au départ, cela ne me dérangeait pas trop mais au fil des matches et surtout avec leur importance, je n’ai qu’une envie, c’est de sauter sur le terrain, alors oui, depuis deux ou trois matches, ça commence à être dur quand les mecs commencent à entrer dans leur bulle, tu as l’impression de ne pas être à ta place dans le vestiaire. » L’apprentissage pour celui qui quittera l’Alsace l’été prochain (le PSG serait sur les rangs) passe par ces moments de frustration. « J’ai appris plein de choses jusqu’à aujourd’hui. Sur le plan mental, la préparation des matches, sur la tactique, je fais ici un travail physique avec Alain Quintallet que j’ai rarement fait ailleurs, j’ai rarement été en forme comme ça aujourd’hui, donc c’est tout bénéfice. »

© Yves Michel
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Step off my blue suede shoes
emmanuel clerc | Mardi 24 Janvier 2017 (11h50)
Oui mais dimanche, c'était dimanche... Et le "jamais 2 sans 3" concerne aussi l'Espagne et la Croatie... Si les Français prennent le match par le mauvais bout, le match peut-être serré... mais les Suédois peuvent tout aussi bien exploser... Leurs gardiens sont sur circuit alternatif, on ne sait pas comment ils vont aborder les tirs français... La jeunesse de cette équipe est une arme à double-tranchant... En cas de difficultés et avec l'appui du public, elle peut vite devenir manque d'expérience et craquage irréversible, même si elle posséde un coach au niveau... La crainte, c'est une entame "timide" de l'EdF face à une furia suédoise, et un Titi qui tarde à faire les arrêts... Mais même dans cette configuration, on se souvient de remontadas fantastiques que les joueurs de ce mondial, cadres et nouveaux venus, sont aussi capables de réaliser...
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