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CM 2019: L'Europe domine toujours, la France a ses chances
CM 2019: L'Europe domine toujours, la France a ses chances
18 Janvier 2019 | International > Mondial

Fin de l'Acte 1 du championnat du Monde 2019. Place au 2ème volet qui réunit les douze meilleures équipes de la discipline. Avec au niveau de la représentation, un fort déséquilibre en faveur de la zone Europe. La France devra faire face à des adversaires qu'elle a l'habitude de rencontrer. L'Espagne, l'Islande et la Croatie. Les années passent et ne semblent pas changer.

par Yves MICHEL

C’est finalement bien de la part des Français qu’il n’y ait eu aucun calcul pour savoir s’il ne valait pas mieux terminer 2èmes de la poule derrière l’Allemagne et ne jouer qu’un match tous les deux jours (samedi, lundi et mercredi) plutôt que de conserver la tête et hériter d'un gros week end avec deux rencontres au programme et la 3ème, 72 heures plus tard. Le match face à la Russie ne comptait pour rien au niveau de la qualification et son résultat est finalement anecdotique. Mais les Tricolores ont mis un point d'honneur à clôturer la phase préliminaire, invaincus avec 4 succès et un nul.

Ils débuteront un nouveau championnat face à l’Espagne qui ce jeudi soir n’a pas été en mesure de contenir la suprématie de la Croatie. Jamais la "Roja" n’a été en situation de force en ne trouvant pas de solutions pour attaquer le système défensif proposé par les joueurs des Balkans. Tout s'est réglé en fin de 1er acte, lorsqu'ils ont récupéré des ballons et qu'ils ont concrétisé leurs actions (0-5 encaissé en 5’). Si la seconde période va s’avérer plus équilibrée, les Ferran Solé, Gurbindo et consorts vont courir après le score et finalement s’incliner (19-23). Piqués dans ce qu’ils ont de plus cher, l’orgueil, les champions d’Europe chercheront très rapidement à rebondir. « Nous n'avons plus le choix, martelait le coach Jordi Ribera, hier soir en conférence de presse. Il faut vite tourner la page et nous atteler à très bien jouer car les trois rivaux qui nous attendent sont très bons. L'Espagne a déjà été dans des situations difficiles et elle s'en est sortie. Il faut relever la tête et cela commence ce samedi. » Face à un 1er adversaire français que les Ibères ont puni, il y a moins d’un an en Croatie en demi-finale de l’Euro.



A peine sortis du terrain et du succès face aux Russes, les Français avaient tous en tête ce qui aura plus les allures d’un combat à livrer et d’un 1er obstacle à surmonter que d'une revanche ou d'un jeu d'échecs. Même si ce jeudi soir, à l'image de Nikola Karabatic, ils avaient le sentiment d'avoir réalisé « un petit hold-up », ils ont eu le mérite de réagir et de ne pas laisser filer l'issue du match. Ils savent qu'il y a des attitudes à revoir, des défauts à gommer. « Dans un 1er temps, on voulait bien terminer cette phase de groupe, on a gagné ce dernier match mais on a été poussifs durant l’heure de jeu, ce n’est quand même pas normal, pestait Didier Dinart au micro de beIN Sports. Maintenant c’est vrai quand on est sûr de passer et d’avoir 3 points, on peut comprendre quelquefois qu’il y ait une baisse de régime. Il va falloir se concentrer sur ce 1er adversaire mais il est évident que s’il y a un manque d’engagement, on va payer l’addition. L’Espagne, on connaît bien, d’autant plus que notre dernière défaite a été très mal digérée donc j’espère que ça sera au moins une raison d’arriver très motivé face à eux. » France-Espagne en handball, une pièce maintes et maintes fois jouée. Un match où par exemple Valentin Porte retrouvera Ferran Solé qui lui a succédé à Toulouse sur l’aile droite et son ami le gardien Gonzalo Perez de Vargas qui n’avait pas pu tenir sa place en demie en Croatie, suite à une blessure au genou. Mais les retrouvailles ne s’arrêteront pas là puisque les Parisiens Morros et Corrales, le Raphaélois Sarmiento le Nantais Gurbindo et la tribu des Blaugrana du Barça, auront certaines connaissances à aller saluer. Le choc entre les deux défenses s’annonce rude car dans ce domaine, les deux formations ont depuis longtemps acquis des certitudes.



