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Mondial : La France superbe quand elle souffre
Mondial : La France superbe quand elle souffre
24 Janvier 2017 | International > Mondial

On avait annoncé que le quart de finale face à la Suède serait dur… Et que ce fût dur ! On ne sait pas où les Bleus s’arrêteront désormais mais une chose est sure, ce quart de finale remporté 33-30 sur une superbe équipe de Suède restera comme un des gros temps forts de ce Mondial. Souvent les Bleus auront été à la limite de la rupture. A chaque fois ils ont trouvé les ressources et les hommes pour revenir dans le match et de nouveau jouer la gagne. Ce fut d’abord Kentin Mahé impeccable au 7 mètres. Ensuite Nedim Remili qui va tenir les Bleus à la force de son poignet magique, pour finir par un duo Karabatic-Narcisse rois du money time.

A Lille, notre envoyé spécial Yves MICHEL

C’est  une véritable satisfaction pour les Bleus et leur staff mais aussi pour tous ceux qui les suivent de poursuivre l’aventure dans ce Mondial. L'équipe de France entre dans le  dernier carré où l’Allemagne championne d’Europe et le Danemark champion olympique ne figurent pas (parce qu’éliminés dès les 8èmes) mais aussi l'Espagne (écartée en quart par la Croatie), trois formations que le pronostic avait pourtant installé parmi les vainqueurs potentiels.

Mais que ce fût dur face à la Suède ! Et finalement, c’est comme ça qu’on aime le handball. Un match d’hommes où l’adversaire n’est pas disposé à lâcher prise et où le sens tactique ne trouve son accomplissement et sa quintessence qu’au moment de l’emballage final.  Pour en arriver à l’heureux dénouement, les Français ont du se battre comme des loups défendant leur territoire. Les Suédois eux, n’avaient rien à perdre. Ils ont abordé ce énième rendez-vous face à l’équipe du pays hôte, sans le moindre complexe. Mais avec une f…… idée derrière la tête. La jeunesse nordique encadrée par l’expérience de partenaires guère plus vieux voulait tout simplement se payer le champion du Monde en titre mais aussi l’équipe qui durant les seize années écoulées (et la finale perdue en prolongations), avait si souvent humiliés ses aînés.

Les Tricolores savaient que le début de rencontre pouvait donner le ton de la soirée. Tout était réuni pour que la fête soit belle. 28 000 âmes en communion comme le samedi précédent dans ce qui est finalement, une belle salle de handball, étaient prêtes à s’enflammer, s’égosiller, taper dans les mains jusqu’à ne plus pouvoir.

La faillite de "Titi" et la roublardise de Fabrégas

Dans cette entame de 1ère période, les Bleus vont connaître du bon (au début) et du franchement moins bon (par la suite). La faillite inhabituelle de Thierry Omeyer sera la personnification de ces errements.Ses défenseurs ne l’ont pas aidé notamment en laissant le longiligne Lukas Nilsson faire son show sans être touché (5/6 en 1ère… et puis… c’est tout !) "Titi" qui a si souvent sauvé la patrie est passé à côté de son match. A peine 2 arrêts à 13% en 25 minutes, les stats plaident en sa défaveur. Sur le bord du terrain, Didier Dinart a essayé le plus longtemps possible de retarder le moment mais contraint et forcé, le changement était inévitable. Vincent Gérard va entrer alors que la Suède venait d’aligner un cinglant 0-3, devant une défense française à contre-temps et une attaque plutôt dispendieuse. « On n’a pas été super précis, se plaignait Michaël  Guigou, il y avait des balles qui traînaient qui ont été souvent pour eux et lorsqu’on aurait pu tuer le match à +3 ou +4, on n’a pas réussi à le faire. Mais je crois qu’il faut aussi reconnaître qu’on a été en face d’une Suède qui a de très bons joueurs et qui a sorti un gros match. » En cette 1ère période, seul Ludovic Fabrégas, le Tricolore le plus régulier depuis le début de ce Mondial, avait bonifié (presque) tous les ballons échoués entre ses mains. Le gaillard de Banyuls a véritablement pris 10 ans depuis le match inaugural contre le Brésil. «Il ne m’épate pas forcément lâche son capitaine au MHB, il confirme tout simplement tout le talent qu’il a et il a encore une grande marge de progression. » Guigou par ses changements de rythme, Fabrégas par son talent au corps à corps, Porte très sobre en défense... moins à l'aise en attaque, Vincent Gérard l'autre Montpelliérain de la bande, va apporter sa pleine contribution lorsqu’il sera lancé au relais de "Titi". «Ma performance individuelle, je ne préfère pas m'étendre dessus, l'important est d'avoir apporté ma contribution. Je suis prêt à entrer à tous moments, je ne suis pas un spectateur VIP. »  Le portier héraultais va choisir de briller pratiquement dès son entrée en piste. Et il restera sur cette tonalité jusqu’à la fin en sortant des parades à des moments-clé (2 dans les 5 minutes avant la pause, 7 en seconde période). Juste assez pour réhabiliter aux yeux de tous, le métier de gardien.

