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En gagnant l’Europe, l’Espagne valorise le championnat français
En gagnant l’Europe, l’Espagne valorise le championnat français
29 Janvier 2018 | International > Euro

Vingt-deux ans après une 1ère tentative, l’Espagne obtient enfin la consécration au niveau européen après avoir battu la Suède en finale. Grâce notamment à son escouade de joueurs qui évoluent en majorité à l’étranger dont en France pour six d’entre eux. Ce succès sur le toit de l’Europe, c’est aussi un peu celui du championnat français.

par Yves MICHEL, envoyé spécial à Zagreb

Pour les Français, être battus en demie par le futur champion d’Europe étalonne la performance. Perfide Espagne qui n’avait pas été à son avantage pendant les deux tours de cet Euro et qui finalement a sorti le grand jeu, le meilleur d’elle-même, sur les deux matches finalement les plus importants qu’elle avait à livrer. Ils n’en menaient pas large les Ibères, si orgueilleux par nature, le soir où ils s’étaient fait marcher dessus par les Slovènes. Ce soir-là où à Varazdin, on avait même envisagé de remiser les plus que trentenaires Canellas, Guardiola, Morros et Entrerrios à la casse et où l’entraîneur Ribera était un piètre tacticien, incapable de rivaliser avec ses prédécesseurs Valero Rivera Sr et Manolo Cadenas qui avait conduit la "Roja", à la victoire du Mondial 2013 pour le 1er et en finale de l’Euro polonais sans pouvoir la gagner, pour le second. Le sorcier de Gérone a donc mystifié tout son monde en faisant plus fort. A commencer par Didier Dinart. En demie, il a parfaitement étudié le jeu des Français, a joué sur le respect qui pouvait exister entre les joueurs des deux équipes, a perturbé avec une défense très haute, Nikola Karabatic et donné une leçon à son homologue français. Didier Dinart qui fait souvent référence à ses anciens mentors à Ciudad, Talant Dujshebaev (actuel coach de Kielce, vainqueur de la Ligue des Champions en 2016) et  Raul Gonzalez (futur entraîneur du PSG et actuel technicien du Vardar, vainqueur lui aussi de l’épreuve européenne, un an plus tard), peut désormais évoquer la finesse et le sens tactique de Jordi Ribera. Car l’intéressé a récidivé en finale face aux Suédois. La vista est un mot inventé par les Espagnols pour magnifier le geste clairvoyant du sportif. Ce petit plus qui fera basculer le cours de la rencontre. C’est ce qui s’est passé pour la "Roja" à la pause. La défense 6-0 parfois trop lourde avait été du pain béni pour les Suédois qui n’avaient pas eu de peine à la transpercer. L’Espagne était en fâcheuse posture et était menée (12-14). Ribera n’a pas hésité à bafouer ses principes, à modifier le tempo. L’apathie a fait place à la mobilité et le mammouth qui n’arrivait pas à se mouvoir, s’est découvert une seconde jeunesse en proposant une 5-1 agressive à souhaits. Les ballons de contre ont ainsi pu être exploités et les Nordiques n’ont jamais pu se relever, faisant même briller, le revenant Arpad Sterbik célébré en fin de rencontre, homme du match.

