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EDF M: L'objectif olympique dans toutes les têtes
EDF M: L'objectif olympique dans toutes les têtes
11 Janvier 2019 | International > Mondial

C'est le grand saut non pas dans l'inconnu mais vers l'avenir. Pour l'équipe de France rajeunie, tenante du titre, le championnat du Monde qui a débuté ce jeudi soir par les succès respectifs de l'Allemagne et du Danemark permettra de concrétiser différents objectifs. Enrichir son palmarès avec un 3ème titre d'affilée, ce qu'aucune formation n'a réalisé jusque là mais surtout, se frayer un chemin sans trop de turbulences afin d'obtenir son billet pour les Jeux de Tokyo en 2020.

par Yves MICHEL

Même sans Nikola Karabatic, l’équipe de France suscite le respect et une certaine crainte. En un an, seule l’Espagne lui a résisté en lui barrant la route vers la finale de l’Euro. Revanchards les vainqueurs des deux dernières éditions du championnat du Monde ? Un peu quand même si l’objectif majeur est tourné vers demain, vers Tokyo, théâtre des prochains Jeux de 2020. « La France ne défend pas de titre, tempère Didier Dinart, parce que si on prend le groupe qui a été sacré voilà deux ans, on voit qu’il y a eu un peu de changement, dans le sens du rajeunissement. C’est peut-être un Mondial à trois vitesses. Il va falloir sortir avec le maximum de points et à l’issue du 1er tour, on verra dans quelle posture on se retrouve. Si on a 4 points, on pourra éventuellement parler de demi-finale, si on en a deux, le but sera de rentrer dans les sept premiers pour disputer par la suite, un tournoi de qualification olympique. » Car si depuis 2013, le championnat du Monde ne prévoyait qu’une phase de groupes avant des oppositions à élimination directe, l’IHF est revenue à la formule antérieure avec un 1er tour où dans chaque poule, les trois 1ères équipes  sont qualifiées en conservant les points acquis l’une contre l’autre et elles affrontent les trois qualifiées d’un autre groupe. Au final, le champion du Monde aura son billet pour le Japon, les trois autres demi-finalistes, l’avantage d’accueillir un TQO (6 équipes) programmé du 16 au 19 avril 2020.

C’est donc une course d’obstacles qui attend les Tricolores avec une dernière chance au-delà le Mondial d’accrocher le wagon olympique, en remportant l’Euro dans un an. Ils ne devront donc négliger aucune opportunité. « Quand on voit qu’aux Jeux de Rio, l’Espagne et la Norvège qui ont disputé un TQO ne sont pas parvenues à se qualifier, cela fait réfléchir, met en garde l'entraîneur national. On peut même aller plus loin avec l'exemple de la Slovénie, 3ème au dernier Mondial qui n’est même pas sur celui-là. Cela signifie que le niveau évolue, qu’il se densifie et que cela devient de plus en plus difficile de se qualifier. » Pour autant avec toutes les campagnes qu’elle a menées, les résultats obtenus et surtout la régularité établie, la France a un statut à défendre. Il y a eu des faux-pas comme en 2012 en Serbie ou un an plus tard en Espagne mais la somme des podiums ou accessits la maintient dans le peloton de tête au même titre que l'Allemagne, le Danemark, les représentants des deux pays organisateurs, l'Espagne, la Norvège ou la Suède. « Sans s’occuper de ce que pensent les adversaires, si je dis qu’on n’est pas favoris, les joueurs vont m’en vouloir. Ce sont des compétiteurs jamais rassasiés. On essaiera tout simplement d’être au meilleur niveau et on fera les comptes à l’issue du Mondial.» En Allemagne, la France débutera comme elle l’avait fait il y a deux ans chez elle à Bercy. Du moins, par le même adversaire, le Brésil. Cela lui avait plutôt bien réussi, même si cinq mois plus tôt en quarts de finale des Jeux de Rio, ces mêmes "Auriverde" avaient bien résisté et n’avaient physiquement craqué que dans les vingt dernières minutes. Les Tricolores n’ont pas l’habitude de louper leur match d’ouverture. Tous vont veiller à ce que cela continue.

Ce vendredi matin, le staff de l'équipe de France a validé la liste des 16 joueurs qui entameront la compétition. Comme attendu, c'est un gaucher qui fait les frais de ce choix. Et c'est le moins expérimenté chez les Bleus, le Montpelliérain Melvyn Richardson qui devra prendre place en tribunes. Il pourra être appelé à tous moments, Didier Dinart disposant de trois changements d'ici le terme de la compétition. 



