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Euro F : Elles ont rendez-vous avec leur histoire
Euro F : Elles ont rendez-vous avec leur histoire
14 Décembre 2018 | International > Euro

C’est fait, pour la première fois de son existence, la France est en finale d’un Euro. En dominant de la tête et des épaules les Pays-Bas sur le score de 27 à 21, les Bleues se sont offert le droit de rêver à une finale grandiose face à la Russie. Que le match d’ouverture soit aussi la finale d’un grand championnat, voilà sans doute une première que tout le monde espérait depuis le match inaugural de Nancy. Une défense qui n’a cessé de monter en régime au fil du match, une attaque qui comme le souhaitait Olivier Krumbholz devient aussi un point fort tricolore, le décor était plus que parfait pour dominer une équipe Batave qui pourtant n’a jamais rien lâché.

Cette demi-finale, les Bleues l’ont prise par le bon bout, même si les Oranje arrivaient à se mettre en situation de shoot sur du jeu de transition, le repli et les répartitions défensives sur ce repli étaient suffisamment de qualité pour que la solution ne soit pas trouvée trop simplement. En arrivant à bloquer ce qui est le point fort absolu des Bataves, les Tricolores avaient déjà mis un atout dans leur manche. Le deuxième, elles vont le prendre en faisant rapidement sortir Tess Wester de son match par la qualité de shoot mise dans toutes leurs attaques. Une attaque qui ne peut user de son atout majeur que de façon très parcellaire, une défense qui ne trouve pas la solution face aux Nze Minko, Flippes ou Dembélé, les Bleues prenaient logiquement le match à leur compte et faisait un peu chauffer Bercy. Il en faudra encore plus pour voir le public parisien vraiment se lâcher, mais qu’importe, les Françaises étaient parfaitement dans leur match et les rotations toujours rapides induites par Olivier Krumbholz allaient commencer à faire leur effet dans le match.

Même si parfois ces rotations rapides font tomber un peu le rythme de l’équipe sur le terrain, on se rend compte en seconde période que ce luxe qu’ont les Bleues de pouvoir compter sur 16 joueuses quasiment du même niveau est primordial sur la durée d’un Euro toujours usant physiquement. Alors si ces changements vont parfois permettre aux Néerlandaises de s’offrir des rapprochés au score, ils vont aussi économiser un peu les pièces maîtresse du collectif. En premier on pense à une Estelle Nze Minko qui surprend quasiment à chaque match. Contre la Serbie, elle avait éclaboussé le Hall XXL de sa vitesse, son engagement et ses tirs magiques. A Bercy, elle a encore ajouté quelques cordes à son arc avec un tir en appui somptueux, un tir au-dessus de la défense, le tout pour encore une fois signer un 100% au shoot ce qui la met à un 28/34 total sur cet Euro, 6 shoots loupés pour une arrière, tout simplement inouï à ce niveau de jeu.

Tout cela et encore plus, les Pays-Bas avaient de plus en plus de mal à le contenir et logiquement, quand la fatigue d’un groupe moins étoffé va se faire sentir, l’écart va commencer à grandir. Grandir au point d’arriver à ce point névralgique, toujours le théorème de Zouzou, le fameux 14-18 qui vous assure le gain du match si vous êtres de l’équipe qui a 18 au compteur. Les Bleues n’ayant aucune envie de faire tomber un théorème qui devient mythique au fil des matches, elles vont s’appliquer à faire grandir cet écart tranquillement. On sentait que tous les coups de chauds bataves étaient tranquillement gérés par une équipe de France sure de son fait. Protégée par une Laura Glauser de gala qui va vous finir ses 30 minutes de jeu à 50% d’arrêts sans sourciller, les Françaises ne cessaient d’appuyer sur l’accélérateur. Siraba Dembélé faisait le coup du « tu me vois, tu ne me vois plus » à Debbie Bont, Laura Flippes trouvait encore une fois des espaces gagnants là où personne n’en voit et Estelle Nze Minko continuait à survoler le match. Trop vite, trop fort, trop haut, les Bataves abdiquaient en y perdant en plus Martine Smeets, sa seule ailière gauche de métier puis Jessy Kramer la toulonnaise qui laissait sa cheville sur une lutte (perdue) pour une récupération de balle.