La victoire de l’Espagne, c’est aussi un peu la victoire du championnat français. Parmi ceux qui ce dimanche ont soulevé le trophée, ils sont six à évoluer outre Pyrénées. Dans un pays où les premiers d’entre eux comme Valero Rivera à Nantes sont arrivés parce que leur propre ligue était en perdition et ne parvenait plus à vivre conformément à ses propres moyens. D’ailleurs sur les 18 joueurs utilisés par Ribera en Croatie, 12 évoluent à l’étranger et 4 au FC Barcelone. C’est tout dire. Mais cette Espagne est prometteuse. C’est vrai que sa moyenne d’âge (autour de 30 ans) est assez élevée mais le renouvellement est en marche. Les Ferran Solé, Aitor Arino, Alex Dujshebaev sont les dignes représentants d’une génération (92-93) sacrée championne d’Europe et vice-championne du monde juniors. Adrian Figueras, joueur honorable de Granollers s’est véritablement révélé comme pouvant être une belle doublure de Julen Aguinagalde. Il y en a d’autres dans la coulisse comme "Nacho" Plaza Jimenez (Füchse Berlin), trop souvent blessé ses derniers mois qui peuvent prétendre à ce rôle. L’avenir est aussi faste sur le poste de gardien. Certes la blessure de Gonzalo Perez de Vargas a fait sortir Arpad Sterbik de sa retraite internationale mais le blondinet du FC Barcelone avait bien tenu "la casa de España" jusqu’à son renoncement sur blessure. Et que dire de son presque jumeau (les deux ont 14 jours de différence) Rodrigo Corrales ? Le gardien du PSG a assumé ce rôle de n°1 qu’il n’avait pas réclamé avec tout le panache nécessaire. « Pour moi, c’est une 1ère médaille dans un grand championnat, c’est historique pour le handball espagnol mais le plus important, c’est qu’on a réussi cette performance avec de nouveaux joueurs qui vont écrire l’histoire future. C’est grand ce qu’on vient de réaliser car on a connu des moments difficiles mais match après match, ça s’est arrangé et on doit être très contents de ce qui s’est passé. » On a même pensé vu de l’extérieur que vendredi soir, après le succès face à la France en demie, la "Roja" était rassasiée. Qu’elle avait enfin pu châtier un rival qui l’avait tant humilié ces dernières années et que cela lui suffisait. Il n’en était rien. Les Suédois s’en sont aperçus dès le début de la 2ème, lorsque tout a basculé. « Il n’y a pas de rivalité exacerbée entre la France et l’Espagne (au sens politique du terme) explique le portier parisien. Pour moi la France, c’est devenu mon pays d’adoption et j’aime beaucoup ce pays. Les Français on fait l’histoire de mon sport avec des sports que j’admire et que je continuerai à admirer toute ma vie. Ils ont simplement perdu un seul match… contre nous. Quand tu gagnes contre eux, c’est parce que tu as produit un gros match. Mais dès mardi, le quotidien va reprendre son cours, je vais rentrer sur Paris satisfait d’avoir gagné l’Euro mais avec beaucoup de respect pour un vestiaire où il y a d’immenses joueurs qui ont gagné beaucoup plus de médailles que moi. » Que ce soit à Paris, Nantes, Montpellier, St Raphaël, Toulouse ou Dunkerque, il y aura dans les prochaines semaines, une occasion en France de célébrer tous les médaillés européens. Qu’ils soient espagnols, suédois ou bien français.



Eduardo Gurbindo : "Il faudra songer à rentrer à Nantes" 

Après le bronze à l’Euro danois (2014) et l’argent en Pologne (2016), Eduardo Gurbindo attendait une consécration dorée. Le gaucher nantais l’obtient enfin. Mardi ou mercredi (Thierry Anti ne doit pas se montrer impatient), flanqué de l’ailier David Balaguer, le Basque de Pampelune rentrera en Loire-Atlantique, une médaille d’or autour du cou.


Eduardo, c’est vraiment une belle médaille que tu as là ?
Oui, c’est la plus belle. On a cherché cette médaille sur un Euro pendant très longtemps et là, on réussit. On a gagné après une 1ère mi-temps difficile et maintenant, on a du mal à réaliser.

Cela faisait-il partie des objectifs ou était-ce inimaginable ?
Cela ne pouvait pas être simple, surtout dans une 1ère phase où on tombait contre le Danemark. Ensuite, on est tombé contre la Slovénie mais on a su rebondir face à l’Allemagne mais la confiance n’est jamais partie et cela nous a permis de croire en nous dans les deux derniers matches. Le fait de rester solidaires nous a beaucoup aidé.

Tactiquement, vous avez très bien négocié la finale
Oui, quand on a changé de défense et que Arpad s’est mis à faire des arrêts. En 1ère mi-temps, on n’a pas perdu confiance, ils ont surtout marqué des buts de contre-attaque. On gagne de six buts (29-23), c’est incroyable à ce niveau.

Qu’est-ce que tu retiendras de cette journée ?
Surtout que ma famille et des amis proches assistaient au match. Là, on va fêter le titre, ça va être de la folie, il y a un crochet par Madrid et puis j’espère passer chez moi à Pampelune. Ensuite, il faudra songer à rentrer à Nantes car il y a une saison à reprendre et à bien terminer (Thierry Anti, c’est confirmé devra prendre son mal en patience avant de voir ses deux Espagnols).

L’élément fondateur de cette victoire en finale, c’est d’avoir battu la France juste avant ?
Oui… enfin, on se rappelle qu’il y a deux ans, on était arrivé en finale et on avait perdu contre l’Allemagne… ça avait beaucoup piqué.

Et là, sur l’instant présent, qu’est-ce que tu ressens ?
Ça fait bizarre, vraiment. Je n’ai pas l’habitude de gagner ce genre de championnat avec l’équipe nationale. Je suis très fier de cette équipe et je suis content parce que j’ai gagné cette finale devant mes parents.

© Yves Michel
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