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EURO M : L'ADN bleu, une histoire de défense
EURO M : L'ADN bleu, une histoire de défense
25 Janvier 2018 | International > Euro

Après quelques ajustements faits en phase de poule, les Bleus montent en puissance et la victoire face à la Croatie d’hier soir en est le brillant témoignage. Et si tout se met en place dans le jeu français, la défense plus particulièrement redevient le cauchemar des adversaires français. Cette défense, gravée dans l’ADN du jeu tricolore depuis 1990, qui a permis de gagner tant et tant de titres.

François Dasriaux, à Zagreb

Et pour remonter à la génèse de tout cela, qui de mieux que Philippe Bana, DTN actuel du handball tricolore et acteur de tout cela depuis tant de saisons. « La défense, cela fait partie de la culture du handball français. Elle a été mise en place par Daniel Costantini et on peut dire aujourd’hui que Didier Dinart en est son héritier direct dans le domaine. Et plutôt que de parler de type de défense, je parlerai de défense d’adaptation. Défense mise en place en fonction des capacités de chacune de ses composantes. » Il est vrai que depuis la 1-5 mythique avec Jackson Richardson devant, que Daniel Costantini appelle plus une 0-5 avec un poison devant jusqu’à la 1-5 concoctée depuis quelques mois par Didier Dinart en passant par la 0-6, pas mal de types de défenses et de formes de défenses se sont succédé en équipe de France, et avec les mêmes succès. « En fait, on peut plus parler de plasticité de la défense que de schéma défensif concernant les Bleus. On ne peut comparer la 1-5 avec Bertrand Gille devant qui broyait tout ce qui se présentait devant lui à celle avec Jack devant qui jouait un peu en soliste jusqu’à la 1-5 articulée autour de Kentin (Mahé), tout cela diffère » Effectivement, cela diffère, mais toujours avec la même efficacité.

Chaque joueur connaît sa partition sur le bout des doigts comme peut le souligner un Michael Guigou prépondérant pour « tuer » les actions sur son côté. Entre lui, Valentin Porte ou Luc Abalo, on a là des joueurs capables de vous anéantir tout un côté de l’attaque adverse sur leur prise de position. Explication avec le génie aptois dans ses prises de risques et leur articulation avec le reste du bloc. « Oui, on tente souvent des défenses inversées, cela permet de mettre très vite la pression sur les arrières latéraux et les transmissions deviennent tout de suite plus compliquées. Mais on ne fait pas ça comme ça, c’est beaucoup de travail en amont avec les postes 2 qui doivent être très attentifs pour pouvoir fermer sur l’aile au cas où. » A ce jour, la démonstration ultime et magnifique de ce type de défense a été la finale de l’Euro 2014 à Herning face au Danemark où Luc Abalo et Michael Guigou avaient tué la base arrière sur cet aspect du jeu. Mais une défense c’est aussi un gardien et dans le domaine, du regretté Philippe Médard à aujourd’hui Vincent Gérard, la France a toujours eu des gardiens qui devaient s’adapter à leur défense. Et sur cette question, Vincent Gérard est très ouvert et « adaptable » en fonction des options de défense choisies. « Je n’ai aucune préférence sur la 1-5 ou la 0-6. Je sais que sur la 0-6 je vais avoir plus de tir de loin, et donc je dois faire plus d’arrêts. Sur la 1-5, c’est plus du duel en 1x1, c’est peut-être plus valorisant en termes d’arrêt, mais honnêtement c’est à moi de m’adapter à ce que propose Didier. Si je dois être dans l’échange avec mes défenseurs, ce n’est pas à moi de diriger, juste que l’on soit en phase sur les options prises afin qu’on soit les plus performants possibles ».

Mais pour en arriver à cette mécanique de précision, il faut que la filière de formation soit en phase avec ce que demande la grande équipe de France. Philippe Bana nous dévoile tout ce qui a été mis en place depuis l’arrivée de Didier Dinart dans le staff tricolore. « Dès son arrivée Didier a pris son bâton de pèlerin et a été dans toute les sélections de jeunes, dans tous les pôles pour prêcher la simplification des options de défense et surtout de faire en sorte que tout le monde aille dans le même sens. Didier avait une idée très précise, très pro, très haut niveau de ce qu’il souhaitait. Les cadres techniques ont mis tout cela en perspective pour que la formation aille dans ce qu’il demandait. Les sélections – de 19 et -de 21 se sont aussi mises à travailler sur cette plasticité défensive avec les résultats que l’on connaît ». En fait, si la défense française reste l’arme absolue des Bleus, elle est la résultante de beaucoup de choses, de l’histoire, la formation et bien évidemment des hommes qui la composent.


4 questions à Adrien Dipanda

Depuis le début de cet Euro, il y a un joueur qui match après match augmente ses performances et en même temps la défense de l'équipe de France fait de même. Devenu en quelques matches, le patron de la défense tricolore, Adrien Dipanda se livre sur ce nouveau rôle en bleu.

On sent la défense bleue redevenue la meilleure arme française, comment vois-tu cela ?
C'est vrai on a une énorme confiance dans notre défense et dans notre relation avec le gardien de but, c'est en partie pour cela que l'on prend le pas aussi bien physiquement que psychologiquement sur nos adversaires. Et cette confiance rejaillit sur notre attaque qui sait que l’on n’est pas forcément obligé de marquer sur chaque action, que la défense permet de récupérer les échecs offensifs. En plus cela nous permet de marquer des buts faciles derrière les récupérations de la défense. Encore hier on a réussi à faire le trou grâce à cela. C'est le genre d'action qui fait mal à l'adversaire mentalement et il faut absolument que l'on reste sur cette dynamique.

Comment expliquer que, saison après saison, cette défense soit toujours aussi performante ?
Si on est performants en défense, c'est aussi parce que cela fait partie de notre formation initiale de joueur. Les joueurs peuvent changer, les systèmes restent les mêmes. Cette année c'est moi qui suit au centre de la défense, avant c'était Luka (Karabatic), au Mondial c'était Ludo (Fabregas), cela nous permet de garder un même système défensif qui est performant depuis déjà plusieurs saisons.

On connaissait la 0-6, cette saison, on revoit la 1-5 vue du temps de Bertrand Gille. Une chose prévue ou un ajustement sur place ?
La 1-5 est une nouveauté "Didier Dinart", on la travaille depuis la préparation à l'Euro. Cela nous permet d'avoir une bonne option en cas de souci sur la 0-6. On avait une petite interrogation sur cette 1-5 mise en place pour contrer les équipes avec de gros shooteurs. Et cela a parfaitement fonctionné au final. C'est un plus par rapport à d'autres équipes qui n'ont pas forcément de plan B défensif.

Personnellement tu enchaînes les grosses prestations, au point que tu deviens l'icône de cette défense. C'est une nouveauté pour toi ?
Même si être défenseur prioritaire est peut-être moins mis en valeur que ne peuvent l'être les buteurs, c'est un travail tout aussi important. On sait que les titres se gagnent avec une bonne défense. C'est en défense que l'on peut les marquer aussi bien physiquement que psychologiquement. Que ce soit moi qui soit mis en avant grâce à cette défense, cela me va très bien, cela fait partie de mon ADN de handballeur. J'ai eu des rôles différents depuis 3 saisons, clairement celui que j'ai aujourd'hui me convient très bien.

© François Dasriaux
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