Côté français, c’est sur le plan offensif et dans la gestion du ballon qu’il faudra se montrer plus lucide et surtout plus précis face à une équipe espagnole très à l’aise dans le jeu de transition. « Dès samedi, ça sera des matches d’une autre intensité, souligne Luka Karabatic, il va falloir bien gérer notre journée de transition et le voyage car il y a cela à prendre en compte, et de sérieusement préparer cette 1ère confrontation face à une équipe qui nous a battus l’an dernier, donc on a à cœur de prendre notre revanche mais ça s’annonce très difficile. » Après l’Espagne, l’Islande qui après une traversée à contre-courant lors des derniers Euro et Mondial, semble avoir retrouvé des vertus. Elle avait plutôt mal commencé la compétition en s’inclinant (logiquement) face aux deux cadors du groupe, la Croatie et l’Espagne, puis elle n’a fait qu’une bouchée du Bahrein, s’est fait peur contre le Japon avant de remporter son ultime confrontation, décisive face à la Macédoine. On ne verra donc ni l’arrière nantais Kiril Lazarov, ni l’entraîneur parisien Raul Gonzalez à Cologne rivaliser avec les Bleus.

Ce sont donc les Islandais qui se dresseront sur leur route comme il y a deux ans à Lille en 8èmes de finale du Mondial. Les Français s’étaient imposés de six buts et la décision s’était faite en début de seconde période. Blessé, le Barcelonais Aron Palmarsson était absent et il est revenu cette année en pleine possession de ses moyens comme buteur mais surtout comme passeur. En partant avec aucun point au compteur, les insulaires n’auront rien à perdre et c’est ce qui les rend très dangereux.

Dimanche soir, les Tricolores auront honoré deux de leurs trois rendez-vous. Le calendrier étant ainsi découpé, même avec deux succès, rien ne sera acquis. L’Allemagne n’aura joué qu’une fois (contre l’Islande) tout comme la Croatie (contre le Brésil). Les joueurs des Balkans qui lors de la phase préliminaire ont cartonné et gagné leurs cinq matches, seront les derniers adversaires des Français. Mercredi, cette confrontation peut prendre des allures de match décisif du groupe et les partenaires de Luka Stepancic ne se sentiront pas seuls. Si à Munich, ce jeudi soir, ils ont eu l’impression d’être à Zagreb avec des tribunes garnies par leurs supporters, l’ambiance risque d’être la même à la Lanxess Arena. Nous aurons l’occasion d’en reparler d’autant qu’à l’inverse des Espagnols, les Croates avaient fait partie des victimes des Français lors du dernier Euro.


Oussama Hosni, le gaucher tunisien de Pontault-Combault rescapé de la vague européenne

Encore et toujours, l’Europe garante de l’ordre mondial

Si encore une fois, le handball mondial est dominé par les nations affiliées à la Fédération Européenne (9 sur les 12 qualifiés pour le Tour Principal), ce qui ne va pas plaire au président de l’IHF Hassan Mustafa et au Comité Olympique international qui envisage de retirer la discipline du programme des Jeux pour justement son manque d’universalité, les représentants des autres continents n'ont que très peu progressé.

Si l’Afrique s’en tire plutôt bien avec la qualification de l’Egypte et de la Tunisie en ballottage très défavorable pour une éventuelle qualification, l’Asie et la zone Panaméricaine sont au plus mal. Outre-Atlantique, seul le Brésil survit. Même si la formule du Mondial a changé, voilà deux éditions que l’Argentine ne parvient pas à aller au-delà du Tour Préliminaire. Les "Albiceleste" n’ont pas su se renouveler et surtout ont été privés de trois de leurs cadres dont le plus emblématique, le Montpelliérain Diego Simonet, touché à la cuisse droite en décembre. La situation de l’Asie est plus pitoyable. Sur cinq pays représentés (c'est un record), aucun n’a passé le 1er tour. Si c’est logique pour la Corée unifiée (qui a bénéficié d’une wild card), le Bahrein, l’Arabie Saoudite et le Japon, le cheminement du Qatar est significatif.


