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Pontault-Combault fait un pari sur la jeunesse
Pontault-Combault fait un pari sur la jeunesse
1 Septembre 2018 | France > LSL

Fin mai, au terme de play-offs mouvementés, Pontault-Combault arrachait son billet d'accession à l'élite, dix ans après l'avoir quittée. Limité financièrement, le club est resté modeste au niveau du recrutement. L'équipe sera la plus jeune du championnat à l'image de ses deux gardiens de 23 ans, Cantegrel et Moniz.

par Yves MICHEL


Parmi l'élite... Pontault compte bien y rester. Depuis qu’ils ont assuré leur montée, les Seine-et-Marnais s’entendent rabâcher qu’aucune équipe issue des play-offs n’a tenu plus d’une saison. Pire même en 2012-2013 lorsque Billère a sombré en perdant les 26 matches du calendrier. Donc, avant toute chose, le promu devra se protéger de la malédiction. « Bien-sûr qu’on va tout faire pour rompre avec cette constante, assure Chérif Hamani (photo ci-dessous), s’il y avait une bonne recette, d’autres l’auraient utilisée. On va rechercher avant tout le maintien. Si on y parvient, ce sera comme si on était champion. On va essayer de se transcender parce que justement, se sauver en arrivant des play-offs n’a jamais été réalisé. » Le budget à peine trouvé pour figurer à la même table que le PSG et les douze autres convives, le PCHB a dû boucler son recrutement. Toujours avec cette alchimie, propre aux structures désargentées, faire du neuf avec de l’ancien et réaliser ce qui peut s’avérer être une bonne pioche.



A 32 ans, Pierre-Yves Ragot de retour au pays après une escapade roumaine, fait figure de grand frère dans un groupe plutôt jeune. « Il faut qu’on lance des choses qui sortent de l’habitude, poursuit le technicien. On tente par exemple le pari de faire confiance à deux gardiens de 23 ans (voir plus bas). Globalement, on espère que ce sera payant. L’essentiel, c’est que les gars donnent tout pour y arriver. La plupart de ceux qui ont vécu la montée sont restés, le but est aussi de les faire progresser. » Le coach lui aussi a changé. Il va devoir assumer l’héritage laissé depuis 2014 par Sébastien Quintallet qui a migré à Ivry. « J’arrive sur la pointe des pieds, conçoit Chérif Hamani, avec peut-être un regard neuf au niveau de l’élite masculine mais j’ai conscience de la difficulté de la tâche. J'ai un profond respect pour ce qu'a fait Sébastien aussi bien sur le plan sportif qu’au niveau de l’image du club. Partout où je suis passé (Nanterre, Gonfreville, Cherbourg), je ne me suis jamais installé dans le confort. Mon moteur, c’est le travail. » Avec des matches de préparation qui ont plutôt donné satisfaction (Pontault a remporté le tournoi de Serris aux dépens notamment d’Ivry et de Tremblay), la mécanique se met progressivement en place. « Il faut relativiser ces bons résultats même si cela permet d’engranger de la confiance.  On s’est plus concentré sur la défense que sur l’attaque en l’absence de nos deux arrières gauchers (Jukic et Hosni) qui étaient blessés (soucis musculaires) Dès mercredi prochain pour le grand saut dans l'inconnu, c’est un gros morceau qui attend les locataires de Boisramé avec la venue de Nantes. D’ailleurs l’entame jusqu'à la mi-octobre est plutôt... gratinée. Ivry (adversaire direct pour le maintien), Nîmes, St Raphaël, Paris, Montpellier et Aix ne feront que se succéder. « On sait qui on va avoir en face. Il y aura des montagnes qu’à l’heure actuelle on n’est pas en capacité de gravir mais on veut jouer et ne pas subir. On ne se trompera pas d’adversaire.  Je veux tout simplement qu’on montre ce dont on est capable.» Avec le plus petit budget de D1 et une certaine inexpérience collective, le maintien sera le défi le plus difficile à relever.  