Faire partie des trois qualifiés sera l’obsession de chacune des équipes engagées dans chaque groupe. Si dans le groupe A, l’Allemagne chez elle et la France, tenante du titre mondial font figure de favorites, trois formations (Brésil, Russie, Serbie) se disputeront le dernier sésame pour le tour principal, la Corée unifiée parait bien trop faible pour pouvoir y prétendre. 

                  Tous les matches de la France sont programmés à 20h30

BRESIL  (vendredi 11 janvier)

9 rencontres en 22 ans, 9 victoires dont la dernière remonte au Mondial 2017 en phase de groupe (31-16)

Pour arriver affûtés en Allemagne, les Brésiliens privés du pivot Rogeiro Moraes (convoité par Nantes mais qui a signé pour Veszprém) ont participé à un tournoi en Norvège dont le bilan avec un succès sur les Pays Bas (35-32) et deux défaites étriquées face à l’Islande (29-33) et la Norvège (26-30) doit inciter les Français à une certaine méfiance pour leur 1ère confrontation dans le tournoi. « Il y a toujours des matches piège, met en garde Ludovic Fabregas. Je le vis à Barcelone où on nous rabâche que le championnat est facile mais sur un match tu peux perdre. Par le passé, le Brésil a posé pas mal de problèmes à la France, c’est vrai que si on reste sur ce dernier match à Paris, la différence est assez marquante mais ça reste une bonne équipe avec des bons joueurs. Des gars comme Langaro (le Dunkerquois, photo ci-dessus) dans un bon jour, les arrières droits (dont le Cristolien Gustavo Rodrigues) qui sont dangereux au tir, les pivots et les meneurs de jeu, un gardien expérimenté qui joue à Granollers (César Almeida), ça peut faire un cocktail explosif. A nous d’être prêts, on connait l’importance d’un 1er match dans une compétition. » A noter que le plus capé des Brésiliens évolue dans le championnat français, à Tremblay en France, l'ailier Felipe Borges compte plus de 210 sélections (730 buts) sous les couleurs auriverde.


SERBIE  (samedi 12 janvier)

9 rencontres en 10 ans, 2 victoires, 7 victoires dont la dernière remonte à l’Euro 2018 en Croatie au tour principal (39-30)

Beaucoup de choses ont changé en un an et le dernier Euro croate au sein de la Serbie qui se présente en Allemagne animée de nouvelles intentions. Un nouveau coach Nenad Perunicic et un effectif qui ne compte plus les monstres sacrés qu'étaient encore à l'Euro, Zarko Sesum, Petar Nenadic ou Darko Dukic. Les valeurs sûres comme l’ailier toulousain Nemanja Ilic (photo ci-dessus), le gardien de Kielce Vladimir Cupara ou l’arrière gauche de Göppingen Nemanja Zelenovic font désormais figure d'anciens. Il y a un an, au retour de Croatie, les responsables serbes ont procédé à un examen de conscience. Ils ont tout d'abord poussé vers la sortie le sélectionneur Jovica Cvetkovic jugé trop laxiste et auquel les joueurs reprochaient une addiction à l'alcool. Pour autant, son remplaçant n'est pas parvenu à redonner confiance en octobre, en qualifications à l'Euro 2020 (nul face à la Belgique et défaite contre la Suisse). Pourtant il a assuré en arrivant en Allemagne que si la Serbie n'était pas au tour principal, ce serait de sa responsabilité et une grande déception. Le 1er match contre la Russie (qui a incorporé dans son staff... un Serbe Dejan Peric comme coach des gardiens) s'avère donc décisif.

Comme préparation, les joueurs des Balkans se sont tout d’abord frottés à la Tunisie (victoire 29-25 et un match très accroché avec 12-12 à la pause) avant de retrouver la Macédoine à deux reprises (deux défaites 31-37 puis 27-28). 


COREE UNIFIEE (lundi 14 janvier)