La fin du mirage qatari ?

Il y a quatre ans à Doha, lorsque le Qatar s’était incliné en finale du championnat du Monde organisé sur son sol face à la France, Claude Onesta en avait été le 1er satisfait dénonçant les limites d’un système qui recrute à l’extérieur du pays pour construire une équipe nationale (un seul joueur de souche qatarie dans les 16). Le coach français émettait des doutes sur la pérennité de l’expérience.  Jusqu’à l’année dernière, sans grande opposition, l’équipe dirigée par Valero Rivera (notre photo) et dans laquelle évolue le pivot (né tunisien) de Chartres Youssef Ben Ali, a raflé le titre de Champion d’Asie. Et sa 8ème place aux J.O de Rio en 2016 et au Mondial français cinq mois plus tard (après avoir notamment battu l’Allemagne en 8èmes de finale) l'a maintenue à flots. Sauf que depuis, l’époque a changé. L’émirat n’accueille plus à bras ouverts, tous les joueurs étrangers qui veulent bien se faire naturaliser et surtout les dollars ne coulent plus en abondance, ce qui est un frein pour les mercenaires en quête de fin de carrière dorée. En Allemagne, le 1er revers d’un but contre l’Angola a vraiment plombé l’ambiance car avec un seul point supplémentaire, les joueurs du Golfe qui avaient battu l’Egypte, seraient qualifiés pour le tour principal.



Une pensée pour le Japon

La situation du Japon est assez particulière. En engageant Dagur Sigurdsson (l’entraîneur des Allemands champions d’Europe et 3èmes aux J.O en 2016), les Nippons affirmaient leurs intentions. Bâtir en très peu de temps un projet cohérent en vue des Jeux de Tokyo en 2020 et pour lesquels l'équipe de handball est automatiquement qualifiée. En moins de deux ans, l’Islandais n’a pas fait de miracles. La discipline est trop peu représentée sur l’île et à l’inverse de l’Islande, seuls deux éléments du groupe des 16, évoluent à l’étranger, en France (Adam Yuki Baig, un arrière de 19 ans en équipe réserve à Cesson - photo ci-dessus - et Rémi Doi Feutrier, plus connu, l’ailier gauche de Chartres passé par Chambéry). Le parcours dans ce Mondial allemand est catastrophique avec 5 défaites en autant de rencontres. La dernière face au Bahrein à 2’’ du terme.

A un an et demi des Jeux Olympiques, chacune des douze équipes cherchera à décrocher un billet pour Tokyo. Le vainqueur du Mondial sera directement qualifié. Les trois autres demi-finalistes gagneront le droit de participer mais surtout d'organiser un Tournoi de Qualification Olympique (du 16 au 19 avril 2020). Les 3 équipes classées de la 5ème à la 7ème place se déplaceront sur un TQO. En janvier 2020, l'Euro (organisé en Autriche, Norvège et Suède) octroiera également une qualification d'office aux Jeux.

Hors Europe, après le Tour Préliminaire sur les Mondiaux de la décennie

ASIE

PANAM

AFRIQUE

2019

0

Brésil

Egypte, Tunisie

 

Corée, Bahrein, Japon

 

 

 

Qatar, Arabie S.

Argentine, Chili

Angola

 

 

 

2017

Qatar

Brésil

Egypte

* 

Bahrein, Arabie S., Japon

Argentine, Chili

Angola, Tunisie

 

 

 

2015

Qatar

Brésil, Argentine

Tunisie, Egypte

Arabie S., Iran

Chili

Algérie

 

 

 

2013

0

Brésil, Argentine

Tunisie, Egypte

Corée S., Qatar, Arabie S.

Chili

Algérie

 

 

 

2011

0

Argentine

0

Corée S., Bahrein, Japon

Brésil, Chili

Tunisie, Egypte, Algérie

 

 

 

2009

Corée S.

0

0

Corée S., Koweit, Arabie S.

Argentine, Brésil, Cuba

Tunisie, Egypte, Algérie

en gras, les équipes qualifiées après le TPréliminaire
* le tour préliminaire débouchait sur les 8èmes de finale
© Yves Michel
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