Moniz et Cantegrel, un binôme de tempérament

Pontault-Combault fera donc confiance à deux gardiens de 23 ans. Robin Cantegrel, qui est arrivé au club l’été dernier en provenance de Nantes, a deux mois et demi de plus que son nouveau binôme, le Portugais Joao Moniz. « On s’est tout de suite bien entendu, témoigne le Français. Il est en permanence dans l’échange et cherche à progresser. Pour le moment, la seule chose qui nous sépare, c’est qu’il est supporteur de l’Atletico de Madrid et moi du Real (rires). A l'extérieur, on insiste sur notre jeunesse à ce poste, on sait qu’un gardien s’aguerrit au fil du temps et en travaillant mais notre fougue et notre volonté peuvent être aussi des atouts. » La saison passée, l’ancien Nantais était associé au Cubain Romero Carreras qui à 23 ans n’était guère plus expérimenté et à Massy, le même âge n'a pas empêché un certain Samir Bellahcene de terminer 2ème meilleur gardien du championnat. « En plus avec Joao, on peut être complémentaire car nous avons des styles différents. Le mien est clairement basé sur le modèle scandinave et le sien dans le placement, emprunt d’un peu de folie. » Joao Moniz ne réfute pas la description. Lui qui a débuté le hand à 10 ans après avoir testé ses aptitudes au football. « Même au foot, j’étais dans les cages, confie-t-il mais je n’étais jamais pris pour faire les matches officiels. Cela m’a vite soulé. Une personne dont je suis extrêmement redevable, m’a orienté vers le hand. J’ai joué à Aguas Santas, Porto, Belenenses et cet homme a toujours suivi mes matches, je trouve ça génial.» C’est en visionnant des rencontres de la sélection portugaise U21 au Mondial Juniors en 2015 que Chérif Hamani a repéré son futur portier, auteur d’un arrêt décisif lors du dernier match de groupe face à l’Angola. «Oui, je me rappelle de cette compétition, s’extasie l’intéressé. C’était un grand honneur de porter le maillot de l’équipe nationale. On est allé jusqu’en 8ème de finale. C’est un de mes meilleurs souvenirs.» Pontault a suivi les recommandations de son futur coach et Joao qui n’avait jamais quitté le Portugal, s’est retrouvé dans un avion pour Paris. « C’est bien-sûr une grande décision à prendre mais après une saison très satisfaisante avec Belenenses, je me suis dit que c’était le moment de partir à l’étranger. » Et quand on lui demande pour quelle raison il s’est retrouvé en Seine-et-Marne, la réponse est aussi spontanée qu’inattendue. « Je m’intéresse aux performances de ce club depuis très longtemps. Et je ne suis pas le seul Portugais dans l’effectif. Mon ami Gonçalo (Ribeiro) a été recruté la saison dernière. Il est encore plus jeune que moi (21 ans) mais sa présence est un lien supplémentaire avec mon pays. » Et s’il dit bien se sentir dans son nouvel environnement, Joao Moniz reste très proche de sa grande famille.



Une tribu recomposée dont il est d’ailleurs le seul sportif reconnu. Son père Carlos Alberto est un chanteur et un célèbre compositeur de musique, Idalia sa maman une violoniste et surtout une femme politique de haut rang et Ana Lucia sa demi-sœur, une talentueuse artiste qui a même représenté le Portugal au concours Eurovision de la chanson. « C’est vrai, même si le handball occupe une grande partie de mon quotidien, j’ai une excellente connexion avec la musique. Je joue moi-même de la batterie et j’essaie autant que possible d’être présent à tous les évènements musicaux qui concernent les miens.» Ces prochaines semaines, le temps va lui manquer pour quitter l'environnement du club. Il devra attendre fin octobre et la trêve internationale s'il veut s’échapper du côté de Lisbonne. 

© Yves Michel
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