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Le Fénix Toulouse espère avoir recruté... juste
Le Fénix Toulouse espère avoir recruté... juste
3 Septembre 2018 | France > LNH

Si à Toulouse, le budget du club n'a pas évolué et a même légèrement baissé, les ambitions restent intactes. Le Fenix vise toujours une place européenne. Le recrutement a été réalisé en conséquence avec l'arrivée du Suédois Markus Olsson, 2ème meilleur buteur de la dernière Ligue des Champions, le gardien Kévin Bonnefoi et le pivot norvégien Henrik Jakobsen, présenté comme une véritable force de la nature.

par Yves MICHEL


Depuis son arrivée sur les bords de la Garonne il y a trois ans, Philippe Gardent s’est fait plus pragmatique, tirant même une force des aléas du temps. Quand la saison dernière, deux pièces importantes de sa base arrière (Maxime Gilbert et surtout Alvaro Ruiz) se sont retrouvé sur le flanc, l’ancien mentor de Chambéry et du PSG ne s’est pas dispersé à aller chercher ailleurs, des solutions qui existaient en interne. Par moments, le Fénix a du affronter la houle mais à terme, le bilan n’est pas si désastreux. Une 7ème place au classement avec le 9ème budget de l’élite et une finale de coupe de la Ligue perdue face à l’ogre parisien. « C’est une satisfaction, s’empresse de souligner celui qui a prolongé son contrat jusqu’en 2021. On a montré qu’on pouvait lutter avec tout le monde. Avec un effectif renforcé, on peut se montrer encore un peu plus ambitieux. » L’idée est lancée. Car Toulouse a largement anticipé pour imaginer son futur. Exemple sur le poste de pivot puisque Fredric Petersson avait annoncé très tôt qu’il partait à Montpellier. Toulouse n’a pas perdu de temps et s’est entendu avec Henrik Jakobsen. « On a établi le contact avec lui dès qu’on a su que Montpellier tournait autour de Fredric, j’espère d’ailleurs que celui-là, Patrice ne nous le piquera pas. C’est quand même le 2ème (après Miha Zvizej) qui part là-bas en deux ans, glisse malicieusement "Boule". Jakobsen, c’est une montagne qui sait se déplacer. Il est un peu moins grand que Petersson mais plus large. Un cube quoi ! » Pour les deux autres chantiers, le Fenix a bénéficié d’une aubaine. Celle de récupérer pour l’année à venir le gardien Kévin Bonnefoi prêté par… Montpellier (comme quoi…) et l’arrière Markus Olsson. « Lui, c’est un petit gabarit assez fluide. Ce n’est pas un joueur d’impact mais plutôt une guêpe. Dès qu’il a l’opportunité de shooter, il le fait. Et souvent à 9-10 m, c’est ce qui nous manquait dans l’effectif. »  Toulouse a également recruté sur sa base arrière, un jeune Serbe de 20 ans chaudement recommandé par Nemanja Ilic. Seulement voilà, en fin de saison, Milan Jovanovic a été victime d’une rupture des ligaments croisés. « On ne pourra compter sur lui  qu’à partir de février. » Philippe Gardent commence à connaître le tarif pour ce type de blessure. Ce mercredi, c'est Chambéry qui se déplace au Palais des Sports. Un moment toujours particulier pour le technicien qui a passé seize belles années à la tête de la formation savoyarde.



C’est une force de la nature (1.96 pour plus de 110 kg) qui a débarqué dans la ville rose en provenance de Svendborg au Danemark où il évoluait depuis trois saisons. Henrik Jakobsen a les capacités pour devenir un des meilleurs pivots du championnat. En Norvège, beaucoup dont le sélectionneur Christian Berge voient en lui le successeur de l’emblématique Bjarte Myrhol (son aîné de 10 ans).

Henrik, il parait qu’à tes débuts, tu jouais demi-centre ?
(Rires) c’est vrai mais cela n’a pas duré longtemps ! Jusqu’à mes 13 ans environ. J’utilisais ma taille pour impressionner les défenseurs mais ce n’était pas suffisant. Et puis un jour, j’ai testé le poste de pivot. Cela m’a plu et j’ai continué. Après, je crois qu’il y a plus grand et plus lourd que moi. Disons que je me sers de ma morphologie pour être le plus efficace possible.

Pour quelles raisons as-tu choisi Toulouse ?
Tout simplement parce que tout un tas de paramètres ont été réunis. J’ai eu du temps pour prendre ma décision. Il y a du potentiel dans cette équipe, ensuite l’environnement du club me parait très sain et surtout, jouer en France signifie évoluer à un très haut niveau. C’est un challenge intéressant. Et puis, la ville est très sympa. Il ne me reste plus qu’à apprendre le français.

Tu parles de challenge…
Oui à 25 ans, j’ai besoin d’évoluer, de voir autre chose, de repousser mes limites. C’est en jouant contre les meilleurs que tu parviens à le faire.

On te compare souvent à Bjarte Myrhol, es-tu son successeur ?
Oh … j’ai souvent joué contre lui et c’est un honneur de le côtoyer en équipe nationale mais je pense que nous avons un style différent. En tout cas, c’est un exemple, un personnage exceptionnel. Quand il arrêtera et si je dois lui succéder, j’espère être à la hauteur. Ce sera difficile car c’est un des meilleurs pivots au monde.

