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CM2019: Au pays du hand, il y a parfois des tourments
CM2019: Au pays du hand, il y a parfois des tourments
9 Janvier 2019 | International > Mondial

En Allemagne, toutes les Arenas seront quasiment pleines et le succès populaire, au rendez-vous du Mondial qui s'ouvre ce jeudi à Berlin. La sélection nationale a toute la pression d'un peuple de passionnés sur les épaules. Il n'empêche que Christian Prokop, l'entraîneur de la Mannschaft ne fait toujours pas l'unanimité et des personnalités ont fait entendre leur voix, ces derniers jours par médias interposés.

par Yves MICHEL


C’est à Berlin, dans le cadre somptueux de la Mercedes Benz Arena sortie de terre il y a un peu plus de 10 ans que ce jeudi à 18h15, la sélection allemande lance officiellement face à l’équipe de Corée unifiée, SON championnat du Monde que le pays organise conjointement avec le Danemark. Deux heures plus tard d’ailleurs, les partenaires de Mikkel Hansen feront de même à Copenhague face au Chili des frères Feuchtmann. Une entame en douceur pour les deux nations qui avec la France, l’Espagne, la Suède voire la Norvège font partie des grands favoris.

L’engouement est au rendez-vous outre-Rhin où déjà 93% des billets disponibles ont été vendus. Pourtant dans un pays qui prône la rigueur, la retenue et un certain discours de la méthode, là où la cause devrait être commune, quelques critiques sur les derniers choix du sélectionneur Christian Prokop ont été émises notamment par des grands noms de la discipline. Christian Schwarzer, le pivot du titre de 2007 ne s’en est pas privé. « C’en est même incroyable, s’exclame François-Xavier Houlet. Pour comprendre l'histoire, il faut savoir que Prokop, c’est l’homme de Bob Hanning (directeur général des Renards de Berlin, vice-président de la Fédération Allemande et qui a la mainmise sur le handball national) qui a tout fait et qui continue dans ce sens pour que ce ne soit pas une ancienne gloire qui arrive à la tête de la sélection. Mais qu’un gars comme Schwarzer qui est un cadre fédéral, se permette de critiquer la sélection dans l’heure qui a suivi sa communication par Prokop qui est un collègue, je le redis, je trouve cela effarant. C’est comme si en France, un gars comme Eric Quintin ou Yohan Delattre mettait en cause publiquement dans les médias les choix de Didier Dinart. » Christian Schwarzer n’est pas la seule voix discordante puisqu’un autre ancien international, Michael Kraus champion du Monde comme lui en 2007 estime tout simplement que Prokop n’a pas fait appel aux meilleurs joueurs allemands du moment. « Alors à ce sujet, acquiesce le Français, consultant sur beIN Sports, j’ai visionné les deux dernières sorties (en amical contre la République Tchèque, succès 32-24 et l’Argentine, 28-13), ce n’est pas malgré tout, la grande équipe d’Allemagne. Mais là où je pense que l’Allemagne a un atout par rapport à d’autres nations, c’est qu’elle sait se servir de la pression populaire sur l’adversaire, ce qui est pour elle, une vraie motivation. En 2007, même chez elle, elle était loin d’être favorite et elle s’est servie de ça. Ce que les Croates ou les Polonais n’ont pas su utiliser.» Le dispositif allemand même s’il est vilipendé par certains, n’en demeure pas moins expérimenté. Avec ses valeurs sûres comme l’ailier parisien et capitaine de la Mannschaft Uwe Gensheimer (160 sélections et 751 buts), son alter ego sur le côté opposé Patrick Groetzki, le pivot Patrick Wiencek, l’arrière gaucher Steffen Weinhold  et la paire de gardiens Silvio Heinevetter et Andreas Wolff. « C’est simple, si l’Allemagne est très forte en défense et ses gardiens très bons, elle inscrira beaucoup de buts dans le jeu rapide et là, il sera très difficile de les déborder. Sur tout ce qui est jeu posé, notamment en attaque placée, il y a quand même des carences. » Lors du dernier point presse auquel ont assisté plus de 100 journalistes, les joueurs ont exprimé la même envie, la volonté d’en découdre au plus vite, faisant table rase du passé et des deux années peu reluisantes avec une 9ème place sur le Mondial 2017 et l’Euro 2018. «Ils ont eu juste avant, martèle F-X Houlet, l’embellie Sigurdsson (l’entraîneur islandais qui les a conduits au titre européen et au bronze olympique en 2016). Et encore, sur cet Euro en Pologne, cela tient au miracle. Ils sont à deux doigts de se faire éliminer au tour principal contre le Danemark, ils passent et c’est ensuite l’épilogue en demi-finale avec le but à la dernière seconde de Damke et ils survolent la finale où l’Espagne n’a pas existé. Aux Jeux, il faut se souvenir que si Narcisse ne libère pas la France en demie à deux secondes de la fin, l’histoire n’est peut-être pas la même. Année 2016 exceptionnelle, cela prouve au moins que le potentiel était là. » C’est donc cette Allemagne-là que cinq autres adversaires et surtout la France devront avec leurs moyens respectifs, ébranler. Et si d’aventure, quelques grains de sable venaient perturber la machine, les Schwarzer et consorts pourraient redoubler de critiques.