Là où le sport peut faire mieux que la politique. Divisée en deux Etats depuis 1953 avec  un bloc communiste au nord gouverné au main un dictateur et un autre basé sur un modèle économique issu du capitalisme, la Corée présentera donc une équipe unifiée de handball. « C’est une volonté forte de rapprocher les gens, explique Philippe Bana, le DTN français. Cela s’est fait à une vitesse considérable à la demande du président de l’IHF Hassan Mustafa en relation avec le comité international olympique. » Jusque-là, seule la Corée du Sud autant chez les filles que chez les garçons avait promené l’image du pays sur toute la planète handball. Plusieurs fois championne d’Asie, non qualifiée lors des deux derniers championnats du Monde, sa dernière confrontation officielle face à la France remonte à celui de 2009 (succès des Bleus d’Onesta 30-21). « On reste quand même à des antipodes de niveau et plus dans le symbole que dans le changement sportif de l’équipe de Corée. Quatre athlètes nord-coréens (tous militaires) ont déjà travaillé avec la sélection depuis une quinzaine de jours. A la question de savoir s’il fallait regarder attentivement les vidéos de cette équipe... pour moi, c’est du temps perdu parce que la base c’est la Corée du sud qui n’est pas en très grande forme d’ailleurs et qui ne va pas représenter un danger dans la compétition. » Les Asiatiques n'ont pas pesé bien lourd pour le match d'ouverture face à l'Allemagne. Dépassés dans la plupart des secteurs de jeu, ils se sont logiquement inclinés (19-30) et devraient vivre une compétition plutôt difficile. 


A la maison, le Parisien Gensheimer compte mener la Mannschaft vers le sacre

ALLEMAGNE  (mardi 15 janvier)

50 rencontres en 27 ans, 20 défaites, 6 nuls et 24 victoires dont la dernière en demi-finale des Jeux de Rio 2016 (29-28) grâce à un but à 2 secondes de la fin du temps règlementaire de Daniel Narcisse.

« Je t’aime, moi non plus ». Le souvenir amer de la demi-finale du Mondial 2007 perdue par des Tricolores volés par une paire arbitrale suédoise de sinistre mémoire est toujours dans les têtes. Les joueurs français se souviennent de tous ces coups de sifflet défavorables quand ils semblaient prendre le dessus et puis du hold-up du siècle… l’interception de Michaël Guigou à quelques secondes de la fin de la 2ème prolongation, son but parfaitement valable pour glisser vers la séance des pénaltys et les deux juges de paix qui changent le cours de l’histoire en le refusant prétextant un marcher. « Le temps passe vite, c’est fou, se souvient l’Aptésien. Cela reste à la fois un souvenir cruel mais aussi une fierté lorsque du coup, on se penche sur ce qu’on a fait depuis cet échec. Comment on s’en est servi, comment on a su rebondir et gagner. »  Les stats sont là pour valider le parcours des Bleus face à la Mannschaft: une seule défaite lors de la décennie écoulée (30-32 au 1er tour du Mondial espagnol en 2013), huit titres remportés contre un seul (l’Euro 2016 en Pologne). En 2007, l’Allemagne se devait de rafler le Mondial organisé sur son sol, douze années plus tard, même en tant que co-organisateur avec le Danemark, la mission est la même. Même si elle n'est jamais à l'abri de la moindre polémique (voir ici) et si donc elle a ouvert son Mondial par une démonstration (attendue) face à la Corée. 


                          Dimitri Zhitnikov de Szeged sera le meneur de jeu de l'équipe russe

RUSSIE  (jeudi 17 janvier)

45 rencontres en presque 26 ans, 3 nuls, 21 défaites et autant de succès dont le dernier remonte à janvier 2017 lors du Mondial en France où à Nantes lors du 1er tour, les Tricolores s’étaient largement imposés (35-24)

Derrière l’Allemagne et la France, la Russie parait la mieux armée pour décrocher le 3ème billet pour le tour principal. Pour s’évaluer, les partenaires du gardien dunkerquois Oleg Grams ont affronté la Suède, vice-championne d’Europe. Ils sont montés en puissance car après s’être inclinés face aux Nordiques (18-29), ils ont arraché le nul (29-29). La 1ère défaite et les nombreuses erreurs qualifiées de… débutant ont été mises sur le compte de la fatigue du voyage la veille vers Jönnkoping. Les débats ont été plus équilibrés, un jour plus tard.

Ce sont dix-huit joueurs qui sont arrivés à Berlin, l’entraîneur Eduard Koksharov ne voulant prendre aucun risque d’autant qu’il a du se passer dès le début de la prépa de quelques cadres comme l’arrière gauche du Vardar Sergei Gorbok, le gaucher de Zaporozhye Sergey Shelmenko et le meneur d’Hanovre Pavel Atman (à peine remis d’une blessure à la jambe, il a rejoint le groupe mais reste parmi les réservistes). La Russie qui n’était pas qualifiée pour le dernier Euro a incorporé quelques jeunes dont l’arrière de Chekhov Kosorotov (19 ans) et l’ailier droit Aleksei Fokin (21 ans).



Au chevet des autres équipes qui peuvent intéresser les Français...

