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Euro U20M: Les Français trébuchent sur une belle équipe du Portugal
Euro U20M: Les Français trébuchent sur une belle équipe du Portugal
19 Juillet 2018 | International > Juniors

Habitués à tout gagner ou presque, les Tricolores ont chuté de bien haut ce jeudi après-midi à Celje. La génération championne du Monde et d’Europe en titre s’est inclinée face à de talentueux portugais qui ont construit leur succès (28-32) avec patience mais surtout grâce à un super canonnier sur le côté droit de la base arrière et un gardien de buts exceptionnel à qui tout a réussi. Cette contreperformance est lourde à digérer d’autant qu’elle assombri le ciel de Français qui ne sont en Slovénie que pour monter sur le podium de l’Euro.

par Yves Michel, depuis Celje en Slovénie

Ils avaient pourtant été mis en garde… Des adversaires qu’ils avaient l’habitude de rencontrer, le Portugal était celui qui avait sans doute le plus progressé. Déjà en 2010 en Slovaquie, la génération 90-91 celle des Nuno Silva, Joao Ferraz, Gilberto Duarte et Pedro Portela (le néo Tremblaysien) avait remué les Français de Kentin Mahé, Valentin Porte et Mathieu Grébille en terminant deuxième d’un Euro où personne ne les attendait. Ils avaient été battus en finale par le Danemark amené par Lynggaard, Rasmus Lauge, l’Ivryen Vium Troelsen et Mads Mensah Larsen. Huit ans après, le Portugal tient un groupe de même valeur. Car si les Français ont parfois montré leurs limites, dans les enclenchements, la rugosité en défense, la précision en attaque et surtout la finition, ils ont été punis par plus forts qu’eux. On pourra retourner le problème dans tous les sens, refaire le match de la 1ère à la dernière seconde, le constat est implacable. « Si on joue dix fois contre les Français, s’accorde à dire Pedro Vieira, l’entraîneur adjoint de la Seleção (qui était présent dans le staff à Bratislava en 2010), ils nous battront à 8 ou 9 reprises mais aujourd’hui, on a senti que les gars avaient la hargne et qu’ils voulaient réaliser ce que jusque-là, il leur était impossible d’imaginer. Tout le monde s’est surpassé mais il faut rendre hommage à notre gardien qui a été pour moi, l’homme du match. »   L’intéressé s’appelle Manuel Gaspar (photo ci-dessous), il évolue habituellement au Sporting Lisbonne et ce jeudi après-midi, il a véritablement dégoûté les tireurs français. Ses stats sont éloquentes : 15 arrêts à 36% (dont 1/4 à 7m) sur 60 minutes.


Pourtant tout avait si bien commencé pour les Français disposés à prendre le jeu à leur compte. 1er ballon de contre et but sur la fin de montée, 1er arrêt de Kieffer et bis repetita, nouveau contre de Gibelin, Tribillon montée de balle parfaite et 3-0… le scénario se renouvèlera plusieurs fois jusqu’à la 6ème minute ponctuée par 6ème but tricolore et un temps mort posé par le coach lusitanien. Seul l’arrière gauche Gomes avait sauvé l’honneur (6-1). Comme ayant reçu un électrochoc, les Portugais ont décidé de réagir. Les Tricolores gardaient le contrôle du tableau d’affichage mais leurs intentions étaient moins précises, les tirs précipités et souvent non cadrés, ils commettaient des fautes inhabituelles comme ces nombreux appuis zone et surtout montraient un peu trop de laxisme en défense. La 5-1 devenait d’un coup, inopérante et les arrières d’en face comme le gaucher Diogo Silva (12 buts au final) et ses deux voisins Gonçalo Vieira et André Gomes (7 et 5 réalisations). Pendant ce temps, le rempart français avait pris des allures de Fort Chabrol. L’édifice se fissurait mais le score était toujours favorable. Il le restera au moins jusqu’à la pause (14-12). 