Encore malmenés au retour du vestiaire, les Bleus vont gagner un peu plus de duels et les Suédois, payer leur débauche d’énergie et des fautes de plus en plus grossières, permettant à Kentin Mahé à 7 mètres de montrer tout son sang froid (le joueur de Flensburg réalisera un sans faute que ce soit face à Appelgren (4/4) ou Palicka (3/3). Rien ne va le perturber, pas même l’assistance hors normes rugissant autour de lui. « Très franchement, je n’ai pas cogité de savoir qu’il y avait 28 000  personnes qui retenaient leur souffle jusque fois que j’avais à tirer. C’est vrai, je n’ai pas trop varié ma façon de tirer. Cette fois, ça a marché, je ne sais pas si cela fonctionnera la prochaine fois. L’essentiel, c’est le résultat de ce soir. »  Et ce résultat, les Français vont le construire, à la pogne et aux tripes avec dans le dernier quart d’heure, un Daniel Narcisse qui va dynamiter le bloc adverse. Au bon moment, alors que les Nordiques maintenaient le contact et avaient même, une nouvelle fois, pris les commandes (25-26 à la 48ème). On avait connu "Air France" en funambule au dessus du Grand Canyon, on l’a vu bulldozer ! Et comme dans la maison bleue, on aime ne rien faire à moitié, la réussite du capitaine du PSG (aidé en cela pour un Nikola Karabatic qui avait pu souffler) va inspirer son jeune partenaire de club, Nédim Rémili. Les Suédois étaient sur le reculoir et ne vont plus refaire surface malgré quelques flèches décochées par le géant de 2.03, Simon Jeppsson.

Ce fût dur donc, mais comme les Français adorent le combat, ils se sont régalés et ont régalé leur fabuleux public. 

Dès jeudi à Paris (20h45), les Tricolores seront opposés en demi-finale à la Slovénie (voir ici) qu’ils connaissent pour l’avoir notamment rencontrée la semaine précédant le début de la compétition en préparation. Le contexte sera bien entendu totalement différent et les deux victoires françaises (29-27 et 33-26) à mettre au rayon de l’anecdotique. Pour la petite histoire, les Gérard, Guigou, Porte et Fabregas seront ravis de retrouver Dolenec et Kavticnik leurs camarades de club. Mais certainement pas pour parler du pays.


Tac au tac avec Didier Dinart, co-entraîneur des Bleus...

Didier, comment qualifier le match de ce soir ?
Le match de la sérénité. C'est vraiment un état d'esprit positif que montre l'équipe à ce jour, c'est vraiment le message que j'essaie de faire passer, il y a seize joueurs qui se battent, seize joueurs à disposition de l'équipe de France, je tiens vraiment à les accompagner, on essaie de tout faire pour qu'ils soient dans les meilleures conditions.

Pourtant, le début de match n'a pas été bien brillant. Timothey N'Guessan par exemple, n'a pas trouvé ses marques.
Pour moi, Timothey a été très précieux. Grâce à lui, Nikola a pu souffler et on a pu dans la durée préserver Daniel en 1ère période. C'est tout cela qui fait que l'équipe de France arrive à avoir le relais nécessaire pour durer dans ce match.

Vous avez la satisfaction de retourner à Paris...
C'est un minimum. Un objectif majeur et prioritaire qu'on avait fixé dès le départ. Aujourd'hui, on s'est tout simplement ouvert la porte aux médailles et on va se battre pour avoir la plus belle qui soit.

C'est le match référence dans le combat, la dureté ?
Je crois... face à une équipe qui a le plus de dynamisme en contre-attaque mais sur le plan tactique, ils ont montré leurs limites. Ils ont choisi le changement de leurs arrières gauches et du pivot qui était plus favorable en 1ère mi-temps mais en 2ème période, lorsque tu dois faire un changement long et qu'on pousse les ballons, c'est beaucoup plus préjudiciable. Donc, on s'est installé et on a fait la différence rien que sur l'engagement rapide.

C'est ce qui t'a poussé à persister dans tes choix ? Notamment en 1ère, vous laissez faire Lukas Nilsson...
On a maintenu la même disposition parce que je savais qu'en 2ème mi-temps, on allait changer la rotation. Qu'on allait remettre Mika Guigou, qu'on allait remettre les deux pivots et qu'on allait avoir les changements favorables. J'ai été tenté de rentrer mais bon je n'ai plus l'âge, ils sont bons et assez grands.

