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EDF F: Elles seront 1ères de cordée aux Jeux Olympiques
EDF F: Elles seront 1ères de cordée aux Jeux Olympiques
18 Décembre 2018 | International > Euro

Dix-neuf mois pour préparer les Jeux. C’est exactement le crédit que les filles d’Olivier Krumbholz se sont offertes en remportant ce dimanche, le titre de championnes d’Europe. A l’occasion, elles ont obtenu – une fois n’est pas coutume, avant les garçons – le ticket pour Tokyo en juillet 2020. Le staff de l’équipe de France et toute la filière Jeunes peuvent désormais envisager l’avenir avec sérénité. En conservant une solide ossature et en incorporant au besoin, du sang frais.

par Yves MICHEL

Après l'Elysée et le couple présidentiel, la célébration va au moins durer jusqu’aux fêtes de Noël. Mais quel bonheur de réaliser qu’un an après avoir gravi pour la 2ème fois dans l’histoire, la plus haute marche mondiale, les filles d’Olivier Krumbholz ont validé leur 1er titre européen. Ce dimanche, elles ont décroché une médaille de plus à ranger en bonne place dans la vitrine mais aussi, la qualification directe pour les Jeux de Tokyo (fin juillet-début août 2020). « C’est presque plus important que le titre, notait le sélectionneur parce que cela peut nous apporter de la sérénité pendant 19 mois. On va pouvoir réorganiser le travail et ce n’est pas négligeable car les filles sont très fatiguées. Cet été par exemple, on pourra leur donner une grande plage de repos. Et je pense que l’équipe qui se qualifie en 1er a de grandes chances de gagner les J.O derrière (les exemples du Danemark et de la Norvège dans le passé, accréditent cette thèse). » Le challenge est donc excitant et rempli de belles promesses. L’avenir est mis en perspective. Dans un an, elles iront au Mondial au Japon sans pression mais avec un titre à défendre et sept mois plus tard, elles y retourneront pour tenter de remporter le seul trophée qui leur manque, l’or olympique. La volonté de durer dans le temps est en phase avec celle de ramener d’autres médailles. Il y a l’objectif 2020 mais aussi 2024 et les Jeux de Paris pour lesquels les équipes de France de sports collectifs seront automatiquement qualifiées.



Olivier Krumbholz qui, mine de rien, est en train de se bâtir un sacré totem  a-t-il des envies de renouvellement ou plutôt d’intégration ? Eric Baradat (notre photo) qui avant de prendre la responsabilité de l’équipe de France juniors mais surtout du Parcours de l’excellence sportive féminine a assisté durant 13 ans, le sélectionneur national, a sa petite idée sur la question. « Déjà, la décision appartient à Olivier et à lui seul. Il faut faire preuve de pragmatisme. Si une fille est capable de venir manger la soupe sur la tête d’une de celles déjà en place, il ne faudra pas hésiter à l’incorporer mais sincèrement, il va falloir qu’elle se lève tôt. » Dix-sept filles ont contribué à gagner l’Euro. Olivier Krumbholz a pu se permettre de laisser Gnonsiane Niombla à la maison et de n’appeler la Messine qu’à la fin du Tour principal et se passer de Cléo Darleux qui un an plus tôt, avait excellé sur le Mondial. Si parmi les plus anciennes, Alexandra Lacrabère (31 ans), Amandine Leynaud, Siraba Dembélé  (32 ans) et Camille Ayglon (33 ans) peuvent légitimement s’interroger sur la suite à donner à leur carrière internationale, la stimulation d’un objectif olympique à court terme peut encore entretenir la flamme. « Il y a aujourd’hui un fossé entre les cadres qui tiennent France A, poursuit Eric Baradat, et la génération des filles qui par exemple, ont gagné l’Euro juniors l’an dernier (les 98-99). On en sortira forcément quelques-unes, on peut même récupérer des filles qui étaient sur les 96-97 mais chaque parcours est singulier. » Dans l'histoire de l'équipe de France féminine qui a traversé le temps, des vocations spontanées ou des découvertes sur le tard ont émergé. « Amélie Goudjo n’a honoré sa 1ère sélection en A qu’à l’âge de 25 ans et elle a terminé capitaine. Véronique Pecqueux-Rolland a fait toute sa carrière sur la frustration de n’avoir pas participé au Mondial juniors qui en 1991 se déroulait en France. Elle s’est largement rattrapée par la suite. Et Alexandra Lacrabère ? A ses débuts, c’était un petit animal sauvage. Elle n’a jamais été prise en sélections Jeunes. Olivier était venu la superviser alors qu’elle évoluait en D2 à Bordes (Pyrénées-Atlantiques). Il m’avait assuré que si elle finissait internationale, il était prêt à manger un rat ! » L’histoire ne dit pas si depuis, le sélectionneur national a avalé un rongeur mais en douze ans et la 1ère cape de la gauchère chez les Bleues, son palmarès et son bagage se sont sacrément étoffés.



Cette équipe de France est taillée pour durer. Elle peut s’inspirer de l’exemple des garçons où après s’être reposé sur un noyau dur, Claude Onesta puis Didier Dinart ont injecté du sang neuf. « Aujourd’hui, le hand féminin français produit une certaine quantité de joueuses qui doivent nous permettre d’alimenter le réservoir. On remarque que comme chez les hommes, il y a une certaine concurrence sur certains postes. Exemple, les gauchères. Nous avons des filles comme Janella Blonbou (notre photo ci-dessus), Océane Sercien ou Aïssatou Kouyaté (chacune arrière droite) qui peuvent très bien y arriver. En revanche, ce qui nous différencie culturellement des garçons, c’est qu’il y a une certaine pénurie du côté des pivots.  Heureusement, Béatrice Edwige a fait un super Euro et on va laisser mûrir Pauletta Foppa (qui fêtera ses 18 ans, samedi prochain). Elle a pu vivre une sacrée expérience, elle est championne d’Europe même si elle n’a passé qu’une vingtaine de minutes sur le terrain (notamment contre la Slovénie avec un 3/3). » A la Fédération Française de Handball, l’histoire est un perpétuel recommencement. Si les féminines ont longtemps vécu dans l’ombre des Experts, elles n’ont plus à rougir de leur statut. Il ne leur manque qu’un titre à conquérir. Et elles ont désormais du temps pour y penser et s’y préparer.

© Yves Michel
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