La France devra se classer dans le Top 3 du groupe A (en gardant les points des matches qu'elle aura disputés face aux deux autres qualifiés) si elle veut continuer la route dans le Tour Principal. Elle croiserait dès loin avec les trois lauréats du groupe B qui a pris ses quartiers à Munich. Sans manquer de respect au Bahreïn et au Japon maillons faibles du groupe, l'Espagne championne d'Europe et la Croatie sont hors d'atteinte. Le 3ème ticket se jouera entre l'Islande et la Macédoine.

ESPAGNE
Sur la lancée de son succès à l'Euro (photo ci-dessus), la "Roja" a rassemblé ses forces pour tenter, six ans après l'avoir conquis à Barcelone, de ramener un nouveau titre mondial. Jordi Ribera n'a pas procédé à une révolution de palais. Il donne la liste des 16 ce vendredi matin mais les deux Nantais David Balaguer et Valero Rivera n'y figurent pas. Quinze des médaillés d'or en Croatie (dont l'autre Nantais Gurbindo, le Raphaélois Sarmiento, les Parisiens Morros et Corrales, l'Aixois Goni Leoz et le Toulousain Sole Sala) ont participé à la préparation. Deux bizuts de 21 ans, le demi-centre Dani Dujshebaev (le frère d'Alex et fils de...) et l'ailier droit Aleix Gomez qui évoluent respectivement à Kielce et à Barcelone, ont été incorporés. En préparation, l'Espagne s'est baladée face à l'Arabie Saoudite (42-25) et la Biélorussie (40-29) et a battu la Pologne (34-28) en ayant souffert durant la 1ère période

CROATIE
Malgré une 5ème place bien peu flatteuse en épilogue de l'Euro organisé à domicile, Lino Cervar est resté aux commandes de l'équipe au maillot à damiers et en un an, les visages ont changé. Alilovic, Cupic, Gojun, Kontrec, Kopljar, Mamic, Maric, Mandalinic ont disparu du paysage soit blessés, soit ne figurant plus dans les projets du sélectionneur qui a rappelé quelques vieux briscards comme Duvnjak touché au début de l'Euro ou l'ancien Chambérien Bicanic. Parmi les 18 qu'il amène en Allemagne figurent le gardien Marin Sego (33 ans) annoncé à Montpellier et l'arrière droit parisien Luka Stepancic. En préparation, la Croatie s'est imposée face à l'Italie (28-20) et au Monténégro (34-22).

ISLANDE
Le drame. Dimanche, lors d'un match de préparation face aux Pays-Bas (remporté 27-23), trois joueurs islandais sont sortis du terrain. Si pour Aron Palmarsson (touché au crâne) et Arnor Gunnarsson (béquille), le sélectionneur Gudmundur Gudmundsson est confiant, en revanche, il devra se passer de son élément le plus emblématique. L'âme de l'équipe, le tireur hors pair des 7 m, Gudjon Valur Sigurdsson s'est blessé au genou et ne fera pas le déplacement en Allemagne. A bientôt 40 ans, c'est la 1ère fois depuis 1997 que l'ailier de Rhein Neckar Löwen ne participera pas à un grand tournoi. Dans ses deux autres oppositions amicales, l'Islande s'est inclinée (25-31) face à la Norvège (amputée de Tonnesen forfait et de O'Sullivan blessé, Bjornsen et Johannesen malades) mais s'est imposée face au Brésil (33-29).  

MACEDOINE
L'entraîneur du PSG Raul Gonzales a du modifier ses plans au dernier moment puisqu'il a du remplacer l'ailier gauche Dimitar Dimitrioski (touché à la cheville) par son binôme à Metalurg, Milan Lazarevski. Les partenaires du Nantais et capitaine de la sélection Kiril Lazarov ont battu à deux reprises la Serbie, d'une façon convaincante (37-31) et plus difficilement (28-27) en préparation. La Macédoine débute le Mondial face au Japon dirigé par un certain Dagur Sigurdsson, l'Islandais qui avait fait des merveilles avec l'Allemagne notamment en 2016 (championne d'Europe et bronze aux Jeux). Les Nippons joueront sans stress puisqu'ils sont automatiquement qualifiés pour les JO 2020 qu'ils organisent chez eux. Ils ont multiplié les matches de préparation avec deux nuls (28-28) face à la Pologne et la Suisse, une victoire contre la République Tchèque (27-25) et deux défaites face à la Tunisie (31-34) et le Portugal (25-27). Ce qui ressemble à un bilan tout à fait honorable.

© Yves Michel
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