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EDF U21 M: Jonathan Mapu veut continuer à grandir
EDF U21 M: Jonathan Mapu veut continuer à grandir
26 Octobre 2018 | International

Quatre mois après avoir renoncé à participer à l’Euro en Slovénie à cause d'une grave blessure, Jonathan Mapu a retrouvé ses potes de l’équipe de France des moins de 21 ans. Le pivot raphaélois au petit gabarit veut continuer à progresser pour atteindre de nouveaux objectifs.

par Yves MICHEL

En équipe de France génération 98-99, Jonathan Mapu fait partie des tauliers. Et lorsqu’en mars, lors d’une séance de musculation, le pivot raphaélois s’est gravement blessé au pectoral gauche nécessitant une intervention chirurgicale, il a tout de suite réalisé, la mort dans l'âme que sa saison était terminée. « C’est vraiment arrivé au plus mauvais moment. J’avais du temps de jeu en club et avec la sélection, on avait en ligne de mire l’Euro pendant l’été. Je me suis donc fait une raison et dès que j’ai pu le faire, j’ai travaillé la rééducation avec les kinés du club. Ça s’est très bien passé puisqu’on était même en avance sur ce qui était prévu. J’aurais pu accompagner mes potes à l’Euro en Slovénie mais vis-à-vis du club, ce n’était pas correct, j’ai donc été raisonnable et je suis resté à la maison. » Si la raison l’a emporté, la frustration de ne pas être avec ses potes a ponctué tout son mois de juillet. Depuis qu’il porte le maillot tricolore, il n’avait pas raté la moindre compétition et avait participé à toutes les victoires, du FOJE en 2015, au Mondial 2017 sans oublier l'Euro un an plus tôt. «J’ai assez mal vécu cette période. Je ne pouvais pas les aider, j’étais chez moi, j’ai essayé de communiquer tout le temps avec eux. J’ai ressenti de la même façon leur déception après la finale perdue. Mais quelque part, ne pas y être, je me dis que c’est un mal pour un bien. J’ai pu faire toute la préparation avec les pros et retrouver, je pense, le niveau que j’avais avant la blessure. » Des débuts très prometteurs au judo jusqu'au hand où il est arrivé par hasard, comme souvent, pour accompagner un de ses meilleurs amis, il est depuis toujours sur une trajectoire ascensionnelle. Au départ, le joueur du Val d’Argens (dans l’arrière pays fréjussien) évoluait à gauche sur la base arrière. « A 15 ans, j’ai arrêté de grandir, se plait-il à préciser. Je n'ai rien pu faire contre ça (rires). Quand j’étais en 4ème, je me rappelle d'une photo qui me fait sourire. A côté de Noah Gaudin (le demi-centre toise aujourd’hui 1.95), je suis plus grand que lui. Après, il a bien poussé et depuis cette époque, j’ai du prendre un centimètre. » Avec 1.81 m pour 95 kilos, "Jo" qui devrait signer son 1er contrat pro dans les prochains mois, est le plus petit pivot en exercice de l’élite masculine. Son gabarit détonne au royaume de ceux qui sur le poste, le dépassent de plusieurs centimètres.



En équipe de France U21, il arrive à soutenir la comparaison avec Robin Dourte (2.07 - notre photo) et Hugo Brouzet (2.06) et exploite à fond d'autres qualités pour tirer profit de la situation. « Son point fort par rapport à sa taille normale, c’est son jeu sur grand espace, confirme Joël Da Silva, son entraîneur au SRVHB. C’est quelqu’un qui peut aller très vite vers l’avant. On essaie de compléter sa gamme afin que ce qui pourrait être un frein n’en soit pas un même si aujourd’hui, le  standard pour les pivots, c’est d’être grand. Il y a deux ans, je ne l’ai pas lancé dans le grand bain (Garain et Lynggaard étaient blessés et Karalek pas encore arrivé) sans avoir de garanties. Il a été très efficace, il n’a pas gambergé et a utilisé sa spontanéité pour s’exprimer. » Le garçon a beaucoup appris et est resté constamment à l'écoute de ses différents entraîneurs mais aussi de ses pairs. C’est finalement cette saison que tout pourrait devenir plus compliqué d’autant que la blessure est venue perturber le cheminement. « Son insouciance ne surprend plus ses adversaires, poursuit le technicien varois. Il est à une période charnière et on le fait travailler notamment en défense sur des systèmes étagés. Ce qu’il lui faut développer c’est cette capacité à capter les défenses avec son gabarit, il faut qu’il s’inspire de l’Espagnol Aguinagalde qui est excellent dans ce registre.» S’adapter dans des environnements les plus hostiles où le combat est permanent, c’est ce que l’intéressé affectionne le plus. Le dépassement de soi fait partie de son histoire personnelle mais aussi de cette génération 98-99 qui s’est souvent sortie de situations pour le moins délicates. Alors dimanche, lorsque Jonathan Mapu a retrouvé ses potes à la Maison du Handball de Créteil, la joie était indicible, communicative. « J’étais vraiment pressé de les revoir, de me replonger dans cette ambiance avec eux. C’est comme si quelque chose de nouveau recommençait. Ensemble, on est reparti sur une nouvelle saison, elle sera particulière car c’est la dernière avec tout le groupe. L’été prochain, si on ne va pas en Espagne avec l’idée d’être champions du Monde, autant rester à la maison. Sans manquer de respect à toutes les autres équipes ou montrer une certaine arrogance. C’est un de mes objectifs  de la saison.» Celui que ses partenaires décrivent comme le plus gros mangeur du groupe mais aussi le plus élégant a un avenir bien balisé.



Même si la marche pour atteindre ce que tous convoitent est la plus difficile à franchir. Après Luka Karabatic, Nicolas Tournat et Ludovic Fabregas, France "A" est un objectif qu'il n'ose à peine avouer. Et pourtant... « Ce serait mentir de dire que je n’ai pas ça dans un coin de ma tête. Cela fait partie de mes rêves mais il y a beaucoup de concurrence sur le poste. A St Raphaël, j’en parle quelquefois avec Adrien Dipanda qui me donne beaucoup de conseils, notamment en défense. Avant toute chose, je veux continuer à prendre du plaisir, avoir du temps de jeu et surtout progresser. Et si un jour l’opportunité de France A se présente, je serai très heureux d’honorer ce maillot. » C'est finalement en se remettant constamment en question qu'à sa façon, Jonathan Mapu a décidé de grandir.

Les moins de 21 ans français disputent ce vendredi à 20h et ce samedi à 16h, deux rencontres amicales contre l'Islande dans la banlieue de Reykjavik.

© Yves Michel
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