+6 au final, et cela aurait pu être bien pire… Les Bleues ont gagné le droit de défier une nouvelle fois ce qui se fait de mieux en ce moment sur la planète handball, la Russie… A voir si la confiance, la fraîcheur physique et cette attaque qui devient de plus en plus une vraie arme tricolore, seront des armes suffisantes pour renverser les championnes olympiques.

Les réactions...

Estelle Nze Minko, désignée meilleure joueuse du match… « Les victoires, ça recharge. On est forcément impactée après deux semaines de compétition. C'est beaucoup de matches, d'entraînements, de séances vidéo, etc… Mais l'enjeu donne un surplus d'énergie. Après la compétition, on va toutes être mortes, mais si on a la médaille d'or, on s'en fout  ! A l'Euro, chez nous, on veut l'or, ce n'est être prétentieux de le dire. Il y a deux ans, on était contentes d'avoir le bronze en Suède. Là, avec l'équipe qu'on a et la compétition qu'on fait, on a envie de se récompenser  avec l'or. »

Laura Glauser, une des gardiennes de buts… « Bien sûr, on est un peu fatiguées mais on a encore plein d'énergie. Il va falloir garder la tête froide. Olivier fait un très bon travail. Il fait tourner tout le monde, ça nous permet de souffler. Il y a deux ans à Rio, c'était notre première médaille olympique mais là, c'est différent. C'est le Championnat d'Europe à la maison, on a envie de gagner devant notre public, nos amis, devant notre pays. Se retrouver en finale devant notre public, c'est juste un kif. »

Alexandra Lacrabère, arrière droite « On est tout simplement championnes du monde, donc on est  les meilleures, donc on va être championnes d'Europe dimanche. Le but, c'est l'or. Là, on est vraiment concentrées, parce que l'on sait qu'il nous reste un travail énorme à faire. On sait que ça passera par là. Dans cette compétition, les Russes n'ont pas joué le jeu à fond. Elles perdent de neuf buts contre la Suède, elles lâchent très clairement le match. C'était pour nous mettre une pression supplémentaire pour que l'on gagne absolument contre la Serbie. Ce n'est pas fair-play. Je pense que ça va se retourner contre elles. Ça nous a bien réussi contre la Serbie, parce que l'on savait très bien que l'on devait compter sur nous-mêmes mais ça montre l'état d'esprit de cette équipe-là. »

Le diaporama du match par Céline Dély


A Paris, Accor Hotel Arena
Le vendredi 14 décembre à 21h00
Demi-finale Euro F 2018
Pays-Bas - France : 21 - 27 (Mi-temps : 11-12)

12 463 spectateurs
Arbitres : MM Ignacio Garcia Serradilla et Andreu Marin (Espagne)
Délégué : M Antonio Marreiros  (Portugal)
Evolution du score : 3-2 5°, 3-5 10°, 5-8 15°, 7-10 20°, 9-11 25°, 11-12 MT - 14-16 35°, 15-18 40°, 16-22 45°, 17-24 50°, 19-26 55°, 21-27 FT.