Le diaporama de France - Suède par Céline Dély


A Lille, Stade Pierre Mauroy, mardi 24 janvier 2017 à 19h
Quart de finale
France – Suède : 33-30 (Mi-temps : 15-16)

28 010 spectateurs
Arbitres : MM  O. Raluy-Lopez & A. Sabroso-Ramirez (Esp)

Evolution du score : 2-2 (3è) 6-4 (9è) 9-7 (13è) 11-9 (16è) 13-13 (23è) 13-14 (25è) 14-16 (28è) 15-16 (MT) 15-17 (32è) 18-18 (35è) 21-19 (38è) 22-19 (40è) 23-23 (45è) 26-26 (49è) 29-26 (53è) 33-30 (FT).



France - Suède 33-30
Mondial 2016-2017, 24 Janvier 2017 (19h00), Tour 2 | Phase 1
FranceFrance
JoueursTcPeTtPdInBp2mnRgeButEva
K.MAHÉ2/37/79/1000110922
L.FABREGAS5/50/05/510010515
D.NARCISSE2/40/02/450000214
N.REMILI6/80/06/810200614
N.KARABATIC3/50/03/56032039
V.PORTE2/50/02/54010029
T.N'GUESSAN2/50/02/52120025
M.GUIGOU1/10/01/11010013
C.SORHAINDO2/30/02/30001023
L.ABALO1/20/01/20010010
W.ACCAMBRAY0/00/00/00000000
A.DIPANDA0/00/00/00000000
D.MEM0/00/00/00000000
O.NYOKAS0/00/00/00000000
Total26/417/733/4820111503394
GardiensAcApArrPdInBp2mnRgeButEva
V.GERARD9/240/19/250100006
T.OMEYER2/150/02/15000000-8
Total11/390/111/4020211503392
SuèdeSuède
JoueursTcPeTtPdInBp2mnRgeButEva
J.GOTTFRIDSSON7/90/07/931410717
L.NILSSON5/80/05/830200514
J.TOLLBRING3/31/14/410000414
N.EKBERG4/60/14/70000047
S.JEPPSSON3/30/03/31020037
A.LAGERGREN3/60/03/61010036
J.KONRADSSON1/10/01/10000013
J.NIELSEN1/10/01/10101013
P.STENMALM1/10/01/10001011
E.FREND-ÖFORS0/00/00/00000000
F.PETTERSSON0/00/00/00000000
A.NILSSON1/20/01/2002001-2
M.DARJ0/00/00/0000200-4
M.ZACHRISSON0/20/00/2000100-4
Total29/421/230/449211603062
GardiensAcApArrPdInBp2mnRgeButEva
M.APPELGREN11/280/411/320010001
A.PALICKA1/90/31/12000000-11
Total12/370/712/449212603052


Le résumé du match en vidéo

© Yves Michel
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La taquetaquetique de DD
emmanuel clerc | Mercredi 25 Janvier 2017 (11h13)
Dinart l'a dit et redit, la victoire est avant tout tactique, une histoire de changements, nombreux et plus ou moins longs... Un peu court peut-être mais sans doute loin d'être inexact... Reste que balayer la performance très moyenne de N'Guessan au nom de cette même tactique, là, c'est quand même trop court, à moins de refuser systématiquement de parler des hommes qui font le collectif... Or la perf de Tim interroge... Une entrée d'Accambray ou un positionnement de Guigou ou Mahé en demi-centre n'aurait-il pas permis également de faire souffler Nikola ?... Bref, 2 buts pour 3 ratés, des pertes de balles, et surtout une impression de fébrilité inquiétante, le bilan n'est pas fantastique.. Mais il n'est pas le seul : Porte qui vendange un +4, Remili un autre à son entrée, Soraindho bizarrement gauche, tout n'a pas été parfait, comme l'a suggéré Claude Onesta...
Reste qu'au final c'est +3, le tarif pour les Suédois contre la France, à l'exception de la finale olympique de Londres... On se dit que Titi ne ratera pas un autre match comme ça, que Porte se reprendra, que Tim N'Guessan, s'il n'est pas travaillé par son ancienne blessure, se lâchera... Et puis quand on a des Mika, Toumout, Abalo, Fabregas, Remili bien servi, et surtout un boss toujours à même de remettre l'équipe dans le bon sens (quel match encore de Nikola K. !), on se dit que l'EdF peut d'autant mieux voyager que les 2 derniers matchs ne sont pas souvent les plus durs à jouer... Surtout pour des joueurs aussi titrés...
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