Bertrand Gille a au moins trois points communs avec François-Xavier Houlet. Il est lui aussi consultant sur la chaîne beIN Sports, il a évolué en équipe de France et il a joué en Bundesliga. Avec son frère Guillaume, le pivot tricolore a passé dix saisons au HSV Hambourg avant de rentrer à Chambéry.

Quelle peut être l’importance d’un Mondial pour les Allemands ?
C’est un moment clé dans leur paysage sportif parce que c’est une discipline qui continue à générer un vrai enthousiasme populaire parce qu’ils regardent beaucoup de l’autre côté du Rhin et j’ai même lu que les Allemands jalousent sous certains aspects, ce qui se fait en France, la Maison du Handball en est le parfait exemple. Ils expliquent même que leur organisation sportive à l’échelle du territoire rendait la centralisation un peu compliquée, ils nous ont vus organiser successivement deux compétitions internationales avec succès et ils ont envie de renouer avec une victoire qui n’est pas si lointaine que ça avec l’Euro 2016.

La tête de gondole, c’est plus que jamais la Mannschaft
… qui a traversé une période de disette comme toutes les équipes qui ont du mal dans le renouvellement de leurs élites. C’est quelque chose qu’on a très bien su faire en France avec une longévité pour ceux qui entrent en sélection. On est rarement appelé en équipe de France pour une pige, si on y est, c’est qu’on a un profil intéressant, de très haut niveau et complémentaire avec celui des autres. Les Allemands ont travaillé différemment en voyant l’équipe nationale comme une forme de récompense de l’efficacité en Bundesliga. Quand ils ont eu une forte ossature, cela a bien fonctionné, quand ils ont été en manque de repères, ça s’est effondré.

Le 1er grand rendez-vous, c’est mardi 15 avec Allemagne-France…
Oui et non ! Du côté français, si on n’a pas fait de bêtises jusque-là, on pourra se dire que si on gagne ce match, cela sent bon pour les demi-finales, pour les Allemands, ce sera un peu la même chose avec une dimension en plus. Une sorte de révélateur. Ils vont savoir s’ils ont les moyens de jouer un rôle dans LEUR compétition.

Cette pression populaire allemande peut-elle avoir un impact sur les jeunes Français ?
En 2014 au Danemark, on met 9 buts en finale aux Danois. L’histoire ne se répète pas forcément sauf qu’on a le savoir-faire. On a tout ce qu'il faut pour réussir ces moments là.

Même sans Omeyer, Narcisse et Nikola Karabatic ?
Sans "Titi" et Daniel, c’est sûr, quant à "Niko"… on n’en sait encore rien. En revanche, on peut dire que dans cette équipe, il y a de la qualité, de l’expérience car n’oublions pas qu’en 2014, il y avait "Mika", il y avait aussi "Lucho", "Tchouf", Valentin Porte... et puis des garçons qui ont vécu des moments compliqués, il en reste même si la moyenne d’âge a baissé.

© Yves Michel
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