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Montpellier prépare la suite sans Michaël Guigou
Montpellier prépare la suite sans Michaël Guigou
21 Janvier 2019 | France > LNH
En plein Mondial, Montpellier Handball a tracé les grandes lignes de ce que seront ses trois prochaines saisons. Le départ de Michaël Guigou après 20 années de présence est acté, celui de Vid Kavticnik aussi. Cinq nouvelles têtes parmi lesquelles celles des ailiers français Yanis Lenne et Hugo Descat arrivent au club. Trois joueurs étrangers le pivot portugais Borges, son compatriote l’arrière gauche Gilberto Duarte et le gardien croate Marin Sego leur emboiteront le pas. 

par Yves MICHEL

Montpellier a donc fait une mise au point attendue avant que ne démarre la 2ème partie de la saison pour qu’à la reprise, à l’issue de la trêve internationale, le résultat sportif reste la seule préoccupation. Notamment concernant l’avenir de l’équipe professionnelle en Ligue des Champions. « Même si je ne suis pas satisfait de nos résultats, précise Patrice Canayer, c’est encore ouvert. Nous ne sommes pas encore sortis de la compétition. En Star Ligue, on est 3ème à seulement quelques points de la 1ère place, à 7 points du 4ème et en bonne position pour disputer la Ligue des Champions, l’année prochaine ». Au passage, il est important de rappeler que l’épreuve européenne changera de formule à l’aube de la saison 2020-2021, qu’elle concernera seize clubs parmi lesquels 8 champions nationaux et 8 autres équipes bénéficiant d’une wild card. Contrairement à cette saison avec trois formations en poule haute, la France espère avoir deux représentants dans la nouvelle formule. 

L’urgence au sein du MHB était donc de régler plusieurs questions en suspens et notamment la plus épineuse, celle liée à l’avenir de Michaël Guigou. Le doute n’est plus permis et le divorce consommé. Aucune prolongation de contrat comme joueur n’est envisagée et après 20 ans de présence, le capitaine par intérim de l’équipe de France quittera le club à la fin de la présente saison. « Nous comprenons l’émotion qui existe autour de la situation, insiste Rémy Lévy, le co-président du club. Michaël Guigou a sa place au sein du MHB l’année prochaine en tant qu’entraîneur, pas en tant que joueur. » Et de rappeler les termes du contrat qui avaient été validés à sa renégociation il y a trois ans et qui prévoyaient une fin de carrière sur le poste d'ailier ou de demi-centre à l’issue de l’exercice 2018-2019 et l’intégration comme technicien dans la "Montpellier Academy" pour trois saisons. Sauf que l’intéressé a entre temps manifesté son désir de poursuivre sur les parquets jusqu’en 2020 et être compétitif pour les Jeux de Tokyo. Au vu de ses performances depuis qu’il est revenu dans l’équipe montpelliéraine ou actuellement avec les Bleus, l’envie est recevable. La simple évocation de son départ de Montpellier avait provoqué quelques réactions hostiles sur les réseaux sociaux. « Nous avons rencontré les supporters car il y avait des inquiétudes, de la colère même chez certains et il nous semblait important de le faire, précise Serge Granger, l’autre co-président du MHB. Je crois qu’ils ont compris nos contraintes et notre position. » Tous les regards seront tournés vers les tribunes de Bougnol à la mi-février et notamment vers les mythiques "Blue Fox" pour la reprise. 



Désormais, une seule question reste posée: Où retrouvera-t-on Michaël Guigou la saison prochaine ? Trois clubs identifiés (Nîmes, Nantes, Aix) se sont mis sur les rangs mais c’est le plus proche de Montpellier qui semble tenir la corde. Des échanges téléphoniques ont eu lieu entre l’intéressé, l'entraîneur (Franck Maurice qui au passage a été confirmé dans sa fonction jusqu'en 2021) et le président de l’USAM (David Tébib qui ne nie plus les contacts). Une année comme joueur puis une reconversion dans la structure du club ? C’est ce qui pourrait être décemment envisagé. Pour autant et quelle que soit la destination future de l'intéressé, rien ne sera dévoilé dans l’immédiat. «On a tout mis en stand-by, au moins jusqu’à la fin du Mondial, insiste Andrej Golic, l’agent de Michaël Guigou. Dans ma tête et depuis le début de la négociation, je me doutais bien que la demande de prolongation ne serait pas prise en compte. Il y a des contacts, c’est vrai mais si on ne s’exprime pas là-dessus, ce n’est pas par rapport à Montpellier mais par rapport à la vie de l’équipe de France. On ne veut rien parasiter. "Mika" est actuellement concentré sur un objectif bien précis. » Et au rythme où c’est parti, le p’tit gars d’Apt pourrait dans moins d’une semaine monter à nouveau sur un podium et mieux, soulever le trophée tant convoité.  

La page Guigou tournée, Montpellier Handball veut donc se projeter sur l’avenir. Des décisions ont été prises concernant notamment le groupe professionnel. 



Sept éléments dont Michaël Guigou et Vincent Gérard (qui depuis juin 2017 a trouvé un accord de trois ans avec le PSG) sont en fin de contrat. Vid Kavticnik (qui devrait lui aussi échouer du côté de Coubertin pour un an), Mohamed  Mamdouh et Arnaud Bingo (sur le point de trouver un accord avec le FC Lisbonne et même arriver au Portugal plus tôt que prévu) ne seront pas conservés, des négociations sont en cours avec Théophile Caussé et Baptiste Bonnefond. « Côté recrutement, il a fallu faire des choix car notre budget n’est pas exponentiel, indique Patrice Canayer. On est parti sur trois axes. Diminuer l’effectif et poursuivre la progression des joueurs en devenir et déjà présents chez nous.» C’est ainsi que le bail de Melvyn Richardson est prolongé de deux saisons jusqu’en 2022. « On veut aussi recruter des joueurs qui ont l’expérience de la Ligue des Champions.» Trois étrangers ont paraphé un contrat de trois saisons. 