Pays Bas FPays Bas F
JoueursTcPeTtPdInBp2mnRgeButEva
A.MALESTEIN4/50/04/521110413
L.ABBINGH3/104/47/1400200710
K.DULFER2/20/02/21110028
E.POLMAN4/90/04/92020047
M.FRERIKS0/00/00/01000002
D.BONT0/00/00/00000000
C.GROOT3/80/03/81040030
L.KNIPPENBORG0/00/00/00000000
L.VAN DER HEIJDEN1/20/01/21020010
M.SMEETS0/10/00/1000000-1
J.KRAMER0/00/00/0001000-2
M.VISSER0/10/00/1000100-3
D.AMEGA0/20/00/2001000-4
C.ROZEMALEN0/00/00/0002000-4
Total17/404/421/448216202126
GardiensAcApArrPdInBp2mnRgeButEva
R.DUIJNDAM3/100/13/11000000-3
T.WESTER4/220/04/22000000-8
Total7/320/17/338216202115
France FFrance F
JoueursTcPeTtPdInBp2mnRgeButEva
E.NZE MINKO6/60/06/622100624
L.FLIPPES4/40/04/401200412
S.DEMBELE4/50/04/50011049
P.COATANEA2/20/02/20100028
B.EDWIGE3/40/03/41011038
C.AYGLON-SAURINA1/20/01/21000014
A.PINEAU0/01/11/10000013
O.KANOR1/40/01/41000012
A.NGOUAN0/00/00/00100002
M.HOUETTE1/30/01/30000011
P.FOPPA0/00/00/00000000
G.ZAADI-DEUNA2/50/02/5203102-1
G.NIOMBLA1/30/01/3002001-3
A.LACRABERE1/40/01/4206001-6
Total26/421/127/439516302763
GardiensAcApArrPdInBp2mnRgeButEva
L.GLAUSER9/160/29/1800000011
A.LEYNAUD5/150/25/17000000-2
Total14/310/414/359516302772


© François Dasriaux
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Icissè-Pa-ris !
emmanuel clerc | Samedi 15 Décembre 2018 (09h15)
Triste Bercy... Déjà renommée sans saveur, la salle de concert n'a pas rivalisé avec sa collègue Nantaise, bruyante et passionnée, collectivement supportrice de l'EdF... Perruques, maillots bleus et petits drapeaux n'auront pas suffit pour enflammer un public parisien bien trop sage. Où étaient les supporters du 8ème Homme ou du CUP ?.. Blacklistés ?.. Si c'est le cas, on ne saurait conseiller aux instances de les inviter en finale, dimanche. Et si elles hésitent qu'elles se rassurent : aucun risque qu'ils puissent déranger les Hongrois(es), les Russes, les Allemand(e)s, habitués aux arènes chaudes. Pensez aux joueuses !.. Déjà que les téléspectateurs vont se taper Denis
Brognard !..
Bolchoï versus Hip-hop
emmanuel clerc | Samedi 15 Décembre 2018 (08h58)
Les sourires ( de façade ?) des néerlandaises pendant la présentation contrastaient avec les visages fermés des Françaises. On pouvait se poser la question des dosages de stress et de relâchement, de concentration et de fausse décontraction. On aura eu rapidement la réponse : les sourires n'ont guère mis de temps à s'effacer. Cette EdF maîtrisait trop. Le rythme, les attaques adverses, les siennes propres. Et les deux gardiennes françaises au diapason.
Que de progrès, et de travail, chez E. Nze Minko !.. On se souvient de ses débuts en jeune cheval fou, déjà ces foulées bondissantes et bottes de sept lieues, mais avec le déchet de l'enthousiasme mal canalisé, des tirs mal pris ou ratés, des pieds dans le tapis... Tout ça est loin derrière cette arrière extraordinaire, sans doute MVP du tournoi. Imprenable. Insaisissable. Incroyable. Et des itws avec du cerveau... Spéciale dédicace à captain Dembélé pour avoir mis le coup de collier, en attaque et en défense, pour creuser l'écart qui s'avérera décisif. Helle Thomsen l'avait bien senti, prenant coup sur coup deux temps morts pour tenter de réveiller la niaque chez ses filles, en vain. La coach danoise a tout tenté, et bien, mais ses joueuses n'ont pas trouvé les ressources, la tactique, les impacts, et ses jeunes pousses étaient trop tendres pour les briscardes de 23 ans de l'EdF...
La Russie a souffert face à la Roumanie, même privée de Naegu. Le banc roumain exsangue et un coaching timide d'Ambros Martin auront fait la différence en seconde période. Les Russes proposent un handball Bolchoï, rapide, puissant, technique, mais très classique. La France a cette folie que les Russes n'ont pas. Et si elles comptent dans leurs rang un phénomène comme Vyakhireva, les Françaises peuvent lui opposer une Nze Minko éblouissante. En outre, on a vu que les Russes peuvent faire montre d'une Anna-dépendance dont les Françaises semblent protégées, tant d'autres filles, Zaadi, Pineau, peuvent donner le la de la partition.
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