Au retour des vestiaires, le Portugal va poursuivre son travail de sape. Le pivot Luis Frade donnait plus que jamais son corps à la science, Valerio avait rétréci ses propres cages, le point de rupture était imminent. Il interviendra 3 minutes plus tard, l’équipe tricolore écopant pour ne rien arranger à leurs affaires d’une double exclusion numérique (Dourte, Prandi) et laissant aux Portugais la conduite des opérations. « Le souci, c’est qu’on n’a pas réussi à produire un jeu du niveau de celui proposé par le Portugal, peste Kyllian Villeminot. Notre entame est parfaite mais on commet beaucoup trop de fautes face à ce type d’équipe, on se retrouve dans le dur et on y reste. On a eu une préparation éprouvante mais on ne va pas se cacher derrière ça. C’est très frustrant et j’espère qu’on va essayer de rebondir. Il va falloir être fort mentalement et aller chercher des points sur les deux matches. » Le fossé s’est creusé en fin de rencontre, non pas que les Français aient abdiqué, ce sont leurs vis-à-vis qui ont continué sur le même tempo (28-32). 



A la fin de la rencontre, la déception se lisait sur tous les visages et jamais un étirement dans le couloir des vestiaires n’a été aussi silencieux. On n’a pas l’habitude de voir cette génération 98-99 autant en difficulté, incapable de résoudre les problèmes posés. Cette contre-performance d’entrée sur l’Euro est fort préjudiciable pour la suite. On ne sait même pas ce jeudi soir si les Tricolores ont utilisé leur droit à l’erreur. D’autant qu’ils devront affronter la Hongrie (ce vendredi) et le Danemark (dimanche). Deux équipes qui se sont mesurées en fin d’après-midi et contre toute attente, après avoir longtemps mené, les Hongrois ne se sont inclinés que d’un but face aux Nordiques (23-22). Nous aurons l’occasion de revenir sur cette surprenante formation magyare que beaucoup donnait comme étant le maillon faible du groupe D.

A Celje, Dvorana Zlatorog, jeudi 19 juillet à 17h
1ère journée de l’Euro masculin U21

Arbitres : Georgios Panavides et Marios Andreou (Chypre)
France – Portugal     28-32  (MT 14-12)

France : Kieffer (8/32 dt 1/3 à 7 - 25%) Soullier (1/9 - 11%)(gardiens) Bos, Brouzet (1/1), Cochery (0/0), Damiani (0/0), Dourte (1/1), Dupont-Marion (0/0), Gaudin (4/8 dt 1/2 à 7), Gibelin (2/3), Kempf (2/3), Nahi (7/8 dt 3/3 à 7), Poyet (1/2), Prandi (5/12), Tribillon (2/4), Villeminot (3/7)
Portugal : buteurs : D. Silva (12), Vieira (7) Gomes (5) L.Fernandes (3) Frade (3) B. Gaspar (1) Monteiro (1)



4 questions à Yohann Delattre, entraîneur de l’EDF des moins de 20 ans

Yohann, ce qui s’est passé est le pire scénario qu’on pouvait redouter…
Oui et non. Oui car cette équipe du Portugal est équilibrée à tous les postes, elle a de nombreux atouts. Non parce que ce qu’on n’avait pas imaginé qu’on allait nous-mêmes présenter un visage aussi pâle.

Et pourtant, l’entame est parfaite.
Oui c’est vrai mais on la fait sur un acte défensif où on récupère des ballons sur grand espace, notre jeu offensif n’a pas été suffisamment fluide, on n’a pas affiché de continuité dans le jeu. Je nous ai trouvés un peu trop statique, voire individualiste à certains moments. Il va falloir revoir tout cela.

Rien n’est perdu mais cela se présente mal…
C’est clair mais si on veut participer au Tour Principal, il faut a minima gagner les deux prochains matches.

Ce qu’on n’envisageait pas, ce sont les limites de ton banc. Notamment sur la base arrière, tu as été obligé de tirer sur les mêmes…
On a beaucoup fait tourner en 1ère mi-temps, après on a essayé pas mal d’options et c’est vrai, on a été en difficulté. Il nous faudra un arrière gauche performant, il faut que Yohann Gibelin élève le niveau, que les gauchers mettent un ou deux buts, je ne veux pas cibler tel ou tel mais aujourd’hui, c’est nécessaire de retrouver un langage commun, certains se retrouvent face à des choses inédites, il va falloir rebondir comme il faut mais d’une manière… collective. 

Le Diaporama photos de France_Portugal par Yves MICHEL

© Yves Michel
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