En 1er lieu, Gilberto Duarte (photo ci-dessus). En fin de bail avec le FC Barcelone,  l’arrière gauche portugais qui a fait ses débuts chez les pros au FC Porto à l’âge de 17 ans (il en a 28), a surtout marqué les esprits sous les couleurs de Plock (Pologne) notamment en Ligue des Champions entre 2016 et 2018.  



A la reprise en juillet, il croisera Marin Sego (photo ci-dessus). Le nom du Croate circulait depuis quelques jours dans les couloirs héraultais. Option d’autant plus surprenante que pour pallier le départ de Vincent Gérard, le club avait choisi Kévin Bonnefoi. Pour l’aguerrir et lui permettre d’avoir du temps de jeu, le gardien âgé de 27 ans a été prêté à Toulouse. Peu en vue depuis le début de la saison au profit de Yassine Idrissi, Montpellier a donc changé d’avis et voulu se doter d’un autre portier de pointure internationale. Marin Sego qui évolue à Szeged et qui dispute actuellement le Mondial avec l’équipe de Croatie s’est largement illustré en Allemagne puisqu’il fait partie des tout meilleurs sur le poste. Avec le retour annoncé de Roland Mikler chez les champions de Hongrie, son avenir était bouché et une opportunité s’est présentée. Ses performances notamment en Ligue des Champions ne sont pas négligeables avec une moyenne de 10 à 15 arrêts par match. Quid de Kévin Bonnefoi ? Un retour vers Cesson (où il a évolué entre 2015 et 2018) avait été pressenti mais le club breton vient de recruter le Pontellois Robin Cantegrel et le Roumain Alexandre Bucataru a encore deux années à honorer. 

Avec le départ de Ludovic Fabregas à Barcelone l’été dernier, Montpellier n’a jamais retrouvé une assise défensive consistante. Fredric Pettersson n’a pas fait oublier le pivot tricolore, loin de là et le bloc héraultais a souvent ressemblé à une roche friable que les attaques adverses ont pris plaisir à perforer. Patrice Canayer a étudié toutes les propositions qui lui étaient faites. Le coach du MHB voulait récupérer un pivot capable de défendre en n°3 et surtout de "rentrer dedans". D’où le choix du Cubano-portugais Alexis Borges. A 27 ans, le joueur prêté sans n'avoir jamais convaincu à Barcelone la saison dernière et rentré depuis au FC Porto a ce genre de profil. Depuis septembre, sous les couleurs de l’actuel leader du championnat portugais, il participe à la coupe de l’EHF et attaquera dès la mi-février la phase de groupe de l’épreuve européenne. 



Trois joueurs étrangers parmi les futures recrues héraultaises mais également deux Français. Une arrivée plus ou moins annoncée ces derniers jours, celle de Yanis Lenne, l’autre plus surprenante, Hugo Descat. « Ces deux arrivées se situent dans la stratégie du club d’engager des internationaux français à fort potentiel, précise le MHB. Ils veulent aussi se donner les moyens d’être sélectionnés en équipe nationale. » Dont acte. 

Yanis Lenne (photo ci-dessus) occupera donc le flanc droit de l’attaque. Le Sélestadien qui avait signé 4 saisons à Barcelone, n’a vraiment pas percé en Catalogne. Ecarté des matches de Ligue des Champions au profit de l’icône Victor Tomas mais surtout de la pépite Aleix Gomez qui participe actuellement au Mondial au sein de la Roja, l’ailier droit français qui pour se relancer, s’est retrouvé en septembre à Aix, terminera en Provence jusqu’en juin avant d’intégrer le MHB pour… quatre saisons. 

Hugo Descat de son côté, fait son retour sur le sol français après deux saisons qu’il aura passées en Roumanie au Dinamo Bucarest. Avec des fortunes diverses. Conquérant sur le sol national et peu en vue sur la scène européenne. L’ailier âgé de 26 ans qui a fait son apprentissage puis est devenu pro à Créteil (entre 2007 et 2017) souhaite lui aussi se relancer. Pour retrouver un rang dans le championnat français (il en était le 2ème buteur avec 158 réalisations lorsqu’il l’a quitté), sur la scène européenne mais surtout en équipe de France "A" qu’il a fréquentée en 2015 en préparation du Mondial. Le joueur récent papa d’une petite fille, a mûri et c’est une véritable aubaine pour lui d’avoir attirer l’œil du manager du MHB. 

Avec ces cinq départs déjà actés pour autant de nouvelles têtes et la pérennité assurée de la collaboration avec les cadres de l’équipe que sont Diego Simonet, Jonas Truchanovicius, Nikola Portner, Valentin Porte, Melvyn Richardson et le pari sur la jeunesse que représente Kyllian Villeminot, le dernier vainqueur de la Ligue des Champions fait fi de toutes les critiques qu’il pourrait essuyer. « On ne fait pas une équipe à 12 mois mais à 3 ou 4 ans, martèle Rémy Lévy.» Montpellier dont le recrutement n'est pas totalement bouclé, imprime le pas d’un club qui veut donner l’impression d’évoluer sans se mettre financièrement en danger. La saison prochaine, la masse salariale restera stable (autour de 3,6 millions d’euros) tout comme le budget (entre 7,5 et 7,6).
© Yves Michel
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