Tu parlais de style, comment te définis-tu ?
J’aime bouger, marquer des buts, provoquer l’adversaire en un contre un et en défense le bloquer pour mettre mes partenaires dans d’excellentes situations de tir. Je passe aussi beaucoup de temps à m’entraîner pour m’améliorer.

Trois Norvégiens dont le plus connu évoluent dans le championnat français. Qu’en penses-tu ?
Il n’y en a pas assez (rires). Le plus talentueux c’est Sander mais Espen Lie Hansen est aussi très doué. Ce sont tous les deux mes amis et je suis impatient de jouer contre eux. Ils sont dans des équipes très fortes et là aussi, cela va être un challenge de les affronter.

Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter ?
Avec l’équipe, réaliser une bonne saison et pourquoi pas, accrocher une place européenne à la fin. A titre individuel, progresser, devenir encore plus fort, plus rapide et plus intelligent dans la compréhension du jeu. Mais je pense que le plus important, c’est d’aider mon équipe à atteindre nos objectifs.



Si Markus Olsson n’a aucun lien de parenté avec Henrik et encore moins avec Staffan, le père du néo Tremblaysien, sa famille est totalement dévouée au handball. Ses sœurs aînées, l’ailière gauche Anna et sa jumelle Maria la gardienne (nées 3 ans avant lui) ont toutes les deux été entraînées à leurs débuts par Sven Anders, le papa. Lasse Olsson, l’oncle de Markus était un redoutable tireur lorsqu’il évoluait en équipe nationale et à Kristianstad et Lina, sa cousine, avant de se consacrer à son activité professionnelle, a fait un passage par Lugi. « Sans oublier ma mère qui servait de chauffeur et qui nous amenait sur les matches, rajoute l’intéressé. Et c’est bien quand tu commences un sport, d’avoir des modèles qui peuvent t’inspirer. » Pourtant Markus est le plus doué. Après sept années passées à Kristianstad, il n’a pas hésité à traverser la frontière danoise et relever le challenge à Skjern engagé en Ligue des Champions. La même saison, il dispute avec la sélection nationale, le Mondial au Qatar puis un an plus tard, l’Euro polonais. Mais le meilleur est à venir. Sur sa carte de visite, figurent désormais un titre de champion du Danemark acquis en mai dernier et surtout un quart de finale de Ligue des Champions (éliminé par Nantes). « On est quand même sorti des poules basses et battu des équipes qui sur le papier étaient plus fortes que nous. On a pris conscience que tout était réalisable. » Et le grand Veszprém en a fait les frais, passant à la trappe en 8èmes de finale. « Je n’oublierai jamais ce qui s’est passé, c’est pour le moment, ma meilleure saison mais j’espère que ce qui est devant moi sera encore plus excitant. » Et le nouvel arrière du Fénix aurait très bien pu se retrouver à Cologne à participer à son 1er Final Four. « En quarts, on a été battu par Nantes et c’est logique. Ils étaient plus forts que nous, d’ailleurs ils ont montré au Final Four qu’ils méritaient leur place. Je n’ai retiré que du positif de cette confrontation même si on a perdu. » Mention non négligeable sur ses états de service, le Suédois a terminé 2ème buteur de la prestigieuse compétition avec 88 réalisations à seulement quatre longueurs d’Uwe Gensheimer. Toulouse ne peut que s’en réjouir même s’il fait remarquer avec insistance que « ce n’est pas le plus important. »  Au Fénix, un Suédois en chasse un autre. Markus aura l’occasion de retrouver Fredrik Petersson comme adversaire lorsque Toulouse affrontera Montpellier. « On a joué ensemble (à Kristianstad) et je l’ai beaucoup questionné sur le club et le cadre de vie. Comme je voulais découvrir le championnat français, toutes les conditions étaient réunies pour arriver ici. J’ai été très bien accueilli et on a fait une bonne préparation. Maintenant, j’ai hâte que cela commence. » Et il est fort à parier que dès qu’elle en aura l’occasion, une partie de la tribu des Olsson fera le long déplacement pour venir encourager le fiston.



Kévin Bonnefoi commence à accumuler les kilomètres sur les routes de France. Formé à La Seyne sur mer, la ville où il est né il y a un peu plus de 26 ans, l’ancien arrière gauche reconverti gardien de buts au centre de formation de Saint Raphaël a traversé le pays durant l’été 2014 pour rallier Cesson. Il va rester quatre saisons dans cette Bretagne qu’il ne connaissait pas. Entre temps, il prend de l’épaisseur et se forge une certaine notoriété, au point de figurer régulièrement au palmarès des meilleurs portiers de l’élite. International jeune et junior aux côtés de Grébille, Afgour et Porte, il est approché par Montpellier. Retour presque sur ses pas du côté de l’Hérault. Du moins pour signer un contrat avec les futurs vainqueurs de la Ligue des Champions. Patrice Canayer nous l’avait annoncé bien avant la trêve en novembre, il souhaitait attirer le joueur dans son effectif. Pour qu’il continue sa progression aux côtés du Suisse Nikola Portner mais surtout qu’il pallie le départ de Vincent Gérard pour Paris. Un départ programmé en juin 2019. Seulement voilà, trois gardiens professionnels à Montpellier, même si la saison s’annonce très remplie avec en plus le Super Globe, cela faisait un peu trop. Donc un prêt figurait parmi les solutions les plus avantageuses. Dans un club qui l’accueillerait à bras ouverts et qui saisirait l’opportunité. Toulouse a été plus malin que certains et l’intéressé passera une saison dans la ville rose. En quatre ans, il en aura vu du pays !

© Yves Michel
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